• - A quoi ressemblera le communisme et comment l’instaurer ?

    - A quoi ressemblera le communisme et comment l’instaurer

    [Avec un commentaire de TML en fin d'article]

    On m’a récemment demandé (à WH) à quoi ressemblerait la société communiste future avec les moyens modernes.

    Cet article en plusieurs parties a pour but de répondre à trois questions :

    - Pourquoi le communisme est nécessaire et inévitable,
    - À quoi ressemblera la société communiste future,
    - Ce que le passé nous apprend sur comment changer la société.

     

    I- La révolution politique


    Le point de départ est la question politique. Aucun changement ne peut être fait sans le pouvoir. Sans le pouvoir, les belles idées restent à l’état de projet.

    Le constat est simple : le système politique actuel est une dictature. C’est une dictature hypocrite, une dictature qui ne dit pas son nom.

    La démocratie est le masque du pouvoir financier. Tout est en réalité sous contrôle d’une oligarchie qui contrôle les élections grâce aux médias. Tout est fait pour qu’on élise les marionnettes de l’oligarchie. Banquiers, avocats, médecins et cadres sont la majorité des élus, ils ne sont donc pas du tout représentatifs.

    Une fois au pouvoir, ils sont contrôlés par les lobbys. Le peuple lui, n’a plus son mot à dire. Le peu de pouvoir que ces élus ont, ils l’utilisent pour renforcer le pouvoir des grandes entreprises, de la finance, etc. Ainsi la dictature du grand capital est inscrite dans l’ADN même de la « démocratie ». [NDLR : Nous pouvons l'appeler la démocratie bourgeoise, en opposition à la démocratie prolétarienne. Car il n'existe aucune démocratie de façon conceptuelle qui serait vide de "qui dirige ?", "qui possède ?"...]

     

    Ce système, définitivement impossible à réformer, est le principal ennemi du peuple.

    Pour autant, une vraie question se pose. Le peuple peut-il gouverner ? Une masse de gens abrutis par la télé et les réseaux sociaux peut-elle prendre des décisions responsables pour elle-même ? Livrée à la misère et à l’abrutissement quotidien, la majorité du peuple n’est pas capable de gouverner. [Pour l'instant. NDLR]

    On se retrouve donc avec une équation difficile. Ceux qui prennent les décisions le font contre l’intérêt de la majorité. Même si cette majorité veut que les décision soient prises dans son intérêt, elle est incapable de le faire elle-même.

    Mais parmi le peuple, il n’y a pas que des abrutis. Il y a des gens plus éveillés, plus conscients politiquement. C’est ce qu’on appelle une avant-garde, mais c’est une minorité. Si des gens sont capables de prendre des décisions dans l’intérêt de la majorité, ce sont eux.

    Un nouveau système politique est donc nécessaire. Dans ce système, les nouvelles élites travaillent dans l’intérêt du peuple, c’est à dire des travailleurs et des autres parties de la société qui constituent le peuple.

    Ce système ne peut pas être imposé par des réformes. L’histoire montre que les élites n’acceptent jamais aucun compromis de fond sur leur pouvoir. Seule une révolution peut changer réellement la société.

    Une révolution n’est pas utopique, il n’y a que ça dans l’histoire, des révolutions. La question c’est de savoir si le système qui suivra cette révolution travaillera dans l’intérêt de la majorité ou non.

    Dans la période qui suit une révolution, il y a un vide laissé par l’ancien pouvoir. Des factions représentants les intérêts des différentes classes se forment et sont aspirées par ce vide. La lutte est féroce pour le pouvoir. L’histoire nous montre qu’une révolution ne survient que dans les périodes d’extrême chaos, de crise, de guerre, souvent même de famine.

    Faire en sorte que la bonne faction sorte gagnante de cette lutte impitoyable pour le pouvoir, ce n’est pas facile. L’histoire montre que seul un camp soudé et discipliné peut à ce moment l’emporter. L’histoire est impitoyable avec les tièdes et les mous. Pensons à la France, la révolution française en a été le meilleur exemple. On finit toujours par en venir à la terreur et aux mesures extrêmes parce que le chaos est tel que chaque faction doit déployer des efforts extraordinaires pour vaincre la résistance des autres factions et même des mous de sa propre faction. [NDLR : ne pas oublier que pendant la Révolution française, ce sont les Girondins qui ont commencé la "Terreur", et non les Jacobins contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire].

