• - 6 Juin 1944, Grand Show à l’Américaine « Acte I » de la Société du Spectacle : Les acteurs, par milliers, meurent pour de vrai !

    - 6 Juin 1944, Grand Show à l’Américaine « Acte I » de la Société du Spectacle : Les acteurs, par milliers, meurent pour de vrai !Une boucherie stratégiquement utile (Par notre camarade TML) :

    Comme l’a révélé le film historique éponyme sorti en 2017, Churchill était loin de soutenir avec enthousiasme le projet de débarquement en Normandie. Son opposition n’était pas nouvelle, mais elle a ressurgi au dernier moment, alors qu’il semblait s’être aligné sur les positions US depuis quelques temps déjà…

    En réalité, c’est même essentiellement lui qui est à l’origine des premières opérations de débarquement en Afrique, puis en Sicile et en Italie.

    Le choix de l’Italie résultait déjà pour lui d’un compromis, alors qu’il préconisait plutôt un débarquement dans les Balkans. Ce choix stratégique se comprend très bien, à tous points de vues en fonction de la situation politique et militaire de l’époque, et surtout de son point de vue de Premier Ministre de la Grande-Bretagne, dont il défendait d’abord les intérêts impériaux, c’est-à-dire impérialistes, en fait. Ceci-dit, il est à considérer, en fonction de son expérience tragique aux Dardanelles en 1915 (200 000 morts), que la préoccupation de ne pas sacrifier inutilement des vies humaines faisait réellement partie de ses considérations importantes. C’est notamment ce qu’évoque le film de 2017, centré sur ses scrupules et ses hésitations les tout derniers jours avant le 6 Juin.

    Bien évidemment, les deux types de préoccupations, dans ce cas, ne sont pas incompatibles. La disproportion des forces britanniques et US suffit à le comprendre : les généraux US s’affirment clairement prêts à sacrifier une partie importante de leurs troupes pour réussir cette percée sur le continent, alors que Churchill, qui a déjà du avaler la couleuvre de voir cette opération se préparer à partir de son territoire, se voit sur le point de sacrifier le meilleur de ses troupes pour le profit de l’impérialisme US en train de supplanter la Grande-Bretagne, et largement, comme leader du monde occidental.

     

    En réalité, la première grande puissance à être réduite par l’opération Overlord, ce n’est pas l’Allemagne, mais bien la Grande-Bretagne, qui avait joué jusque là le rôle de citadelle invincible et d’avant poste de l’Occident « libre ».

    A considérer la carte d’ensemble des opérations militaires de l’époque, on ne peut que constater que cela semble même avoir été une des préoccupations essentielles du choix « stratégique » US.

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    En effet, aucun autre argument de cet ordre ne tient sérieusement la route, ni ne résiste à l’analyse.

    En réalité, non seulement les difficultés rencontrées sur le front italien sont relatives, mais elle le sont d’autant plus que ce front se trouve en partie dégarni de ses troupes en raison de l’option US sur la Normandie. A l’origine, et déjà suite au compromis initialement accepté par Churchill, c’était, selon lui, sur ce front qu’aurait du porter une accentuation massive de l’intervention US.

    Et malgré cela, Rome est déjà libérée le 4 Juin 1944, alors que l’Opération Overlord se trouve finalement retardée à plusieurs reprises. De quoi faire certainement regretter Churchill de ne pas avoir été suivi, et de quoi renforcer ses réticences clairement exprimées des derniers jours avant le D Day.

    Que l’intervention US ait également eu pour but de pouvoir contenir au plus vite l’avancée soviétique sur le front Est, c’est maintenant une évidence suffisamment établie, à cette très grosse nuance près, là aussi, que le choix stratégique churchillien était évidemment et très largement la meilleure option dans ce sens. Son plan initial visant les Balkans eut même été un encore plus court chemin, dans ce but, qui n’était donc pas absent, non plus, des préoccupations de l’anticommuniste Churchill.

    Là encore, donc, l’une des « raisons historiques », généralement invoquée, du choix normand, n’est donc évidemment pas la bonne, en tous cas, sur le plan stratégique, et surtout, considéré dans l’optique d’une stratégie supposée essentiellement anti-nazie.

