• - Faut-il avoir confiance dans la loi sur la « confiance » ?

    - Faut-il avoir confiance dans la loi sur la « confiance » ?Les réformes par ordonnances sur le code du travail ont mis au second plan une loi votée par l’assemblée nationale destinée à renforcer la « confiance dans la vie politique ».

     

    La fameuse promesse de « moraliser la vie politique » faite par à peu près tous les candidats aux élections présidentielles se traduit par un texte adopté le 9 août.

     

    Faut-il avoir confiance dans une loi dont ils n’ont pas envie de parler ?

     

     

    Cette loi n’a pas fait beaucoup de bruit. Pourtant elle aurait pu, quand on voit ce qu’a été l’élection présidentielle (le scandale Fillon surtout). Cette nouvelle loi est censée régler ce problème. Le problème, vous l’aurez bien compris, n’est pas que nos hommes politiques sont des pourritures. Le problème, c’est que les gens n’arrivent pas à avoir confiance en ces pourritures. Alors, comment faire croire au père noël à un peuple désabusé ? Eh bien, voyons ce que propose cette loi.

     

    La première partie du texte est censée punir les députés qui ne payent pas bien leurs impôts. On devrait se dire, super, les députés devront être irréprochables avant d’être élus. Non, en fait, pas de problème, les vérifications se feront « dans le mois suivant la date d’entrée en fonction », donc après l’élection ! Il ne faut pas trop brusquer les députés. D’abord, l’administration fiscale leur « transmet une attestation », et si ce n’est pas conforme, « le député est invité, dans un délai d’un mois à compter de la réception de cette invitation, à se mettre en conformité ou à contester cette appréciation ».

     

    Si jamais le député n’est toujours pas conforme au bout d’un mois, l’administration fiscale « transmet l’attestation au bureau de l’Assemblée nationale ». et les vérifications continuent. Ça rigole plus ! (Warf ! Warf !)

     

    Au bout de trois avertissements, une croix, au bout de trois croix, un blâme, et au bout de trois blâmes, au coin !

     

    C’est sur qu’il n’y a pas mieux que l’assemblée nationale, c’est à dire les députés eux-mêmes pour vérifier qu’il n’y a pas eu de fraude fiscale. En gros, c’est faites nous confiance, puisqu’on vous le dit !

     

    Bon, qu’est-ce qu’il arrive au pire ? « le bureau de l’Assemblée nationale saisit le Conseil constitutionnel qui peut, en fonction de la gravité du manquement, déclarer le député inéligible à toutes les élections pour une durée maximale de trois ans et démissionnaire d’office de son mandat par la même décision ». Donc en gros une assemblée de gens comme eux décide finalement au maximum d’une inéligibilité de trois ans au maximum (il faut bien qu’ils se représentent quand même !), et il peut être viré.

     

    On attend de voir… Car ce qui saute aux yeux, c’est que le texte confie aux députés la tâche de vérifier eux-mêmes leur conformité. Eh bien, avec un « contrôle » comme celui-là, on peut attendre longtemps qu’ils deviennent irréprochables.

     

    Et puis, pour ceux qui auraient eu le courage de lire ce texte jusqu’au bout, il est prévu qu’en fait, chaque député en infraction peut mettre « fin à cette situation dans un délai de trois mois ». Du passé, faisons table rase…

     

    Ensuite, le texte propose d’interdire aux députés « d’acquérir le contrôle d’une société, d’une entreprise ou d’un organisme dont l’activité consiste principalement dans la fourniture de prestations de conseil », du moment que ce n’est pas « dans les douze mois précédant le premier jour du mois de son entrée en fonction ». Qu’est-ce que ça change ? Les députés pourront toujours venir des milieux financiers (comme le président), c’est donc encore une mesure cosmétique. Comme si ça ne suffisait pas, tout cela ne entrera pas en application avant le 1er janvier 2019.

     

    Vient ensuite le tour des membres du conseil supérieur de la magistrature.

     

    Ce conseil est composé de gens élus par eux-mêmes pour garantir la prétendue « indépendance du pouvoir judiciaire » par rapport au pouvoir exécutif… Il faut qu’ils fassent eux aussi « une déclaration exhaustive, exacte et sincère de leur situation patrimoniale ». On compte sur leur sincérité !

     

    Et bien sûr, tout ça sera fait « dans les deux mois qui suivent l’installation dans leurs fonctions ». On vérifie après… soit l’inverse du bon sens qui voudrait qu’on vérifie avant.

