• - « Destruction créatrice », « Argent magique » des Banques Centrales, le « diable » est dans la valeur d’usage…

    Un article de TML suite à celui de R. Bibeau (L’Amérique s’embrase et le monde est sous tension, le prolétariat est en marche)

    - « Destruction créatrice », « Argent magique » des Banques Centrales, le « diable » est dans la valeur d’usage…

    Tu dis (Bibeau) : « L’un des objectifs de la « crise du Covid » était manifestement le dégonflage de la « bulle financière » et la destruction d’une partie suffisante des forces productives pour déclencher au moins une relance partielle et provisoire de l’économie « réelle » à la sortie… »

    TML :

    Autrement dit, c’est comme la guerre qui détruit des richesses. mais qui permet ainsi un relance du capitalisme. Mais justement, je ne comprend ni pourquoi ni comment la destruction de richesses crée des richesses.

    Que la destruction des forces productives soit due à la guerre ou au confinement, ça je comprends que ça revient au même.

    Ce que je ne comprends pas du tout, c’est que la destruction des forces productives déclenche une relance.

    Question à la fois basique et complexe…

    « Que la destruction des forces productives soit due à la guerre ou au confinement, ça je comprends que ça revient au même.

    Ce que je ne comprends pas du tout, c’est que la destruction des forces productives déclenche une relance. »

    __Basique >>> un simple constat >>> les « 30 Glorieuses » après 1945, mais aussi, les « années folles », plus brèves, entre deux guerres et même la « belle époque » qualifiée « rétroactivement », selon certains, dès 1880, etc…

    De tout temps les guerres, après leurs cortèges de malheurs, ont entrainé une progression des forces productives, et notamment technique, par transposition des nouvelles techniques et matériels de guerre, et donc aussi par le renouvellement inévitable des entreprises et des matériels détruits, dont une part serait de toute façons devenue obsolète, et en fait plutôt un frein au progrès.

    Bien évidemment, il y a aussi les destructions de bâtiments et les chantiers de reconstruction…

    Généralement, même dans ce secteur, les gains excèdent les pertes, même si gagnants et perdants ne sont pas toujours les mêmes !

    __Complexe >>> comme dit la chanson, les temps changent…

    Reconstruire sur les cendres d’une guerre nucléaire n’est pas du même profit… (Hiroshima et Nagasaki n’étaient que des « bombinettes expérimentales » en comparaison des arsenaux nucléaires actuels…).


    Et donc, même si les capitalistes ont théorisé le « chaos » et la « destruction créatrice », ils n’en ont pas moins tendance à calculer leurs effets, tant qu’à faire…

     

    Au-delà des guerres « locales » déjà suffisamment terribles pour les populations qui en sont victimes, ils entendent donc limiter leurs provocations à des rodomontades verbales et quelques démonstrations de force sporadiques, mais tout en préférant la « négociation », in fine, à l’embrasement généralisé, même si cela fait encore « rêver », on ne sait trop pourquoi, certains gauchistes à l’esprit à la fois simpliste et embrumé, dont M. Robert Bibeau est l’archétype, assez caricatural, du reste !

    (Bien entendu, on ne saurait tout à fait exclure un « accident de presse-bouton », mais depuis les fusées de Cuba en 1962, on espère que ce genre de problème technique a été résolu !)

    Il n’ y a donc pas de logique absolue vers une « Nième » guerre mondiale…
    Par contre, et ce que ces mêmes gauchistes sont incapables de comprendre, c’est que, contrairement à eux, les bourgeois ont évolué et appris à apprendre de leur « erreurs »… et des contraintes de leur système, tout simplement.

    A la différence des gauchistes, ils ont lu Marx, et pas forcément « en cachette »… ! (Cf. Attali)

    Au départ de leur stratégie de « dégonflement » de la bulle, il y a donc un réajustement entre capital « fictif » excédentaire et dynamique de l’économie productive « réelle », devenue insuffisante.

    Mais ce n’est pas tout, il apparait clairement désormais, que la compréhension stratégique de la bourgeoisie va au-delà de ce simple réajustement immédiat.

    En effet, pour une relance à grande échelle, disons de type « traditionnelle post-guerre », la destruction des entreprises a été trop faible après 2008, et elle sera très « mesurée » et limitée aux canards vraiment trop boiteux, après 2020 :

    « La période récente[NDLR : ICI 2008-2018] de conditions de crédit peu onéreux et laxiste a non seulement maintenu à flot des entreprises en mauvaise condition financière (dans l’industrie européenne ou le pétrole de schiste américain, par exemple) mais, comme le décrivait Minsky, encouragé les comportements spéculatifs »

    http://institut-thomas-more.org/2018/09/30/2008-2018-a-t-on-retenu-les-lecons-de-la-crise-financiere/

    En effet, pourquoi ne pas y avoir été plus « franchement », et laisser les indices chuter jusqu’à 2000 points (pour le CAC), par exemple ?