    Force est donc de constater, en prenant simplement un peu de recul sur l’analyse de ces événements, que d’autres motivations, d’autres objectifs stratégiques se dissimulent donc derrière ce choix historique, derrière un tel déploiement de moyens, derrière une telle désinvolture à sacrifier des milliers de vies humaines supplémentaires, y compris et surtout, dans ce qui était le propre camp de ces décideurs, se voulant pourtant le fer de lance d’un occident « humaniste » !

    Sur le plan géostratégique l’offensive US en Europe n’avait donc pas pour seul but de réduire la puissance nazie, mais bien aussi et surtout, d’affirmer la puissance US face aux puissances européennes déjà déchues par leur capitulation face au nazisme et devenue « alliées » surtout faute d’autres choix possibles.

    Dans cette optique, baser l’armée US principalement en Grande-Bretagne visait donc déjà à réduire relativement la puissance de ce pays, le seul qui n’avait donc pas capitulé. La démonstration était faite aussi directement que possible et grandeur nature, que la Grande-Bretagne n’avait pas réellement les moyens de la victoire qu’elle promettait dans ses proclamations, et notamment, par la voix de Churchill!

    Ensuite, débarquer en France et marcher au plus vite sur Paris, c’est bien ce que les USA escomptaient faire dans un laps de temps réduit, et qui eut été tout à fait comparable au « Blitzkrieg » nazi de Juin 40, et à sa rapidité à s’instituer en force occupante, dont ils visaient ni plus ni moins à prendre la place, faisant de la France leur arrière cour européenne en tant que quasi-colonie. Il est désormais bien connu que tous les plans et dispositions concrètes avaient été prévus dans ce sens, sauf la difficulté de marginaliser le Général de Gaulle, auquel on doit au moins reconnaître le mérite de nous avoir relativement soulagés d’une telle humiliation, à défaut d’avoir réellement libéré la France.

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    Toutefois, dans ce relatif « compromis » restituant à De Gaulle une place qu’il aurait eu du mal à imposer réellement sur le terrain, ressort l’autre véritable motivation stratégique US, à savoir contenir et réduire l’avancée du communisme en Europe. En effet son aura était des plus utiles pour imposer le désarmement des maquis, essentiellement contrôlés par les communistes et les forces politiques progressistes françaises.

    A défaut d’un régime quasi-colonial, ce fut donc un relatif « protectorat » animé de quelques velléités gaullo-indépendantistes!

    Et c’est bien en vue de signifier aux peuples européens la « dette de sang » qu’ils allaient avoir envers les USA que la boucherie spectaculaire et inévitable sur les plages de Normandie prenait dès l’origine son sens stratégique réel.

    En effet, il apparaissait clairement, jusqu’en Juin 44, et malgré la belle percée sur le front italien, que le gros de l’effort de guerre avait été assumé, pour l’essentiel, en Europe, par l’URSS. Et en plus de l’avancée désormais irrésistible de l’Armée Rouge, c’est bien la validité et la légitimité du projet communiste qui était en train de s’établir parmi les populations européennes ayant subi quatre années d’exactions nazies. Idées communistes relayées, sur le terrain, par les diverses avant-gardes locales de la Résistance.

    Créer une « dette de sang » spectaculaire et qui puisse passer pour comparable à celle, incommensurable, de l’URSS, et prétendue « stratégiquement » encore plus décisive, telle est la véritable motivation du « choix normand », quant au fond.

    Une « dette de sang » qui pouvait devenir un investissement stratégique à longue portée, à condition de le doubler d’une intense campagne de propagande et de manipulation idéologique et historique pour la faire valider comme un tournant décisif de l’histoire et sans alternative qui eut possiblement permis d’éviter le bain de sang planifié du 6 Juin 1944.

    Une « dette » validée chaque année par les serviteurs européens de l’empire US, avec renouvellement des « grand messes du sacrifice des innocents », chaque 6 Juin qui passe, et avec particulièrement d’emphase à chaque millésime qui le permet, et aujourd’hui, donc, celui des 75 ans.

