• - L'évolution actuelle du capitalisme déjà prédite par Marx dans ses Grundisse (MAJ 10-04-2021)

    L’accumulation de connaissances et de compétences, les forces productives générales du cerveau social, sont absorbés en capital vis à vis du travail et apparaissent donc comme une propriété du capital, et caractéristique du capital fixe !

    - L'évolution actuelle du capitalisme déjà prédit par Marx dans ses Grundisse

     

     

    En relisant, à l’occasion d’un post en réponse, un fragment des Grundrisse que j’ai retraduit du texte allemand, directement, pour le camarade René Sansa, je tombe sur cette phrase, dont je réalise que j’avais largement sous-estimé la portée :

    « L’accumulation de connaissances et de compétences, les forces productives générales du cerveau social, sont ainsi absorbés en capital vis à vis du travail et apparaissent donc comme une propriété du capital, et caractéristique du capital fixe, dans la mesure où il entre dans le processus de production comme un moyen réel de production. »

    Ce qui est donc, en fait, exactement la réponse nécessaire de Marx aux objections du camarade Vincent Gouysse, et d’autres, qui rejettent mon « interprétation » selon laquelle le travail intellectuel est, pour l’essentiel, objectivé dans le capital fixe, et donc logiquement « non productif », en termes de plus-value réelle et directe, mais bien seulement productif de valeur d’usage, via le capital fixe dans lequel il est objectivé.

    Et d’autant plus, si replacé dans son contexte, qui justifie donc, ici et maintenant, cette republication.

     

     

    Cette phrase montre, si nécessaire, que mon approche du problème est donc bien tout à fait littérale, d’un point de vue marxiste, en fin de compte, et non pas une « interprétation » avec même le plus léger degré d’éloignement qui soit…

    Ce que j’ai illustré par la « parabole du travail mort », en quelque sorte, dans cet article :

    http://mai68.org/spip2/spip.php?article7752

     

    Pour ne pas le comprendre, il faut donc être particulièrement borné, ou bien, délibérément, vouloir rester dans le déni de réalité.

    L’expansion du capital fixe mène inexorablement au resurgissement de la valeur d’usage dans la circulation des marchandises, comme reproduction du capital fixe, et donc bien comme base économique du banco-centralisme, à défaut de socialisme !

    Marx a donc bien en réalité on ne peut mieux défini la base économique du banco-centralisme, même s’il supposait simplement, et assez logiquement, au regard du niveau de conscience sociale de son époque, que cette extension « finale » du capital fixe se produirait plutôt déjà sous la phase de transition socialiste, première phase du communisme, et ne poserait donc pas de problèmes économiques et sociaux tels que nous les connaissons actuellement, sous couvert de « crise sanitaire » et de répression terroriste d’État « pandémique ».

    Luniterre

    MARX, GRUNDISSE, EXTRAIT :

    SOURCES :

    EXTRAIT PAGES 594-597

    https://marxwirklichstudieren.files.wordpress.com/2012/11/mew_band42.pdf

    EXTRAIT IDEM PAGES 611-615

    http://dhcm.inkrit.org/wp-content/data/mew42.pdf

    [ Traduction TML ]

    « L’augmentation du pouvoir de productivité du travail et la plus grande négation du travail nécessaire, c’est la tendance nécessaire du capital, comme nous l’avons vu. La réalisation de cette tendance est la transformation du moyen de travail en machinerie.

    Le travail objectivé dans la machinerie entre en opposition matériellement contre le travail vivant comme puissance dominante et comme subsomption active entre eux, non seulement par l’appropriation du même, mais dans le processus de production réel lui-même ; non seulement par l’appropriation elle-même, mais dans le processus de production réel lui-même ; le rapport du capital en tant qu’activité de valorisation qu’il s’est approprié est dans le capital fixe, qui existe en tant que machinerie, en même temps que fixé en tant que rapport entre valeur d’usage du capital et valeur d’usage de la capacité de travail ; la valeur objectivée dans les machines apparaît également comme une condition préalable, alors que le pouvoir d’exploitation de la capacité de travail individuelle disparaît en infiniment petit ; à travers la production en masses énormes, qui est établie avec la machinerie, tout rapport au besoin immédiat du producteur et donc à la valeur d’usage immédiate disparaît du produit ; disparaît également du produit toute relation avec le besoin direct du producteur et donc avec la valeur d’usage direct ; dans la forme sous laquelle le produit est fabriqué et dans les proportions dans lesquelles il est produit, il est déjà établi qu’il n’est produit que comme porteur de valeur et sa valeur d’usage uniquement comme préalable à cela.

