• - Débat : Robotique, Travail et capitalisme...

    EN RÉPONSE À GILLES QUESTIAUX, AU SUJET DE L’IMPLICATION DE LA ROBOTIQUE SUR L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME CAPITALISTE

    Par notre camarade TML

    1- L'article récent de Gilles Questiaux, repris de son blog « réveil communiste » (Suivi par 2- La réponse du camarade TML) :

    - Débat : Robotique, Travail et capitalisme...Les robots vont-il supprimer le travail ?

    Par Gilles Questiaux

    Dans la gauche il y a un débat récurrent depuis les années 1950 entre les courants marxistes orthodoxes et la « nouvelle » gauche multiforme sur la question de la fin du travail.

    Il est vrai que Marx et Engels font allusivement référence à la fin du travail à l’horizon du communisme : il sera remplacé par une activité libre, et le salariat disparaîtra (ainsi, semble-t-il que l’argent). En attendant, la lutte des classes continue entre travail et capital.

     

    Mais la nouvelle gauche non marxiste tente de déconnecter son projet politique caractérisé comme « émancipateur » (sans jamais préciser clairement ce qui reste à libérer dans le nouvel âge du capitalisme) des revendications du travail. Il serait souhaitable d’attribuer à tous un revenu de base , on promet qu’il sera d’ailleurs substantiel, et on pourra donc supprimer le travail sans supprimer le capitalisme.

    Pour la nouvelle gauche le thème de la robotique, thème de science fiction magistralement illustré par Isaac Asimov devient un point central de sa théorie : les robots vont travailler à notre place et ça commence déjà.

    Évidemment il faut pour cela que ces robots produisent des profits, donc de la plus-value d’où provient le profit, sinon les capitalistes n’investiront pas dans les recherches nécessaires pour les mettre au point. Au fond la nouvelle gauche pense que le capitalisme va enfanter le communisme sans douleur. Elle pense aussi que la nouvelle superclasse de rentiers créée par l’économie high-tech va accepter de défalquer de ses revenus hyperboliques le salaire à vie sans contrepartie de 7 milliards et demi de « fainéants ». Tel que nous les connaissons , cela paraît douteux. Mais en fait même si les générations de privilégiés hors-sols enrichies sur le Net étaient soudain possédées d’une charité infinie, ça risque de ne pas marcher.

    Notons cependant tout de suite que les changements les plus spectaculaires annoncés comme prochains dans le marché de l’emploi, par exemple la suppression des caissiers, des chauffeurs ou des pilotes, ne sont pas à proprement parler le fait de robots ; aussi faut-il définir ceux-ci, et voir s’ils diffèrent essentiellement des autres machines.

    On définira un robot comme une machine intelligente, c’est à dire capable de s’adapter à des situations imprévues, et donc douée de réflexion, et dans l’état actuel ils ne courent pas les rues ; à vrai dire ils n’existent pas encore ! Ce n’est pas parce qu’on automatise des processus de travail qui sont rangés idéologiquement dans le « travail intellectuel » que l’on crée des machines conscientes.

    Ce qui va mettre au chômage les travailleurs dans un horizon proche, ce sont donc des machines, tout comme celles que le « Général Ludd » des prolétaires tentait d’anéantir vers 1811 à l’aube de la Révolution Industrielle en Angleterre. Or une machine ne peut pas produire de la richesse ( incidemment, payer des impôts non plus!).

    En effet, selon la théorie marxiste de la valeur, qui trouve ses sources chez Adam Smith, toute richesse procède du travail, et le travail se mesure en temps humain, pour ce dernier précisément en sacrifice du temps humain qui pourrait être plus agréablement utilisé dans les loisirs. Allez demander ça à un robot !

