• - A propos de la démocratie... Une critique de la "démocratie" actuelle et une ébauche de la démocratie prolétarienne à venir

    - A propos de la démocratie... Une critique de la "démocratie" actuelle et une ébauche de la démocratie prolétarienne à venirI - La "démocratie" actuelle

     

    On entend souvent dire que nous sommes en démocratie, que nous vivons dans un pays libre, etc. Avant toute chose, qu'est-ce que la démocratie ?

    Du grec, demos le peuple et kratos le pouvoir, démocratie se dit donc d'un régime politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir. On peut donc se demander s'il a existé un jour un tel régime et si nous vivons nous-même en démocratie.

    Il faut donc faire un pas de côté, se poser quelques instants, et cesser de considérer le régime politique actuel comme une démocratie. Quand le peuple vote non au référundum sur le traité constitutionnel européen de 2005 et que ce même traité passe finalement comme une lettre à la poste au parlement en 2008, on a la preuve que la volonté majoritaire n'est pas celle qui gouverne le pays.

    Quand des élus arrivent avec un programme qu'ils trahissent nécessairement au bout de deux semaines, c'est que nous ne vivons pas en démocratie. Quand le parti qui fait le plus de voies aux élections n'a toujours que deux députés, c'est que nous ne sommes pas en démocratie.

    La volonté majoritaire est sans cesse bafouée, est-ce cela la démocratie ?

    La classe dominante est seulement contrainte de présenter son intérêt comme étant l'intérêt de tous, et donc de porter le masque de la démocratie, mais sous le masque de la démocratie actuelle il n'y a pas la démocratie réelle.

    Il faut aussi cesser de considérer que le contraire de la démocratie est la dictature. La démocratie est elle-même une dictature. Kratos, signifiant pouvoir, dictature, autorité, etc.

     

    La question n'est donc pas tant celle de la dictature et du pouvoir, mais plutôt de qui détient ce pouvoir. La violence en général, la dictature en général, etc. ne veulent strictement rien dire.

    Le mot démocratie, comme d'ailleurs les mots de socialisme et communisme, font l'objet d'énormes déformations, de récupération, à tel point qu'ils apparaissent vidés de leur sens. Aussi il est important d'établir clairement la distinction entre la "démocratie" bourgeoise et la démocratie réelle, qu'on appelait en fait par le passé social-démocratie (c'est dire à quel point ce mot fut vidé de tout son sens pour devenir le paravent des pires ordures de la bourgeoisie...).

    Si donc nous ne vivons pas en démocratie, alors en quoi vivons nous ? Nous vivons sous la dictature du capital, la dictature de la bourgeoisie, c'est à dire non pas la démocratie mais la "démocratie" bourgeoise, c'est à dire la ploutocratie où quelques oligarques et la classe bourgeoise dirigent les affaires du pays, soit directement soit de façon plus dissimulée à travers une façade présentable et des marionettes ("hommes politiques"). Ils servent de fusible et de paratonnerre afin que ceux qui dirigent réellement les affaires puissent rester dans l'ombre.

    Nous devons bien comprendre que tant qu'il subsiste sur cette planète des classes sociales antagonistes, aucune société ne peut être autre chose qu'une dictature où la classe dominante utilise l'état pour imposer son pouvoir. La question se pose donc ainsi : comment le peuple, c'est à dire la majorité, peut se constituer en classe dominante et imposer finalement la démocratie.


    II - La véritable démocratie

    Si nous ne vivons pas en démocratie, alors qu'est-ce que la véritable démocratie et comment celle-ci fonctionnera-t-elle et quelle différence y aura-t-il avec le système actuel, qui, il est vrai, a tout de même fondé (au moins en apparence) un semblant d'institutions démocratiques, le suffrage universel, etc.

    D'abord il faut considérer les choses du point de vue des classes sociales et du socialisme. La démocratie peut signifier plusieurs choses selon qu'on se trouve dans la période de renversement du capitalisme ou dans la période qui lui succédera. Il faut également considérer que la démocratie elle-même devra disparaître pour laisser place au communisme.

    Donc nous pouvons déjà retenir une chose, la démocratie est un système transitoire, et tout système réellement démocratique est voué à être seulement une étape.

    Pourquoi ? Parce que si le peuple exerce le pouvoir, alors il se débarasse de la classe dominante et c'est la majorité qui gouverne dans son propre intérêt. Dès lors il n'y a plus de classes antagonistes et donc la démocratie elle-même, c'est à dire la dictature de la majorité, cesse d'être utile. Si la majorité se constitue en classe dominante et met fin à l'exploitation capitaliste, elle cesse peu à peu d'être une classe dominante et donc seule subsiste la question externe (si le pays socialiste est entouré de pays capitalistes).

    Dans la société capitaliste actuelle, il existe essentiellement trois classes sociales. La bourgeoisie, qui détient la majorité du capital, c'est à dire les moyens de production, et donc également l'état qui défend sa propriété privée, mais également les moyens de production intellectuelle. Il exsite ensuite le prolétariat, c'est à dire ceux qui n'ont aucun capital. Et entre les deux, il existe la petite bourgeoisie, la classe moyenne, c'est à dire celle qui détient un petit capital, une petite rente, qui fait donc différer son intérêt de celui du prolétariat quand bien même la classe moyenne est obligée de travailler pour survivre.

    Or seul le prolétariat a réellement intérêt à mettre fin au capitalisme, puisque lui seul n'est attaché à aucune rente, aucune chose à perdre. De plus le capitalisme peut certes maintenir pendant de courtes périodes une forte classe moyenne, comme ce fut le cas par le passé (et encore aujourd'hui la classe moyenne constitue la majorité de la population en France), grâce à l'impérialisme. En revanche à long terme le capitalisme ne produit plus que des prolétaires, et donc ses propres fossoyeurs.

