• - Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

    Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)Voici la traduction d'un article du (nouveau) Parti communiste italien "(n)PCI" publié dans son organe La Voce n°44 de juillet 2013.

    Nous publions avec grand plaisir l'article du camarade Folco R. qui illustre l'apport d'Antonio Gramsci à l'élaboration de la stratégie de Guerre Populaire Révolutionnaire (GPR) comme stratégie de la révolution socialiste dans les pays impérialistes.

    Avant toute chose parce que le mouvement communiste de notre pays a un besoin absolu d'affiner son analyse quant aux formes de la révolution socialiste. Plus notre lutte avance, plus se développe largement la guerre que nous avons commencée avec la fondation du Parti, plus la crise du capitalisme pousse les masses populaires à s'engager dans la Guerre populaire révolutionnaire comme en 1943-45 un nombre croissant de jeunes, d'ouvriers, de paysans et de femmes au foyer s'engagèrent dans la Résistance, de plus il est nécessaire que le Parti apprenne à traduire la conception générale de la GPR en initiatives concrètes : en campagnes, batailles et opérations jusqu'à la mobilisation des larges masses qui instaureront le socialisme en Italie et donneront ainsi leur contribution à la seconde vague révolutionnaire prolétarienne qui avance dans le monde entier.

    En second lieu, pour donner à Antonio Gramsci la place qu’il mérite pour son œuvre dans le mouvement communiste italien et international. Contre le travestissement de son œuvre par Togliatti et ses complices qui ont présenté Gramsci comme un précurseur de la voie pacifique au socialisme, soit concrètement de la renonciation à la révolution socialiste. Mais aussi contre l’usage anticommuniste que cherche à faire de Gramsci, depuis quelques années, la gauche bourgeoise : celle-ci le présente en Italie et dans le monde comme un opposant à la conception et à la ligne personnifiée par Staline, qui a guidé l’Internationale et le mouvement communiste jusqu’en 1956. Alors qu’en réalité, bien qu’enfermé dans les prisons fascistes, Gramsci a élaboré à la lumière des tâches de la révolution socialiste et de l’expérience du mouvement communiste la critique la plus exhaustive des conceptions de Trotsky et de celle de Boukharine, qui furent les principaux opposants à Staline quant à l’orientation à donner à la révolution en URSS et au niveau international et à la ligne avec laquelle la poursuivre.

    Ces deux motifs justifient amplement la publication de la contribution du camarade, bien que son étude de l’œuvre de Gramsci soit encore en cours, ce qui transparaît dans l’incertitude à indiquer les textes principaux utiles à l’assimilation des enseignements de Gramsci sur la GPR.

    La rédaction

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    Dans le n°43 de La Voce, Umberto C. écrit que Gramsci, “unique dirigeant communiste (...) à avoir réfléchi sur la forme de la révolution socialiste dans les pays impérialistes, (...) a élaboré (v. Carnets de Prison (CP) 7 (§ 16), 10 (I) (§ 9), 13 (§ 7) et autres) la théorie de la “guerre de position” que, en nous libérant du langage imposé par la censure de la prison fasciste, nous appellerions aujourd’hui guerre populaire révolutionnaire de longue durée.

    La Guerre Populaire Révolutionnaire de Longue Durée (GPR de LD) est la révolution socialiste qui se construit. La GPR de LD, comme conception, s’oppose à la conception du sens commun (c’est-à-dire des manières courantes de dire et de penser, fruits du rôle dominant du clergé et de la bourgeoisie) selon lesquelles la révolution socialiste éclaterait, c’est-à-dire serait une rébellion spontanée des masses populaires condamnées à des conditions intolérables. Le mouvement communiste à ses débuts (1848) a hérité de cette conception et a compris la révolution socialiste comme révolution qui éclate, à la manière des révolutions du passé. Mais cette conception se heurtait à l’expérience du mouvement communiste, qui allait en se développant. Les communistes se rendirent peu à peu compte de cette contradiction entre leur conception et la pratique de la révolution socialiste.

    Engels fut le premier à exposer de manière organique, en 1895, le concept que la révolution socialiste avait par sa nature même une forme différente des révolutions du passé, qu’elle n’éclate pas mais se construit. Mais les partis socialistes d’alors (réunis dans la 2ème Internationale) n’accueillirent pas sa découverte.

