• - Cuba : qui a changé ?

    - Cuba : qui a changé ?Un article de l'OCF* pour comprendre l'enjeu Cubain dans le nouveau partage impérialiste du monde. (PDF à télécharger en fin d'article).

     

     

     

    Il ne se passe pas de semaines sans que la presse salue le "dégel" des relations entre le U$A et Cuba. Et - grande victoire - le drapeau étasunien flotte à nouveau sur l'ambassade U$ de la Havane. Il était absent depuis 54 ans.


    L'impérialisme étasunien a-t-il changé ? Il y a 53 ans les U$A imposait un embargo de fer au peuple cubain, lui qui avait osé nationaliser et donc exproprier les compagnies étasuniennes (23 février 1962).

     

    Jusqu’en 1959 l’ile était une sorte de province étasunienne sans réelle autonomie. Le tourisme, la drogue et la prostitution, principales activités assignées au peuple cubain profitaient à une élite corrompue dont le dernier représentant (Batista) fut chassé par Fidel Castro.


    Bien évidemment les tensions devinrent vives avec le grand voisin U$ au point que ce dernier tentât une invasion de l’île qui fut un échec cuisant. L’île devint une « République socialiste » soutenue par la Russie révisionniste de Kroutchev.


    Mais la « révolution » cubaine n’a jamais été une révolution communiste.
    Elle s’apparente, comme nous le montrerons ci-après, à une lutte de libération nationale comme il s’en produisit alors partout en Afrique en particulier.
    Et l’embargo ne peut expliquer à lui seul le délabrement économique des classes populaires (alors que les classes intermédiaires et les membres du Parti bénéficient d’avantages certains).


    Le mythe de « Cuba socialiste ».
    Nous l’avons vu rapidement, rien, dans cette révolte contre l’impérialisme U$ ne rappelle de près ou de loin les méthodes et l’art communiste de la révolution. Il convient ici de citer un révolutionnaire Haïtien, Antoine G. Petit qui vécu à Cuba de 1959 à 1963. Son témoignage est d’une grande importance pour comprendre le fond politique du « castrisme » :


    ( Antoine .G. Petit écrit cette lettre (extraits) à un de ses camarades vénézuélien en 1967 et commente une décision de F Castro pour « assainir l’atmosphère »
    (politique) à Cuba)

    « ….. A mon avis, le danger principal se trouve au sein même de la bureaucratie du parti et du gouvernement. Parmi les dirigeants et les hauts fonctionnaires ainsi que leurs protégés corrompu, sans conscience de classe, dépourvus du moindre sens de l’égalité raciale. Les vrais bourgeois sont là, organisés en clans, entourés de leurs cours, intellectuels et artistes nihilistes ayant les yeux fixés sur Paris, vils imitateurs de leurs alter- ego européens. Assainissement moral ? Mais qui a fait de la propagande pour la vie nocturne, les boîtes de nuit, la mini jupe sinon la revue «Cuba» elle-même?
    Qui a introduit le yé-yé à La Havane? Qui a fait voyager Jean Ferrat à Cuba et qui est tombé en pâmoison devant lui? Qui enregistre les disques de prétendu « jazz moderne », imitation servile de la musique commercialisée, au détriment des inimitables rythmes cubains ? Oui, qui en est le responsable : les parasites, les déclassés, les contre-révolutionnaires ?

    Allons donc ! Il faut reconnaître néanmoins qu’en prenant ces mesures d’« assainissement », Fidel lève un lièvre d’importance. Il pense ainsi tarir la source du marché noir. (C’est déjà beaucoup qu’il en reconnaisse encore la persistance.) Mais il ne frappe que les intermédiaires. Or, il n’y a rien de plus facile à repousser que la mauvaise herbe sur un terrain propice.


    Vois-tu, le Premier ministre déclare ingénument qu’il croyait que le petit commerce privé allait disparaître de lui-même sans qu’on ait besoin de prendre des mesures administratives à cet effet. Tout comme il nourrissait et continue à nourrir la même illusion en ce qui concerne le marché noir.