    Une « dette » qui conserve, paradoxalement et plus que jamais, sa « validité » et son importance géostratégique, pour l’empire US, dans les circonstances politiques présentes et si ce n’est plus essentiellement pour faire pièce à l’idéologie communiste, ce n’en est pas moins pour contenir et, éventuellement, mater concrètement, les nouvelles velléités d’indépendance des peuples, et notamment à nouveau, du peuple russe et de ses alliés à travers le monde.

    Pierre Grindsable

     

    https://frontdeslaics.wordpress.com/2019/06/06/6-juin-1944-acte-i-de-la-societe-du-spectacle-une-boucherie-strategiquement-utile/

     

    A la suite, quelques extraits d’articles d’historiens tout ce qu’il y a d’  « occidentaux », mais dont le recoupement permet de comprendre la réalité dissimulée derrière les discours et proclamations officiels, et jusque dans les « livres d’histoires » formatés pour la jeunesse occidentale, pourtant supposée ne pas devoir avaler de « fake news » « fake history » et autres « couleuvres complotistes » !!!

     

    Churchill, notice wikipédia :

    « Alors que le général Eisenhower recherche un juste équilibre des forces alliées entre les armées engagées dans la conquête de l’Italie et celles devant participer à l’operation Overlord, Churchill préconise vainement de prélever des troupes pour une intervention à Rhodes. Il est en effet persuadé, à tort, [NDTML :Chacune des options proposées par Churchill, lorsqu’elles sont évoquées, lui sont systématiquement imputées à son tort, voire à son âge…], qu’une telle intervention pourrait faire basculer la Turquie alors neutre, dans le camp des alliés. Concernant l’approche directe centrée sur l’operation Overlord, l’échec du raid de Dieppe en août 1942 en a montré les dangers. Néanmoins il s’y rallie et à partir de 1944, la stratégie américaine prévaut. Néanmoins lorsque les Alliés organisent un débarquement en Provence, Churchill eût préféré que l’armée alliée stationnée en Italie marchât sur Vienne et Berlin, y devançant les Soviétiques. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill#cite_ref-Bédarida368_310-0

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    Churchill, autre notice biographique :

    « En 1941, l’URSS rejoignit le camp allié ainsi que Winston [Churchill] l’avait depuis longtemps pronostiqué. Lors de la mondialisation du conflit, Churchill se rendit en URSS et aux USA pour discuter de vives voix avec ses homologues. Il échangea des notes nombreuses avec Roosevelt après la signature de la charte de l’Atlantique entre les 9 et 12 août 1941, texte dont la teneur était autant éthique que stratégique. Dès 1943, il préféra à l’idée d’un débarquement allié en Normandie, un débarquement d’Afrique en Sicile puis en Italie, décision effectivement prise en janvier 1943 lors de la conférence de Casablanca (opération Husky). La Royal Air Force entreprit également des raids aériens sur l’Allemagne.

    http://histgeo.free.fr/troisieme/guerremondiale/Churchill.html

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    Campagne d’Italie, notice wikipédia, extraits :

    « La campagne d’Italie est née d’un compromis entre les Alliés à la conférence de Casablanca en janvier 1943 :

    • les Américains étaient en faveur d’une attaque de front, c’est-à-dire par la voie la plus courte, la Manche, pour atteindre le cœur de l’Allemagne ;
    • Churchill, de son côté pensait que les Balkans, en tant que « ventre mou de l’Axe » constituaient un objectif idéal. »

    (…)

    «  Pendant ce temps, fin août 1943, lors de la conférence de Québec, les Américains donnèrent leur accord à un débarquement en Italie à la condition que leurs Alliés reconnaissent la priorité à l’opération Overlord en Normandie. La suite de la campagne d’Italie se ferait avec des effectifs diminués. »

    (…)

    « À la conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943), les Alliés décidèrent que seules des actions d’importance modeste seraient entreprises en Italie. L’essentiel de l’effort devait se porter sur le débarquement en Normandie au printemps 1944.

    Hitler remplaça Rommel par Kesselring en tant que commandant en chef des forces du sud-ouest de l’Europe. Il allait résister de longs mois le long de la Ligne Gustave, dont la clé de voûte était le mont Cassin.