    Marx précise le fait en établissant que la plus-value provient exclusivement de l’exploitation du travail. Il divise le capital en deux parties, qu’il nomme variable et fixe, dont la proportion détermine sa « composition organique ». Le capital fixe, qui est fixe parce qu’il n’augmente pas, ne produit pas de plus-value, et donc ne fait que restituer au produit sa valeur au fur et à mesure qu’elle s’use dans le processus de production. Il est composé des matières premières et des substances utilisées qui restituent leur valeur immédiatement, et des immobilisations durables, machines, immeubles, droits intellectuels, etc. qui restituent leur valeur sur plusieurs années par amortissement. Machines automatiques sophistiquées, mais aussi robots dotés d’intelligence artificielle sont bien évidemment du ressort de ce capital fixe ; ils ne produisent aucune plus-value.

    Affirmer donc que les robots vont remplacer le travail humain signifie, ou bien que l’on abandonne la théorie de la valeur travail, ce que font tous les défenseurs du capital, ou bien que l’on considère que les robots font partie du capital variable, ce qui signifie ni plus ni moins qu’ils sont vivants, et sujets de droit !

    Marx résout l’énigme de la plus-value qui avait tant tourmenté les économistes : comment peut-on enrichir la société en échangeant des équivalents ? Il montre que dans l’économie marchande chaque produit en devenant une marchandise acquiert une double valeur ; la valeur d’usage (comme par hasard la seule qu’examineront par la suite les économistes néoclassiques, « l’utilité »), et la valeur d’échange qui est globalement réglée par la comparaison du temps de travail respectif nécessité par les produits échangés, et il précise que la force de travail est aliénée au capitaliste pour sa propriété de créer de la valeur supplémentaire. C’est elle, la corne d’abondance.

    En effet la force de travail (manuelle ou intellectuelle, simple ou qualifiée) est vendue à un patron parce qu’elle a une valeur d’usage : si on ne pouvait pas l’utiliser, à quoi bon payer le salaire ? Elle a aussi une valeur d’échange, qui consiste ni plus ni moins dans celle des marchandises qui sont nécessaires pour son maintien en état de continuer à fonctionner, c’est à dire le maintien en vie et en forme de son porteur. Mais si le travailleur ne travaillait que jusqu’au point où il fournit en marchandises l’équivalent de ce qu’il faut pour le maintenir en vie, et en bonne santé, lui et sa progéniture, et rentrait chez lui à ce moment là, le pauvre capitaliste aurait fait un marché de dupe : il n’aurait ni plus-value, ni profit à trouver dans la production, et les seuls bénéfices à attendre seraient ceux obtenu dans la sphère de la circulation, sur le marché, grâce à la ruse commerciale. Les capitalistes ne pourraient s’enrichir qu’en se volant les uns les autres, et la somme de richesse crée équivaudrait à zéro . Il faut donc faire travailler le travailleur plus longtemps que ça, il faut que son travail restitue plus de valeur qu’il n’en a consommé, en un mot il fait qu’il travaille gratuitement une partie du temps, qu’il soit exploité, au sens précis du terme exploiter : travailler gratuitement par obligation.

    Par parenthèse, cela signifie qu’à l’horizon communiste ce surtravail doit surgir spontanément de l’activité libre qui remplacera le travail, ce qui n’est pas une mince question : le communisme c’est le règne achevé de la conscience !

    Donc la seule façon pour qu’un robot, à pattes ou à roulettes, puisse créer de la valeur serait qu’il se présente comme tout un chacun démuni sur la marché du travail, en mettant en jeu sa vie, en se plaçant dans les conditions où on est bien obligé d’accepter le surtravail. Il faudrait le programmer pour qu’il meure s’il ne travaille pas, tout en le livrant au hasard du marché pour trouver sa subsistance !

    Comme les robots ne vivent pas, ils ne meurent pas non plus ; la question de la survie ne se pose pas, pourquoi alors, puisqu’ils sont intelligents (bien que cette intelligence soit artificielle) vont-ils se faire exploiter ?