    Même parmi ceux qui se proclamaient marxistes, comme le Parti social-démocrate allemand, l’adhésion des dirigeants au marxisme était dogmatique, à des degrés divers.

    Le communisme, le socialisme et la révolution socialiste étaient des articles de foi, qui ne se traduisaient pas dans les lignes guidant l’activité courante des partis. Précisément pour cette raison, ceux-ci ne surent pas faire face à leurs tâches, comme cela fut théâtralement démontré par les évènements de 1914. Parmi les partis socialistes d’alors, seul celui de Lénine traduisit dans sa pratique la conception d’Engels. Mais il la traduisit sans faire de la conception d’Engels une arme dans la lutte contre le dogmatisme, l’opportunisme et l’économisme.

    Il construisit la révolution en Russie comme une GPR de LD, mais sans en avoir conscience (ce qui confirme que la pratique est en général plus riche que la théorie). De même, l’Internationale communiste et Staline conduisirent dans la première partie du siècle dernier, avec succès, la révolution socialiste au niveau international comme GPR de LD dont l’Union Soviétique était la base rouge mondiale, mais ils n’atteignirent pas la pleine conscience de ce qu’ils étaient en train de faire.

    Ceci laissa au sein de l’Internationale communiste le champ libre au dogmatisme, à l’opportunisme et à l’économisme qui apparurent au grand jour dans les années 1950. Mao Tse-tung fut le premier dirigeant de Parti à élaborer la conception de la GPR de LD comme stratégie de la révolution socialiste. Mao Tse-toung énonça cette conception comme stratégie de la révolution en Chine, la liant aux caractères spécifiques de la situation sociale et politique chinoise (Pourquoi en Chine peut exister le Pouvoir rouge ? - octobre 1928 en Œuvres de Mao Tse-toung, Editions Rapporti Sociali vol. 2, disponible sur le site du (n)PCI http://www.nuovopci.it/arcspip/article0c16.html).

    Par la suite, elle fut indiquée comme stratégie de la révolution pour tous les pays coloniaux, semi-coloniaux et néo-coloniaux où la masse de la population était encore formée de paysans. C’est seulement à partir des années 1960, que fut acquise la conception que la GPR de LD est la stratégieuniverselle de la révolution socialiste ; la stratégie que les communistes doivent suivre dans tous les pays pour l’emporter.

     

    1. La révolution prolétarienne dans la phase de l’impérialisme

    L’impérialisme est la dernière phase du capitalisme, mais aussi la dernière phase de la societé divisée en classes. Elle referme donc non seulement une période séculaire (celle du capitalisme), mais millénaire (celle de la division de l’humanité en classes d’opprimés et d’oppresseurs, d’exploités et d’exploiteurs). La révolution socialiste est donc différente de toutes les autres révolutions, dans le sens précis où les précédentes révolutions servaient à une classe pour conquérir le pouvoir dans une societé qui restait divisée en classes d’exploités et d’exploiteurs ; tandis que la révolution socialiste sert à la classe ouvrière à conquérir le pouvoir à la tête du reste des masses populaires, pour établir une societé qui pas après pas abolit la division en classes. La forme de la révolution est donc différente : ce n’est plus une insurrection qui éclate, au cours de laquelle une classe prend la tête de la révolte des masses populaires et s’en sert pour s’installer au poste de comandement comme nouvelle classe exploiteuse, mais c’est une révolution qui se construitpas à pas, bataille après bataille, campagne après campagne, comme une guerre au cours de laquelle les masses populaires se transforment, car en s’organisant dans le Parti communiste et les organisations de masse, elles commencent à acquérir le rôle de créatricesconscientes de l’histoire. La révolution socialiste commence donc d’abord par la conquête du pouvoir politique et en Italie elle est déjà en œuvre. C’est une révolution en cours, conquête de l’hégémonie comme extension et enracinement du Nouveau Pouvoir, initiée comme GPR de LD avec la fondation du nouveau Parti communiste italien, en novembre 2004.