    Churchill plaida auprès d’Eisenhower pour le bien-fondé d’un nouveau débarquement allié au nord de la Ligne Gustave. Ce dernier finit par accepter un débarquement à Anzio le 22 janvier 1944. Le débarquement s’effectue si facilement que le général américain Lucas, commandant les troupes débarquées, craignant un piège, ne poursuit pas son attaque et préfère renforcer ses positions ce qui donne le temps à Kesselring, d’abord surpris, de réagir. Il installe de l’artillerie lourde sur les montagnes dominant la plaine où ont débarqué les Alliés et les écrase sous son tir. « Tête de pont, tête de mort » déclare Kesselring.

    Alexander ramena l’essentiel des forces dont il disposait au printemps sur l’ouest de la ligne Gustave, et après avoir persuadé Kesselring qu’il préparait un nouveau débarquement à Civitavecchia, il adopta le plan présenté par le général français Alphonse Juin qui consistait à déborder par la gauche la position du Mont Cassin sur laquelle les Alliés butaient depuis 5 mois ; cette offensive fut menée avec 13 divisions le 11 mai.

    Le 17 mai, le mont Cassin, débordé sur sa droite par les Polonais du 2e Corps et pris à revers2, était évacué et la prise des villes de Pontecorvo et Pico sur la ligne Hitler ouvrait la route de Rome. Le 23 mai, la tête de pont sur Anzio obtenait la rupture. Les armées allemandes étaient en cours d’encerclement, mais le général américain Clark préféra libérer Rome le 4 juin.

    Les armées allemandes avaient eu le temps de se replier jusque sur la Ligne gothique, une autre ligne de défense sur lesApennins. Kesselring put se réorganiser d’autant plus qu’un certain nombre de divisions alliées furent prélevées du front italien pour participer à l’opération Anvil, le débarquement en Provence. Il recevait lui-même huit nouvelles divisions. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d%27Italie_(Seconde_Guerre_mondiale)

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    A propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

    Dans la revue « Historia » :

    « Dardanelles et Dieppe

    « Le film montre un chef d’État peu enclin à soutenir « Overlord », un homme hanté par les souvenirs de la Grande Guerre, traumatisé par l’échec de la bataille des Dardanelles (avril 1915-janvier 1916), qui se solda par une déroute et fit 180 000 morts côté allié, mais aussi par le fiasco du débarquement à Dieppe, le 19 août 1942.

    Pour l’historien Olivier Wieviorka, plusieurs facteurs expliquent la résistance de Winston Churchill : « Le vétéran de la Grande Guerre craignait une réédition de la grande boucherie à laquelle il avait assisté aux premières loges. De même, l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915, redoutait la répétition de cet échec cinglant. Mais d’autres motifs pesèrent. Malgré sa pugnacité, le Royaume-Uni était une puissance modeste, dont l’armée ne rassemblait en 1945 « que » 4,5 millions d’hommes. Ce facteur incitait le Premier ministre à plaider pour une stratégie visant l’ennemi sur ses marges afin d’économiser ses troupes ; forte de ses 11 millions d’hommes, la puissante Amérique souhaitait en revanche en finir au plus vite, en frappant le Reich sur son point fort. Ajoutons enfin que Churchill tenait à contrôler la Méditerranée, qui, via le canal de Suez, commandait la route des Indes. À cette aune, le théâtre italien devait rester prioritaire. Le rapport des forces dictait cependant sa loi : au vu de leur puissance, les États-Unis pouvaient imposer leurs vues. »

    https://www.historia.fr/%C3%A0-l%C3%A9cran/quand-le-seigneur-de-la-guerre-doutait-d%C2%AB-overlord-%C2%BB

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    Autre revue à propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

    « Churchill »: pourquoi le vieux lion s’opposa au Débarquement (VIDÉO)

     

    « Symbole de la résistance britannique contre les Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill était pourtant opposé au Débarquement du 6 juin 1944. C’est ce moment historique peu connu que raconte le film « Churchill », qui sort ce mercredi.

    C’est l’un des dirigeants britanniques les plus respectés de l’Histoire, mais il s’opposa au Débarquement allié du 6 juin 1944. Le film Churchill, qui sort ce mercredi 31 sur les écrans français, raconte comment le vieux lion tint tête aux Américains avant de céder finalement.

