• - Je ne suis pas Abdoullakh Abouyezidovitch… mais je ne suis pas non plus Samuel Paty !

    Par le camarade VG (Avec un commentaire de Recocom en fin)

    Le vendredi 16 octobre 2020, après la fin des classes, le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty était assassiné pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet par un jeune homme âgé de 20 ans habitant à Evreux, réputé « sans souci » et ne présentant à priori « pas de signe avant-coureur de radicalisation ».

    Nous vivons à l’évidence une époque d’extrême indigence et d’extrême détresse : indigence de la culture et de la pensée si caractéristiques de la « société de consommation » occidentale et détresse morale induite par la précarité matérielle croissante de couches toujours plus vastes des classes populaires !

    Personne ne devrait d’abord avoir à craindre pour sa vie pour avoir seulement exprimé des idées, c’est un fait, et de ce point de vue, l’assassinat de Samuel Paty est injustifiable et impardonnable.


    La peine de mort ne devrait être prononcée et exécutée que publiquement par un corps social dans le cadre de crimes particulièrement graves représentant une atteinte à l’intégrité physique de la société et de ses membres (homicide volontaire, viol, trafic de drogue, corruption).

    Ce ne devrait jamais être à un individu de se faire justice lui-même, même en ce qui concerne les pires crapules œuvrant en ce bas monde, à l’instar du Président Macron qui, bien que théoriquement censé défendre les intérêts fondamentaux du peuple de France, est en fait complètement soumis aux intérêts du grand Capital [Et de la finance mondialiste Banco-centraliste. Ndlr] auquel il est étroitement lié et auquel il sacrifie le présent et l’avenir des masses populaires sans le moindre état d’âme, comme en témoigne la gestion déjà proprement scandaleuse de la seconde vague de la pandémie de COVID-19…


    « Il faut sauver le soldat Ryan ! » « On a sacrifié le troufion Paty »…


    Nous ne sommes d’abord à l’évidence pas Abdoullakh Abouyezidovitch.

    Descendant d’un émigré d’origine tchétchène déchu de sa nationalité russe accueilli à bras ouvert en tant que réfugié par l’impérialisme français qui a longtemps soutenu les opposants à la Russie de Vladimir Poutine « par principe », quels qu’ils soient, … fussent-ils salafistes !

    Abdoullakh Abouyezidovitch est d’abord arrivé en France à l’âge de 6 ans, et à l’évidence, ce n’est pas la Russie qui a donc constitué le microcosme dans lequel s’est construite sa personnalité, mais bel et bien la « terre promise » que constitue la « patrie des droits de l’Homme » !...

     

    Si rien ne peut justifier l’assassinat du professeur de collège, certaines réalités n’en expliquent pas moins comment un jeune homme d’origine immigrée a pu en arriver à ce point :

    La société française est d’abord, depuis les années 1970, confrontée à un chômage de masse structurel, qui s’est accompagné d’une intégration déclinante des couches populaires d’origine immigrée qui se sont repliées de manière croissante vers le communautarisme ethnique et surtout religieux, car victimes d’une ségrégation économique et spatiale : elles ont fournit la main d’œuvre des métiers les plus pénibles « traditionnellement » boudés par les français « de souche », représentent également le contingent principal des chômeurs victimes de discrimination à l’embauche et ont dans le même temps été parquées dans les ghettos défavorisés malfamés bordant les grandes métropoles françaises…

    En bref, ces couches ont été les premières victimes de la panne de « l’ascenseur social » français, qui les a laissé bloquées au sous-sol au cours des dernières décennies…


    Les salafistes d’aujourd’hui sont les enfants ou les petits frères d’enfants d’émigrés qui, malgré leur bagage de diplômes, ont échoué à s’insérer dans la vie active et se sont habitués à vivre des revenus du RSA et des trafics en tout genre. Les salafistes d’aujourd’hui ont, par leur propre expérience, vu leurs ainés condamnés au chômage de longue durée, être victimes de discrimination à l’embauche et au logement, et constaté que l’ascenseur social était irrémédiablement en panne et les condamnait à vivre en marge des zones périphériques des grandes métropoles des pays impérialistes dominants… Leurs petits frères et leurs enfants ne croient donc plus au mythe de la « démocratie » bourgeoise…

    Nous avions déjà souligné ces faits en 2006 dans notre texte intitulé "Insécurité, discriminations, immigration et racisme".

    Face à cette réalité, les autorités françaises n’ont évidemment pas combattu cette fracture croissante traversant nombre de métropoles impérialistes occidentales en remédiant au problème matériel (de l’oppression économique et du chômage de masse endémique) qui est à sa base, mais en renforçant, des décennies durant, les tendances au repli communautariste sous couvert de pseudo-intégration et en laissant même pénétrer profondément les revendications confessionnelles au sein de l’école publique, pourtant censée être laïque… Leur responsabilité est donc totale, autant sur le plan matériel qu’idéologique.