    Le pouvoir, ce que Gramsci appelle hégémonie,dans la société Italienne comme dans toutes les sociétés modernes, est en dernière analyse la direction de l’activité pratique des masses populaires. La direction combine la conquête des cœurs et des esprits des masses populaires avec l’exercice de la coercition et avec l’organisation de la vie quotidienne dans tous ses aspects.

    2. L’essence de la Guerre Populaire Révolutionnaire de Longue Durée

    L’essence de la GPR de LD consiste en la constitution du Parti communiste comme centre du nouveau pouvoir populaire de la classe ouvrière ; en la mobilisation et l’agrégation croissante de toutes les forces révolutionnaires de la société autour du Parti communiste ; en l’élévation du niveau des forces révolutionnaires ; en leur utilisation selon un plan établi pour affaiblir le pouvoir de la bourgeoisie impérialiste et renforcer le nouveau pouvoir, jusqu’à renverser les rapports de force, éliminer l’État de la bourgeoisie impérialiste et instaurer l’État de la dictature du prolétariat.

    Gramsci décrit ces traits essentiels en parlant :

    1) du Parti comme Prince moderne,

    2) de forces révolutionnaires qui s’agrègent comme volonté collective nationale-populaire dont le Parti est en même temps l’organisateur et l’expression active et opérante,

    3) de l’élévation des forces révolutionnaires comme réforme intellectuelle et morale,

    4) de l’utilisation des forces révolutionnaires jusqu’à l’instauration de l’État socialiste, c’est-à-dire jusqu’à l’accomplissement d’une forme supérieure et totale (c-à-d. regardant tous les aspects de la société, ndr) de civilisation moderne.

    La GPR de LD commence avec la constitution du Parti communiste. Le Parti communiste se fonde sur la conception communiste du monde :“Dans la pratique nous avons besoin d’un Parti uni, discipliné, fort et sur le long terme un Parti révolutionnaire ne peut être uni et discipliné que si ses membres sont unis par une conception du monde (pour les mouvementistes cela s’appelle une secte, mais c’est une accusation à laquelle les communistes sont habitués) et s’il personnifie ce qui unit les ouvriers au delà des differences et des contradictions de catégories et de métiers, de culture, de nationalité, de sexe, de traditions, et les constitue comme nouvelle classe dirigeante des masse populaires : la conception communiste du monde.”

    La conception communiste du monde est l’idéologie qui pas après pas unifie les masses populaires en leur donnant un objectif commun. Gramsci parle de cela comme du Prince de Machiavel : c’est une conception vivante et concrète qui se matérialise dans la pratique, et non une abstraction dogmatique. C’est la forme la plus avancée de la pensée communiste.

    Machiavel désigne comme guide de la collectivité un individu, un condottiere, un Prince, capable de convaincre en parlant “aux cœurs et aux esprits” des masses populaires, c’est-à-dire par la science et l’art, avec le détachement du savant et la participation de l'artiste. [Cette idée de gagner ‘‘les cœurs et les esprits’’ a été depuis reprise, pendant la guerre de libération algérienne... par la doctrine FRANÇAISE de guerre contre-révolutionnaire, qui comme chacun(e) le sait a fait le tour du monde (Amérique du Sud etc.). Formulée autrement : Mao dit que les révolutionnaires doivent être dans les masses ‘‘comme des poissons dans l’eau’’, il faut doncvider l’eau. Encore une preuve que l’ennemi a souvent bien mieux compris la stratégie de la révolution que 90% des autoproclamés révolutionnaires !]

    Aujourd’hui, la direction des masses populaires ne peut plus être un individu, car le processus révolutionnaire n’est plus de substituer une classe dirigeante de ces masses à une autre, mais de conduire les masses à se transformer jusqu’à se diriger elles-mêmes. Le sujet qui dirige ce processus n’est donc plus un individu, mais un collectif, qui déjà en soi, justement parce que collectif, reflète l'exigence (la possibilité et, à certaines conditions, la capacité) que la collectivité se gouverne d’elle-même et expérimente en son sein la manière de le faire. Ce sujet collectif est le Parti communiste, et c’est avec sa constitution que la révolution commence sous la forme de GPR de LD.