    En somme, ce n’est pas demain la veille que les robots vont remplacer les travailleurs en tant que travailleurs exploités, mais par contre ils sont créés, effectivement, pour supprimer le plus possible de travail, et ce n’est pas nouveaux. Comme n’importe quelle machine depuis l’origine de la civilisation, ils sont inventés pour économiser sur le salaire, et le progrès technique accumule le capital mais diminue peu à peu la proportion de capital variable : la machine remplace du travail vivant par le travail mort inclus dans la machine, il fait donc baisser la composition organique du capital productif, et donc le taux de plus-value. A long terme nous sommes tous morts, disait l’économiste capitaliste Keynes ! En effet, à long terme le capitalisme ne peut pas survivre à la baisse de la composition organique du capital, donc du taux de plus-value, donc du taux de profit.

    Les pseudos « robots » actuels n’aboutiront qu’à une chose : une belle crise de sous-consommation, à cause du recul général des salaires et des revenus des masses, et à une exacerbation de la lutte de classes et des contradictions de la bourgeoisie. Et peut-être aussi à une grande guerre de démolition du capital fixe, où les robots pourront utiliser toute leur intelligence (car comme disait Witold Gombrowicz, le problème avec l’intelligence, c’est qu’elle est bête).

    Des temps intéressants s’annoncent.

    GQ, 20 janvier 2018

    PS : l’économie bourgeoise classique (Adam Smith, Ricardo) découvre la valeur travail, et Marx le mécanisme de création de la plus-value. Au moment de la parution du Capital (1867) qui en tire les conséquences scientifiques, l’économie bourgeoise quitte ce terrain devenu périlleux et tente de construire une économie sans valeur-travail qui nie la réalité de l’exploitation, à partir du concept d’utilité marginale. Ce qui signifie que la valeur est identifiée à la seule valeur d’usage, dont la substance n’est plus le travail mais le désir des consommateurs. La loi de l’offre et la demande devient donc la loi du désir, cent ans avant Gilles Deleuze. Mais les désirs individuels, contrairement au temps de travail, sont incommensurables entre eux, n’ayant pas de substance commune, la mesure et l’explication de la valeur et des prix en deviennent impossibles, et malgré l’utilisation de mathématiques complexes cette économie néoclassique (Jevons, Walras) n’est plus en prise avec la réalité.

    ---

    2- La réponse du camarade TML :

    Le « rêve du robot » ou celui du réformiste ?

    Bonjour, camarade

    Quelques observations au sujet de cet article qui me semble éluder quelque peu le fond des questions abordées. Tout d’abord il est question d’une « nouvelle gauche » qui n’est jamais clairement identifiée, mais nous est présentée comme une sorte d’utopisme réformiste qui…

    « …pense aussi que la nouvelle superclasse de rentiers créée par l’économie high-tech va accepter de défalquer de ses revenus hyperboliques le salaire à vie sans contrepartie de 7 milliards et demi de « fainéants ». Tel que nous les connaissons , cela paraît douteux. Mais en fait même si les générations de privilégiés hors-sols enrichies sur le Net étaient soudain possédées d’une charité infinie, ça risque de ne pas marcher. »

    En réalité, camarade, le réformisme est toujours une manière de « servir la soupe » au capital et celui de cette « Nouvelle Gauche » comme les autres et il faut donc chercher à comprendre où est son intérêt dans ce type de démarche.

    Il n’y a donc nulle « charité » dans ce supposé « utopisme » mais bien une manœuvre d ‘enfumage à laquelle participent diverses kollabos dont certains prétendus « marxistes » comme Friot et son mouvement « salaire à vie » que tu évoques assez nettement sans pour autant aller jusqu’au bout de la critique.