    S’il n’avait d’ailleurs pas été assassiné, le professeur Samuel Paty aurait été inquiété par sa propre hiérarchie, traditionnellement couarde et favorable au communautarisme et dont le laxisme des dernières décennies a conduit à la banqueroute contemporaine décrite dans ces termes par le professeur Fatiha Agag-Boudjahlat :
    « Plus vous vous adaptez aux exigences des religieux, plus vous les confortez dans leur orthodoxie, et leurs exigences se multiplient. [...] Seule la fermeté paie avec ces gens-là. Nous sommes face à des exigences exorbitantes qui se banalisent ».


    Et aujourd’hui que la profonde crise contemporaine ravive les tensions interconfessionnelles, avec à la clef des actes proprement barbares, ces même politiciens viennent se poser en défenseurs de la laïcité bourgeoise à laquelle ils avaient eux-mêmes pourtant renoncé de longue date, à l’instar de pompiers pyromanes qui prétendraient vouloir éteindre l’incendie qu’ils ont eux-mêmes allumé…


    Dans nombre de pays impérialistes d’Occident, l’islam est la religion dominante des couches populaires les plus défavorisées et les plus en souffrance. En faire la cible principale et exclusive de la laïcité, quand dans le même temps la petite bourgeoisie nationaliste proclame les « valeurs chrétiennes » de la civilisation occidentale, c’est s’engager sur le dangereux chemin de l’exacerbation des rivalités populaires interconfessionnelles et interethniques, et donc semer les graines d’une future et sanglante Guerre civile circonscrite aux classes sociales pauvres et modestes au sein desquelles elle sèmera la mort et le chaos, alors que dans le même temps, elle épargnera les classes possédantes…


    Cette guerre moderne se transpose également à l’échelle internationale entre les pays impérialistes d’occident longtemps dominants et adeptes de la méthode coloniale, et les pays impérialistes émergents et bourgeois dépendants, comme en témoigne notamment les passes d’armes récentes entre la France et la Turquie ainsi que les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays à dominante musulmane…


    En 1931, alors que la racisme submergeait le monde bourgeois laminé par la crise économique, Joseph Staline décrivait « le chauvinisme national et racial » en général, et l’antisémitisme en particulier, comme « une survivance des mœurs misanthropiques propres à la période du cannibalisme » qu’il définissait comme « un danger pour les travailleurs, car c'est une fausse route qui les égare hors du droit chemin et les conduit dans la jungle » et dont il concluait qu’il profitait en définitive « aux exploiteurs, comme paratonnerre pour que le capitalisme échappe aux coups des travailleurs ». Deux décennies plus tard, quand les marxistes-léninistes soviétiques se lancèrent dans une vaste campagne idéologique dénonçant les éléments sionistes-bourgeois pro-américains, la presse bourgeoise d’Occident accusa Staline d’antisémitisme…


    Il est essentiel, quand on prétend aujourd’hui vouloir critiquer la religion et si l’on ne souhaite pas souffler sur les braises déjà ardentes du communautarisme qui préfigurent de futurs pogroms antimusulmans et exactions inter-ethniques, de ne pas critiquer exclusivement l’islam, mais bel et bien la religion en général.

    Pour lire cet article en entier (10 pages), téléchargez le PDF ci-dessous :

    Télécharger « Je_ne_suis_pas_Abdoullakh_Abouyezidovitch_mais_je_ne_suis_pas_non_plus_Samuel_Paty.pdf »

     

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    Commentaire de Recocom :

    (Pour comprendre ce commentaire, il faut d'abord avoir lu l'intégralité de l'article contenu dans le PDF à télécharger ci-dessus) :

    Il est vrai que la plupart des religions mono-théistes ou poly-théistes sont idéalistes, en particulier les 2 religions chrétiennes (catholicisme et protestantisme), le judaïsme, etc. Pour eux les phénomènes matériels ne sont qu'une illusion créé par Dieu et l'on doit se détacher de tout ce qui est matériel pour garder sa pureté. Ce que les faits démentent : voir le nombre de responsables des églises chrétiennes ou juives qui s’enrichissaient sur le dos des pauvres et soutenaient les pouvoirs... Et les défaisaient si besoin ! L'hindouisme de son côté est poly-théiste et considère aussi ce monde comme une illusion.

    Le bouddhisme n'est pas une religion, mais une voie spirituelle avec un idéalisme très fort, puisque pour le Bouddha tout n'est qu'illusion, une fabrication de notre esprit, car dans le bouddhisme, il n'y a pas de Dieu. Nous sommes tous des Bouddhas en devenir, égarés dans le Samsara (Le monde des illusions).