    A plusieurs reprises, les dirigeants cubains ont avoué que leurs connaissances théoriques n’étaient pas très étendues au moment du triomphe de l’insurrection et qu’ils apprenaient en même temps que ceux qu’ils étaient appelés à diriger.
    Mais que leur est-il arrivé? Ils ont commencé à apprendre de mauvais maîtres.
    Quand ils s’en sont rendu compte, ils ont décidé qu’ils n’avaient plus rien à apprendre de personne, qu’ils étaient leurs propres maîtres et – ô comble de l’infantilisme! – les maîtres des autres.


    En janvier dernier, des éléments TROP inféodés à Moscou ont été éliminés du parti, jugés et condamnés. Tu t’es empressé de te réjouir; tu t’es empressé de proclamer que « Cuba prenait de plus en plus ses distances à l’égard de Moscou » et de parler de « radicalisation ».


    Mais…. Moscou a appris à supporter sans broncher les coquetteries et bouderies de ses ouailles.
    ...Fidel a beau expliquer toutes les mesures importantes qu’il dicte et les faire entériner par les masses, il n’en reste pas moins que ce sont des mesures administratives, bureaucratiques.
    Des mesures approuvées, certes, avec enthousiasme par la base qui ne profitent
    nullement à son éducation parce qu’elle est étrangère à leur élaboration.

     

    C’est beau et émouvant d’entendre parler Fidel qui, d’ailleurs, ne s’en prive pas. Il a la langue bien pendue. Il s’identifie aux foules et exerce sur elles un magnétisme Irrésistible.


    Des qualités de tribun, il en a à revendre. Je trouve tout cela très charmant. Ce que je trouve moins réjouissant, c’est le manque d’encadrement des masses. Le didactisme intelligent ou le génie politique du leader suprême ne peut pas remplacer cent mille cadres-courroies de transmission.


    Cent mille cadres non formés à l’école révisionniste, exemples vivants du sacrifice révolutionnaire, qui apprennent auprès des masses tout en les orientant, qui assurent une liaison étroite et permanente entre la base et le sommet. Mais cela suppose beaucoup de choses.
    Entre autres et au premier chef: l’existence d’un véritable parti marxiste-léniniste (tu diras que c’est chez moi une idée fixe), une pensée directrice correcte, une ligne générale.


    A propos de « ligne », il en existe bien une à Cuba, mais c’est une ligne brisée. Une ligne faite à la mesure d’un homme aux fluctuations constantes. La « radicalisation » actuelle est un accès de fièvre, comme tant d’autres. Un accès de fièvre
    subséquent à l’échec de l’opération-Bolivie. Un accès rendu nécessaire par le reflux révolutionnaire momentané constaté ces jours-ci en Amérique latine. »


    Antoine G. Petit in « Castro, Debray. Contre le Marxisme-Léninisme » – 1968.


    Au fond le « castrisme » n’est rien d’autre qu’un nationalisme. Nasser, Khadafi….. parmi de nombreux anti-colonialistes suivirent cette voie. Ils aboutirent pour quelques temps à retrouver l’indépendance volée de leur pays, mais l’impérialisme veille au grain. Et toutes ces « révolutions » (comme les révolutions « colorées » de notre époque) ne furent qu’une transition entre colonialisme et néo-colonialisme; corruption étrangère et locale et surtout pauvreté maintenue des peuples.


    Toutes ces « révolutions » furent le résultat tragique de la ligne politique internationale que les dirigeants du Parti « Communise » Chinois mit en oeuvre pour concurrencer, au plan international, la direction russe devenue révisionniste après la mort de Staline et le tournant crucial du 20ième congrès de l’URSS.


    La conférence de Bandoeng valida entre le 18 et le 24 avril 1955 cette ligne qui définissait, ou prétendait définir un « troisième pouvoir », celui des « pays non alignés » ( ni pro-communistes, ni pro étasuniens).


    A ce versant opportuniste, auquel Cuba adhéra dès sa fondation (en jouant un double jeu avec les russes !), succédera un épisode tragique, celui du volontarisme politique, du romantisme « révolutionnaire », dont la figure emblématique est Ernesto Che Guevara.