    Winston Churchill (1874-1965) impressionna ses compatriotes et le monde entier par sa détermination et son aptitude à galvaniser la population lors de la bataille d’Angleterre (le « Blitz ») en 1940-1941, alors qu’il était Premier ministre. Mais le film n’est pas un biopic: il raconte les 6 jours qui, en juin 1944, ont précédé le Débarquement allié sur les plages de Normandie.

    « Ce plan finira en massacre », dit Churchill à Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, au général Montgomery, chef des troupes terrestres, et au roi George-VI, lors de leurs dernières réunions avant le Jour-J.

    Vétéran de la Première guerre mondiale, le Premier ministre est alors rongé par la culpabilité: il fut l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915 contre l’Empire ottoman, qui se solda par un échec cinglant et la mort de 250.000 hommes côté allié. Plus jamais ça, se dit-il. Il craint que le Débarquement prévu par les Américains n’envoie à nouveau des milliers de jeunes soldats à la mort.

    Il finira par céder, après ces six jours. Aigri de ne pas avoir été entendu, mais conscient qu’il faut aller de l’avant, il ne ménagera pas sa peine en s’engageant aux côtés des Alliés: »

    http://www.francesoir.fr/culture-cinema/churchill-film-winston-pourquoi-le-vieux-lion-sopposa-au-debarquement-video-critique-avis-note-bande-annonce-vf-vostfr-normandie-seconde-guerre-mondiale

     

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    Dans « La Croix », égalementsur le film :

    « Churchill », à quelques jours de l’opération Overlord

    Alors que les Alliés s’apprêtent à débarquer en Normandie, le premier ministre britannique, hanté par l’échec d’un débarquement pendant la Première Guerre mondiale, s’y oppose fermement.

    • Corinne Renou-Nativel,
    • le 30/05/2017 à 17:44

    « L’image glorieuse d’Alliés indéfectiblement unis pour le Débarquement en Normandie de juin 1944 a balayé comme fétu de paille un fait pourtant important : Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni que l’histoire retient comme l’homme ayant mené son pays à la victoire, s’y est opposé avec virulence.

    Le film de Jonathan Teplitzky retrace les six jours qui ont précédé cette opération décisive dans la défaite allemande et la fin de la guerre. Il montre un homme affaibli par son âge – à 70 ans, Churchill est le plus vieux des dirigeants alliés – auquel s’ajoutent alcoolisme mondain et dépression.

    L’entrée dans le conflit des Américains a réduit son poids dans le front antinazi : l’armée britannique ne rassemble que 4,5 millions de soldats contre 11 millions pour celle des États-Unis. Les divergences de vues découlent de ces forces déséquilibrées : Winston Churchill entend économiser ses troupes en attaquant l’armée allemande sur ses marges par des débarquements plus modestes à Bordeaux, ainsi qu’en Italie afin de contrôler la Méditerranée, étape sur la route des Indes ; le général américain Eisenhower, auquel se rallie pleinement le Britannique ­Montgomery, veut mettre au plus vite un point final à la guerre en attaquant le Reich sur sa ligne de défense la plus forte.

    Dans l’intimité d’un homme vieillissant

    Le long métrage de Jonathan ­Teplitzky entre dans l’intimité d’un homme vieillissant, paralysé par sa responsabilité dans le catastrophique débarquement de Gallipoli le 25 avril 1915, à l’entrée du détroit des Dardanelles en Turquie, qui fit des milliers de morts britanniques.

    À Churchill qui refuse le sacrifice de jeunes gens innocents, Eisenhower et Montgomery lui rappellent qu’il s’agit pourtant là d’un des fondements de la guerre et du prix à payer pour la victoire.

    (…)« Le premier ministre émeut lorsqu’il réclame, si débarquement il doit y avoir, de se trouver sur un navire britannique parmi ses soldats – il faudra l’intervention du roi George VI pour le faire renoncer. »

    https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Churchill-quelques-jours-loperation-Overlord-2017-05-30-1200851318

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    Notice wikipédia du film :

    « Juin 1944. 48 heures avant le débarquement de NormandieWinston Churchill s’oppose à l’opérationOverlord soutenue par le général américain Dwight Eisenhower.