    Peut-être est-ce du aux confusions que tu introduis toi-même dans ton article…

    La première notable porte sur une confusion entre les notions de « valeur » et de « richesse »…

    Si la formule « toute richesse procède du travail » est bien d’Adam Smith ( Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Volume 6) , elle ne reflète nullement la pensée de Marx, qui a notamment fait une mise au point sur ce sujet dès les premières lignes de la Critique du Programme de Gotha :

    « Le travail n’est pas la source de toute richesse. La nature est tout autant la source des valeurs d’usage (qui sont bien, tout de même, la richesse réelle !) que le travail, qui n’est lui-même que l’expression d’une force naturelle, la force de travail de l’homme. »

    Cette confusion en introduit donc une autre, entre valeurs d’échanges, effectivement produites par le travail, et valeurs d’usages, celle des objets produits, que ce soit par un travail humain ou par une machine entièrement robotisée ou par un « mix » entre les deux, comme c’est encore le cas dans l’industrie actuelle, le plus souvent.

    Pourtant, comme tu le remarques toi-même, c’est :

    «la valeur d’échange qui est globalement réglée par la comparaison du temps de travail respectif nécessité par les produits échangés»

    En réalité, cela implique que s’il n’y a plus de travail incorporé dans la « marchandise », celle-ci n’a plus à proprement parler de valeur d’échange, mais seulement une valeur d’usage.

    C’était par exemple le cas de l’eau de source aux fontaines des villages du temps où il en existait encore…

    Aujourd’hui l’eau de source est pratiquement monopolisée par les trusts de l’agro-alimentaire et sa valeur d’échange découle essentiellement du travail de mise en bouteille à l’usine, et en y incluant la fabrication de l’emballage.

    Mais une usine réellement entièrement automatisée nous ramènerait en quelque sorte à la situation d’une « source ».

    Une fois dépassé le stade d’amortissement du capital fixe, sa situation est pratiquement celle de la pompe ou du puits au milieu du village.

    Pour en tirer un profit quelconque, il faut s’attribuer le monopole de la ressource ! Et cela de manière parfaitement arbitraire, donc.

    On comprend donc tout de suite l’absurdité du système qui est en train de se mettre en place avec la « robotisation »…

    La robotisation totale, dans le cadre de la « compétitivité » comprise comme une supposée « concurrence acharnée » accélère le processus de baisse de « rentabilité » du secteur productif et, à terme, dans ce cadre « concurrentiel », elle anéantit toute possibilité réelle d’élargissement du capital.

    La seule « alternative », pour le capital, c’est donc le monopole…

    Les capitalistes qui jouent le jeu de la « compétitivité » sont, en réalité, et paradoxalement, nécessairement les perdants…

    Alors que les gagnants réels sont simplement les monopoles qui ont des masses de capitaux suffisantes pour pouvoir racheter les « gagnants » de la « compétitivité », devenus nécessairement financièrement exsangues à l’issue de la « bataille des prix » (…bas) et pour pouvoir leur imposer leurs prix et contrôler les marchés…

    Seul problème… A l’horizon de la « robotisation totale », c’est le marché lui-même qui est exsangue, à cause du chômage de masse…

    Il n’y a donc nulle « générosité », nulle « charité » ni « utopisme » dans les systèmes type « revenu universel » ou « salaire à vie », mais seulement la volonté d’entretenir artificiellement et dans des limites bien précises un « marché » de la « consommation » qui permette à la bourgeoisie monopoliste de maintenir sa domination de classe et ses privilèges exorbitants.

    De plus, comme il n’y a plus, dans le cas de la robotisation totale, de création de valeur d’échange, il y a donc nécessairement une déconnexion qui s’opère entre le système monétaire et la « valeur » des productions, qui n’est plus, en réalité, que leur valeur d’usage. Les prix fixés par les monopoles deviennent donc totalement arbitraires, et le cours des monnaies le devient également et devra donc être fixé de manière tout à fait autoritaire pour que le système survive, comme c’est déjà le cas pour le Yuan chinois, par exemple.

    Le système économique mondialisé deviendra donc une sorte de « monopoly » géant reposant sur de la monnaie de singe, et dont l’immense majorité des joueurs n’aura jamais que la maigre portion de son « revenu universel », de la « case départ » jusqu’à la mort… !