    Pendant les périodes révolutionnaires, il peut coexister deux, voire trois pouvoirs différents. Le nouveau pouvoir hérite du chaos du précédent. Il ne suffit pas qu’un petit comité donne des ordres pour redresser la situation. Il faut encore que ces ordres soient suivis d’effets, que leur application soit contrôlée. Sans une organisation et une discipline, une faction est rapidement éliminée. Par sélection naturelle, il ne reste à la fin que les plus disciplinés et les plus déterminés. Par exemple les bolcheviques en 1917.

    On a souvent l’image d’un pouvoir jacobin tout puissant en 1793. La réalité est toute autre. Le pouvoir révolutionnaire est dans une situation de danger à chaque instant. Chaque jour est une lutte sans fin contre l’inertie des masses, contre la contre-révolution, contre les mous et les traîtres de son propre camp, contre des interventions étrangères, contre la famine, contre la désorganisation, contre le chaos qu’aggrave la guerre.

    A chaque instant, le pouvoir révolutionnaire doit vaincre la friction omniprésente dans son propre appareil de pouvoir, qui en apparence tout puissant, est en réalité dans une lutte de chaque instant pour s’assurer que la chaîne de commandement soit efficace.

    Avant d’arriver au pouvoir, une faction compte sur les erreurs des autres factions pour gagner à soi l’opinion. Mais une fois au pouvoir, elle devient elle-même victime de l’usure du pouvoir. Si une faction ne règle pas rapidement les problèmes et ne tient pas ses promesses, elle peut rapidement susciter l’exaspération. Pendant les périodes de révolution, l’opinion de la population peut aller très rapidement vers des positions extrêmes.

    On n’imagine pas qu’un pouvoir révolutionnaire puisse se maintenir quelques semaines sans une organisation efficace et des chefs déterminés.

    Ceux qui croient à une révolution pacifique où le peuple décréterait la société nouvelle n’ont pas sérieusement feuilleté les livres d’histoires.

    Bien sûr, la situation finit toujours par se stabiliser. A ce moment, le principal danger est que le nouveau pouvoir devienne une bureaucratie et se transforme en nouvelle classe exploiteuse. C’est donc à nouveau un changement qui s’impose. Ce changement est complexe car la population n’est toujours pas apte à gouverner directement elle-même.

    Il faut donc initier un long travail d’éducation pour former une nouvelle génération apte à la véritable démocratie. Ce travail peut prendre des années voire des décennies.

    Pendant cette période, la lutte pour le pouvoir n’a pas cessé, elle est juste d’une intensité moins grande. Les complots contre-révolutionnaires, les sabotages et les manipulations de pays étrangers sont monnaie courante à la suite d’une révolution.

    On voit donc deux dangers : d’une part celui d’une restauration de l’ancien système par les anciens exploiteurs, d’autre part, celui d’une restauration de l’ancien système de l’intérieur, par une nouvelle oligarchie qui se constituerait à l’intérieur du nouveau système. [Comme cela s'est passé en URSS avec la prise de pouvoir des révisionnistes, opportunistes et trotskistes avec Khrouchtchev...NDLR].

    Pourtant, tant que le peuple n’est pas suffisamment éduqué et transformé par un long travail, il n’est pas possible de supprimer totalement les méthodes bureaucratiques. Il faut encore que des élites se chargent de diriger.

    Tout le problème, c’est donc de s’assurer que ces élites continuent de travailler pour la majorité. Il faut pour cela réformer profondément le nouveau système pour établir des mécanismes de contrôle.