    En effet, Churchill est brusquement pris d’un doute sérieux sur le succès de cette opération en se remémorant l’échec cuisant subi à Gallipoli en 1915, qui consistait également en un débarquement surprise d’un corps expéditionnaire sur la presqu’ile du même nom, au cours de laquelle des dizaines de milliers de jeunes soldats australiens et britanniques avaient été tués.

    Churchill affronte alors l’état-major de l’armée britannique, Montgomery en tête, et le commandant suprême allié, Eisenhower, qui écarte très fermement ses objections. Churchill se rend alors compte qu’il ne contrôle plus l’effort de guerre comme en 1940, qu’il ne peut plus imposer ses vues aux chefs qu’il a nommés et qu’Eisenhower lui-même écarte toutes ses tentatives de reprise en main très fermement, même s’il y met les formes : le pouvoir du monde est désormais entre les mains des États-Unis et la Grande-Bretagne doit s’y plier aussi.

    Dépité, Churchill décide alors de débarquer à la tête de ses troupes à Utah Beach ; il faut alors l’intervention très ferme de George VI pour l’en dissuader. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Churchill_(film)

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    Quelques supposés « ratés » analysés sommairement par « Le Point » :

    « Mésentente. Au départ, Churchill n’était pas favorable à un débarquement sur les côtes nord de la France : le Premier ministre britannique veut affaiblir les puissances de l’Axe par l’aviation, la marine et des offensives en Méditerranée, notamment sur le sol italien. Mais les Allemands résistent, les Soviétiques réclament depuis longtemps un second front, et les Alliés s’entendent finalement sur une percée à l’ouest, lors des grandes conférences de l’année 1943. Churchill cède d’autant plus rapidement que les Russes progressent désormais vite à l’est… Il faut contrer leur expansionnisme !

    Essai sanglant. Fin avril 1944, les Américains répètent en grandeur nature le débarquement sur les plages britanniques de Slapton Sands, dont on juge qu’elles ressemblent à celles d’Omaha et d’Utah, en France. L’opération Tiger, qui mobilise 30 000 hommes et 200 bateaux, tourne vite au drame : les Allemands, alertés, torpillent facilement les navires bourrés d’hommes et de munitions, faisant 750 tués et 300 blessés. Les GI sont enterrés en secret pour ne pas démoraliser les troupes : ils seront officiellement morts au combat, deux mois plus tard.

    Codes égarés. À quelques semaines du jour J, les services secrets sont sur les dents. Militaires et politiques sont tenus à la plus grande discrétion, ce qui n’empêche pas les bavures. La plus rocambolesque concerne un officier britannique qui égare un porte-documents avec le plan de communication radio du débarquement et ses codes secrets. Fin de l’angoisse quand un chauffeur de taxi scrupuleux rapporte la sacoche à Scotland Yard…

    Retard. Au départ, le D Day est fixé au 1er mai 1944 pour profiter des bonnes conditions climatiques. Mais le général Eisenhower, responsable des opérations, se rend compte qu’il n’a pas assez de barges pour assurer le transport des troupes : il faut accélérer la production au maximum et retarder le débarquement d’un mois. On choisit le 5 juin, puis le 6, en fonction d’une météo plus clémente et d’une nuit de pleine lune, favorable à l’aviation.

    Guerre de bocage. Si le débarquement permet de mettre en place une tête de pont efficace en seulement quelques jours, la suite est nettement plus compliquée. Le commandement allié avait prévu de mener une offensive éclair, avec chars et aviation, mais la bataille de Normandie s’enlise dans la boue et le bocage, avec les fantassins en première ligne et les Allemands en embuscade dans les chemins et derrière les haies. Sans compter les civils, mal prévenus des attaques et des bombardements, qui payent un lourd tribut sur le terrain (14 000 morts pour la seule Basse-Normandie).

    Exactions. On a longtemps caché ce genre d’informations, mais des historiens évoquent désormais le comportement abusif de certains GI sur les populations. À titre d’exemple, on a recensé environ deux cents cas de viols et une trentaine de meurtres dans le seul département de la Manche pendant les opérations. Des chiffres à relativiser lorsqu’on les compare à la masse de soldats débarquée sur la période (plus de 1,5 million). Les coupables ont parfois été arrêtés et condamnés.