    Il n’y a donc pas de « passage automatique » au communisme sans intensification de la lutte des classes et le simple accroissement des contradictions internes du système ne suffit pas à la ranimer sans une réelle prise de conscience massive, actuellement non seulement faible, mais plutôt encore en voie de régression, avec le processus « macronien ».

    De plus, il y a une autre confusion importante, dans l’article, à propos de l’interaction entre « surtravail » et « communisme » :

    « …à l’horizon communiste ce surtravail doit surgir spontanément de l’activité libre qui remplacera le travail, ce qui n’est pas une mince question : le communisme c’est le règne achevé de la conscience ! »

    Comme on l’a vu,

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

    et cela est rappelé, même si de manière confuse, dans l’article, le « surtravail », à l’origine de la plus-value, découle de la différence entre valeur d’échange et valeur d’usage de la force de travail.

    Or dans la société communiste achevée la force de travail ne constitue plus réellement une valeur d’échange et n’est même plus la mesure de base de l’économie communiste, selon la formule de Marx :

    « De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins »

    En réalité c’est la notion même de valeur d’échange, basée sur la valeur-travail, qui est abolie, à ce stade, et notamment dans cette formule elle-même.

    De plus, même si, effectivement, la notion de surtravail est indispensable à l’élargissement du capital, elle n’en est aucunement la résultante et le capital ne fait qu’exploiter ce surtravail qui pré-existe indépendamment de lui.

    En effet, deux producteurs indépendants qui échangent directement entre eux échangeront généralement bien au delà de la seule valeur d’échange de leurs forces de travail, en vue d’accroître leurs richesses réciproques, sans pour autant s’« exploiter » mutuellement !

    Le lien entre « conscience » (…de classe), conscience sociale et « communisme » intervient bien, pourtant, à propos du surtravail, mais pour le communisme dans sa première phase (socialisme), où la formule est :

    « De chacun selon ses capacités à chacun selon son travail » (Manuel économique de l’Académie des Sciences- URSS)

    En effet, à ce stade, où la loi de la valeur et l’échange en valeur-travail restent la mesure utile pour la planification socialiste, le « surtravail » se trouve re-socialisé pour répondre aux besoins collectifs essentiels non encore satisfaits.

    Si le stade d’automatisation totale de la production est atteint par le système capitaliste avant que ne survienne une révolution socialiste, il est clair que la loi de la valeur devient par contre très rapidement caduque (Marx, Grundrisse), mais cela ne supprime pas pour autant la nécessité d’une planification, en raison des besoins essentiels restés insatisfaits sous le capitalisme. Dans ce cas, la notion de surtravail disparaît avec, mais reste la nécessité d’une conscience sociale pour gérer les ressources et les richesses produites en fonction des besoins collectifs essentiels.

    En conclusion, il faut éviter d’entretenir des confusions qui ne servent que les réformistes et les révisionnistes que l’on affirme vouloir combattre et dénoncer… !

    TML

    Post-scriptum: Toutes ces questions ont été développées encore davantage, récemment, au cours d’un échange présenté ici:

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

     

    Une réponse de Gilles Questiaux :

    Je n’attribue de charité aux monopolistes actuels que par ironie. Je suis d’accord que le salaire à vie de Friot est un leurre. Pour moi, le communisme signifie que la collectivité est en mesure de « surtravailler » consciemment en vue de buts librement choisis et rationnellement calculés; buts qui ne sont pas forcément en soi rationnels (la conquête spatiale par exemple). Si elle refuse de surtravailler, ou si elle en a marre de surtravailller en prévision d’une guerre future, c’est foutu, comme en URSS. Je ne crois pas à l’automatisation totale de la production qui contredit clairement la baisse tendancielle du taux de profit. De quelle confusion parles-tu? Sois clair. La valeur d’un bien ne peut en aucun cas être sa valeur d’usage, les désirabilités et utilités subjectives étant complètement incommensurables.