    Considérons le communisme, celui-ci se divise en deux phases. La phase supérieure, d'une société sans classe ni argent. Et la phase inférieure, c'est à dire le socialisme, étape qui succède directement au capitalisme, à notre époque.

    Lors du passage du capitalisme au socialisme, la démocratie, c'est à dire la dictature de la majorité, ne peut signifier qu'une chose : la dictature du prolétariat. Sans le soutien de la majorité il est impossible de renverser le capitalisme. Or cette majorité n'a intérêt à renverser le capitalisme que si elle est prolétaire.

    La dictature du prolétariat est donc la première forme de véritable démocratie. Durant cette période c'est la classe bourgeoise qui sera visée, ainsi que ses alliés.

    La dictature du prolétariat signifie que le prolétariat se constitue en classe dominante, se constitue donc également un état, que cet état est l'arme du prolétariat. La dictature du prolétariat est la première étape du socialisme durant laquelle les moyens de productions deviennent la propriété de cet état. Mais à la différence de l'état bourgeois, l'état socialiste est lui-même sous contrôle de la majorité.

    Il faut également bien comprendre que durant la dictature du prolétariat, c'est le prolétariat qui exerce sa dictature, et donc les anciennes classes exploiteuses sont bien évidemment exclues de ce système, il ne s'agit pas encore d'une "démocratie pour tous".

    La question est donc de savoir de quelle façon la majorité prolétaire exerce son contrôle sur cet état.

    Il faut d'abord qu'il y ait des représentants. On critique souvent la démocratie représentative. Mais le problème n'est pas tant le concept de représentativité... Le problème est que les élus du système bourgeois ne représentent nullement la majorité qui les a élu puisque c'est la bourgeoisie qui exerce sa dictature.

    Par conséquent il faut veiller à ce que les représentants élus défendent bien l'intérêt de ceux qui les ont élu. Or cela n'est pas possible si une fois élus, les représentants sont hors d'atteinte du peuple. Il faut donc premièrement instaurer le droit de révocation des élus, à tout moment. Il faut que le peuple contrôle ses représentants, qu'aucun élu ne se considère comme intouchable une fois en poste. Dans le système actuel, une fois élu, les représentants se permettent de bafouer tous leurs engagements. Le crédit de ce système repose donc uniquement sur leur parole, et leur parole elle-même est constamment mise en échec face à la réalité de la dictature de la bourgeoisie.

    La question se pose de savoir d'où viennent ces représentants. Il faut qu'ils viennent avant tout de la masse des prolétaires éduqués et formés sans cesse par le grand capitalisme qui fournit sans cesse et malgré lui aux masses des éléments qui lui permettront de gouverner eux-mêmes. C'est des soviets, donc des conseils et assemblées d'entreprises, de chômeurs, etc. que doivent émerger les représentants.

    Les conseils sont la base de la légitimité démocratique et doivent se substituer aux vieux districts territoriaux. C'est dans l'usine, dans l'entreprise, dans l'hopital, dans la caserne, dans les centres de la jeunesse, etc. que doit s'exercer les échelons élémentaires de la démocratie. Aucun parlement national ne saurait avoir une quelconque légitimité socialiste s'il était autre chose que l'émanation de la volonté des conseils populaires. Mais c'est bien le conseil à l'échelle national qui exerce la légitimité supérieure, car chaque conseil devra s'occuper avant tout des problèmes qui relèvent de son échelle. Or les prolétaires s'organiseront dans un premier temps et au maximum à l'échelle nationale, d'un pays tout entier. A ce sujet le discours de Tommy Douglas au Canada en 1944 est assez proche de ce point de vue. Il critique, au cours d'une petite histoire drôle, le gouvernement des chats au pays des souris.

    https://www.youtube.com/watch?v=OEPPdTQL2S4


    La question se pose également de savoir ce que font ces élus. Dans le système bourgeois, on "parlemente", on parle et on ment. Il s'agit précisément de faire en sorte que les parlements cessent d'être des moulins à parole et des coquilles vides de façade, et devienne le véritable organe qui décide et qui agit, à la fois législatif et exécutif.

    L'assemblée doit représenter la majorité, c'est à dire à l'échelle nationale. Les décisions prises à cette échelle sont celles qui ont le plus de valeur et donc celles qui s'appliquent. L'état lui-même est donc subordonné au parlement, qui lui-même est sous contrôle strict du peuple par le droit de révocation. Nous avons donc là une machine d'état qui n'échappe à aucun moment au contrôle de la majorité, et exerce bien sa dictature contre les reliquats de classe exploiteuse.

    Par conséquent si l'on souhaite réellement la vraie démocratie, alors on est contre la "séparation des pouvoirs" (qu'elle soit vraie ou fausse d'ailleurs). La séparation des pouvoirs signifiait au départ pour la bourgeoisie le partage de l'état entre les bourgeois et les nobles, entre la nouvelle mafia des riches et l'ancienne mafia aristocratique. La séparation des pouvoirs était simplement l'aveu que le pouvoir ne pouvait être exercé que par la bourgeoisie ou que par la noblesse.

    Il fallait donc un pouvoir à plusieurs têtes où chacun ait sa place, comme un compromis. Ce système est de toute façon déjà mort et ne constitue en rien la démocratie. La démocratie réelle ne peut pas consister à partager le pouvoir entre le prolétariat et la bourgeoisie, comme se l'imaginent les réformistes, car on fait là semblant de croire que les deux classes arrivent "d'égal à égal" alors qu'en réalité nous vivons bien dans la dictature de la bourgeoisie. Par conséquent il n'y a à aucun moment une séparation des pouvoirs, et celle-ci n'est à aucun moment souhaitable.