    Par exemple, il faut que les élus et le personnel de l’état ne soient pas rémunérés au-dessus du salaire moyen. Il ne faut pas de privilégiés. De plus, il faut qu’ils soient révocables par le peuple. Ce genre de mesures est indispensable. Il faut en permanence mener une lutte contre la formation d’une bureaucratie privilégiée. Tant que la société n’a pas été transformée suffisamment pour que l’état ne soit plus nécessaire, cette lutte est une priorité. [NDLR : Par ailleurs, issus des luttes elles-mêmes, seront mis en place des comités de travailleurs dans les entreprises socialisées et les coopératives avec pouvoir de contrôle total sur la direction, elle-même élue. De même il sera mis en place des comités populaires dans les communes et départements, avec le pouvoir de contrôler les conseils municipaux et départementaux, eux-mêmes élus et révocables. Les candidats à ces élections seront choisis par les travailleurs et la population et devront être issus du peuple et non des anciennes oligarchies et politiciens bourgeois qui n'auront ni le droit de se présenter, ni le droit de voter. Idem au niveau du gouvernement central. C'est la démocratie prolétarienne en action !]

    A terme, il sera possible d’utiliser internet pour favoriser une démocratie directe. Naturellement, un tel système n’a de sens que si le peuple est réellement impliqué dans la politique, s’il est conscient et éduqué. Dans une première période, une démocratie directe aboutirait à l’anarchie la plus totale, à la fragmentation du pays en factions rivales impossibles à faire marcher ensemble, et enfin à la victoire probable de la contre-révolution.

    Cette révolution politique a pour but de mettre en place la révolution économique, c’est à dire le passage du système capitaliste actuel à un autre système, le communisme.

     

    II- La révolution économique

     

    1) L’indépendance économique



    La transformation de l’économie est l’un des premiers but du communisme. C’est par cette révolution qu’on peut ensuite à long terme poser les bases d’une autre société. L’évolution de la culture, des mœurs, la résolution de presque tous les autres problèmes passe par la résolution des problèmes économiques.

    Comme nous l’avions vu, cette révolution économique suppose d’abord une révolution politique. Mais cette révolution peut très bien n’avoir lieu que dans un seul ou quelques pays. Cela s’explique parce que pour qu’une telle révolution ait lieu, il faut des conditions qui n’existent pas forcément dans tous les pays. Donc un pays peut réaliser une révolution politique pendant que d’autres pays restent un certain temps en dehors de cette révolution.

    Il est possible par exemple que la révolution ait lieu en France mais pas dans le reste du monde. Cela n’a rien d’incroyable, c’est ce qui s’est passé en 1789 (il s’agissait bien sûr d’un autre type de révolution, mais le principe est le même) [NDLR : Révolution bourgeoise].

    La révolution économique doit donc partir de l’économie telle qu’elle existe dans les pays où a eu lieu la révolution politique.

    Si l’on part du principe que la révolution partira de l’occident (ce qui est probable), alors il faut partir de l’économie telle qu’elle existe actuellement en occident.

    De nos jours, la plupart des moyens de productions ne se trouvent plus en occident mais dans les pays asiatiques.

    Un gouvernement révolutionnaire hériterait donc d’une économie très dépendante des importations extérieures.

    On aurait beau nationaliser toutes les grandes entreprises françaises, le problème est que la plupart sont dans les services et non dans l’industrie.

    Il faut donc commencer par nationaliser les banques et les grandes entreprises, mais ce n’est pas suffisant. Il faut développer les forces productives pour ne pas dépendre des importations de marchandises.

    Dans une première période, cela pourrait créer une situation difficile, mais pas nécessairement. Il suffirait de créer une monnaie basée sur l’or afin de pouvoir importer les marchandises nécessaires. Cette situation doit simplement permettre de survivre le temps de développer suffisamment l’industrie pour ne plus dépendre des importations.

    C’est seulement une fois les forces productives développées et la situation politique stabilisée qu’il devient possible de mettre en place un nouveau système économique.

    2) L’économie planifiée et l’informatique


    Le principe du communisme, c’est le développement conscient de la société. Cela veut dire que l’économie ne se développe plus de façon spontanée et chaotique, mais de façon consciente et rationalisée.

    Il faut donc disposer d’un grand nombre d’informations sur la population :
    - ses besoins,
    - ses compétences,
    - sa localisation,
    - ses préférences en terme de temps de travail,
    - etc.