     

    Et quelques précisions supplémentaires de la part du camarade TML :

     

    Dans ce post, camarade, je ne fais essentiellement que rappeler les fondamentaux du marxisme, tout en essayant de comprendre s’ils ont encore cours ou non dans l’évolution actuelle du capitalisme.

    L’élargissement du capital à travers le cycle productif ne peut avoir lieu que par l’interaction de la loi de la valeur et de la loi du marché.

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf

    Cette interaction cesse si la loi du marché est remplacée par la planification socialiste, la loi de la valeur étant alors utilisée pour faire correspondre forces productives et besoins sociaux réels, y compris en terme de développement et de défense collective.

    (Marx, CPG, Lénine, Etat/Révo, Staline, Prob. Éco. URSS)

    Cette interaction cesse aussi dans le cas d’une robotisation totale de la production, même si effectuée sous l’égide du capitalisme monopoliste, car sans intervention significative du travail humain dans la société, il n’y a effectivement plus d’échange d’équivalents, selon même ta formule :

    «la valeur d’échange qui est globalement réglée par la comparaison du temps de travail respectif nécessité par les produits échangés»

    Formule correcte, quant à elle.

    Peut-on être plus clair ?

    Plus de travail, plus de valeur d’échange, plus d’action possible de la loi de la valeur, devenue caduque. (Cf Marx, Grundrisse)

    Dans ce cas la bourgeoisie monopoliste est bien obligée de « planifier » la production au mieux des intérêts de sa domination de classe, c’est à dire pour simplement tenter de la sauvegarder.

    D’où les projets de « revenu universel » et autres « salaires à vie »…

    Leurs tenants « idéologiques » se positionnent déjà en futurs acteurs de la collaboration de classe nouvelle manière, adaptée à cette évolution du système. D’où l’oreille « complaisante » qu’ils trouvent auprès des médias…

    Une engeance à combattre, parmi d’autres, mais de façon relativement prioritaire, eut égard à l’avenir du mouvement ouvrier.

    « Croire » ou « ne pas croire » à l’automatisation totale de la production, et même, désormais, des services, ce n’est pas vraiment une attitude marxiste, non seulement parce que Marx lui-même la définissait comme inéluctable (Grundrisse), mais aussi et tout simplement parce que c’est cette évolution que l’on observe dans tous les domaines de l’activité humaine.

    De plus, elle ne peut évidemment pas contredire la baisse tendancielle du taux de profit, dans la mesure où elle en est précisément l’aboutissement ultime, actuellement anticipé, donc, par les nouvelles stratégies monopolistes.

    Par ailleurs tu sembles vouloir ne considérer le « communisme » que dans sa première phase, celle du socialisme, en réalité, et, dans cette limite, ton propos sur la relation « surtravail/conscience/communisme (socialisme) » reste correcte tant qu’il n’est pas totalement dépassé par l’évolution actuellement en cours, telle qu’ébauchée ci-dessus.

    Mais la prospective n’est pas une affaire de « croyance »… Elle doit tenir compte de toutes les évolutions en cours, et surtout de celles qui sont prépondérantes, dans le rapport de forces actuel.

    TML

    PS : A noter que l’aspect fondamental du révisionnisme trotskyste consiste à nier l’interaction loi du marché/loi de la valeur et à promouvoir une prétendue « action régulatrice » de la loi du marché, tout à fait à l’instar des libéraux bourgeois :

    « En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. » (Trotsky, 1939)

    https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

    Cité in « Le Bloc et la Faille », un débat sur le trotskysme :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

     

    Source https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/30/en-reponse-a-gilles-questiaux-au-sujet-de-limplication-de-la-robotique-sur-levolution-du-systeme-capitaliste/

     

    « - Le marxisme est-il périmé ?- Conférence Annie Lacroix-Riz : Le livre noir de l'anti-communisme »
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