    Dans un discours devant la Tricontinentale en 1967 (pays non alignés), il déclara :


    « Comme nous pourrions regarder l’avenir proche et lumineux, si deux, trois, plusieurs Vietnam fleurissaient sur la surface du globe, avec leur part de morts et d’immenses tragédies, avec leur héroïsme quotidien, avec leurs coups répétés assénés à l’impérialisme, avec pour celui ci l’obligation de disperser ses forces, sous les assauts de la haine croissante des peuples du monde !
    Et si nous étions tous capables de nous unir, pour porter des coups plus solides et plus sûrs, pour que l’aide sous toutes les formes aux peuples soit encore plus effective, comme l’avenir serait grand et proche ! »


    Comment un « révolutionnaire » peut il demander aux peuples du monde de se lancer dans des guerres, même sous le motif d’affaiblir les U$A. Les peuples et les communistes sont pacifiques. Ils répondent à la violence réactionnaire, fasciste,
    impérialiste dès lors qu’il est préférable de se DÉFENDRE et de défendre la cause du peuple plutôt que de mourir !


    Seuls les impérialistes et les réactionnaires provoquent des guerres.

    Les communistes recourent à la violence – en dernier recours – Ils s’y préparent, préparent idéologiquement et pratiquement les masses, mais jamais ils ne prirent l’initiative du déclenchement d’une guerre.
    C’est le sens de toutes les réflexions de Marx, Engels, Lénine et Staline sur la question de la violence révolutionnaire.


    L’épisode Guevara prit fin en Octobre 1967 en Bolivie où il était parti créer un de « ses » Vietnam ! Il mourut sous les balles de l’armée bolivienne.


    Il s’ensuivit un culte repris par toutes les bourgeoisies du monde. Et aujourd’hui encore nous voyons des effigies du « CHE » partout, sur les tee shirt, les bistrots, les meetings de la « gauche »… Il n’y a rien de tel pour la bourgeoisie que de se fabriquer des « héros » inoffensifs politiquement; des icones qu’on peut reproduire comme on fait des idoles du show biz. Le gauchisme du CHE rend encore aujourd’hui ce service à la bourgeoisie. Et la jeunesse peut fêter ça en buvant un « cuba libre » (mélange Rhum + Coca Cola) dans un verre à l’effigie de l’idole.


    Pour résumer Cuba permet aujourd’hui à l’impérialisme de jouer sur deux tableaux :


    1 – Idéologiquement, pour les gens de « gauche », pour les « humanistes branchés », pour les pseudos communistes, Cuba c’est LE pays du socialisme. Et à ce titre il convient que toutes ces bonnes âmes défendent « Cuba socialiste ». Il n’ont jamais regardé de trop près l’histoire de la lutte de libération cubaine -que nous saluons comme telle (mais à laquelle il est matériellement impossible d’accorder le titre de révolution)-. Jamais ils ne portent un regard aiguisé sur la position de Castro par rapport au Kroutchévisme, ses volte faces entre Russie révisionniste et Chine opportuniste. Jamais ils ne font une analyse de la situation économique des classes sociales à Cuba.


    Au fond ces gens ont besoin de CROIRE. Croire à une terre promise réalisée ici bas, croire en un lieu ou la contre-révolution n’aurait pas triomphé. L’adhésion religieuse à de telles croyances est aisée mais elle dispense de toute analyse pertinente -marxiste – de la réalité de Cuba.


    2- Pour les U$A, Cuba est idéologiquement une affaire « en or ». Faire croire au peuple étasunien que les méchants communistes sont aux portes de la patrie, quelle aubaine ! La puissance des médias U$ est telle qu’elle arrive à faire gober à des millions de gens que cette île minuscule qu’est Cuba, pauvre et mal armée serait un danger imminent pour le pays de l’oncle Sam, ses missiles, ses drones, ses mercenaires….et sa base militaire située sur Cuba même : Guantanamo !


    Cuba a été plus utile « vivant que mort ». Plus utile à la propagande U$ et rendue – de fait – totalement inoffensive par l’embargo et le lâchage de la Russie puis de la Chine.