    Là où le Parti communiste est absent ou là où il n’est pas encore assez fort pour pouvoir se mettre à la tête de la mobilisation des masses populaires, celle-ci suit d’autres dirigeants, qui peuvent être des groupes arriérés ou réactionnaires, ou des individus qui endossent le rôle de ‘tribun du peuple’ comme Beppe Grillo (ou Mélenchon).

    Celui qui critique les masses populaires parce qu’elles suivent Grillo est un analphabète politique ou un inepte qui se refuse à analyser ses propres limites, qui ne se demande pas à cause desquelles de ses limites les masses populaires suivent Grillo, et pas lui ou son groupe. Il se consolera avec l’idée fausse que les masses populaires sont arriérées, en raisonnant de la même manière que la bourgeoisie impérialiste, c’est-à-dire en partageant le mépris de la bourgeoisie pour les masses populaires.

    Le Parti que décrit Gramsci est aujourd’hui le nouveau PCI avec sa caravane, c’est-à-dire avec les forces qui partagent son parcours en terre encore inexplorée, vers une destination concrète et rationnelle certes, mais d’une concrétude et d’une rationnalité non encore verifiée et critiquée par une expérience historique effective et universellement connue. La caravane du nouveau PCI fait la révolution dans un pays impérialiste, entreprise nouvelle pour le mouvement communiste international, et expérimente une méthode nouvelle dans un pays impérialiste, la GPR de LD. Nous ne pouvons donc compter sur des expériences précedentes effectives, qui auraient été efficaces. Nous n’avons pas d’exemples à apporter à ceux hésitent ou doutent.

    Celui qui continue a hésiter, à garder des réserves, à regarder avec scepticisme la passion qui nous anime, ne peut de toute façon rester tel qu’il est, car l’avancée de la crise lui impose de se transformer. Quand la maison brûle il faut sortir, dit Bouddha dans le poème de Brecht.

    Si nous ne pouvons amener à un résultat certain, car personne n’a encore fait ce que nous faisons aujourd’hui, nous sommes cependant animés par la passion de celui qui découvre des terres nouvelles et construit quelque chose de nouveau, par la conscience qui nous sommes en train de réaliser “le rêve d’une chose” que le monde possède depuis longtemps : l’abolition de la division des êtres humains en classes d’exploités et classes d’exploiteurs.

     

    3. La révolution se construit

    Selon le sens commun, la révolution socialiste éclate : c’est donc un évènement limité dans le temps, une insurrection, une révolte, un soulèvement populaire spontané, comme dit précédemment. Cette conception s’est sedimentée dans le sens commun car les révolutions jusqu’à un certain moment de l’histoire se sont toujours manifestées, du côté des masses populaires, comme des insurrections, comme des explosions spontanées dues à la maturation de conditions qui rendaient impossible la perpétuation des conditions existantes.

    Mais dans le sens commun, au concept de la “révolution qui éclate” fait face le concept opposé, celui de “faire la révolution”. Dans le premier cas, les masses populaires s’insurgent face à une situation devenue intolérable. Leur mouvement est donc un mouvement passif : un mouvement que les masses effectuent mues non pas par une transformation internes à elles-mêmes, mais par des facteurs externes déterminés par l’action des autres classes, comme un corps en mouvement parce qu’impulsé par un autre.

    Dans le second cas, les masses populaires font (cad construisent) la révolution: c’est un mouvement actif. L’activité requiert une conscience: idéation, programmation, examen en cours d’œuvre, bilan, détermination ; en somme, implication de nos facultés intellectuels et morales au plus haut niveau, car la révolution signifie découvrir des choses nouvelles et inventer, et parce que la classe adverse utilise tous les moyens, infamies et cruautés pour maintenir son propre pouvoir.

    Les deux manières d’entendre la révolution se distinguent comme opposés, car le premier conduit la révolution socialiste à la défaite, tandis que le second la conduit à la victoire.

