• - De la valeur des investissements chinois dans le mouvement ouvrier français

    A PROPOS DE CETTE « INVITATION » :

    - De la valeur des investissements chinois dans le mouvement ouvrier français

    - De la valeur des investissements chinois dans le mouvement ouvrier français"La voix de son maître"

    UN LECTEUR NOUS ÉCRIT :

    Bonjour camarade Luniterre,

    Cela fait un moment que je te lis, avec souvent du bonheur.
    Le discours Chine = NEP me paraît de moins en moins crédible. Il repose sur l’idée d’un socialisme de marché qui n’a jamais existé et qui ne peut pas exister.
    L’URSS a tenu sous Staline, parce que, justement, elle a rompu avec toute influence du marché.

    Bon courage et bonne continuation.

    ************************************

    ET NOUS LUI RÉPONDONS :

     

    Bonjour, camarade

    Effectivement votre observation met le doigt sur la problématique essentielle du rapport entre transition socialiste et économie de marché.

     

     

    La comparaison entre l’URSS de l’époque de Staline et la Chine actuelle fait appel à deux bases économiques radicalement différentes.

    D’un point de vue marxiste, et donc ML, le terme de transition socialiste ne se comprend que comme rupture avec le capitalisme. Autrement il n’a évidemment plus aucun sens et il ne peut s’agir que d’une forme ou l’autre de révisionnisme ou de trotskysme, voire de sociale-démocratie.

    La question de savoir si transition socialiste implique une rupture avec l’économie de marché n’est pas si difficile à éclaircir, d’un point de vue marxiste (ML) !

    Dans la Critique du Programme de Gotha Marx fait expressément référence à une utilisation contrôlée de la valeur-travail, et donc de la loi de la valeur, comme base économique de la transition. Son texte, par contre, ne laisse aucune place aux mécanismes libéraux de l’offre et de la demande, c’est à dire au marché, à la loi du marché.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

    Dans le Livre III du Capital il nous explique parfaitement les mécanismes d’interaction loi de la valeur/loi du marché(offre et demande). Il ne nous laisse aucun doute sur le fait que la loi du marché est un puissant corrosif pour l’équilibre économique de la société et une caractéristique typique du capitalisme et de ses crises. (Voir extrait à la suite de l’article)

    Si la NEP a pu évidemment être un recul provisoirement nécessaire par rapport au programme initial de la Révolution d’Octobre, et cela en raison des destructions infligées par la guerre, elle n’a jamais remplacé, même dans l’esprit de Lénine, ni l’objectif de la construction du socialisme, ni le développement prioritaire du secteur économique socialiste, qui dépendait de l’État Prolétarien, de son plan économique, et non pas du marché. Seul Trotsky voulait inféoder le secteur socialiste à la loi du marché.

    Le secteur privé de l’époque, même si relativement important, n’a jamais atteint les proportions gigantesques de ce qu’il est en Chine aujourd’hui. Et surtout, il n’a jamais inclus qu’une part infinitésimale de capital étranger, et autrement, aucune part de capital financier, complètement éradiqué depuis Octobre, et jamais rétabli !

    Alors que le secteur privé chinois a depuis longtemps déjà atteint le stade du capitalisme monopoliste d’État et développé un capitalisme financier puissant, le deuxième du Monde !

    S’il reste encore un secteur capitaliste d’État, en Chine, il est presque entièrement un secteur « mixte » public/privé, en fait, avec de nombreux liens avec le capitalisme financier.

    Parler de « socialisme » dans ces conditions est une gageure rhétorique, mais elle trouve quelques hérauts plus ou moins directement stipendiés, dont M. Herrera semble être l’archétype !

    En Chine il y a encore 275 Millions de travailleurs « mingongs » qui errent à travers le pays en quête de travaux payés à des salaires ne permettant pas une vie décente dans les villes même où ils travaillent.

    Il n’y a pas une once de socialisme « à la chinoise », en réalité, ce qu’illustrent tragiquement les migrations clandestines et mortelles pour certains !