    Là aussi Cuba a joué un rôle – à son corps défendant – de « petit satan » communiste.
    Dans les deux cas il suffisait d’y croire !


    Cuba, les U$A et le reste du monde.
    2015, les discussions en cours entre Cuba et les U$A semblent se dérouler pour le mieux. Le drapeau étasunien flotte sur l’ambassade U$ à La Havane, on parle d’une levée proche de l’embargo. Les anti communistes de base parlent de trahison et Obama se fait mal voir par une partie de l’opinion publique U$ (peu importe il quitte la présidence à la fin de l’année, et ce n’est qu’un employé comme un autre).
    Les gens de « gauche », les amis de « Cuba socialiste » sont heureux. A les écouter l’impérialisme U$ a fini par céder. En France ils y vont tous de leur couplet en l’honneur du « parti frère ». Ecoutons les :


    – Le P "c" F le 18 décembre 2014 : » C’est la victoire du peuple cubain qui a toujours résisté avec dignité à la volonté de domination états-unienne et la victoire de tous les peuples du continent qui ont consolidé leur coopération et leur solidarité grâce à la création de nouvelles institutions d’intégration de l’Amérique latine
    dont Cuba est un acteur incontournable ».


    – L’URCF le 18 décembre 2014 : « À quelques jours du 55eme anniversaire de la victoire des forces de la guérilla conduite par le camarade Fidel Castro, l’URCF réaffirme sa solidarité avec Cuba Socialista et le Parti Communiste Cubain ».


    – Le PRCF le 11 février 2015 (Délégation à l’ambassade de Cuba en France)
    « Nous avons ensuite évoqué la situation à Cuba et l’évolution de la situation économique. Il nous a été réaffirmé que Cuba est socialiste et le restera, le processus en cours qui est minutieusement étudié et contrôlé a pour but d’assurer sa base économique dans un environnement globalement capitaliste »


    Comme dit le proverbe « qui se ressemble s’assemble ». Et plus le temps passe, plus la situation internationale aussi bien que nationale évolue, plus nous constatons qu’il n’y a bien que deux camps. Celui des communistes, le nôtre; et celui des opportunistes et des traitres, qu’ils soient de France ou de Cuba.


    Ces mots pourront paraître durs à certaines oreilles. Certains camarades indécis pourront être chagrinés par nos propos, mais les communistes doivent parler francs et surtout DÉMONTRER ce qu’ils disent, RÉVÉLER le dessous des cartes et c’est ce que nous allons faire ci-après.


    Toute situation historique doit être analysée en fonction des rapports de force entre puissances capitalistes/impérialistes, entre classes sociales, à la fois à un moment donné mais aussi dans le MOUVEMENT de l’histoire, dans la durée.


    Avec cette méthode que constatons nous :
    En regardant une simple carte nous constatons que Cuba occupe une position stratégique dans la mer des caraïbes. En effet cette île est placée au centre d’un dispositif maritime vers lequel convergent tous les navires entrant ou sortant du canal de Panama.

     

    Panama


     

    Panama, entièrement contrôlé par les U$A, est le passage obligé entre l’océan pacifique et l’océan atlantique.


    Mais les choses vont changer (elles sont déjà en cours de changement !). Le monopole étasunien est terminé. Il y a deux raisons à cela :


    1 – A 50 Km à l’Ouest de la Havane Cuba a construit la première tranche d’un port pouvant accueillir les navires de fort tonnage.


    Il s’agit de Port Mariel. Sur l’exemple de la Chine des années 80 il s’agit d’une « zone économique spéciale » (entendre une privatisation de l’activité portuaire).

    Les investisseurs accourent : La construction des infrastructures portuaires est revenue au groupe de BTP brésilien ODEBRECHT qui domine le marché latino américain. Les travaux – environ 1 milliard de dollars– ont été financés par un prêt du gouvernement brésilien. Le port, équipé de grues chinoises pourra recevoir les plus grands navires porte-conteneurs et pourra servir de centre de redistribution pour la Caraïbe de marchandises venues de Chine et d’ailleurs en passant par le canal de Panama dont les travaux d’élargissement s’achèvent. La gestion du nouveau port a été confiée à l’autorité portuaire de Singapour.