    Omaha Beach. Le débarquement des Américains sur la plage normande tourne à la catastrophe. Gênés par le brouillard, les bombardiers alliés ont manqué leurs cibles, les défenses allemandes sont intactes. Les barges sont larguées trop loin des côtes, la houle est forte, les tanks et le matériel coulent à pic, la plupart des embarcations sont prises pour cibles. Et quand elles accostent, le courant les a fait dériver par rapport aux objectifs. Les premiers arrivants courent au massacre, sans compter la marée qui se met à recouvrir trop vite la plage. « Tout ce qui était susceptible de rater a raté », a reconnu plus tard le général Eisenhower. En un jour, trois mille GI vont rester sur le sable, morts ou blessés.

    De Gaulle contre Eisenhower. Le 6 juin, le général américain et le chef de la France Libre doivent diffuser leur appel l’un à la suite de l’autre. Mais Eisenhower demande aux Français d’obéir « aux ordres que je serai appelé à donner… » De Gaulle est furieux, il refuse d’apparaître comme le vassal des Américains : il tonne, proteste, Eisenhower l’envoie « au diable », Churchill menace de « l’enchaîner » et de le renvoyer à Alger ! Il obtient finalement que son propre message ne soit diffusé que l’après-midi du 6 juin, dans lequel il demande aux Français de suivre « les consignes » données par son gouvernement : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France ! » L’honneur est sauf.

    Déception à Falaise. Ce devait être la dernière bataille, celle qui permettrait, à l’arrière de Caen, en août 1944, de prendre au piège les divisions blindées allemandes de Normandie en opérant la jonction des troupes américaines et anglo-canadiennes, par un large mouvement d’encerclement. Mais les Alliés ne sont pas assez rapides, la poche se révèle poreuse, et plus de 50 000 soldats allemands parviennent à s’enfuir, même si le gros de la Wehrmacht est mis hors de combat. Les Anglais et les Américains se renverront longtemps la responsabilité de cette demi-victoire.

    Reportage gâché. Robert Capa, l’envoyé spécial du magazine américain Life, fait partie du contingent débarqué sur Omaha Beach la sanglante. Le célèbre photographe mitraille les soldats qui tentent d’échapper au feu ou à la noyade, au plus près de l’action. Mais sur la centaine de clichés du D Day, seuls onze seront publiables, les autres ayant été détruits au cours de leur développement, à la suite d’une erreur d’un laborantin. Ce sont à ce jour les documents les plus saisissants du D Day, mondialement connus.

    https://www.lepoint.fr/histoire/les-10-rates-du-debarquement-05-06-2014-1832570_1615.php#site

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    Plus percutant, encore, sur « Valeurs Actuelles », qu’on ne saurait soupçonner de « gauchisme » !

    « Normandie – 6 juin 1944. Évoqué dès 1942, le choix des plages du Cotentin et du Calvados n’a été finalement arrêté que six mois avant le jour J. Après un détour par les Balkans… Et l’incroyable opération Fortitude, qui leurra les Allemands avec un immense succès.

    Si les Britanniques ont joué un rôle décisif dans le succès du 6 juin 1944 — ne serait-ce que pour avoir tenu quatre ans face à Hitler et ainsi pu offrir à l’armada alliée la base arrière sans laquelle rien n’eût été possible —, c’est peu dire que le choix de la Normandie pour déclencher la « bataille suprême » (Charles de Gaulle) n’était pas le leur…

    On l’ignore généralement : ce n’est pas en France, mais en Yougoslavie que Churchill aurait préféré voir Américains, Britanniques et Canadiens faire porter le gros de leurs efforts pour la libération de l’Europe. Et ce n’est qu’à l’extrême fin de l’année 1943 — à la conférence de Téhéran, entre le 28 novembre et le 1er décembre — que le principe et le lieu de l’opération Overlord, arrêtés par Roosevelt, en août précédent, ont été entérinés par Churchill.