    Le travail objectivé apparaît dans la machine elle-même directement non seulement sous la forme du produit ou du produit utilisé comme moyen de travail, mais de la force productive elle-même. Le développement du moyen de travail en machinerie n’est pas accidentel pour le capital, mais est la transformation historique des moyens de travail traditionnellement dépassés telle que de manière adéquate au capital transformé. L’accumulation de connaissances et de compétences, les forces productives générales du cerveau social, sont ainsi absorbés en capital vis à vis du travail et apparaissent donc comme une propriété du capital, et caractéristique du capital fixe, dans la mesure où il entre dans le processus de production comme un moyen réel de production.

    La machinerie apparaît donc comme la forme la plus adéquate du capital fixe et le capital fixe, dans la mesure où le capital est considéré dans sa relation à lui-même, comme la forme la plus absolument adéquate du capital. D’autre part, dans la mesure où le capital fixe est fixé dans son existence comme une valeur d’usage déterminée, il ne correspond pas à la notion de capital, qui comme valeur est indifférent à toute forme particulière de valeur d’usage et peut assumer ou abandonner chacune d’entre elles comme une incarnation indifférente. Selon cet aspect, selon la relation du capital au monde extérieur, le capital circulant apparaît comme la forme adéquate du capital face au capital fixe.

    Dans la mesure où la machinerie se développe également avec l’accumulation des sciences sociales, et la force productive par dessus tout, ce n’est pas dans le travailleur, mais dans le capital, que le travail social général se constitue. La force productive de la société est mesurée par le capital fixe, existe en lui sous une forme concrète, et inversement la force productive du capital se développe avec ce progrès général, que le capital s’approprie gratuitement.

    Il ne s’agit pas ici d’entrer dans le développement de la machinerie en détail, mais seulement en direction du coté général ; dans la mesure où dans le capital fixe le moyen de travail, en ce qui concerne son côté matériel, perd sa forme directe et confronte matériellement le travailleur comme capital. Le savoir apparaît dans la machine comme étranger, en dehors de lui, et le travail vivant subsumé sous l’objectivation de son action indépendante. Le travailleur apparaît comme superflu, tant que son action n’est pas conditionnée par les besoins [du capital].

    Le plein développement du capital n’a donc lieu – ou le capital n’a encore fixé le mode de production qui lui correspond – que lorsque le moyen de travail est non seulement formellement déterminé comme capital fixe, mais est supprimé dans sa forme directe et que le capital fixe apparaît comme machinerie dans le processus de production en face du travail ; l’ensemble du processus de production, cependant, n’est pas subsumé par le savoir-faire direct du travailleur, mais comme une application technologique de la science. D’où la tendance du capital à donner à la production un caractère scientifique et à réduire le travail direct à un simple moment de ce processus.

    Comme pour la transformation de la valeur en capital, l’approche du développement du capital montre que, d’une part, il suppose un certain développement historique donné des forces productives – et parmi ces forces productives aussi la science – et que d’autre part il les fait avancer et les renforce.

    La mesure quantitative, dans laquelle, et l’efficacité (intensité), dans laquelle le capital en tant que capital fixe est développé, indiquent donc le degré auquel le capital en tant que capital, en tant que pouvoir sur le travail vivant, est développé et s’est soumis le processus de production en premier lieu.

    D’autre part, il exprime l’accumulation des forces productives objectivées et du travail objectivé. Mais si le capital dans les machines et les autres formes matérielles d’existence du capital fixe, comme les chemins de fer, etc. (sur lequel nous reviendrons plus tard) se donne seulement sa forme adéquate comme valeur d’usage dans le processus de production, cela ne signifie pas du tout que cette valeur d’usage – la machinerie en soi – soit du capital ou que son existence en tant que machine soit identique à son existence en tant que capital ; aussi peu que l’or a cessé d’avoir sa valeur d’usage comme or dès qu’il n’était plus argent.

    La machinerie ne perd pas sa valeur d’usage une fois qu’elle cesse d’être du capital. Du fait que la machinerie est la forme la plus appropriée de la valeur d’usage du capital fixe, il ne s’ensuit pas du tout que la subsomption sous le rapport social du capital soit le rapport social de production le plus approprié et le meilleur pour l’utilisation de la machine.