    De même le multipartisme n'est pas envisageable dans une véritable démocratie. En effet c'est là encore l'aveu qu'il existe des classes antagonistes, avec des intérêts différents, nécessitant donc des partis différents pour représenter ces intérêts. Et c'est faire semblant que ces partis arrivent d'égal à égal pour convaincre les électeurs.

    En réalité nous vivons sous la dictature de la bourgeoisie et tous les partis qui sont élus doivent de toute façon se soumettre à cette dictature. Dans les faits tous les partis mènent quoiqu'ils arrivent la politique de la classe qui exerce sa dictature. Cela est vrai sous le capitalisme et cela sera vrai aussi sous le socialisme.

    Le multipartisme est donc un moyen pour la bourgeoisie de donner l'illusion que l'intérêt des autres classes sociales est pris en compte tandis qu'en réalité tout parti qui arrive au pouvoir, soit se soumet à cette dictature, soit s'en va. Et donc même avec une multitude de partis c'est toujours la politique de la bourgeoisie qui est appliquée.

    Cela pourrait nous faire dire qu'en réalité le multipartisme est une poignée de partis qui font semblant de s'affronter mais gouvernent en fait main dans la main pour la bourgeoisie, et une poignée de partis voués à rester dans l'opposition tant qu'ils refusent de trahir leurs promesses illusoires. C'est la raison pour laquelle le réformisme est impossible. En revanche dès lors que c'est le prolétariat qui exerce sa dictature, son intérêt est unique, et donc il ne saurait exister un autre parti que le parti du prolétariat.

    La garantie d'un tel système ne peut exister simplement dans une constitution, comme se l'imaginent certains penseurs bourgeois de la démocratie, tels qu'Etienne Chouard. Car ce n'est là qu'un texte. Seul le pouvoir des prolétaires en armes est la garantie de la véritable démocratie. Par la suite des citoyens en armes car sous le socialisme le prolétariat cessera peu à peu d'être prolétariat au fur et à mesure de sa propre émancipation concrète.

    Il faut donc que ce soit la majorité qui exerce sa dictature, par un pouvoir unique qui soit sous son contrôle, exprime sa volonté et agisse donc pour son intérêt.

    On ne peut pas non plus considérer que la démocratie s'arrête là où commence la propriété privée comme c'est le cas actuellement.

    Dans la société actuelle où la "démocratie" est déjà peu de chose au regard de ce qu'elle promet, elle est encore moindre dès qu'on franchit le seuil du marché du travail, cœur du la machinerie capitaliste esclavagiste.

    La propriété privée des moyens de production devra être abolie et sera instaurée la propriété sociale. Car si la liberté repose sur la propriété, celle-ci ne peut exister comme liberté pour tous (et non comme synonyme d'esclavage) à condition que ce soit l'immense majorité qui soit propriétaire de tous les moyens de production et non une minorité.

    Il faut donc que la population exerce son contrôle démocratique sur la production.

    Dans la société capitaliste, les capitalistes agissent en fonction de leurs profits, et ne s'intéressent au besoin du consommateur qu'en tant que celui-ci leur permet de faire du profit. Or on voit bien que l'intérêt du capitaliste et du consommateur diverge à tout instant. Par exemple quand ceux-ci trompent continuellement les consommateurs avec des produits de mauvaise qualité, des tas de défauts invisibles qui font casser les objets, qui empoisonnent la nourriture parce que c'est moins cher, etc. tout cela est inévitable sous le capitalisme parce que le capitaliste suit son intérêt et il est stupide d'attendre quoi que ce soit de l'altruisme des capitalistes (ils vivent en concurrence et donc ne peuvent se permettre de se soucier de la santé des gens).

    La seule et unique solution n'est donc pas dans les lois et les régulations stupides réformistes, qui ne servent à rien à part à enfumer les gens. La seule solution est la propriété sociale des moyens de production, chaque individu doit avoir sa part de propriété dans l'intégralité des moyens de production. Ainsi par exemple, à la question de savoir si l'on veut de la nourriture avec ou sans pesticides, des polluants, etc. c'est à la majorité de trancher, et l'issue du vote est facile à deviner. Non n'en voulons pas.

    Le contrôle démocratique de la production bénéficie à tous les niveaux à la population puisqu’elle peut enfin décider dans son intérêt majoritaire. Et surtout cela signifie que l'exploitation n'existe plus car chacun sera propriétaire du fruit du travail commun et pourra en profiter en fonction de sa propre participation au travail.

    Le travail sera planifié et partagé afin que chacun ait sa place. Cela veut dire aussi que les crises de surproduction due à l'exploitation disparaîtront. Cela veut dire que tout progrès dans la robotique, dans les machines, etc. au lieu de jeter des gens au chômage, augmentera la part du gâteau pour tout le monde.

    Est-ce à dire que toute initiative personnelle disparaîtra ? Non. Ce que change la propriété sociale des moyens de production, c'est que le peuple a le dernier mot. Cela ne veut pas dire que l'initiative personnelle est interdite, bien au contraire, chacun pourra participer et être force de proposition pour améliorer le système mais en définitive c'est toujours l'intérêt majoritaire qui tranche.

    Il n'y aura plus d'un côté l'homme et de l'autre le citoyen mais la société reconnaîtra enfin que l'homme et le citoyen sont la même personne et qu'il n'y a pas non plus d'un côté les esclaves et de l'autre les bourgeois, d'un côté la personne morale et de l'autre la personne réelle. Chacun sera reconnu dans son existence, l'homme considéré comme être social.

    Par la suite, lorsque les classes antagonistes auront été supprimées, alors la dictature du prolétariat elle-même s'effacera puisqu'il n'y aura plus de prolétariat et de bourgeoisie (l'un ne peut exister sans l'autre).