    En réalité, cela tient précisément à l’évolution des forces productives les plus modernes, qui sont informatisées, automatisées, robotisées, et dont le développement, inévitable, et encore plus en cas de « casse » généralisée, réduira encore la part du travail vivant réellement « rentable » en termes de plus-value, et ne fera donc que raccourcir encore les prochains cycles de crise.

    La seule « solution » à ce problème, pour la classe dominante, n’est donc pas, à long terme, de relancer durablement un profit en voie de disparition dans le secteur productif, contrairement à ce que rabâchent encore pas mal d’abrutis « de gauche », mais de préparer une succession de cycles plus ou moins « maîtrisés » et fondés essentiellement sur la dette, publique et privée, et incluant, de plus en plus, un relatif « soutien » à la consommation, ce que l’on voit bien, déjà, avec le « chômage partiel », les primes pour changer de voiture, etc…

    C’est en fait ce qui a été inauguré aussitôt après 2008, avec les politiques monétaires « non conventionnelles », type « Quantitative Easing ». En fait, il est encore difficile d’admettre, même pour un grand nombre d’économistes « mainstream », que ce soit là un système durable, et pourtant, c’est bien celui qui s’est imposé depuis 2008, et qui s’impose encore plus, suite à l’épisode « covid » ! C’est un simple constat…

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/21/la-croix-et-la-banniere-ou-le-coup-detat-des-banques-centrales-pour-les-archi-nuls/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/04/5-mai-2020-retour-sur-une-tentative-avortee-de-contre-coup-detat-juridique-de-la-cour-constitutionnelle-de-karlsruhe-contre-la-bce/

    Les responsables des Banques Centrales ont donc clairement « anticipé » et décidé d’abréger la vie de l’ancien système du capital financier « classique » tel qu’il s’est imposé depuis le début du XXe siècle, et tel que si bien décrit par Lénine.

    Bien entendu, ce système n’en subsiste pas moins, et même à une vaste échelle, mais à un « étage » désormais hiérarchiquement inférieur à celui des Banques Centrales et soumis à leurs conditions de crédit et de dette.

    De même, des strates « inférieures », « pré-impérialistes », en quelque sorte, en termes de développement capitaliste, subsistent dans de nombreuses régions du monde, sous la férule des « bourgeoisies nationales » résiduelles, avec, à leur tête, la Russie de Poutine.

    Des strates de régions du monde encore « inférieures » en termes de développement, en économies de type « comprador », continuent évidemment également de subsister, comme l’une des bases économiques de la strate « financière impérialiste », dont l’Inde, l’essentiel de l’Afrique, etc…

    Et bien entendu, ces strates sont interconnectées et interagissent dialectiquement entre elles, même et surtout, à travers leurs contradictions.

    Le monde du XXIe siècle est donc, et pour longtemps, sauf prise de conscience et révolution, celui de la « destruction créatrice contrôlée »…

     

     

     

    5 juin 17:15

    Merci pour ta réponse détaillée.

    D’accord évidement pour le constat des relances qui suivent inévitablement les guerres.

    Je comprends bien aussi le nettoyage du passé produit par la guerre. Mais pour, je te cite :

    « le renouvellement inévitable des entreprises et des matériels détruits »

    « il y a aussi les destructions de bâtiments et les chantiers de reconstruction… »

    Il faut du Fric. D’où sort subitement ce fric. Ou plutôt sachant que l’argent est la représentation de ressources réelles, d’où sortent ces ressources, ces richesses, quand tout a été détruit ?

     

    5 juin 19:41, 

    Là aussi, question à la fois basique et complexe… !

     

    « Il faut du Fric. D’où sort subitement ce fric. Ou plutôt sachant que l’argent est la représentation de ressources réelles, d’où sortent ces ressources, ces richesses, quand tout a été détruit ? »

    Évidemment, c’est la grande question…

    Jusqu’à présent, mais en réalité, jusqu’en 2008, seulement (…et encore, d’où la « crise des subprimes »), et donc, disons, dans le capitalisme « classique », l’argent est la représentation des ressources réelles, mais principalement en termes de valeurs d’échanges, et c’est ce qu’il ne faut pas oublier pour comprendre ce qui se passe depuis…

    En période de crise également « classique », sinon « normale », le crédit devient une anticipation nécessaire de la valeur à créer, et donc, aucun problème à faire tourner la « planche à billets », dans la mesure où le développement économique vient effectivement « absorber » en quelque sorte la valeur fictive ainsi provisoirement créée…

    Mais c’est bien là qu’il faut comprendre ce que signifie valeur d’échange…

    Cette valeur d’échange ne réside pas simplement dans le fait d’échanger des marchandises, même par le détour de l’argent, mais dans le fait d’échanger des produits du travail humain, du travail vivant.