    Pourquoi le premier ministre britannique tenait-il tant aux Balkans ? Pour une raison qui, rétrospectivement, apparaît largement recevable : barrer la route de l’Europe centrale et orientale aux Soviétiques, qui, depuis la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), avancent à grandes enjambées vers l’ouest. À ses proches, il ne cesse de le répéter : la priorité consistant à débarrasser l’Europe de Hitler n’implique pas nécessairement d’en livrer une partie à Staline. Il se dit que prendre pied en Slovénie ou en Istrie puis remonter vers Vienne par la trouée de Ljubljana (entre les Alpes et les Balkans) frappera les Allemands de stupeur et permettra d’aller rapidement à la rencontre des Soviétiques dans plusieurs directions à la fois : Prague, Budapest, et surtout les champs pétrolifères de Roumanie, essentiels à la machine de guerre allemande… Ce qui, dans l’esprit de Churchill, n’exclut nullement un second débarquement en Provence (comme celui qui aura effectivement lieu, le 15 août 1944) visant à la fois la libération du territoire français et, via la vallée du Rhône et la trouée de Belfort, l’invasion de l’Allemagne.

    Quand Staline a invité Churchill, à Moscou, en août 1942, celui-ci lui a dessiné un crocodile. Et il lui a dit, à propos du prochain débarquement allié en Afrique du Nord dont il a personnellement convaincu Roosevelt : « Vous vous occupez de la gueule, et une fois les Allemands chassés d’Afrique, nous nous occupons du ventre mou [« soft underbelly »] : l’Italie puis les Balkans. »

    Satisfait de la perspective d’un nouveau front en Italie, Staline n’a pas cillé. Mais, malgré les toasts échangés, Churchill a bien compris que la perspective de voir les Anglo-Saxons pousser jusqu’aux Balkans, et même au-delà, ne le remplissait pas de joie… Garder les mains libres en Europe orientale : voilà sa seule priorité, quitte à porter seul l’effort de guerre à l’est. Ce qu’il veut, c’est que les Alliés s’engagent à fond à l’ouest. Et qu’au sud, ils bornent leur progression à la plaine du Pô. Une vision qui convient parfaitement à Roosevelt, dont les troupes, débarquées en Sicile en juillet 1943, remontent avec les pires difficultés vers Rome, en raison de l’étroitesse et du relief de la péninsule, qui limitent les possibilités de percée. Le « vrai » second front, c’est par un choc frontal avec la Wehrmacht, dans les grandes plaines de l’Europe du Nord-Ouest, que l’Américain souhaite l’ouvrir. Parce que la manoeuvre y sera plus facile, mais aussi et surtout parce que le chemin à parcourir pour envahir le poumon industriel de l’Allemagne, la Ruhr, est bien plus court.

    Churchill ayant finalement cédé au nom du principe « qui paye commande » (que ferait le Royaume-Uni sans les crédits accordés par Washington ? ), les Alliés tombent donc rapidement d’accord sur la Normandie. Stratégiquement idéale, la traversée du pas de Calais a été écartée d’emblée, justement parce qu’elle va de soi et que les Allemands ne peuvent pas ne pas s’y préparer. Plus à l’ouest, la Bretagne risquerait de se transformer en souricière pour les Alliés si la Wehrmacht parvenait à les bloquer sur une ligne Saint-Malo Saint-Nazaire. Quant au golfe de Gascogne, il se situe à la limite du rayon d’action des chasseurs, qui auront besoin de tenir le ciel de longues heures le jour J. Sans parler des batteries géantes du mur de l’Atlantique installées depuis plusieurs mois déjà sur le littoral aquitain… »

    https://www.valeursactuelles.com/histoire/le-debarquement-secrets-et-stratagemes-46009

    https://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1009146-La_lib%C3%A9ration_de_lEurope_et_le_front_germano-sovi%C3%A9tique.jpg

     

     

     

    Caen « libéré » ou LE MASSACRE DES INNOCENTS !

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    Source de l'article : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/06/6-juin-1944-acte-i-de-la-societe-du-spectacle-une-boucherie-strategiquement-utile/

     

    SUR LE MÊME SUJET, POUR COMPLÉTER :

    Le 3° Reich a été vaincu dans les plaines de la Russie ! >> http://mai68.org/spip/spip.php?article4887

    - LE RÔLE DE L’URSS DANS LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE (1939-1945)

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    « - Après le congrès de la CGT, la lutte (interne) continue- GUERRE SACRÉE (VIDÉO) »
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