    Dès lors, nous sommes encore loin de la phase supérieure du communisme, mais nous sommes aussi déjà loin de l'époque capitaliste. Dans cet entre-deux, il existe une multitude de degrés, en fonction de la situation internationale par exemple, des dangers qui pèsent sur le socialisme.

    En 1936 par exemple, Staline proposa pour l'URSS une nouvelle constitution, la plus démocratique qui soit. Il aurait été autorisé partout des élections, on aurait mis fin à la période de la dictature du prolétariat pour élargir le contrôle des masses, considérant que désormais le pays n'était plus traversé par des antagonismes de classe. Cette constitution fut rejetée par l'appareil bureaucratique naissant et une lutte à mort se fit dès l'année suivante pour le purger, d'où Staline sortit vainqueur mais la constitution elle-même ne fut pas appliquée.

    La raison est que tant qu'un pays socialiste est encerclé par des pays capitalistes, alors l'état ne peut pas disparaître totalement et les anciennes classes exploitées doivent encore lutter pour empêcher l'apparition d'une nouvelle classe exploiteuse à la tête de cet état. Ce qui arriva d'ailleurs après la seconde guerre mondiale et mit fin au socialisme en 1956.

    La démocratie comme nous l'avons vu, n'a rien d'un système de bisounours et qui arrive la main sur le coeur. La démocratie, la véritable, est comme tout système une dictature, mais une dictature où l'immense majorité gouverne pour l'immense majorité, étape nécessairement transitoire vers une société sans classes. Sous le communisme, la démocratie elle-même disparaîtra car il n'y aura plus besoin de dictature de la majorité.

    On saisit aussi le fait suivant : seule une démocratie planétaire est réellement démocratique, et ne peut mener qu'au communisme planétaire. En effet le peuple français par exemple, peut s'exprimer majoritairement pour une mesure, mais la majorité du peuple français est en même temps une minorité des êtres humains sur la planète.

    Résumons donc ce que devrait être les institutions politiques d'une véritable démocratie, socialiste, prolétarienne :

    → La dictature révolutionnaire du prolétariat en armes, qui centralise entre les mains du prolétariat et de son état l'ensemble des moyens de production, des organes de décision, et s'occupe de réprimer les classes exploiteuses,

    → La représentation du peuple se fait à travers des conseils populaires dans les lieux de travail et d'activité. Les élus aux échelons supérieurs (par exemple à l'échelle nationale) doivent être issus des ces soviets,

    → Le contrôle exercé à n'importe quel échelon est primordial. Il passe par le droit à la révocation de n'importe quel élu à n'importe quel moment à partir du moment où la majorité (à l'échelon en question) le souhaite,

    → Au niveau de l'économie, la démocratie réelle signifie la propriété sociale de tous les moyens de production. Un plan d'ensemble de la production est fixé, décidé et appliqué démocratiquement, c'est à dire en partant des besoins de la majorité. Les prolétaires en armes eux-mêmes se chargent d'imposer et de vérifier l'application de ce plan. Chacun reçoit une part du travail total en fonction de sa propre participation, de chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail.

     

    III- Réponse aux critiques bourgeoises

     


    La première des objections qui sont faites au système démocratique (réellement démocratique), est que le peuple est trop bête, qu'il ne peut pas et ne doit pas diriger. Par exemple le peuple ne voudrait jamais faire de sacrifices utiles car il n'aurait pas de vision globale. Ainsi parlent bien sûr les tenants de la classe dirigeante qui comprennent bien que la démocratie réelle signifie leur extinction.

    La question n'est absolument pas un problème d'intelligence, de culture, de raison. La question est une question d'intérêt, de lutte entre des intérêts contradictoires.

    On peut donc se demander effectivement, est-ce que les gens sont conscients de leur intérêt où est-ce que ce sont des veaux ?

    La réalité nous prouve sans cesse chaque jour, et de façon répétée, que peu importe le niveau d'intelligence de la personne, chacun arrive à savoir ou à sentir si tel ou tel ensemble de mesure va favoriser ou non sa situation. Ainsi on peut dire qu'en règle général la plupart des gens sont capables de comprendre quel est leur intérêt particulier. Ainsi quand une usine ferme se délocaliser à l'étranger les ouvriers sont très bien conscients de leur intérêt à réclamer des barrières douanières.

    Il est vrai toutefois que la conscience de cet intérêt n'est pas immédiate, instantanée, parfaite. Cette conscience n'est pas infaillible. Loin de là. En revanche chacun fait sans cesse l'expérience des politiques qui arrivent au pouvoir et peut se faire une idée par sa propre expérience, de ce qui va dans son intérêt et de ce qui trahit son intérêt.

    On dit qu'il faudrait que le peuple soit éduqué pour pouvoir diriger. Certes plus le niveau d'éducation et d'instruction sera élevé plus la majorité sera apte à prendre conscience de son intérêt et à le formuler justement, et donc plus la démocratie sera effective.

    Mais de quelle éducation parle-t-on ? Parle-t-on comme nos amis réformistes de l'école bourgeoise ? Parle-t-on des médias bourgeois ? Les uns comme les autres ne sauraient diffuser autre chose que ce que la classe dominante a intérêt à diffuser puisqu'elle est propriétaire des moyens de production intellectuelle et exerce aussi sa dictature dans le domaine des idées.

    Mais bien sur nos petits bourgeois ne veulent rien entendre de cela. S'imaginent-ils, une armée de professeurs et d'éducateurs au-dessus de tout intérêt privé (comme si cela était possible, comme si des gens pouvaient vivre dans la société sans en dépendre) doit enseigner la bonne parole au peuple et lui révéler quel est son intérêt.

    Mais dans une société où les moyens de productions sont la propriété de la bourgeoisie, et donc à fortiori les moyens de production intellectuelle, cela se résume à un vœu pieux. Là encore seule la dictature du prolétariat peut rendre réellement libre les larges masses, afin qu'elles chassent des écoles et des médias les cafards de la bourgeoisie et permettent ainsi leur propre éducation, leur propre aptitude à diriger le pays et donc à se diriger eux-même.