    Dans la même mesure où le temps de travail – le simple quantum de travail – est posé par le capital comme seul élément déterminant la valeur, dans la même mesure disparaît le travail direct et sa quantité comme principe déterminant de la production – la création de valeurs d’usage – et il est réduit à la fois quantitativement à une proportion moindre et qualitativement comme moment certes indispensable, mais subalterne contre le travail scientifique général, l’application technologique des sciences naturelles d’une part, tout comme contre la force productive générale résultant de la division sociale dans la production totale – qui apparaît comme le don naturel du travail social (bien que produit historique). Le capital travaille donc ainsi à sa propre dissolution comme forme dominante de la production.

    Si, d’une part, la transformation du processus de production d’un simple processus de travail en un processus scientifique qui soumet les forces de la nature à son service et leur permet ainsi d’agir au service des besoins humains apparaît comme une caractéristique du capital fixe par rapport au travail vivant ; si le travail individuel en tant que tel cesse d’apparaître comme productif, mais ne l’est que dans le travail commun subordonnant les forces de la nature, et que cette élévation du travail direct en travail social apparaît comme une réduction à l’impuissance du travail individuel face à la communauté concentrée représentée dans le capital, ainsi donc, d’autre part, le maintien du travail dans une branche de production par la coexistence du travail dans une autre apparaît comme une caractéristique du capital circulant.

    Dans la petite circulation, le capital avance au travailleur le salaire, qu’il échange contre des produits nécessaires à sa consommation. L’argent reçu par lui n’a ce pouvoir que si le travail est fait simultanément ; et ce n’est que si le capital s’approprie son travail qu’il peut lui donner son droit en argent sur le travail d’autrui [NDTML : son salaire].

    Cet échange de son propre travail avec celui des autres n’apparaît pas ici donné et conditionné par la coexistence simultanée du travail des autres, mais par l’avance que le capital fait. Il apparaît comme une caractéristique de la partie du capital circulant qui est cédée au travailleur, et du capital circulant en général, que le travailleur peut réaliser le métabolisme nécessaire à sa consommation pendant la production. Il n’apparait pas comme le métabolisme de la force de travail simultanée, mais comme le métabolisme du capital ; c’est en conséquence que le capital circulant existe.

    Ainsi, toutes les forces de travail sont transposées en forces du capital ; dans le capital fixe, la force productive du travail (qui est définie hors de lui et existe comme indépendamment (substantiellement) de celui-ci) ; et dans le capital circulant, d’une part, du fait que le travailleur lui-même ait assumé les conditions de la répétition de son travail, d’autre part que l’échange de son travail par le travail coexistant d’un autre est posé, il apparaît donc que le capital lui fait les avances et, d’autre part, nécessite la simultanéité des branches du travail. (Ces deux dernières modalités font donc réellement partie de l’accumulation.) Le capital agit comme intermédiaire entre les différents travailleurs sous la forme du capital circulant. »

    ***********************************

    En PS et en réponse à l’observation de la camarade Arlette :

    Bonjour, camarade !

    A priori, ce qui est évident, là dedans, c’est le génie visionnaire, en termes d’analyse économique, de Marx !

    En effet, Marx écrit donc ces lignes des Grundrisse en 1857-58, le Livre 1 du Capital en 1867, la CPG en 1875, et il meurt en 1883, alors que la plupart des « inventions » qui fondent le monde moderne n’ont encore pas connu d’applications pratiques en termes d’usage domestique et/ou industriel : l’ampoule électrique, le téléphone (sauf balbutiant, c’est le cas de le dire, aux USA), le phonographe, le moteur électrique, le moteur à essence, l’automobile… Sans même parler de l’aviation, de l’exploration spatiale, de l’informatique, etc…

    Il tire donc toutes ses conclusions de la simple observation de l’industrie mue par la machine à vapeur, c’est-à-dire, le plus souvent, une seule par usine, transmettant sa force à l’ensemble des machines par des systèmes de poulies et d’engrenages… Secondée, néanmoins, par les brillants débuts du chemin de fer, véritable réseau sanguin de ce monde industriel primitif ! …Et déjà en combinaison « mondiale » avec le rôle important de la marine à vapeur.

    Et 164 ans après, alors que nous avons des usines quasi-entièrement robotisées sous les yeux, plus tout ce qui ne fonctionne que grâce au réseau du net autour, nous serions incapables de comprendre cette évolution ???

    J’ai récemment trouvé des dossiers d’études économiques faites pour le compte des Banques Centrales qui prouvent que les données concernant la productivité, du travail, notamment, sont étudiées depuis 1890 !!!