    Il faut également connaître des informations sur les moyens de production :
    - le nombre d’usines, de machines, etc.
    - leur état,
    - leur localisation,
    - les moyens de transports,
    - les ressources disponibles,
    - etc.

    L’idée est que, une fois qu’on connaît ces informations, il devient possible de répartir le travail et les ressources pour satisfaire les besoins de la population.

    La question est : comment obtenir toutes ces informations ?

    De nos jours, avec les smartphones, les objets connectés et internet, il devient très facile d’obtenir un grand nombre d’informations et de les centraliser dans un serveur.

    L’autre question qui se pose est ensuite de savoir que faire de toutes ces informations, comment s’en servir pour prendre des décisions.

    Là encore, il existe aujourd’hui la même problématique avec le « big data ». On utilise de nos jours des algorithmes, des super-calculateurs ou encore des intelligences artificielles pour travailler sur ces données.

    L’idée est que le communisme n’est rien d’autre qu’une grande équation. C’est à dire, à partir des forces humaines et matérielles disponibles, répartir rationnellement toutes ces forces pour répondre aux besoins de la population. Si l’on dispose de suffisamment d’informations et de la puissance de calcul nécessaire, il devient possible de résoudre cette équation.

    Dès les années 1990, des économistes britanniques étaient déjà arrivés à la conclusion que l’informatique rendait obsolète l’économie de marché et permettait de réaliser une économie planifiée. A l’époque les ordinateurs étaient pourtant beaucoup moins puissants qu’ils ne le sont aujourd’hui, et qu’ils ne le seront demain évidemment.

    On pourrait croire à priori qu’un tel système serait une sorte de dictature d’un algorithme qui déciderait pour tout le monde quoi faire.

    D’abord, rappelons qu’il n’existe pas vraiment de liberté dans la société actuelle. Est-on libre de s’installer dans un quartier riche ou dans un quartier pauvre, de décider chaque jour où l’on va travailler ? Bien sûr que non.

    Mais en réalité, c’est justement le système communiste moderne qui permet la plus grande liberté individuelle.

    En effet, l’algorithme qui décide ne fait jamais que décider en fonction de critères qu’on lui a donnés. Il peut très bien trouver une solution globale qui tienne compte de toutes les préférences individuelles. Sans doute, pour des personnes qui ne connaissent pas parfaitement comment fonctionne l’informatique, cela peut sembler un peu difficile à comprendre, un peu « irréaliste ». C’est en réalité à la portée de n’importe quel ordinateur… On sous-estimerait gravement ces machines si on le croyait pas capables de faire ça, alors qu’elles font déjà des choses bien plus compliquées.

    Par exemple, il se peut qu’un individu ne veuille travailler que 10 heures par semaines et un autre 40 heures. L’algorithme qui répartit le travail peut très bien tenir compte de ces préférences individuelles et trouver une solution qui convienne à tous.

    Bien sur, cela ne veut pas dire que ces individus vont tous pouvoir avoir les mêmes produits.

    Une fois le problème de la production résolu, la question la plus importante qui se pose, c’est celle de la répartition.

    3) La loi de la valeur



    Le principe du communisme est celui de l’égalité, mais pas de n’importe quelle égalité. L’égalité communiste veut dire que chacun doit apporter à la société autant qu’il lui prend.

    Si l’on donnait à tout le monde le droit d’avoir la même quantité de produits sans se soucier de savoir ce qu’ils ont produit eux-mêmes, on aurait des gens qui gagnent sans travailler, et d’autres qui travaillent sans gagner, ce qui est finalement le principe de la société actuelle. Donc l’idée d’un « revenu de base » ou d’un « salaire à vie » n’a rien à voir avec le communisme. [NDLR : Comme le chante "l'internationale" : "L'oisif ira loger ailleurs" !]

    Dans la société communiste, on doit donc mesurer la valeur de chaque produit afin de savoir quelle quantité de temps de travail il contient.

    On distingue deux formes de temps de travail. Le travail vivant c’est la force de travail de l’homme. Lorsqu’il produit quelque chose, le travail vivant se cristallise dans des objets, qui deviennent donc du temps de travail mort. Ce qui circule dans la société, c’est le temps de travail sous ses deux formes, vivant et mort.