    La bourgeoisie prétend que la propriété sociale et la planification ne peuvent qu'échouer, à cause de la nature humaine, qui, dit-on, fait que l'homme préfèrerait sa propriété individuelle à la propriété collective. L'homme dit-on, préfère travailler pour lui-même que pour la communauté.

    Il est juste de dire que l'homme préfère travailler pour lui-même que pour autrui. Or rappelons à ces messieurs de la bourgeoisie que c'est sous l'exploitation capitaliste que l'immense majorité est contrainte de céder sa force de travail en échange d'un salaire bien inférieur à la valeur de la force de travail fournie. C'est sous le capitalisme que le travailleur travaille pour autrui. Pour être exact, un travailleur à l'heure actuelle passe environ 75% de son temps à travailler pour le capital et le reste plus ou moins directement pour lui-même... (rappel, sous le féodalisme, les paysans versaient 90% de leur récolte au seigneur, on a fait un sacré chemin depuis !)

    C'est uniquemenent lorsque sera réalisée la propriété sociale des moyens de production que chaque travailleur travaillera enfin pour lui-même. De chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail. L'intégralité de l'effort qu'il aura fourni lui reviendra directement ou indirectement.

    Il est bien évident que si les moyens de production sont la propriété de tous, alors personne ne peut s'en approprier le fruit gratuitement (exploitation). Chacun pourra donc s'approprier à titre individuel les fruits de la production en rapport de ce qu'il a lui-même participé à la production (exceptés bien sur les enfants, les retraités, etc.).

    Il n'y a donc là ni assistanat, ni exploitation, ni vol. Chacun a le droit de prendre autant que ce qu'il a donné par son travail !

    Est-ce si "totalitaire" et "tyrannique" que cela ? Pour nos exploiteurs parasites capitalistes, certainement ! Cela veut dire que ce système de sangsue où une minorité capte les richesses produites par l'immense majorité, ce système de véritable assistanat, sera effectivement terminé.

    Nos chers libéraux se lamentent donc en vain de l'innefficacité de la propriété collective. Et par là ils oublient que le système des sociétés par actions par exemple, est une forme très poussée de propriété collective, au même titre qu'un kholoze. En effet dans l'actionnariat chaque actionnaire est propriétaire d'une partie de l'entreprise au capital ouvert, et exerce son contrôle via les assemblées générales d'actionnaire. Une ploutocratie en somme.

    Cela prouve bien que la propriété collective peut fonctionner ! Non seulement cela, mais en plus la propriété sociale est tout sauf une vulgaire propriété collective. La propriété sociale va bien plus loin, car c'est la société dans son ensemble qui est propriétaire de l'ensemble des moyens de production, celle-ci exerçant son contrôle de manière démocratique.

    Nos bourgeois, qui n'ont que les mots "démocratie", "suffrage universel", "élections" et "liberté" à la bouche, à nous faire pleurer du "totalitarisme" stalinien, ne regardent-ils pas leur propre système ? Dans la société actuelle, les entreprises sont dirigées de façon tout sauf démocratiques. Une poignée d'actionnaires et de propriétaires prend les décisions tandis que l'immense majorité n'est que spectatrice et subit en silence.

    Pour reprendre les catégories du système actuel, le socialisme est un système où chaque citoyen aura une part individuelle et égale de propriété dans l'ensemble des entreprises. Tout comme les assemblées générales d'actionnaires exercent actuellement leur contrôle sur la production, l'immense majorité exercera son contrôle démocratiquement sur la production.

    Si on devait comparer l'économie aux institutions "démocratiques", et toujours en restant dans les canons de la "démocratie" bourgeoise, nous sommes déjà très loins du compte. C'est comme si qu'au lieu du suffrage universel on avait 5% de la population qui a le droit de vote, sachant qu'une seule personne peut cumuler des milliers (ou plus) de voies tandis que d'autres (la majorité) ont zéro voie. Cela semble injuste et tout sauf démocratique n'est-ce pas ? Eh bien c'est de cette façon que sont prises les décisions dans les entreprises sous le capitalisme. Que nos chers bourgeois arrêtent donc de prétendre défendre la "démocratie" et autres tours de passes-passes d'illusionnistes comme eux seuls savent en produire.

    Nos chers bourgeois tournent en dérison la planification socialiste, mais celle-ci n'est que le fonctionnement démocratique le plus élémentaire. Qui plus est les socialistes n'inventent pas la planification. Les grandes entreprisent recourent déjà à la planification pour les besoins des entreprises. Ce que change la planification socialiste, c'est que celle-ci se fait en partant des besoins et de l'intérêt de la majorité, donc de façon démocratique, avec un plan centralisé.

    Mettant fin au chaos et à l'anarchie de l'économie actuelle. La notion de propriété sociale et centralisée est importante car sans la centralisation (je fais référence au délire petit bourgeois de "l'autogestion"), il n'y a qu'une propriété collective à l'échelle de l’entreprise tout à fait compatible avec le capitalisme.

    Les soviétiques par exemple, durent faire cohabiter la propriété sociale (d'état socialiste) et les kholkozes pour une partie de l'agriculture, propriétés collectives de petits groupes de paysans. Mais la direction avec Staline fit tout pour parvenir à nationaliser les kholkozes tandis que les révisionnistes firent tout au contraire pour dynamiter la propriété sociale d'état socialiste, et donc la véritable démocratie !

    En bref nos bourgeois professent un point de vue sur le socialisme qui reflète leur intérêt particulier, et usent pour cela d'autant de mensonges et grossières déformations que nécessaire.