    Et les graphes qui les accompagnent montrent nettement la tendance inexorable qui sépare donc la croissance économique réelle de la dite productivité, en termes de valeur ajoutée par le travail, et aboutit inexorablement à une « stagnation séculaire » qui a potentiellement commencé dès le début du XXIe siècle, en fait, et dont les deux « crises », de 2007-2008 2019-2021 ne sont que les symptômes caractéristiques qui leur permettent d’ajuster leurs politiques monétaires au mieux de la survie du système, en pilotant la dette mondiale, qui est leur seul levier de pouvoir encore possible, et pour le pouvoir de classe de la bourgeoisie, en général.

    La survie du capital financier n’étant plus qu’une prébende accordée à ceux qui sont les meilleurs larbins des banquiers centraux… ! Que ce soit en Occident ou en Chine. Le Japon, lui, est archi banco-centralisé, depuis longtemps, déjà !

    Ce qui contraint également le petit et moyen capital des secteurs et des régions encore relativement arriérées à rentrer également dans cette dépendance, sauf quelques rares cas, comme la Russie, l’Iran, et quelques autres, des alliés de ces deux pays, le plus souvent, mais que le système banco-centraliste et impérialiste mondialisé s’efforce de réduire drastiquement…

    Bref, une analyse d’évidence, de nos jours, accessible à toute personne dotée d’un paquet de neurones suffisant pour décrocher le Brevet des Collèges (…c’est le dernier « diplôme » scolaire que je me souviens d’avoir obtenu…) et d’un abonnement internet lui permettant de se documenter !

    Pas besoin d’avoir fait HEC, Centrale ou Polytechnique, ni même, fréquenté la Rue d’Ulm…

    Il suffit d’ouvrir les yeux, sans préjugés, sur le monde réel.

    Sans préjugés, c’est ce qui est le plus difficile, pour le « gauchiste » moyen, pseudo « marxiste » ou non, et/ou, encore pire, « chef » dans sa chapelle…

    Bien à vous,

    Amicalement,

    Luniterre

     

    PS : deux articles bien documentés, et même, assez savoureux, sur les débuts de l’automobile…

    https://www.lemonde.fr/m-voiture/article/2016/07/08/tricycle-mercedes-la-premiere-voiture-du-monde_4966163_4497789.html

    https://www.poleposition.ca/actualite/2019/12/22/22-decembre-production-de-la-premiere-voiture-mercedes/

     

    URL de cet article >> http://mai68.org/spip2/spip.php?article8384

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    D’une Chapelle pseudo-"marxiste", le bréviaire, le chapelet et sa perle : brève exégèse...

    Un "courageux anonyme" a récemment tenté de s’en prendre à notre analyse de l’évolution banco-centraliste du système de domination de classe en stigmatisant un éventuel "oubli"des tensions inter-impérialistes :

    "…la classe dominante, est seulement apparemment d’accord au niveau international mais les conflits inter-impérialistes demeurent et s’aiguisent même de plus en plus au fil de la crise . Ils s’aiguisent car la baisse tendancielle du taux de profit devient insupportable et seule la guerre pourra y remédier temporairement car , elle seule , permettra la destruction des forces productives anciennes et leur reconstruction avec un niveau d’exploitation plus élevé … L’épisode actuel n’y remédiera en rien et s’il devait durer , l’Humanité s’enfoncerait dans la barbarie et s’acheminerait vers sa fin , issue que le marxisme n’a jamais écarté …" - http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

     

    C’est le type même de discours du gars qui récite son bréviaire de chapelle sur la baisse tendancielle du taux de profit, sans être capable d’ouvrir les yeux sur le monde réel d’aujourd’hui, où ce cap est déjà dépassé par le système, via la compensation en profits fictifs assurés par le roulement de la dette et la création monétaire suffisante pour la garantir, gérée et contrôlée par les Banques Centrales.

     

    Dans le monde actuel, le pouvoir de contrôler les économies modernes est concentré entre les cinq principales Banques Centrales : FED, PBoC, BCE, BoE, BoJ. Chacune a sa zone d’influence et sa zone monétaire, mais les cinq sont interdépendantes, malgré les contradictions inter-impérialistes subsistantes, parce que les politiques monétaires « modernes », depuis 2008, ne sont possibles que de façon coordonnées, en réalité.

    Même le cours du Yuan et du Dollar restent nécessairement liés et indexés l’un à l’autre, dans une fourchette nécessairement très étroite, (+ ou — 2% du « cours pivot »), sans quoi les variations « spontanées » du change entraineraient ces deux géants dans un krach en quelques jours, tout comme un relèvement un tant soit peu « inattendu » des taux directeurs FED et BCE, entrainerait l’ensemble de l’économie occidentale à la faillite.