    Dans cette forme de circulation du capital, le détour de l’argent n’abolit pas le fait que le travail des uns répond aux besoins des autres, en termes de reconstitution de la force de travail, et réciproquement, évidemment. C’est même ce qui permet la réalisation de la plus-value, in fine, et précisément en termes de valeur d’échange.

    Avec l’accélération de l’automatisation et de la robotisation (productivité du travail), la plus-value relative augmente, en proportion, par tête de prolétaire exploité, mais il arrive un stade où le retrait massif du travail vivant des lignes de production aboutit à ce résultat que la masse du capital en circulation au titre du renouvellement de la force de travail (masse salariale « productive ») se réduit dans des proportions considérables et ne constitue plus une valeur suffisante, précisément en termes de valeur d’échange, pour assurer l’élargissement du capital par le cycle production/consommation.

    En réalité, il n’y a plus de réalisation possible de la plus grande partie de la « plus-value relative » théoriquement produite. On peut donc dire qu’une partie de plus en plus grande de la production doit néanmoins toujours circuler, pour répondre aux besoins sociaux courants, sinon même, élémentaires, mais elle circule donc directement en temps que valeur d’usage, et non plus en temps que valeur d’échange. La réalisation « monétaire » si l’on peut dire, de cette valeur d’usage dans les circuits commerciaux, se trouve être en fin de compte autant de valeur qui est retirée au circuit de la valeur d’échange proprement dite, et d’autant plus si un « bénéfice » plus ou moins exponentiel est réalisé à la vente, par rapport au coût de production.

    Il y a possiblement des fortunes transitoires, sinon carrément éphémères, à réaliser au passage, mais tôt ou tard il faut bien remettre de l’argent dans le circuit pour compenser la part ainsi rendue manquante du capital circulant originellement au titre de la valeur d’échange réellement produite par le travail humain.

    Pour simplifier, il faut comprendre le cas d’une ligne de production entièrement automatisée : le prolétaire qui en achète les produits lui cède une part de la valeur qu’il a lui-même créée par son travail et qui est donc perdue en tant que valeur d’échange. Socialement, la machine n’échange rien avec lui, elle lui cède simplement, contre du travail vivant, une valeur d’usage qui est du travail « mort » accumulé, et qui cesse donc le cycle d’élargissement du capital.

    Paradoxalement, intuitivement, mais pourtant, à l’évidence, en réalité, la part de valeur d’échange ainsi perdue pour le cycle est d’autant plus grande que le propriétaire de la machine se sera octroyé une « marge » extensible au-delà du coût d’amortissement de la machine.

    Ce syndrome, très bien décrit par Marx dès ses Grundrisse, ne se manifeste de façon palpable qu’à un stade suffisamment avancé de développement de l’automatisation, et il devrait normalement permettre à l’humanité d’améliorer son sort à la fois en termes de satisfaction des besoins sociaux et d’augmentation du temps de vie libre hors du temps de travail.

    Il se trouve que, dû à certains décalages historiques, qui sont un sujet évidemment connexe, mais autre, si vous le permettez aujourd’hui et provisoirement, nous vivons donc actuellement cette problématique dans un système encore capitaliste, et avec les effets « pervers » que je viens de vous résumer.

    Les Banquiers Centraux qui nous gouvernent donc, en réalité, depuis 2008, ont profité de l’occasion « crise du covid »-« confinement, etc.. », pour balayer les dernières « résistances » du capitalisme financier « classique », désormais leur obligé, en termes de crédits et de dettes publiques et privée.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/04/5-mai-2020-retour-sur-une-tentative-avortee-de-contre-coup-detat-juridique-de-la-cour-constitutionnelle-de-karlsruhe-contre-la-bce/

    Avec le système du « roulement », une nouvelle dette venant « rembourser » une autre, et divers stratagèmes, genre les prêts à taux négatifs, les Banques Centrales recréent en permanence l’argent dont le système a besoin pour faire circuler la part de valeur d’usage de plus en plus grande qui remplace progressivement la valeur d’échange et la plus-value réelle, les « profits » devenant eux-mêmes de plus en plus fictifs, et même totalement, à long terme, et distribués, en quelques sorte, au bon vouloir des Banques Centrales, et selon les critères, politiques et autres, qui sont les leurs.

    Ce n’est donc même plus le pouvoir du créancier, qui espère un bénéfice plus ou moins abusif de son « usure », mais simplement le pouvoir de la dette, le pouvoir de décider qui « profite » illusoirement, d’un « roulement » à l’autre, et qui meurt, le plus souvent réellement, par contre ! Bien entendu, les Banquiers Centraux ont donc tout pouvoir de se ranger eux-mêmes du côté des « vivants », et même des « très bon vivants », tant qu’à faire… !

    - « Destruction créatrice », « Argent magique » des Banques Centrales, le « diable » est dans la valeur d’usage…

    Source : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/06/destruction-creatrice-argent-magique-des-banques-centrales-le-diable-est-dans-la-valeur-dusage/

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