    Marx démontra avec force l'hypocrisie de ce point de vue bourgeois : « Vous êtes saisis d'horreur parce que nous voulons abolir la propriété privée. Mais, dans votre société, la propriété privée est abolie pour les neuf dixièmes de ses membres. C'est précisément parce qu'elle n'existe pas pour ces neuf dixièmes qu'elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut exister qu'à la condition que l'immense majorité soit frustrée de toute propriété. En un mot, vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c'est bien ce que nous voulons.

    Dès que le travail ne peut plus être converti en capital, en argent, en rente foncière, bref en pouvoir social capable d'être monopolisé, c'est-à-dire dès que la propriété individuelle ne peut plus se transformer en propriété bourgeoise, vous déclarez que l'individu est supprimé.

    Vous avouez donc que, lorsque vous parlez de l'individu, vous n'entendez parler que du bourgeois, du propriétaire. Et cet individu-là, certes, doit être supprimé.

    Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation le travail d'autrui.

    On a objecté encore qu'avec l'abolition de la propriété privée toute activité cesserait, qu'une paresse générale s'emparerait du monde.

    Si cela était, il y a beau temps que la société bourgeoise aurait succombé à la fainéantise, puisque, dans cette société, ceux qui travaillent ne gagnent pas et que ceux qui gagnent ne travaillent pas. Toute l'objection se réduit à cette tautologie qu'il n'y a plus de travail salarié du moment qu'il n'y a plus de capital.
    »




    Toutes les objections sur la violence de la dictature du prolétariat, toutes ces objections pseudo-morales que profèrent les défenseurs du système bourgeois, tout cela apparaît chaque jour comme autant de mauvaises plaisanteries au fur et à mesure que se déchire le voile de l'implacable dictature de la bourgeoisie. Ce joug bien réel lui, dissipe de lui-même dans la tête des gens, les illusions sur la "démocratie" bourgeoise, très forte pour donner des leçons morales et c'est bien la seule chose qu'elle sait faire.

    Si l'on est réellement démocrate, non au sens bourgeois vulgaire, mais au sens réel et authentique, alors on admet le princpe selon lequel la majorité décide et impose sa volonté par la force. Car si ce n'est pas ainsi, alors c'est la minorité qui impose sa volonté par la force à la majorité. On ne peut pas être démocrate et refuser la dictature de la majorité.

    Il est utile de faire un petit détour par la philosophie afin d'éclairer ce problème. Car de tous temps nous constatons, et cela est un fait, que partout les classes dominantes n'ont à la bouche que les mots d'altruisme, de compassion, de générosité, de renoncement, de non-violence, de morale, etc.

    Nous voyons souvent dans l'histoire ce masque qui sert de façade à la dictature de la classe dominante, et qui sent à chaque fois cette sale odeur d'hypocrisie qui n'arrive pas à s'en détacher. C'est un fait, on le constate à travers les religions, et les idéologies plus récentes comme le libéralisme n'y échappent pas. D'aucuns d'ailleurs aimeraient classer le marxisme dans cette catégorie mais prouvent là leur incompréhension totale du marxisme (souvent volontaire et intéressée !).

    A priori on pourrait se dire : quoi de mieux que le désintéressement et l'altruisme ? Sauf que raisonner ainsi, c'est raisonner sur des concepts abstraits qui n'ont aucune existence réelle. Car la réalité n'est pas faite de concepts abstraits. Il n'y a pas "la dictature en général", "la violence en général", "le bien en général", le mal en général, "la liberté en général", "la répression en général", etc. Il faut se demander : la dictature de qui ? dans l'intérêt de qui ? Pour qui et contre qui ? La liberté de qui et de faire quoi ? La violence de qui contre qui ? La violence des exploiteurs contre les exploités ou pas la violence des exploités contre les exploiteurs ? Ce n'est pas la même chose pour tout le monde.

    On pourrait se dire : l'altruisme est une arme contre le capitalisme car il dénonce l'égoïsme des bourgeois. Mais en même temps de quoi rêvent les exploiteurs si ce n'est d'avoir à leur pieds des esclaves altruistes qui renoncent à leur propre vie pour servir celle de leur maître jusqu'à la dernier goutte de sueur ? L'ambivalence des concepts abstraits généraux tient au fait que précisément ils n'adhèrent à aucune réalité concrète et peuvent donc se changer tantôt en une cause, tantôt en son contraire, et c'est là que réside toute l'escroquerie.

    Dès lors, il faut poser le problème ainsi. Il n'y a pas de telle chose que "l'égoïsme en général", mais l'égoïsme des uns et l'égoïsme des autres, de chacun en particulier, de telle personne, de telle classe, de tel pays, etc. Les hommes sont identiques et différents en même temps. Ils sont identiques car ils sont constitués de la même façon, sont animés par les mêmes motifs d'existence au cours de leur vie, tels que chercher à survivre, à se reproduire, éviter la souffrance ou chercher les plaisirs, etc.

    Mais en même temps ils sont différents car chacun n'est que lui-même et quand l'un mange, il est le seul à être rassasier par le fait de manger. Quand l'un est malade, c'est lui-même qui est malade. Quand l'autre est heureux, c'est lui-même qui est heureux.

    Cette conception des rapports humains se retrouve presque partout et se déclinera encore de diverses façon à travers l'histoire tant que l'homme n'aura d'autre choix que de lutter contre d'autres hommes pour survivre (c'est à dire dans toute la période historique qui précède le communisme).

    Ainsi les équipes de foot sont identiques mais en même temps s'affrontent. Les capitalistes sont identiques mais en même temps sont en concurrence. Les nations capitalistes sont identiques mais en même temps se font la guerre. A travers les époques, les religions et courants idéologiques que créent l'intelligentsia des classes dominante sont à la fois identiques (où du moins ils se ressemblent beaucoup et piochent dans le même argumentaire philosophique idéaliste), en revanche elles luttent entre elles férocement. Les mafias sont identiques mais se font la guerre, etc. Il en va ainsi de presque tout : identique et différent à la fois.