    Le port de Singapour, le second du monde après Shanghai, a pris en gérance des terminaux à conteneurs dans le monde entier : Italie, Belgique, Pays-Bas, Japon, Corée du Sud, Argentine, Panama. Situé à 100 Km des cotes de Floride Port Mariel -port en eaux profondes- et sa future zone franche constitueront à court terme l’un des principaux hubs des Caraïbes, apte à concurrencer Kingston (Jamaïque) et surtout Carthagène (Colombie). Il pourra accueillir les cargos Postpanamax venus d’Asie à destination des Etats-Unis, de l’Amérique latine, de l’Europe et de l’Afrique ; des navires capables de transporter jusqu’à 12 000 conteneurs et qui pourront emprunter le canal de Panama lorsque l’élargissement de ce dernier, désormais prévu en 2016, sera achevé.


    Voici brièvement évoquée la première raison pour laquelle les U$A doivent absolument « occuper la place »


    Mais ce n’est pas tout, car :


    2 – Le premier coup de pioche d’un nouveau canal transocéanique a été donné en décembre dernier à l’embouchure du fleuve Brito sur la côte Pacifique du Nicaragua. Ce, en présence du président Daniel Ortega ( ancien « rebelle » sandiniste) et du magnat chinois Wang Jing, patron du Hong Kong Nicaragua Development Investment (HKND) et propriétaire de la société de télécommunications Xinwei. Ce richissime homme d’affaires a prévu d’investir l’essentiel du coût estimé (50 milliards de dollars) dans ce projet de canal long de 280 km (plus de trois fois la longueur de celui de Panama), qui devrait rejoindre Punta Gorda côté Caraïbes.


    Ce Canal mesurera de 230 à 520 mètres de large, sur une distance de 278 km. Le tracé a été approuvé le 8 juillet 2014 par les autorités de Managua, la capitale du Nicaragua.


    La Chine se méfiant de Washington tient à assurer seule la sécurité du commerce entre la Chine, l’Amérique latine et le reste du monde (il est passé 28 à 250 milliards de dollars US entre 2000 et 2013), et le nouveau canal lui assurerait sécurité et
    volume croissant d’exportations.


    Ce sont donc de grandes manœuvres géopolitiques qui se déroulent dans cette zone et dans tout cela Cuba n’est qu’un minuscule pion. Que ne ferait pas les U$A pour préserver leur hégémonie ?
    Cuba vaut bien l’arrêt d’un embargo, d’autant plus que Port Mariel (zone franche) est ouvert à TOUS les investisseurs, y compris U$.
    Et le « socialisme » cubain vaut bien une messe.


    La Chine, puissance impérialiste internationale montante, le Brésil petit impérialisme local, se taillent la part du lion. Mais même la France par l’intermédiaire de Jean-François Tallec, le représentant de CMA-CGM (troisième opérateur mondial de conteneurs), a investi quelques dizaines de millions de dollars pour gérer une zone d’entrepôt…..


    Les impérialiste étasuniens se trouvent donc confrontés a bien d’autres menaces que ce que pensent les anticommunistes nourris à l’anticastrisme. C’est la perte même de leur hégémonie dans le Golfe du Mexique, la disparition programmée de sa domination dans les flux de marchandises allant et venant entre Pacifique et Atlantique.


    Mais bien entendu Mr Kerry, l’envoyé d’Obama à Cuba venu hisser le drapeau U$, n’en parle pas.
    Il parle et parle encore de « démocratie » de « liberté ».
    Bien entendu nos prétendus communistes français, italiens, espagnols, portugais ou d’ailleurs …. bref tous les opportunistes qui usurpent le titre de communistes, n’en parlent pas eux non plus.


    Les impérialistes se taisent car il ne faut jamais montrer le dessous des cartes.
    Les opportunistes se taisent par ignorance, par abandon depuis des décennies des méthodes d’analyse du matérialisme dialectique, du communisme vivant.
    Mais au fond le résultat est le même. Rester à la surface des choses. Se contenter de bons sentiments et de vagues déclarations.