     

    Une « transparence » bien opaque, confiée à une « haute autorité » composée des mêmes gens, du même milieu, qui vont se punir entre eux ? De qui se moque-t-on ? « La déclaration de situation patrimoniale ne peut pas être communiquée aux tiers ». Le « tiers », c’est à dire les gens normaux ! Il faut être transparent, mais pas trop.

     

    La confiance prend tout son sens : une confiance aveugle !

     

    La « haute autorité peut faire « des éventuelles observations et explications », et après des mois (trois mois par ci, trois mois par là), elle « transmet le dossier au parquet », c’est à dire au système judiciaire, des gens qui précisément sont censés être jugés par cette « haute autorité ». En gros, chacun est censé contrôle l’autre, tous les pourris sont censés se contrôler entre eux, et à chaque fois on rajoute une « autorité » encore plus « haute » faite des mêmes personnes, pour qu’elles se « contrôlent » elles-mêmes !

     

    Là ce n’est plus de la confiance, c’est de la foi !

     

    Pour régler le problème Fillon, une mesure est prise…

     

    « Il est interdit au président et aux autres membres du gouvernement de compter parmi les membres de leur cabinet : 1° Leur conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin ; 2° Leurs parents ou les parents de leur conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin ; 3° Leurs enfants ou les enfants de leur conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. La violation de cette interdiction emporte de plein droit la cessation du contrat. »

     

    Cela vaut aussi pour les présidents d’assemblée de province, et le texte parle beaucoup de la Polynésie… Soit, mais il n’est pas question ici des députés, or c’était ça l’affaire Fillon ! Ce texte est donc un énorme coup d’épée dans l’eau, puisque les députés ne sont pas concernés par toutes ces interdictions. Et c’est logique, on ne va pas leur demander de voter un texte qui irait contre leur intérêt !

     

    Mais à quoi sert donc l’assemblée nationale sinon à promouvoir l’intérêt de ses membres ? Où est la confiance dans la vie publique ? Le titre du texte de loi est en fait assez simple à interpréter. Il ne s’agit pas de créer les conditions d’une confiance, mais de continuer comme avant, et d’exiger la confiance des citoyens.

     

    Bref, ils se payent la tête du bon peuple. Il s’agit de libérer encore plus les députés de toute contrainte, sous couvert de « hautes autorités » et de pouvoirs « séparés » sortis de nulle part et censés se contrôler entre eux. Non seulement ce texte ne change rien, mais il aboutit exactement à l’inverse de ce qu’il promet.

     

    Marx écrivait déjà il y a bien longtemps que dans la « démocratie » bourgeoise, le peuple n’a que le droit de « décider une fois tous les trois ou six ans... quel membre de la classe dirigeante doit représenter et fouler aux pieds le peuple au Parlement. ».

     

    Le contrôle démocratique est la véritable question.

     

    Il y a bien des solutions possibles (mais qui bien sûr ne se mettront pas en place pacifiquement).

     

    - D’abord nous aurions moins de problèmes de fraude fiscale et de déclarations de patrimoine si les élus étaient des ouvriers.

    - Ensuite le contrôle n’est possible qu’avec un droit de révocation des élus à tout moment, par les électeurs. Un élu n’a pas à être indépendant.

    - Il faut également supprimer toutes les indemnités liées à la fonction d’élu.

     

    Bien sûr, il est aussi très important de donner le véritable pouvoir aux élus. « La force du capital est tout, la Bourse est tout ; le Parlement, les élections ne sont que des marionnettes, des fantoches… » écrivait Lénine. Eh bien cela doit changer.

     

    - Les assemblées doivent cesser d’être des moulins à parole mais décider et agir à la fois.

     

    Quant aux juges, ils doivent également être élus au suffrage universel, pourquoi s’éliraient-ils entre eux ?

     

    C’est une véritable refonte complète de la « démocratie » qu’il faut faire, et pas une petite réforme qui en fait ne change rien et se contente de faire croire que les « élites » se régulent elles-même. Non elles ne se régulent pas du tout : la seule chose à faire c’est de les jeter aux ordures et de gouverner nous-mêmes ! C’est la seule solution, car ceux qui gouvernent actuellement sont au service d’une minorité de parasites, qui ne partiront pas d’eux-mêmes.

     

    Lénine disait : « La confiance c’est bien, le contrôle c’est mieux ».

     

    Il est temps en effet d’arrêter de faire confiance en ces gens censés gouverner dans l’intérêt général. Les prolétaires doivent avoir confiance en eux, car personne ne défendra leur intérêt à leur place.

    « - Le capitalisme tue : l'impitoyable loi du marché !- C’est l’automne, les promenades peuvent reprendre... »
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