    En appeler donc au renoncement, la non-violence et à l'altruisme en général est :

    1- un rêve utopique car la réalité ne fonctionne jamais de cette façon

    2- substituer à la lutte des classes une lutte entre des concepts tels que "le bien" et "le mal" en général ce qui conduit à la religion

    3- une arme entre les mains des classes dominantes qui peuvent ainsi apparaître comme moralement justes tout en essayant de paralyser les velléités révolutionnaires de leurs esclaves. Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'en général elles n'y parviennent pas, car seule la classe dominante croit à ses propres préjugés. Cependant ces illusions freinent la prise de conscience des exploités sur la réalité de leur situation et peut pendant un certain temps les empêcher d'agir dans leur propre intérêt.

    Par exemple la bourgeoisie, petite et grande, de gauche ou de droite, répand sans cesse ses thèses moralisatrices sur la violence en général, la dictature en général, entretient sans cesse les illusions sur sa propre société (qui cela va sans dire n'est pas une méchante vilaine dictature elle !).

    La bourgeoisie prétend incarner la raison, au-dessus des intérêts de classe, agissant dans l'intérêt général. Ainsi la "main invisible", l'état providence, la prétendue probité des dirigeants dont elle s'efforce de sauver l'apparence, cachent mal la réalité des rapports sociaux.

    Le "changement de mentalité" et la prétendue "révolution culturelle" entretiennent exactement les mêmes illusions sur le fait d'appeler à mettre de côté l'égoïsme pour faire une société "raisonnable" (c'est à dire en fait conforme aux intérêts de la bourgeoisie). Qu'on ne vienne pas reprocher l'utopisme aux communistes. Car le communisme est, si on y réfléchit bien, le seul camp politique réaliste et dénué de toute utopie.

    La vérité, la voilà. Chacun lutte avant tout pour son intérêt particulier. Toutes ces phrases sur la non-violence et l'altruisme n'ont aucune réalité, si ce n'est dans la tête de ceux qui répandent ces préjugés (ou s'efforcent tant bien que mal de les inculquer aux prolétaires).

    Seul s'est élevé à la juste compréhension du marxisme celui qui a compris la nécessité, pour vaincre la bourgeoisie, de recourir non pas à la non-violence et à l'altruisme, mais à la dictature du prolétariat, c'est à dire de lutter pour l'intérêt de l'immense majorité (la démocratie réelle en fait). Renoncer à la dictature et à la violence "en général" revient surtout à renoncer à la dictature du prolétariat et donc à renforcer la dictature de la bourgeoisie.

    Mais tel petit bourgeois gauchiste ou tel bourgeois ignare pseudo-communiste ne peut ni ne veut comprendre la nécessité d'une telle dictature et s'emploie alors à répandre ses préjugés moraliseurs, c'est à dire à retenir le prolétariat de frapper, et donc à serrer un peu plus fort le joug de l'exploitation. Car la réalité elle, ne s’embarrasse pas de concepts abstraits généraux. C'est une lutte à mort. Le renoncement à lutter "en général" n'existe pas. Dès lors il ne peut être autre chose qu'un moyen de lutte de l'adversaire. C'est tout le problème des concepts abstraits, ils se transforment en leur contraire très facilement puisqu'ils n'ont aucun contexte. Toute vérité est concrète


    Bref derrière l'altruisme, la non-violence, etc. non seulement il n'y a pas l'altruisme et la non-violence, mais en plus il n'y a et il ne peut y avoir au final, qui tire les ficelles, l'intérêt égoïste des classes dominantes. Telle est donc l'escroquerie qu'il est bien important de comprendre.

    Dans une société traversée (et inévitablement traversée) par la lutte entre les différentes classes, il ne saurait exister de compromis, de solutions qui conviennent à tous, etc. il n'y a et il ne peut y avoir que des solutions qui conviennent à tel ou tel camp et ces solutions sont toutes dictatoriales, violentes, répressives, que ce soit du côté de la bourgeoisie ou du côté du prolétariat.

    La question est de savoir si la dictature est celle d'une minorité d'exploiteurs contre la majorité d'exploités, ou la dictature d'une majorité d'exploités contre la minorité d'exploiteurs. La démocratie, la vraie démocratie, n'est rien d'autre que cette deuxième option. Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat. Entre les deux il n'y a rien.

    Tout cela, Lénine l'explique lui-même : Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature du prolétariat.


    On dit qu'une véritable démocratie serait trop compliquée. Que ça pouvait marcher à la limite pour la Grèce antique, le vote à main levée sur l'agora, mais pas pour un pays comme la France de plus de 60 millions de personnes. Il est vrai que nous ne procéderons plus par vote à main levée sur l'agora.

    En revanche il est tout à fait envisageable d'avoir un système représentatif à condition que celui-ci soit réellement représentatif comme je l'ai expliqué plus haut, grâce à la révocation des élus.

    De plus l'usage de référundum d'intiatives populaire pour les grandes questions de société semble être une méthode on ne peut plus démocratique.

    Pour les questions locales également, l'usage de référundum semble parfaitement approprié pour régler les litiges. Là encore c'est à la majorité de trancher.


    On reproche au système démocratique idéal d'être trop instable. Dit-on, un système où l'on pourrait révoquer des élus serait bien trop chaotique car on virerait sans cesse le personnel politique et aucune politique de long terme ne serait possible.

    Mais les bourgeois qui disent cela ignorent ou font semblant d'ignorer que la révocation des élus n'a aucun sens comme mesure prise en elle-même. Elle n'a de sens que si on la considère du point de vue de la dictature du prolétariat, de la révolution, etc.