    La première manière fonctionne effectivement et depuis des millénaires, dans les sociétés divisées en classes ; mais cesse de fonctionner à un moment donné de l’histoire, précisément lorsque sont mûres les conditions pour l’abolition de la division en classes, c’est-à-dire en Europe au milieu du XIXe siècle. À ce moment-là naît le sujet qui dirige l’abolition des classes : le mouvement communiste conscient et organisé (avec ses Partis, ses syndicats et autres organisations de masse). La publication du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, en 1848, en est “l’acte de naissance”. Le mouvement communiste conscient et organisé commence àfaire la révolution, et ne l’emporte, que lorsque plus ou moins consciemment il construit la révolution, et lorsqu’il ne le fait pas, il apprend à ses dépens que la révolution, désormais, n’est plus quelque chose qui éclate.

    Le tournant est d’importance historique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un changement social va être pensé par les masses populaires qui le mettent en œuvre, et non déterminé par des causes externes à elles. La conscience (la raison et la volonté) des êtres humains, leur conception du monde, assume un rôle sans précedent. Nous pouvons, et donc devons, réaliser l’antique rêve de construire une société et une civilisation par des méthodes rationnelles, et il appartient à la classe ouvrière de diriger ce processus.

     

    Cette conception du monde a parmi ses fondements la conscience que la révolution se développe (se fait) à la manière dont se fait (se promeut et se conduit) une guerre, et aujourd’hui la conscience qu’il s’agit d’une GPR de LD, expérimentée dans les pays opprimés et semi-coloniaux de manière consciente par le Parti communiste chinois. Sur la base de l’expérience de la révolution socialiste en Europe au début du XXe siècle, Gramsci explique que cette stratégie vaut également pour les pays impérialistes, donc également pour l’Italie.

    4. La lutte de classe est une guerre

    Gramsci décrit la lutte de classe comme une guerre. Il dit que le passage de la guerre de manœuvre (et de l’attaque frontale) à la guerre de position advient aussi dans le domaine politique et critique Trotsky qui, d’une manière ou d’une autre, peut être retenu comme le théoricien politique de l’attaque frontale dans une période où celle-ci mène uniquement à la défaite.

     

    Par guerre de manœuvre ou de mouvement, Gramsci entend celle qui considère l’attaque comme une opération rapide et conclusive, comme une insurrection populaire dont le Parti communiste prend la tête. C’est une guerre destinée à la défaite face à un ennemi qui de son côté conduit une guerre planifiée, avec tous les instruments politiques et militaires dont il dispose en grande quantité.

    À partir du moment, au milieu du XIXe siècle, où sont mûres en Europe les conditions pour l’abolition des classes, la bourgeoisie met en place des instruments politiques et militaires pour empêcher que ceci advienne. Dans les régimes de contre-révolution préventive prévalent les instruments politiques [cad les instruments d’encadrement pseudo-démocratique et/ou social et, surtout, d’aliénation INTELLECTUELLE, culturelle et morale des masses par l’idéologie dominante du Grand Capital : ce que Gramsci appelle la société civile ; par opposition à la société politico-militaire qui est prosaïquement ‘‘la mitraille pour la canaille’’, l’appareil RÉPRESSIF d’État, les méthodes de gouvernement qui prévalaient encore en 1871 lors de l’écrasement des Communes.

    L’on peut dire que c’est entre cette répression et le début du 20e siècle (‘Belle Époque’) que s’est mise en place en Hexagone, notamment avec l’école de Jules Ferry, cette société civile. Cette prévalence de la société civile est la marque d’un capitalisme monopoliste ou en tout cas très développé].

    Plus la crise avance et s’effritent les piliers des régimes de contre-révolution préventive, plus la lutte de classe manifeste ouvertement son caractère de guerre de classe (et plus l’inconsistance du mouvementisme devient évidente).

    Ici, dit Gramsci, l’on passe à la guerre de siège, éreintante, difficile, demandant des qualités exceptionnelles de patience et d’esprit inventif. Laguerre de siège, ou guerre de position est la GPR de LD contre la bourgeoisie impérialiste, et le Parti communiste qui la conduit doit avoir patience, fermeté stratégique face aux attaques de l’ennemi et capacité à combattre pour tout le temps nécessaire, et esprit inventif, flexibilité tactique et capacité d’innovation nécessaire pour qui s’aventure en terrain inexploré, comme c’est le cas de la caravane du nouveau PCI.

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