    Il en va différemment de l'Islam. La religion musulmane reconnait l'aspect matériel des phénomènes. C'est Allah qui a créé l'univers, la vie, la terre, donc la matière, etc. Et cette vie n'est pas une illusion. Le Coran est un guide pour vivre en paix et en harmonie avec les autres sur terre et ainsi gagner le Paradis.

    Par ailleurs l'Islam n'a jamais rejeté la science, contrairement au christianisme où l'on brûlait pour sorcellerie ceux et celles qui avaient des connaissances médicinales, des plantes, de la chirurgie, etc.

    Tout au long de son histoire l'Islam a eu de très grands scientifiques fournissant d'excellentes avancées dans différents domaines. La médecine prophétique, certes basée sur les enseignements du prophète, mais aussi sur l'approche scientifique et empirique, est une des meilleures au monde.

    De même pour le Taoïsme, bien qu'il y aie dans cette religion plusieurs divinités, le monde est bien réel. La grande connaissance des prêtres taoïstes des éléments naturels et des énergies étaient basée sur l'expérimentation, l'observation, l'intelligence... Bref, la méthode scientifique. Toute la médecine traditionnelle chinoise vient du Taoïsme et est une des meilleures au monde (Qu'il s'agisse de l'acupuncture ou des soins à partir de plantes, de minéraux ou d'animaux ainsi que la diététique qui était très poussée).

    Mettre toutes les religions dans le même sac ce n'est pas reconnaitre leurs différences fondamentales.



    Par ailleurs, même le christianisme qui était au départ opposé à la science, a évolué : beaucoup de grands scientifiques actuels sont chrétiens.

    Quant aux musulmans ou aux taoïstes ils ont toujours eu une approche scientifique que ce soit pour la médecine, l'architecture, l'alimentation...

    Donc autant je conçois la lutte contre l'idéalisme, la croyance en un ou des Dieux, indispensable (mais d'une façon intelligente et pas anticlérical de base qui ne mène à rien) autant je trouve peu efficace de lutter contre les religions sans distinction.

    Je pense par ailleurs que ce sont les progrès même du socialisme (aspect social et éducatif en particulier) qui progressivement renforceront l'esprit scientifique du peuple et détruiront les pensées idéalistes.

    Autre chose : actuellement, la situation du Marxisme-Léninisme est tellement faible, en particulier en France, que cette question est loin des préoccupations actuelles des gens.

    Lutter contre tous les terrorismes, et en particulier celui des États capitalistes-impérialistes et le banco-centralisme en cours de fascisation, me semble plus urgent !

    Tout comme lutter contre toutes les mesures anti-sociales, liberticides, la destruction de l'économie du pays, etc. Et apporter des solutions concrètes à l'exploitation et l'esclavage salarié...

     

    Pour cela, l'union des prolétaires à la base et au niveau organisationnel (le futur PCMLF) est indispensable et urgent. Sans distinction de couleur de peau, de religion, de sexe, d'âge... Tout ce qui divise est secondaire et doit être banni ! Et seule la formation au marxisme-Léninisme est indispensable et primordiale. Le reste est secondaire !

    Mais ce n'est que mon humble avis...

    Recocom

     

    Commentaire du camarade VG :

    Le christianisme s'est effectivement adapté à notre époque moderne, mais comme Jacques Monod, je pense qu' "un scientifique qui croit en Dieu est un schizophrène." 
     

    En ce qui concerne la taoïsme, il semble éloigné des religions monothéistes sur la forme, mais n'en contient pas moins une base idéaliste (immortalité de l'âme), et s'il s'est effectivement pas dressé contre le développement des sciences comme le christianisme à une époque, il n'en pêche pas moins une forme de passivité et de soumission... (le taoïsme a perdu de sa vigueur en Chine, par rapport à l'Inde où c'est sa variante "dure", le bouddhisme, qui domine, et pour beaucoup de chinois, c'est plus une philosophie qu'une religion...

     

    Lutter contre la religion doit commencer sous le capitalisme (car celui-ci s'en servira pour monter les travailleurs les uns contre les autres - ce qui arrive d'ailleurs aujourd'hui), mais ne pourra effectivement s'achever que sous le socialisme.
    Si la religion chrétienne majoritaire est effectivement relativement indifférente à beaucoup de français, il faut montrer que son socle idéaliste ne diffère guère de celui d'une autre religion moderne, dénoncée déjà en son temps par Marx, celle de la démocratie bourgeoise et de ses soi-disant libertés...
    C'est ce que j'ai essayé de faire...

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