    La connaissance est une arme. Ne pas éduquer les peuples, leur raconter des boniments et des mensonges c’est cautionner leur esclavage, c’est faire perdurer une situation inhumaine.


    Le peuple cubain et les peuples du monde ont payé cher les méfaits impérialistes et les trahisons opportunistes. Puisse ce modeste article contribuer à aider les révolutionnaires sincères à briser l’ignorance dans laquelle on veut enfermer les peuples.


    OCF – Aout 2015

     

    Télécharger « cuba20153.pdf »

    * OCF : Organisation des Communistes de France

    Contact : OCF@KOMINFORM.ORG

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    Un commentaire de TML :

    A propos des relations Cuba-USA

    Une utile contribution au débat, par les camarades de l’OCF.

    Essentiellement valable sur le fond, elle nécessite néanmoins une présentation critique marxiste-léniniste en ce qui concerne la liaison dialectique entre les luttes de libérations nationales et la lutte anti-impérialiste globale, incluant les luttes anticapitalistes.

     

     Il nous semble clair que l’essentiel est resté résumé par Lénine dans son :
    Rapport de la commission nationale et coloniale-26 juillet 1920 (II° congrès de l’Internationale Communiste)
    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/04/12/2762_anti-imperialisme_lenine_sans_poussiere/


    Le concept de Résistance Globale que nous avons tenté de développer dans ce débat, sur TML, n’est jamais qu’une adaptation moderne de ce texte, et non une « innovation » de type révisionniste ou sociale-chauvine.

     

    Bien évidemment, ce texte ne se comprend vraiment que comme prolongement, toujours d’actu, des fondamentaux précédents:
    DU DROIT DES NATIONS A DISPOSER D’ELLES-MÊMES.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6566x
    et
    L’IMPERIALISME, STADE SUPREME DU CAPITALISME,
    http://www.marx.be/fr/content/limp%C3%A9rialisme-stade-supr%C3%AAme-du-capitalisme-i-l%C3%A9nine

     

    Depuis la chute de l’URSS, et même dans les décennies précédentes, on ne peut pas dire que le monde ait connu de grande offensive communiste prolétarienne… Les seules luttes de résistance anti-impérialistes qui se sont développées sont à caractère « de libération nationale », plus ou moins « démocratiques », souvent avec une base sociale paysanne, et même ethnique et/ou religieuse.

     

    Or, aussi bien selon la lettre que l’esprit des textes de Lénine précédemment mentionnés, nous devons les soutenir. Ce que pratiquement personne ne fait, sauf, et encore,par des « déclarations » creuses et sans suite d’action unitaire.


    Ce qui n’exclurait pas de construire des organisations prolétariennes autonomes, bien au contraire, et cela toujours en accord avec ces mêmes textes, qui sont plus que jamais d’actu.


    Et donc, critiquer les défaillances, bien réelles de la lutte de libération nationale cubaine est certainement une nécessité, mais en dénigrer le caractère révolutionnaire en tant que forme de résistance anti-impérialiste ne nous parait pas approprié, et d’autant moins que parmi tous ces pays qui ont eu et/ou ont encore des velléités d’indépendance, Cuba est certainement celui qui a fait le plus pour améliorer les conditions de vies des classes populaires, et certainement celui où l’écart entre classes sociales est le plus réduit, et où le terme de classe moyenne « bureaucratique » est celui qui caractérise le mieux son « élite », difficilement assimilable à notre « petite-bourgeoisie » européenne.

     

    Néanmoins, dans le contexte quasi-colonial de la révolution cubaine, le caractère « socialiste » d’un petit État en voie de libération ne peut que rester longtemps discutable dans un tel environnement. Plutôt que la polémique, c’est un soutien internationaliste lucide qui pourrait encourager les éléments les plus progressistes de ce pays à continuer la résistance, et éventuellement, à la développer!

     

    Actuellement, la seule autre lutte d’indépendance nationale où s’expriment également des revendications prolétariennes est celle du Donbass, or c’est un euphémisme de dire que c’est l’une des « moins soutenues » par la « gauche », française et européenne. Simple constat…

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