• Euro boycott : réponses à objections

    Euro boycott : réponses à objectionsObjection (1) d'une camarade qui dit qu'elle est d'accord avec tout ce que je dis, mais qui voudrais savoir ce qui changerait si on ne votait pas :

    1 : Ce qui changerait si on ne votait pas, et si on faisait une vaste campagne pour le boycott, c'est qu'on transformerait le rejet passif de l'UE en rejet actif et conscient. De plus une campagne de boycott influencerait des électeurs qui pourraient voter FN parce que c'est la seule liste en apparence antieuro, et qu'elle est désignée ainsi par tous les médias ! Ainsi seul le boycott peut faire baisser le FN.

    Autre objection (2) : Il faudrait voter pour se battre contre l'Europe du capital dans ses institutions mêmes et donc voter pour la liste Tsipras du PGE. Et aussi, ce qui revient au même en définitive, les communistes ont toujours participé aux élections bourgeoises, alors pourquoi boycotter maintenant (3) alors pourquoi soudain ce "gauchisme", et en quoi la Vème république vaudrait-elle mieux que l'UE?

     

    NB : en bleu les objections, en noir les réponses de Gilles Questiau

    2 : D'abord ce qui caractérise une bonne stratégie politique c'est qu'elle n'est pas toujours la même : sinon pas la peine d'avoir de stratégie du tout, il suffit de répéter les mêmes mots d'ordres pendant toute sa vie.

    Il est impossible de "se battre" au sein d'une institution politique qui n'a pas de vrai pouvoir : sa seule fonction, c'est la fonction négative de tout parlement, celle de légitimer la dictature de fait de la bourgeoisie par le suffrage universel. Mais le parlement français conserve en théorie un pouvoir politique qui en fait une arène possible pour la lutte des classes. Par contre si on participe aux travaux du parlement de l'UE, il faut forcément exiger qu'il devienne un vrai parlement, pour par exemple qu'il ait autorité sur la BCE etc, donc faire de la politique à Strasbourg passe par l'adhésion pratique au fédéralisme. Demander l'Europe sociale, c'est demander que l'Europe ait le pouvoir de faire du social. On obtiendra qu'elle ait du pouvoir, ça oui, mais elle ne fera pas de social, ça non ! l'agitation du PGE ne servira qu'à renforcer la poids du capital, personnifié par l'UE, sur les nations et les peuples.

    3 : Et pourquoi ne pas voter maintenant, en 2014, spécialement ? Parce qu'il y a eu le vote de 2005 et la démocratie bafouée par le traité de Lisbonne qui a avalisé tout ce qui avait été refusé par le suffrage universel en 2005. Si nous continuons à voter après cela, ça signifie que nous n'accordons aucune importance à nos propres votes et que nous acceptons d'avance toutes les fraudes et tous les dénis de démocratie.

    Et les communistes qui utilisent des arguments moralisants qui font du suffrage universel un fétiche montrent par là qu'ils se contentent d'un rôle d'opposant platonique, pur faire valoir et alibi démocratique pour le capital. Il faut participer aux campagnes électorales, oui, mais pas forcément voter ; Jacques Duclos n'a pas eu ces pudeurs en 1969 quand il a appelé à l'abstention au deuxième tour.

    Les communistes grecs, tchèques ou portugais n'appelent pas au boycott (4) , pourtant ils sont opposés à l'UE tout autant que nous (4).

    4 : Certains partis eurocritiques, grecs, portugais (*) présentent des listes ; mais outre le fait que ces partis ne sont pas au PGE qui a fait allégeance à l'UE dans ses statuts en échange de subventions, on ne peut pas dire que l'envoi d'une poignée de députés à Strasbourg ait fait faire boule de neige à leur position. Elle semble au contraire avoir contribué à les paralyser au moment décisif.

    * Note du webmaster : Les PC grecs et portugais présentent des listes non pas pour peser sur les décisions de l'UE mais pour avoir les informations de premières mains qui aident le mouvement communiste et les travailleurs en général dans leur lutte conte cette UE capitaliste et impérialiste ! 

     

    Plus simplement, voter pour l'élection à l'UE c'est voter oui à l'UE, et au reste (euro, OTAN).

     

    Un collègue m'a vertement reproché (5) d'avoir diffusé le tract du CNR RUE parce qu'il comportait le mot "francophobe", qui serait selon lui un marqueur de l'extrême doite (au même titre que "racisme antiblanc").

    5 : Mais il se trouve que les francophobes, ça existe, il sufffit de se souvenir de la campagne antifrançaise déchainée par les médias anglosaxons en 2003 à cause du refus de la France de Chirac d'avaliser l'invasion de l'Irak. Quant aux rappeurs qui "niquent la France" on doit supposer sans doute avec paternalisme qu'ils ne savent pas ce qu'ils disent ou que c'est là l'expression paradoxale d'un grand amour meurtri.

    Enfin, en réaction sans doute au racisme autochtone, mais bien réel quand même, il existe un racisme antifrançais dans les quartiers ghettoisé, qui s'est d'ailleurs vu aussi dans les ratonnades contre les jeunes lycéens "gaulois" pendant le mouvement anti CPE en 2006. Ainsi les retraités de Vénissieux issus pour la plupart de la tribu autochtône ont ils pu découvrir un matin taggué sur leur local "à mort les porcs". C'est sans doute une performance artistique, et ils doivent manquer d'humour ou de culture pour s'en offusquer.

    Plus généralement, MEDEF et médias mainstream détestent la France de la révolution, des jacobins, de la Résistance et du CNR et trouvent des interprètes à gauche et chez les Verts. 

    Et il serait "réactionnaire" au plus haut point de vouloir défendre la souveraineté nationale comme condition de la démocratie (6).

    6 : S'il faut vraiment l'expliquer, un pays qui a perdu sa souveraineté s'appelle une colonie, et une colonie démocratique, ça n'existe pas. Mais ça c'est plutôt de l'ordre de la pure mauvaise foi, ou du "coming out" de néoconservateurs dans l'âme qui s'ignoraient jusque là, et ça ne mérite en réalité même pas de réponse.

    Dire que le boycott ferait baisser le FN serait "un mensonge absolu" (le contradicteur manque sans doute du vocabulaire nécessaire pour nuancer sa pensée) (7) parce que ce qui compte ce sont les suffrages exprimés et le nombre d'élus.

    7 : Nous ne prétendons pas faire baisser le pourcentage du FN par rapports aux suffrages exprimé mais son nombre de voix, et discréditer son résultat en plongeant l'élection européenne elle-même dans le discrédit en montrant son absence totale de représentativité et de légitimité. Et si campagne devenait un grand succès de masse, elle ferait même finalement baisser le pourcentage du FN, en dissuadant de voter son électorat flottant qui est attiré par un discours en apparence eurocritique, au bénéfice des partis euro bêlants dont le FDG. Quant aux députés du FN qui pourraient se retrouver à Strasbourg, chacun sait qu'ils ne seront que des plantes vertes rémunérées à 10 000 euros par mois.

    Bref, il ne faut pas voter pour le parlement de l'UE parce qu'ici et maintenant en France c'est la ligne juste.

    En tout cas, on peut dire au jugé des réactions hystériques qu'il provoque que contrairement à tout le reste de la campagne des élections européennes par tous les partis euroalignés, le mot d'ordre de boycott ne laisse pas indifférent.

     

    Gilles Questiau, 7 mai 2014

     

    PS : à voir aussi :Euro boycott : Intervention de Gilles Questiaux au meeting du 26 avril 2014

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