• - Algérie : Poursuivre la lutte pour exprimer les aspirations démocratiques des travailleurs et des masses laborieuses face à la mascarade électorale du 12 décembre prochain

    - Algérie : Poursuivre la lutte pour exprimer les aspirations démocratiques des travailleurs et des masses laborieuses face à la mascarade électorale du 12 décembre prochainLa période qui nous sépare de la date de l’élection présidentielle, le 12 décembre prochain, arrêtée unilatéralement par le pouvoir, est marquée par un renforcement de la détermination du mouvement populaire à faire échouer la mascarade électorale en cours.

    Cette détermination puise ses forces du refus de laisser le pouvoir imposer ses décisions anti-populaires tant sur le plan politique que sur le plan économique.

    Le pouvoir s’est obstiné depuis des mois à mettre en application son plan de perpétuation de la domination des groupes qui régentent le pays depuis des décennies.

    Sa tactique a consisté à lancer de spectaculaires opérations d’arrestation de responsables du régime haïs par les masses populaires et de quelques oligarques dont la création artificielle fulgurante, leur mainmise sur les richesses du pays et leur arrogance avaient profondément choqué les citoyens.

     

    Cette tactique s’est aussi exprimée à travers les discours des hommes du pouvoir sur les méfaits de la « bande »  et sa prétendue élimination, la propagande étatique sur le thème de la résistance des résidus de la « bande » à laquelle le pouvoir feint d’attribuer la capacité de manipuler de très grandes masses de manifestants pour discréditer ou diviser ces derniers.

    Cette propagande ne trompe que peu de monde. L’opération dite de lutte contre les corrompus a été ordonnée par une fraction du régime de la bourgeoisie en place pour sauver la domination d’ensemble de cette classe de l’explosion du mécontentement populaire.

    Son essence est de sacrifier les membres les plus discrédités de la classe des exploiteurs, des affairistes, des pilleurs des biens de l’État, pour sauver la domination de cette classe en tant que telle, en s’efforçant d’éloigner le spectre d’une révolution qui s’attaquerait aux bases mêmes de cette domination, qui ne se contenterait pas de jeter en prison les politiciens les plus vomis de la bourgeoisie, ne se limiterait pas au mot d’ordre d’écarter les hommes impliqués dans les fraudes électorales ou d’arracher le droit à des élections démocratiques « propres et honnêtes ».

    Pour tenter de venir à bout du mouvement populaire qui en est à son 10ème mois de manifestations, les hommes actuellement à la tête du pouvoir louvoient en même temps qu’ils usent de la répression pour apeurer les citoyens en lutte. Ils cherchent des alliés à l’extérieur et à l’intérieur du pays. Ainsi s’expliquent la révision de la loi sur les hydrocarbures et de multiples mesures réglementaires et fiscales qui préparent le terrain à de nouvelles vagues de privatisations et de blanchiment de l’immense masse d’argent contrôlé par une petite minorité de spéculateurs et de fraudeurs de la fiscalité. Ce plan est extrêmement dangereux pour le développement et la souveraineté du pays, le pouvoir d’achat et les droits sociaux des travailleurs en tout premier lieu. 

     

    Le refus de participer à l’élection du 12 décembre est partagé par la grande majorité de la population.

    Contrairement à l’abstentionnisme massif et passif qui avait marqué les scrutins précédents depuis 1999, ce rejet s’exprime cette fois par d’imposantes manifestations populaires dans la plupart des villes du pays. Les manifestations de soutien au pouvoir - notamment celle que l’UGTA, syndicat à la solde du régime a organisée samedi dernier- ne rassemblent que des effectifs squelettiques de gens souvent mis en avant par des procédés basés sur la peur et le chantage à l’emploi. La propagande sur la menace que le vide constitutionnel ferait peser sur « l’unité de la nation face à ses ennemis extérieurs » si le scrutin du 12 décembre est empêché de se tenir bat son plein.

    Le pouvoir évite soigneusement de désigner nommément les puissances impérialistes qui manœuvrent pour placer le pays sous leur étroit contrôle. Pour discréditer le mouvement populaire et justifier les arrestations il fustige à la volée des réseaux qui complotent contre la souveraineté du pays. Il ne fournit aucune précision sur les liens que ces puissances ont tissés depuis des années avec divers groupes qui acceptent de se mettre à leur service en échange de l’appui que les Etats impérialistes apportent aux classes possédantes contre le danger de révolte des exploités et des jeunes marginalisés.

    Il est connu que des « leaders » made in USA ou UE ont été préparés de longue date pour exploiter le mécontentement populaire et les aspirations de la majorité écrasante de la société à la liberté d’organisation et d’expression, afin de prendre sa tête et amarrer l’Algérie à ces puissances.

    Le pouvoir s’abstient de nommer ces puissances tout en clamant qu’il refuse les ingérences. La raison en est que depuis des années, dans la continuité de la stratégie de consolidation des positions économiques et politiques conquises par la bourgeoisie depuis plus de trente ans, les groupes qui contrôlent les leviers de l’État veulent être les seuls « interlocuteurs légitimes » des puissances impérialistes dans le marchandage pour se partager les ressources du pays, ne concédant que des miettes à d’autres clans et maintenant les masses laborieuses dans la peur du lendemain.

    Tapant dans le tas, le pouvoir tente de neutraliser les réseaux qui lui disputent le monopole de la relation avec les puissances impérialistes. En même temps il cherche à entretenir la peur en prenant dans une nasse les manifestants qui revendiquent à juste titre une société « plus juste ».

    Bien que l’aspiration à la justice sociale soit empreinte de grandes confusions sur son contenu social et les conditions de sa réalisation, il n’en reste pas moins qu’elle entraîne dans la phase actuelle de grandes masses de jeunes dans les luttes. Il ne fait pas de doute  que les travailleurs tireront de ces luttes les enseignements qui feront progresser la clarification des enjeux de classe plus ou moins estompés par la dénonciation des responsables qui ont volé les richesses du pays.

    Les communistes organisés dans le PADS appellent le mouvement populaire à refuser le fait accompli du pouvoir par sa décision d’imposer des élections de pure forme destinées à donner un semblant de légitimité à la perpétuation du monopole sur le contrôle de l’État par les groupes qui régentent le pays, à installer une dictature réactionnaire sous un paravent constitutionnel, à faciliter sa reconnaissance par les puissances impérialistes qui trouvent intérêt à prendre à la gorge un pouvoir rejeté par le peuple. Ils appellent les travailleurs à poursuivre le combat pour arracher toutes les conditions qui assurent la tenue d’élections dans des conditions de liberté d’expression, d’organisation et de transparence, avant et après le 12 décembre.

     

    Ils les appellent en particulier :

    - A  ne pas se laisser piéger dans des provocations poussant à l’affrontement entre l’armée et le peuple pour le plus grand profit des exploiteurs internes et aussi des États impérialistes, lesquels cherchent le prétexte pour intervenir dans le pays en vue de s’emparer de ses richesses et de renforcer les positions de leurs alliés, les couches sociales exploiteuses et parasitaires ; à œuvrer pour un front civil et militaire sur la base d’une lutte commune pour nettoyer le pays des corrompus quel que soit le poste où ils sévissent, concrétiser les aspirations politiques et sociales des masses laborieuses, attaquer les positions des classes exploiteuses afin de restaurer la souveraineté politique du pays sérieusement atteinte par les divers accords établis avec le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, l’OTAN, etc.

    - A éviter de faire le jeu de tel clan du pouvoir en rivalité contre tel autre.

    - A ne pas se laisser tromper par les courants islamistes qui se servent habilement du mouvement de masse en vue de parvenir par la voie d’élections libres à instaurer un régime dit « civil », premier pas dans leur plan vers l’institution d’un système de féroce exploitation des travailleurs sous couvert de la religion, en alliance avec les pays impérialistes, les monarchies rétrogrades du Golfe et la Turquie d’Erdogan.

    Ce plan est en cours de réalisation avec l’appui de la chaine Al Magharibia et la complicité de divers courants politiques dits « démocratiques » qui s’étaient alliés au FIS, dans le passé, et ont fortement contribué ces dernières années à innocenter de ses crimes cette organisation réactionnaire obscurantiste. La propagande mise en œuvre par des courants du FFS et des personnalités comme Tabou, a balisé le terrain pour la réhabilitation des courants islamistes parmi les jeunes profondément indignés par la mise à sac du pays par le régime.

     

    - A s’organiser de façon indépendante et sur la base d’une plate-forme de rassemblement pour exprimer  leurs aspirations de classe à une société débarrassée de l’exploitation capitaliste et impérialiste, à créer dans ce but des comités dans les usines et les chantiers, sur les lieux de travail; à établir des liens d’alliance avec la petite paysannerie, avec les petits artisans et les petits commerçants, pour mettre à bas la domination des exploiteurs internes et de l’impérialisme.

    Source : http://lien-pads.over-blog.com/2019/12/poursuivre-la-lutte-pour-exprimer-les-aspirations-democratiques-des-travailleurs-et-des-masses-laborieuses-face-a-la-mascarade-elect

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