    Par exemple une voiture nécessite des matières premières, des outils et des machines pour être produite (c’est du temps de travail mort, accumulé). Elle nécessite aussi en moyenne un certain temps de travail vivant, celui des ouvriers. Au final, chaque produit nécessite en moyenne un certain temps de travail pour être produit. C’est ce temps qui doit être régulièrement mesuré et qui permet de fixer le prix du produit. Ainsi, une voiture peut valoir par exemple 1000h (chiffre arbitraire).

    Pour pouvoir avoir une voiture, un individu devra donc avoir travaillé 1000h. Étant donné que chacun ne produit pas non plus autant dans une même heure, on tient compte aussi de la qualité du travail.

    Bien sur, tout le monde ne peut pas travailler. Il y a les enfants, les vieux et les malades. De plus, il existe du travail productif et du travail improductif. Les travailleurs improductifs ne sont pas nécessairement inutiles. Par exemple on a bien sûr besoin de professeurs, de médecins, de fonctionnaires, etc. Il faut donc un impôt pour permettre de faire vivre les personnes qui ne peuvent pas travailler et les travailleurs des métiers non productifs utiles.

    L’impôt sert également à financer des investissement productifs, des infrastructures et des systèmes d’assurance publique.

    Dans la société communiste, la robotisation et les intelligences artificielles ne poseraient pas de problème. En effet le travail serait réparti et donc il n’y aurait pas de chômage. De plus tous les progrès en terme de productivité seraient directement perçus par chacun et permettraient de réduire le temps de travail.

    A terme, la fin du travail fera qu’il ne sera plus nécessaire de mesurer la valeur des produits, car il n’y aurait plus besoin de travail pour les produire. La seule limite serait les ressources, mais même sur ce point, l’exploitation des minerais spatiaux permettra de résoudre ce problème. [NDLR : Et par ailleurs, la propagande pour nous faire croire que d'ici 20 ans il n'y aura plus de ressources, etc, est une vaste fumisterie pour nous faire avaler toutes les taxes et mesures soient disant "écolo" qui ne servent qu'à rembourser les dettes et financer les gros actionnaires. En réalité ce problème ne se posera que d'ici plusieurs centaines d'années.]

    Enfin de compte, l’humanité profitera enfin de tous les progrès technologiques.

     

    III- La révolution urbaine



    Le grand problème des villes actuelles est qu'elles sont moches, qu'elles puent, et qu'elles sont innefficaces.

    Il suffit d'avoir passé quelques années à Paris pour comprendre ce que veut vraiment dire le mot merde.

    Mais ce n'est pas tout. Une ville mal organisée et qui n'est pas agréable rend aussi la vie des gens compliquée et désagréable.

    Tout le mode de vie dans les villes actuelles ne fonctionne pas. Il faudrait donc probablement détruire une grande partie des villes actuelles. Sans doute plus en France que dans certains pays plus modernes.

    En 1944, Hitler avait voulu faire brûler Paris quand les allemands commençaient à quitter à la France. Peut-être que si la ville avait été détruite, elle aurait pu être reconstruite et être plus moderne. C'est en tout cas la chance qu'a eu Berlin à la même époque. Aujourd'hui c'est une ville bien plus moderne que Paris.

    Il faut dire aussi que les allemands ont un sens de l'architecture bien meilleur que les français. Le bordel et la saleté dans lequel aiment vivrent les français est le reste de cette culture baroque. Le classicisme allemand démontre que c'est une civilisation plus avancée. Il suffit de voyager en Allemagne ou en Suisse pour voir déjà un style architectural bien plus propre et ordonnancé. La rigueur de l'architecture, la propreté des rues et la gestion de l'espace urbain rend les villes germaniques beaucoup plus agréables.

    Les romains avaient fondé Rome avec simplement deux rues perpendiculaires (cardo et decumanus), ce qui a servi de modèles à toutes les villes romaines. Faire des lignes droites, ce n'est pas très compliqué. Mais apparemment, il vaut mieux faire du moche et de l'innefficace comme aiment bien les français, qui des millénaires après Romulus, ne savent toujours pas faire un plan de ville rationnel.

    Il faut repenser la ville moderne aussi par rapport à ce qu'apportent les technologies modernes comme la robotique, les intelligences artificielles, les imprimantes 3D, et internet qui a déjà quelques décennies.

    De nos jours on a plus besoin de se déplacer autant pour aller travailler. Pourquoi donc vouloir à tout prix obliger des millions de gens à prendre leur voiture tous les jours ?

    La voiture aussi, est un vaste problème. Symbole du capitalisme, elle veut dire en fait que la gestion des transports est laissée aux individus, ce qui est très innefficace, polluant, cher, et aussi dangereux.

    Un vrai système de transports publics serait facile à faire.

    Et même pour les transports de marchandises, nous utilisons des camions au lieu du train. En fait, le mieux serait même d'utiliser l'hyperloop (un train dans un tube sous vide qui peut atteindre la vitesse d'un avion).

    Moderniser la ville, ce serait laisser plus de place aux grands espaces, puisqu'il n'est plus nécessaire de se déplacer autant.

    Il n'y a rien de tel que les grandes places, elles sont un lieu de liberté. Liberté car l'air et l'espace ne sont pas encombrés par des bâtiments moches mais un espace pur qui laisse au contraire passer la lumière. Il faudrait donc qu'il n'y ait presque que des grands espaces pour faire une véritable ville.

    Les logements aussi doivent être repensés. Pourquoi faire de magnifiques tours en verre pour les bureaux et habiter dans des appartements moches ? Pourquoi ne pas vivre directement dans des bâtiments modernes avec une façade en verre et de la lumière ? Surtout à Paris où il faut tout le temps moche, laisser la lumière entrer ne serait pas de trop.

    La ville se définit aussi par son contraire, la campagne. Mais avec internet, il est en fait déjà possible pour beaucoup de métier de travailler à distance. On pourrait donc imaginer qu'il n'y ait plus de différence entre la ville et la campagne, dans la mesure où la ville serait un grand espace parsemé de quelques bâtiments très modernes.

     [A ce sujet, il serait bon de se rappeler que :  

    1- Staline avait le projet de construire des "Agrovilles", c'est à dire des villes où cohabiterait ville et campagne, agriculture et industrie, activités sportives, culturelles, etc.

    2- Dans l'URSS des 30 années de socialisme réel, l'agriculture tenait compte de rythmes saisonniers, n'était pas agro-chimique, organisait l'alternance des parcelles cultivables et entourait les zones cultivées de zones boisées. A notre époque ou la permaculture arrive à maturité, il serait bon de repenser un modèle de ville permacole à grande échelle !

    Et 3- Les villes en URSS, avant le retour du capitalisme sous Khrouchtchev, étaient spacieuses, avec peu de voitures et beaucoup de transports en commun, avec beaucoup de parc et de zones vertes, des grands espaces libres et les immeubles et maisons étaient agréables, avec des espaces de vie collective et de rencontre, des parcs en leur centre et pourtour et bâties pour durer plusieurs centaines d'années. Donc pas besoin d'aller chercher en Allemagne ou en Suisse un modèle de ville... NDLR].

    La gestion de l'espace-temps peut être complètement repensée. De nos jours l'espace-temps est très inégal, puisqu'il faut par exemple presque autant de temps pour aller de la périphérie de l'ile de France au centre de Paris que de certaines villes moyennes d'autres régions à Paris.

    Si les transports étaient rationalisés, on pourrait avoir un espace-temps plus égal ce qui voudrait dire qu'il y aurait beaucoup moins de problèmes de transports. En fait, au lieu de centraliser les hommes, on centraliserait simplement les données avec internet. Il n'y a plus besoin de réunir tout le monde au même endroit ni de tout produire au même endroit.

    En bref, la ville serait un endroit réellement agréable à vivre, spacieux, lumnieux, propre et serait la base d'un nouveau mode de vie dans lequel l'être humain pourrait à nouveau évoluer.

     
    WH a prévu une suite, mais ne la trouvant pas très intéressante, je ne la publie pas. Vous la trouverez en cliquant sur le lien de la source ci-dessous :

    Source : http://proletaire.altervista.org/marxisme/textes/a-quoi-ressemblera-le-communisme.php

     

    COMMENTAIRE DU CAMARADE TML :

    Pour ma part je n'ai pas republié cet article sur TML, et cela en raison des conceptions « élitistes » de l'avant-garde prolétarienne qu'il développe assez nettement, et notamment dans sa première partie. Considérer le peuple comme une masse d’abrutis n'est pas, c'est le moins que l'on puisse dire, une approche réellement didactique.

     

    Il me semble que ni Marx ni Lénine n'utilisent ce ton méprisant, mais parlent d'aliénation par le système capitaliste, ce qui est assez différent.

     

    L'avant-garde prolétarienne n'est pas une élite en ce qu'elle aurait nécessairement des qualités humaines supérieures à la masse, mais bien plus simplement une frange du prolétariat qui résiste à l'aliénation.

     

    La bourgeoisie, de même, n'est en rien une élite par ses qualités humaines supérieures, mais simplement une classe dominante par le contrôle qu'elle exerce sur les moyens de production via l’appropriation privée.

     

    Elle génère en son sein autant d'imbéciles que le reste des autres couches sociales en le leur, même si cela se voit moins du fait d'un vernis éducatif, sinon culturel.

     

    Il y a donc une grave dérive à vouloir remplacer la lutte des classes par une « lutte des élites ».

     

    C'est, indirectement, légitimer le pouvoir bourgeois comme celui d'une caste qui serait réellement supérieure à la « masse » de l'humanité.

     

    De même, définir l'avant-garde prolétarienne comme une « élite », c'est la porte ouverte à toutes les conceptions putschistes de l'action politique. C'est le retour à une sorte de « blanquisme ».

     

    L'avant-garde prolétarienne ne peut jouer son rôle que si elle est réellement capable de faire avancer la masse en élevant considérablement son niveau de conscience, et non en se posant en « chefs » manœuvrant une bande d'abrutis...

     

    Les militants et les dirigeants de l'avant-garde sont d'abord et avant tout des relais de l'éducation populaire contre le système, d'où l'importance de leurs liens avec les masses, notamment par le contact direct et la presse militante (journal papier diffusé sur le terrain et élaboré en interaction avec lui).

     

    De plus, on ne peut pas comparer la situation actuelle avec celle du début du siècle en Russie ou du XIXème siècle en France.

     

    Même si l'aliénation est bien là, elle a aussi changé de modalité et les capacités d'interaction spontanées entre catégories populaires et prolétariennes sont très différentes, comme le montre l'initiative du 17 Novembre.

     

    Très discutable dans le principe, elle n'en prouve pas moins une capacité de résistance spontanée caractéristique de notre époque et assez différente des précédentes.

     

    Elle montre, de plus, la carence des supposées « élites » actuelles de la prétendue « gauche », et même « extrême-gauche » et leur profond mépris pour les simples conditions de vie du peuple et du prolétariat.

     

    C'est aussi une bonne occasion pour s'interroger sur la carence des ML à intervenir politiquement dans les luttes en cours.

     

    C'est laisser un boulevard aux manipulations des sociaux-fascistes, qui ne s'en privent pas !

     

    >>[[ L'attitude « élitiste » de l'auteur du texte s'est du reste finalement manifestée lorsqu'il s'est agit d'aller sur le terrain pratique, en vue d'aller ensuite au contact des masses prolétariennes.

     

    A l'origine j'ai préféré retarder ma critique à l'égard de ce texte en vue de ne pas entraver un éventuel processus d'unification par des polémiques prématurées. Il semble clair que l'auteur lui-même a eu ce genre d'attitude, relativement « dissimulatrice », sur d'autres sujets, en vue d'une unité qui s'est donc avérée factice et illusoire. Rien de bon ne peut se bâtir sans clarté sur les fondations.]]<<

     

    C'est, une fois de plus, une leçon de l'expérience. Puisse-t-elle être utile à un futur processus d'unification ML, basé sur l'idée d'un retour vers le terrain des luttes, et non sur le regroupement d'une prétendue « élite » isolée des masses.

     

    Luniterre

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