    Lorsque la crise a frappé l’URSS sous la NEP, Staline a choisi la direction du socialisme, de la collectivisation, et pratiquement, de l’éradication de l’économie de marché.

    Lorsque Mao a repris le contrôle du pouvoir en Chine, à l’issue de la prétendue « révolution culturelle », il a engagé son pays sur la voie de la Kollaboration avec le capital financier US et donc du capitalisme comprador en Chine.

    Aujourd’hui c’est néanmoins une réussite relative, dans le genre capitaliste.

    L’URSS était aussi une réussite, à la mort de Staline, mais dans le genre socialiste…

    Le choix essentiel s’est donc fait, pour les deux, dans une période de crise. L’échec de la NEP, pour l’URSS, la « révolution culturelle », pour la Chine.

    Il s’agit donc bien d’abord d’une question de choix politique sur la voie à suivre, socialisme ou capitalisme, et la différence essentielle porte donc bien sur la question de l’économie de marché : faut-il la développer ou la réduire, voire, la supprimer ! ?

    On comprendra aisément qu’il n’est pas possible, au lendemain même d’une révolution, de collectiviser jusqu’à la moindre entreprise artisanale, jusqu’au moindre petit commerce. L’intérêt pour le prolétariat de fixer une urgence dans ce domaine n’est pas, de toute évidence, clairement établi.

    Il n’est donc pas possible, quoi qu’il en soit, d’éradiquer complètement et rapidement l’économie de marché. La survivance des marchés kolkhoziens en URSS est une illustration typique et instructive de cette problématique. Mais précisément, elle nous montre que le rapport de proportions était tel que l’ensemble de l’économie de marché en URSS socialiste, à l’époque stalinienne, ne représentait nullement une pression telle sur l’ensemble de la société que cela eut permis à la loi du marché de reprendre le contrôle de l’économie socialiste. La faille est venue de la bureaucratie révisionniste khrouchtchevienne, et non de l’économie kolkhozienne, bien au contraire. Elle présentait même, à cette époque, les traits d’une nouvelle avancée socialiste possible, dans sa synergie avec le système des Stations Machines Tracteurs, que Khrouchtchev s’est empressé de démanteler dès son arrivée au pouvoir !

    La société stalinienne, en dépit des calomnies occidentales encore récemment renouvelées par le Parlement Européen, était bel et bien engagée sur la voie socialiste, et non sur la voie capitaliste.

    La Chine, elle, n’a jamais quitté, avec la « révolution culturelle », qu’un capitalisme national bureaucratique pour passer à un capitalisme comprador, avant d’arriver, aujourd’hui, au stade financier et monopoliste d’État, c’est à dire impérialiste, sans avoir jamais connu du socialisme que le nom, encore apposé sur ses proclamations officielles et les brochures de quelques plumitifs stipendiés à l’étranger, et notamment, en France !

    L’histoire nous apprend donc que la transition socialiste ne commence qu’avec le rupture avec l’économie de marché, et que même si elle ne peut être totale rapidement, elle doit se poursuivre et s’étendre avec le développement de l’économie socialiste et non pas régresser face à l’économie de marché, qui ne peut y être que résiduelle, d’une manière ou d’une autre, et disparaître, à terme.

    C’est en ce sens que l’URSS de l’époque stalinienne reste une expérience essentielle et dont les ML actuels n’ont pas encore tiré toutes les leçons, en dépit du fait que Staline lui-même en avait quasiment initié un audit en vue du 19ème et dernier Congrès du Parti Bolchevique, dans son texte précisément intitulé :

    Les problèmes économiques du socialisme en URSS.

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

     

    A la suite, un extrait de Marx (Capital, III, 10), particulièrement significatif concernant l’interaction entre loi de la valeur et loi du marché!

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/11/marx-capital-iii-10-extrait-loi-du-marche.pdf

    Amicalement,

    Luniterre

     

    Source : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/05/de-la-valeur-des-investissements-chinois-dans-le-mouvement-ouvrier-francais/ 

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