    Car évidemment, si on instaurait la révocation des élus sans rien changer au système actuel, alors des armées de politiciens bourgeois viendraient continuellement s'écraser sur le mécontement populaire, et la bourgeoisie enverrait continuellement de nouveaux poulains périr aux élections.

    Dès lors que sera abolie la dictature de la bourgeoisie, dès lors que les représentants élus représenteront réellement l'intérêt de ceux qui les ont élus, alors naturellement, il n'y aura plus besoin de virer continuellement le personnel politique, que ce soit tous les 5 ans ou tous les 5 jours.

    Il s'agira alors simplement d'une mesure de contrôle populaire et n'aboutira pas du tout à l'instabilité. Bien au contraire dans le système bourgeois actuel on change de marionnette sans cesse tous les 4 ou 5 ans. Dans la véritable démocratie, un élu pourra très bien rester élu jusqu'à la fin de sa vie tant qu'il fait du bon travail et qu'il ne s'écarte pas de son mandat.


    Certains de nos amis réformistes affirment que dans la démocratie, chacun vote pour l'intérêt général. La démocratie serait un système où on ne vote pas pour soi mais de façon désintéressée. Qui d'autre que la bourgeoisie peut défendre une telle conception de la démocratie ? En effet c'est bien la bourgeoisie qui rêve que le peuple se désintéresse de son propre intérêt et ne rechigne pas à laisser toutes les commandes à la bourgeoisie, par altruisme cela va de soi.

    Non cela n'est pas la démocratie. La démocratie, et aussi de fait la réalité, consiste à ce que chacun vote pour son intérêt particulier, puis la majorité impose son choix par la force si nécessaire. Tel est le sens de la démocratie, l'intérêt général signifie l'intérêt de la majorité imposé par la majorité (et non pas consenti par la minorité, car rarement la minorité exploiteuse se laisse déposséder gentiement à l'issue d'un vote).


    Du côté de nos amis du social-chauvinisme, on refuse le concept d'internationalisme et de communisme, forcément planétaire.

    La démocratie réelle ne saurait être autre chose que planétaire, car même une majorité dans un pays est une minorité du point de vue global.

    Mais contrairement à la vision cosmopolite bourgeoise, l'internationalisme prolétarien considère comme réelle l'existence des nations. Or le socialisme ne peut dans les faits que se contruire d'abord dans un ou plusieurs pays. Il faut donc nécessairement une étape où existent un certain nombre de nations socialistes.

    On pourrait reprocher que par exemple les chinois décident pour les français puisque les chinois sont plus nombreux. C'est bien sur quelque chose qui n'arrivera pas tant qu'existera objectivement une nation française et une nation chinoise. Or ces nations n'ont d'intérêt antagoniste que tant qu'elles sont des nations bourgeoises pseudo-démocratiques. Dès lors qu'elles sont des nations socialistes et réellement démocratiques, les nations peuvent faire bloc et réaliser une unité supérieure, semblable à celle que les nations elles-mêmes ont fait avec les villes.

    D'ailleurs le fonctionnement à l'échelle planétaire n'est jamais que le fonctionnement d'une nation mais à plus grande échelle. Il nous paraîtrait injuste que la majorité des français doivent faire ce que dicte les habitants d'une petite commune de 200 habitants dans le fin fond de la campagne française. De même il doit nous paraître juste que ce soit la majorité des humains et non de petits pays minoritaires qui dictent leur loi à la majorité, comme c'est le cas sous l'impérialisme.

    Le communisme lui-même correspondra d'ailleurs à cette période où le socialisme aura vaincu sur toute la planète, où tout état cessera donc d'être utile. La démocratie planétaire elle-même n'aura plus de sens et cédera la place au communisme (forcément planétaire).

    Cela ne signifie en rien la fin des peuples, de leurs différences, mais leur intégration étape par étape dans une grande nation socialiste en réalité, ce qui bien sûr est un objectif très lointain et ne correspond pas du tout à un objectif à la portée de notre époque. Cela signifie que l'humanité se tournera désormais vers l'espace et son expansion en dehors de la Terre. La démocratie est donc l'outil de l'humanité pour s'élever vers une époque complètement nouvelle et résolument tournée vers l'avenir.

    Source : http://www.proletaire.altervista.org/recherche%20marxisme/textes/D/democratie.php

    « - La stratégie révolutionnaire à l'époque moderne- Pourvu que Macron échoue ! »
    Partager via Gmail Yahoo!

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    2
    proletaire fer (WH)
    Lundi 12 Juin à 22:46

    Poggiale Avidor Bert,

    Si j'ai bien compris vous souhaitez que j'ajoute un forum dans le site. Cette idée m'avait déjà traversé l'esprit. Effectivement alimenter le site est déjà un travail en soi, et notamment maintenant avec les vidéos (je travaille sur un montage actuellement).

    Au-delà de ça je suis content d'avoir des retours de lecteurs qui apprécient ce que j'écris. Laisser les visiteurs du site échanger entre eux et participer, ce serait encore mieux. Sur l'ancienne page de commentaires, peu de gens postaient car la faible activité apparente du site laisse penser que personne ne va lire, et pourtant il y a de plus en plus de lecteurs !

    Je vais créer cet espace de discussion. Il me faudra juste un peu de temps.

    Cordialement

    1
    Poggiale Avidor Bert
    Lundi 12 Juin à 15:20
    <style type="text/css"></style>

    Le 12 juin 2017 à Saint Hippolyte du Fort

     

     

     

    Cher Camarade Prolétaire de fer

     

     

     

    Vous faites un travail d'explications absolumernt remarquable. Merci

     

     

     

    Aussi, malgré le poids de ce travail de vulgarisation du marxisme pourriez-vous créer, sur votre site, un coin pour discuter – pas de commentaires.

     

     

     

    Cordialement

     

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :