• - Démocratie ? Élections... Fond ou forme... (Avec des PDF)

    - Démocratie ? Élections... Fond ou forme... (Avec des PDF)

    Ci-avant : Un nouveau match électoral excitant proposé par le merveilleux monde de la "démocratie" bourgeoise !

    « Le pouvoir du peuple », telle est la définition littérale du terme "démocratie". Certes, les régimes bourgeois modernes montrent depuis plusieurs décennies un visage emprunt des libertés politiques fondamentales — à l’instar du suffrage universel et de la liberté de parole et de réunion —, mais ces droits sont-ils suffisants et ces régimes sous lesquels nous vivons sont-ils pour autant de véritables démocraties ?

    Est-il "démocratique" par exemple d’organiser des élections qui consacrent le départ et l’arrivée d’attelages gouvernementaux sur lesquels le peuple n’a aucun contrôle direct en cours de mandat et qui sont ainsi libres de ne pas tenir leurs promesses électorales ?

    Est-il "démocratique" que de puissants groupes de pression économiques et en particulier les lobbies patronaux — non élus évidemment —, puissent faire pression, court-circuiter et corrompre les instances élues ?

    Est-il "démocratique" que les masses populaires censées posséder le pouvoir politique soient totalement dépossédées du pouvoir économique qui est en définitive la véritable assise du pouvoir politique ?

    La réponse à ces trois questions est évidemment non !

     

    Dans des sociétés composées de classes sociales antagonistes — comme peuvent l’être le prolétariat et la bourgeoisie dont les intérêts sont sauf "accident" profondément divergents —, dans des sociétés où une minorité d’exploiteurs détient le monopole sur l’outil de production, les commerces, les médias tandis que la majorité est forcée de se vendre pour obtenir les moyens de sa subsistance, la "démocratie" est forcément tronquée, limitée et en définitive mensongère.

    Est-ce à dire que nos "démocraties" bourgeoises sont des dictatures ? Dans un sens oui.

    Comme l’ont démontré il y a longtemps Marx et Lénine, la démocratie ne peut exister sous l’ordre bourgeois dans la mesure où il ne peut y avoir de libertés et d’égalité véritables "pour tous" dans des sociétés basées sur des classes sociales aux intérêts antagonistes, dans des sociétés où le pouvoir politique appartient plus ou moins directement à la classe qui détient le pouvoir économique.

    Pendant des décennies, et en particulier au cours du dernier demi-siècle écoulé, le prolétariat des pays impérialistes d’Occident a certes pu avoir l’impression de l’avènement d’une "démocratie pour tous", que ce soit en termes de hausse du niveau des salaires ou de protection sociale. Une démocratie faite d’acquis sociaux qui a vu une large frange du prolétariat des puissances impérialistes dominantes accéder à un relatif confort matériel et même aux loisirs de masse, gages pour la bourgeoisie de stabilité et de paix sociale.

    Dans ces conditions, c’est l’ensemble des strates de la société bourgeoise qui s’est embourgeoisée, et les partis dits "d’extrême gauche" n’y ont pas échappé.

    Mais à quel prix ces chaînes dorées ont-elles été forgées ?

    Au prix d’abord des guerres coloniales qui, en ce qui concerne l’impérialisme français, ont fait couler le sang des patriotes malgaches, algériens et indochinois.

    Au prix ensuite de la délocalisation de toute une série de branches d’industries et en premier lieu celles dédiées à la production de biens de consommation destinés au prolétariat des pays impérialistes dominants. Ce dernier a ainsi vu sa condition matérielle s’améliorer sensiblement, mais au prix de l’exploitation à grande échelle du prolétariat des pays dépendants semi-coloniaux.

    Les avancées "démocratiques" de l’Occident au cours du dernier demi-siècle écoulé sont donc étroitement dépendantes de l’exploitation forcenée et parfois féroce du prolétariat des pays ateliers, qu’ils soient semi-coloniaux ou des puissances impérialistes naissantes. Depuis le Chili jusqu’au Mexique, depuis la Thaïlande en passant par la Corée du Sud jusqu’à la Chine, c’est en définitive la sueur du prolétariat d’autres pays qui a permis aux puissances impérialistes d’Occident de créer leur "modèle économique", leur "modèle social" et leur ‘‘modèle démocratique".

    Le comble, c’est évidemment quand ces pays continuent à perpétuer dans la coulisse leurs coups d’Etat (comme l’impérialisme français l’a récemment fait au Niger et en Côte d’Ivoire), ainsi que de souffler sur les braises des tensions ethniques et confessionnelles (comme l’Occident l’a fait en Libye et continue de le faire impunément en Syrie), afin d’attiser et d’appuyer le séparatisme sous de bien fumeux prétextes "humanitaires" et "démocratiques".

    Ce qui paraît aujourd’hui presque naturel à un prolétariat embourgeoisé des décennies durant, à savoir imposer notre "démocratie" si besoin par la force des armes aurait fait bondir ceux que l’ordre bourgeois continue de dépeindre comme de cruels et sanguinaires "dictateurs", à l’instar des camarades Staline et Hodja.

    Pour Staline, imposer le socialisme par la force depuis l’extérieur — bien que la finalité d’abolir toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme soit des plus louables —, était jugé aussi impensable que nuisible. Sous sa direction, l’URSS s’abstint ainsi de toute tentative d’exporter par la force la révolution bolchévique, que ce soit en Yougoslavie ou en Grèce dans l’immédiate après-guerre.

    Au contraire, les auteurs de la contre-révolution bourgeoise ne rechignèrent pas à faire marcher les chars sur Budapest (1956) et Prague (1968) afin de réprimer les pulsions séparatistes dans leur nouvelle sphère d’influence.

    Si la "démocratie" bourgeoise pacifique est une fiction, elle devient le plus éhonté des mensonges quand on prétend l’imposer par la force.

    A l’ère de l’impérialisme, c’est-à-dire du capitalisme pourrissant, la "démocratie pure", c’est-à-dire "pour tous" est impossible, car en définitive, toute forme d’Etat est une dictature.

    Le régime bourgeois, sous son masque démocratique comme sous son masque fasciste, reste ainsi toujours la dictature du Capital, c’est-à-dire le pouvoir exercé plus ou moins directement par une minorité d’exploiteurs avec bien souvent très peu d’égards à l’attention des masses populaires exploitées et au contraire beaucoup de souplesse, de prévenance et d’indulgence avec les possédants et leurs représentants politiques.

    Même le régime socialiste, tel qu’instauré en URSS pendant trois décennies et en Albanie pendant quatre décennies ne pouvait être cette chimère de démocratie bourgeoise prétendument "universelle".

    Comme le soulignait déjà Marx et comme le réaffirmèrent et le prouvèrent Lénine et Staline, il fallait que le nouveau régime, bien que synonyme de démocratie pour les masses populaires, se montre intransigeant avec ses ennemis qui ne rêvaient que d’une chose : sa destruction et le retour de l’ancien ordre. L’Etat socialiste ne peut ainsi se passer de la nécessité de réprimer les débris des anciennes classes dominantes qui aspirent à reconquérir le pouvoir perdu et de tenir en respect les pays bourgeois hostiles comme le fît l’URSS au cours de ses trois premières décennies d’existence.

    Durant cette période et en dépit des menées hostiles d’éléments bourgeois de l’intérieur (koulaks) ainsi que des visées rapaces des puissances impérialistes — une première fois au lendemain de la révolution bolchévique puis dans les années 1930), l’URSS mît en œuvre les institutions les plus démocratiques possibles pour les masses populaires : la dictature du prolétariat.

    De tous côtés, les éléments hostiles (depuis les trotskistes jusqu’aux impérialistes étrangers), s’unirent en chœur pour dénoncer la "dégénérescence thermidorienne" et la "dictature personnelle" exercée par l’homme qui personnalisait le pouvoir soviétique : Staline.

    Si ces clameurs ont pu duper pendant des décennies le prolétariat des pays bourgeois, il n’en est pas moins évident que ces théories sont en complète contradiction avec les fondements du matérialisme dialectique pour lequel toute dictature personnelle est impossible.

    Même personnalisé dans un homme, le pouvoir politique appartient en effet à la classe sociale qui détient les moyens de production. Le mythe (petit-) bourgeois des dictatures personnelles, qu’il s’agisse de Staline — chef du prolétariat soviétique et du mouvement communiste international durant trois décennies —, ou de Hitler — qui avait su exprimer avec perfection les intérêts et les ambitions d’un impérialisme allemand revanchard —, ne servent en définitive qu’à masquer et éluder le caractère de classe du pouvoir économique et politique.

    Dans le cas de Hitler, ce mythe sert également à absoudre le Capital de ses crimes en les imputant à la prétendue "folie" d’un homme, une folie qui a cependant très longtemps eu le soutien des magnats allemands de l’industrie tels Krups et Thyssen.

    La vérité est qu'hier comme aujourd'hui, la frontière est souvent mince entre la forme "démocratique" et la forme terroriste de la dictature du Capital. Cette différence tient en définitive aux surprofits extorqués à l'international par les puissances impérialistes dominantes qui permettent à leur bourgeoisie d'en faire profiter les masses populaires pour garantir la paix sociale.

    Mais l’existence de ce type de "démocratie" est bien précaire, car il suffit d'une crise économique majeure ou de la perte de la position privilégiée dans la division internationale du travail — deux phénomènes aujourd'hui à l’œuvre —, pour tarir la source matérielle de la démocratie bourgeoise.

    Dans ces conditions, l'offensive de la classe dominante en Occident contre les acquis sociaux et le niveau réel des salaires bafouent de plus en plus ouvertement les intérêts fondamentaux des masses populaires. Et plus la situation économique se dégradera et imposera la prise de mesures aussi radicales qu'impopulaires — ce qui est inévitable dans les années et décennies à venir —, plus les élites bourgeoises seront tentée de substituer au discours "démocratique" du « cause toujours », le discours terroriste du « ferme ta gueule ».

    Dans ces conditions, il deviendra de plus en urgent pour les masses exploitées hier privilégiées de mettre au pilori une "démocratie" bourgeoise tronquée et de plus en plus illusoire, pour la remplacer par une nouvelle, infiniment plus juste et complète, la démocratie socialiste.

    Vincent Gouysse, pour l’OCF, novembre 2012

    Télécharger « Democratie.pdf »

     

    Preuve que les véritables démocrates et les véritables dictateurs ne sont pas ceux que l'on croit :


    « Les élections générales se font également dans un certain nombre de pays capitalistes, dits démocratiques. Mais dans quelles conditions s'y font-elles ? Au milieu des collisions de classes, de l'hostilité des classes, cependant que les capitalistes, les grands propriétaires fonciers, les banquiers et autres requins du capitalisme exercent une pression sur les électeurs. De telles élections, fussent-elles générales, égales, secrètes et directes, on ne saurait les dire parfaitement libres, parfaitement démocratiques.

    Chez nous, dans notre pays, les élections se font au contraire dans des circonstances absolument différentes. Ici point de capitalistes, point de grands propriétaires fonciers ; par conséquent, point de pression exercée par les classes possédantes sur les non-possédantes. Les élections se font chez nous dans une atmosphère de collaboration entre ouvriers, paysans, intellectuels, dans une atmosphère de confiance réciproque, je dirais même d'amitié réciproque, parce que nous n'avons pas de capitalistes, ni de grands propriétaires fonciers, ni d'exploitation, et il n'est personne à proprement dire pour faire pression sur le peuple, pour fausser sa volonté.

    Voilà pourquoi nos élections sont les seules au monde qui soient véritablement libres et véritablement démocratiques. (Vifs applaudissements.)

    De telles élections libres et véritablement démocratiques n'ont pu naître que du triomphe de l'ordre socialiste ; que du socialisme qui, chez nous, n'est plus simplement en construction, mais est déjà entré dans les habitudes, dans la vie quotidienne du peuple. Il y a quelque dix ans, on pouvait encore discuter sur la question de savoir si l'on peut ou non édifier chez nous le socialisme. Maintenant cette question ne se discute plus. Maintenant, c'est une question de faits, une question de la vie vivante, des us et coutumes qui pénètrent toute la vie du peuple. Nos fabriques et nos usines marchent sans les capitalistes. La direction du travail est assurée par des hommes issus du peuple. C'est ce que l'on appelle chez nous le socialisme en action. Nos champs sont cultivés par les travailleurs de la terre, sans les grands propriétaires fonciers, sans les koulaks. La direction du travail est assurée par des hommes issus du peuple. C'est ce que l'on appelle chez nous le socialisme dans la vie ; c'est ce que l'on appelle chez nous la vie libre, socialiste.

    Et c'est sur cette base justement que sont nées les nouvelles élections, véritablement libres et véritablement démocratiques, sans précédent dans l'histoire de l'humanité.

    Dès lors comment ne pas vous féliciter à l'occasion de la fête du peuple, à l'occasion des élections au Soviet suprême de l'Union soviétique ! (Ovation enthousiaste de toute la salle.)

    Je voudrais ensuite, camarades, vous donner un conseil, un conseil de candidat-député à ses électeurs. Si l'on prend les pays capitalistes, on y voit s'exercer entre députés et électeurs des relations originales, je dirais même, assez singulières. Tant que dure la campagne électorale, les députés flirtent avec les électeurs, sont aux petits soins pour eux, leur jurent fidélité, leur prodiguent une foule de promesses. C'est à croire que les députés dépendent entièrement des électeurs.

    Sitôt les élections terminées et les candidats devenus députés, les relations changent du tout au tout. Au lieu de la dépendance des députés vis-à-vis des électeurs, c'est leur entière indépendance. Pendant quatre ou cinq ans, c'est-à-dire jusqu'aux nouvelles élections, le député se sent absolument libre et indépendant du peuple, de ses électeurs. Il peut passer d'un camp à l'autre, il peut dévier du droit chemin dans le mauvais ; il peut même s'empêtrer dans des machinations pas tout à fait recommandables ; il peut faire toutes les culbutes qu'il veut : il est indépendant.

    Ces relations, peut-on les regarder comme normales ? Pas du tout, camarades. Tenant compte de ce fait, notre Constitution a promulgué une loi conférant aux électeurs le droit de rappeler avant terme ceux de leurs députés qui commencent à biaiser, à dévier de la bonne voie, à oublier leur dépendance vis-à-vis du peuple, vis-à-vis des électeurs.

    Loi remarquable que celle-là, camarades. Le député doit savoir qu'il est le serviteur du peuple, son délégué envoyé au Soviet suprême, et il doit s'en tenir à la ligne qui lui a été tracée dans son mandat par le peuple. Si le député a dévié de son chemin, ses mandants ont le droit de demander de nouvelles élections et de blackbouler le député fourvoyé.(Rires, applaudissements.) Loi remarquable que celle-là.

    Mon conseil, conseil de candidat-député à ses électeurs, est qu'ils n'oublient pas ce droit, le droit qu'ils ont de rappeler avant terme les députés, de surveiller leurs députés, de les contrôler et, s'ils s'avisent de dévier de la bonne route, de les secouer de leurs épaules, d'exiger de nouvelles élections. Le gouvernement a le devoir de fixer de nouvelles élections. Mon conseil est de ne pas oublier cette loi et de s'en servir à l'occasion. »

    (Joseph Staline, Discours prononcé devant les électeurs de la circonscription Staline de Moscou le 11 décembre 1937)

    Parce que la démocratie bourgeoise est toujours tronquée et illusoire, parce qu'elle s'arrêtera toujours à la porte de l'entreprise, aucun candidat ne mérite votre voix. Aucun d'entre eux ne remet en effet en cause le fondement du capitalisme : l'esclavage salarié. Ces "représentants" ne sont que ceux du Capital, ou les tenants d'illusions petite-bourgeoises sur la "démocratie représentative". Cessons d'être victimes de cette duperie ! Donc, ne votez pas, ou si vous voulez vraiment voter, ... choisissez le seul véritable vote protestataire qui soit, et glissez dans l'urne un bulletin "Joseph Staline" !

    Le fond ou la forme ?

    La cinquième république se meurt. Minée par les scandales, la corruption de ses serviteurs, le vieux régime républicain imaginé par De Gaulle en 1958 pour instaurer un régime politique stable (profitable aux affaires du Capital) s’effrite sous nos yeux. « L’Homme Providentiel », cher à ceux qui y croient, n’émerge décidemment pas.

    Que faire ? Si nous sommes à 5 républiques, pourquoi pas 6 !

    L’essentiel c’est que, de la première à l’actuelle, les banquiers puissent continuer à spéculer, les industriels à exploiter, que des politicards ramassent les miettes, que les médias continuent à servir docilement qui les paye et que le « bon » peuple continue, comme d’habitude, à courber l’échine tout en votant quand il faut, tout en servant de chair à canon quand il le fallut.

    Qu’est-ce qu’une république ? C’est la forme que revêt un état à une époque donné, dans le cadre d’un système donné. Rien de plus. Ce mot ne signifie en aucun cas que la société sera au service du peuple, que la laïcité protégera des idées religieuses, que l’armée et la police seront là pour protéger les gens du crime et de la guerre.

    Aujourd’hui dans le monde il y a beaucoup de républiques. Environ 150 : Centrafrique, Iran, Congo, Tchéquie, etc. .....

    Et dans tous ces pays le mot « république » n’est, comme en France, qu’un slogan publicitaire. Autant de républiques, autant de système de pouvoirs différents. Ici deux assemblées, là une ; ici le président a tous les pouvoirs, là aucun, etc....

    Mais partout et toujours : une petite poignée de possédants et une ribambelle de parasites qu’on appelle l’Etat, chargés de faire tourner la machine, en réprimant s’il le faut, en endormant la population avec la religion et les médias si c’est possible.

    La décomposition de l’état républicain français pose un problème à la bourgeoisie. La corruption et la stupidité de la caste politique – et elle saute tellement aux yeux de tous - est telle qu’il va falloir procéder à un grand replâtrage Replâtrage bien sûr ; car en « démocratie » bourgeoise on ne change JAMAIS le fond du problème. On change juste les apparences. Le business doit continuer !

    Cela fait quelques années que, de cette gauche qui pue le « cadavre à la renverse » comme disait J.P. Sartre, des petits besogneux sont prêts à voler au secours du capital en danger. Hier Montebourg et Hamon et puis maintenant Valls, Peillon, Macron et ... Mélenchon. Ils veulent tous changer la constitution.

    Pas de révolution ! Juste une évolution.

    Ah bon, vraiment ? L’un veut plus de proportionnelle, l’autre un 49.3 .... « Citoyen », un autre un Sénat rénové, un quatrième ne veut plus de la cour de justice....

    Mélenchon est le meilleur dans l’esprit : « catalogue pour tout faire en douceur sans faire peur à votre patron et votre banquier, ni à l’agent de police ». D’abord la France est le « pays des droits de l’homme » (et du « vin de Bordeaux » soit dit en passant !). Les français ont donc un sens inné du bon, du juste, du vrai. Ça aide ! Ensuite si vous lisez les propositions mélenchoniennes tous les poncifs sont là : non à l’homophobie, cumul des mandats, éthique de la justice, déontologie des médias (il faudra expliquer ça à Bolloré, Dassault et Bouygues !!!)....

    Et puis il y a chez Mélenchon cette obsession de « l’assemblée constituante ». Avant de trouver la forme républicaine de leur Etat les révolutionnaires de 1789 ont créé une constituante. Assemblée qui devait fonder le socle juridique de leur futur pouvoir. Mr Mélenchon ne veut pas dépasser ce stade.

    Mr Mélenchon, ne l’oublions jamais, sort de l’école politique du trotskysme ou l’on apprend – c’est le dogme de toute secte trotskyste – que si on veut faire la révolution il faut une « période de transition » qui passe par une « assemblée constituante » devenant, d’après Trotsky un « double pouvoir » devant lequel la bourgeoisie devra s’incliner tôt ou tard ...... mais cela ne s’est jamais produit dans l’histoire des révolutions ! Le beau schéma, ne colle pas à la réalité de la violence de la bourgeoisie.

    La mystification de Mélenchon est sympathique car elle retire la violence de l’image des révolutions (elle plait donc a toute une frange de petits bourgeois assouplis idéologiquement par leur position sociale et leur facilité à avaler toutes les couleuvres sur la « démocratie », le vote, la « non- violence », la dictature.... Mais elle masque le fait que la violence de l’Etat bourgeois est l’éternelle épée de Damoclès sur la tête des peuples tant que l’on laisse une once de pouvoir à la bourgeoisie.

    « Nulle part au monde il n’y a et il ne saurait y avoir de milieu. Ou bien la dictature de la bourgeoisie (dissimulée sous la pompeuse phraséologie socialiste-révolutionnaire et menchévique sur la souveraineté du peuple, la Constituante, les libertés, etc.), ou bien la dictature du prolétariat. Celui à qui toute l’histoire du XIXème siècle n’a pas appris cela est un imbécile fini. » (Lénine, « Lettre aux ouvriers et aux paysans au sujet de la défaite de Koltchak », août 1919).

    On pourrait ajouter au propos de Lénine : toute l’histoire du XXIème siècle aussi !


    La sixième république est une expression qui en soit ne veut rien dire. Ou plutôt TOUT DIRE.

    •   Rien dire, parce que pour les habitués, ceux qui bouffent à la gamelle et qui se satisfont de leur sort en songeant avec une pensée émue à ceux « d’en bas » qu’il faut aider, elle opère comme une sorte de religion du moindre mal teintée de bons sentiments.

    •   TOUT DIRE, car c’est le recours ultime de la bourgeoisie pour tenter de refaire la façade de son édifice politique entrain de pourrir. Et les Mélenchon et compagnie ne sont, au fond, que des artisans de ce camouflage, de ce trompe l’œil : faire passer l’Etat bourgeois comme un simple appareil qu’il suffirait de bien nettoyer pour l’utiliser à nouveau. Un « capitalisme à visage humain » !

      Alors, cinquième ou sixième république, peu nous importe si les banquiers, les industriels, l’appareil d’état, la police et l’armée, les médias sont toujours là : les mêmes sous de nouveaux habits.

      On peut bien avoir la proportionnelle (on l’a déjà eu !), on peut tirer au sort au lieu de voter et autres gadgets pour petits bourgeois. Le premier prolétaire venu sait bien que voter ou pas, tous les ans ou les 5 ans, son sort n’a jamais changé. Précarité, souci du lendemain, pas d’avenir pour ses enfants, cherté de la vie .... Les républiques sont passées et le prolétaire est resté prolétaire.

      On a fait appel à lui pour se faire tuer à la guerre, et il y est allé. On lui a conseillé de voter sagement car c’était « démocratique » et il l’a fait. Il a protesté contre son licenciement, on l’a licencié et on a fermé son usine. Il s’est révolté, on l’a mis en prison, condamné, on lui a tiré dessus. Et il est resté un prolétaire.

      Plus fort encore, on lui a dit qu’il fallait voter car c’était un droit et que « des gens se sont battus pour ça ». Pour ça ! Mais quoi exactement ? Certainement pas pour le vote. Mais l’essentiel c’est de matraquer cette légende (et les gens de « gauche » en sont les principaux adeptes !).

    Prolétaires n’oubliez jamais ce qu’écrivait en 1885 le communard Elisée Reclus. N’avez-vous pas, vous-mêmes, constaté et éprouvé dans vos vies ce que disait cet homme qui fut condamné par un tribunal de guerre et banni de France :

    « ... Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages – et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contremaître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus. » N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! » (Elisée Reclus – 1885 – Voter, c’est abdiquer.)

    La chose ne se présente pas du tout pareil pour une poignée d’autres. Ceux-là ont « fait » Mai 68. Ils sortent des universités ou des « grandes écoles » : les Cohn Bendit (qui appelle à voter Macron), les Mélenchon, les July, les Jospin, les Cambacérés ..... ; ils ont fait des petits eux aussi. Ils sont députés, sénateurs, pantouflent aux conseils départementaux, dans les mairies, se votent leurs salaires. Que savent-ils des prolétaires ? Qu’éventuellement ils votent. C’est vrai il arrive que les prolétaires votent car on peut tromper les gens quand on a les moyens de les « discipliner », de les distraire.

    Mais il y a des moments dans l’histoire ou la conscience des gens se rapproche de leurs ventres, de leur vie réelle et pas de celle qu’on leur vend au travers de l’univers factice des publicités de la télé et des mensonges politiciens.

    La décomposition actuelle de l’apparence du système politique dans lequel la France se trouve plongée est une excellente chose.

    Elle met à nu ce que nos maîtres et leurs valets cachaient depuis des décennies. Elle dévoile aux yeux de tous et de manière massive, évidente, la vraie nature des serviteurs de l’Etat, que ce soient ceux qui y siègent aussi bien que ceux qui souhaiteraient y être.

    Marionnettes interchangeables, voilà ce qu’ils sont tous: de Fillon à Le Pen, de Hamon à Mélenchon et leurs sous-fifres.

    Alors, dans un premier temps :

    Ni cinquième république, ni sixième république. Abstention massive.

    OCF – 7 Mars 2017 – France

    PDF "Le fond ou la forme" :

    Télécharger « elections_le_fond_ou_la_forme_ocf_mars_2017.pdf »

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