    Depuis le début de ce siècle, et surtout depuis 2008, l’ensemble de l’économie mondiale repose sur le fragile équilibre des politiques monétaires, que personne n’a intérêt à rompre, ce qui est une relative garantie face à l’éventualité d’un conflit planétaire, dont personne ne tirerait avantage.

    Les seuls « francs tireurs », si l’on peut dire, dans ce monde, sont, paradoxalement, mais logiquement, en fait, les nations qui ont précisément été mises « au ban des nations » pour les diverses raisons historiques et politiques, comme la Russie et l’Iran, et qui se sont donc trouvées obligée de survivre en relative autarcie, et de façon la plus endogène possible, sinon, en termes de développement économique.

    Ils sont donc « francs tireurs » en termes de résistance nationale et de protection de leurs zones d’influences respectives, nécessaires à leur survie comme nations indépendantes, mais ils n’ont évidemment pas davantage intérêt à des confrontations armées systématiques, contrairement à ce que prétendent les impérialistes.

    Il s’agit essentiellement d’une stratégie de défense coordonnée, qui implique parfois des actions vitales de contre-offensives nécessaires.

    Mais entre les pôles financiers impérialistes et ces quelques nations bourgeoises encore indépendantes, demeure donc toujours, sur le plan économique, une différence d’échelle tellement considérable que l’on peut réellement parler, dans leur cas, de survivances de bourgeoisies nationales. Idem pour le Bélarus, comme autre exemple. La RPDC, Cuba, sont dans ce type de situation, également. Dans ce cas, les pays les plus petits ou affaiblis économiquement sont donc constamment pris dans les influences contradictoires, avec le plus souvent beaucoup de difficultés à résister, comme le Venezuela, la Syrie, etc…

    Le système à donc bien effectivement désormais un problème avec la population improductive surnuméraire, mais la solution guerrière n’est pas l’option majeure, au delà de conflits d’importance régionale néanmoins considérable. La solution est manifestement le tristement fameux "tittytainment"(*), principe de maintien et de soumission dans l’oisiveté de cette masse. C’est le prototype de cette situation qui est constitué par l’expérience du confinement massif. Bien évidemment, cela n’exclut pas forcément des solutions de " régulation " plus drastiques, dont l’obligation de vaccination pourrait également être le prototype.

    Voilà donc sur le point des tensions inter-impérialistes encore subsistantes.

     

    Mais de plus, dans le chapelet du récitant de ce bréviaire de chapelle pseudo-« marxiste » (…laquelle, au fait ?), il y a une de ces perles qui est bien le signe caractéristique de l’ignorance et de la bêtise crasse de la « gauche » française (et/ou francophone) actuelle :

    « …seule la guerre pourra y remédier temporairement car, elle seule, permettra la destruction des forces productives anciennes et leur reconstruction avec un niveau d’exploitation plus élevé… »

    En réalité, du point de vue de l’analyse historique, c’est déjà une contre-vérité si flagrante que l’on reste tout d’abord sans voix devant la capacité de ce genre de prêcheur à se complaire dans ses propres proclamations messianiques de bazar…

    En effet, si le constat d’évidence est bien que les guerres ont jusqu’ici permis au système de se débarrasser des forces productives obsolètes pour généraliser les techniques les plus modernes, non seulement il ne va pas de soi que cela a renforcé à chaque fois le degré d’exploitation du prolétariat, mais c’est même le contraire qui s’est le plus souvent produit, comme le montre suffisamment l’exemple type des « 30 Glorieuses », aux lendemains de la 2e GM.

    La rationalisation productive du temps de travail ne va pas forcément avec un recul du capital investi dans la masse salariale, comme le montre l’exemple de l’instauration et de la généralisation du taylorisme sur la ligne de production de la Ford T, en 1914, qui voit les salaires plus que doubler.

    Au contraire, donc, dans les périodes de nouvelle expansion du capital productif, le capitaliste perçoit très bien l’intérêt de maintenir une part élevée du capital circulant dans la masse salariale, afin précisément d’assurer la rotation complète et le développement du cycle production-consommation. Ce qui prouve, du reste, que les bourgeois avisés ont toujours lu attentivement Marx, contrairement à la plupart des pseudos-« marxistes », et qu’ils en ont tiré les conséquences pratiques utiles pour leur bizness, dès le début du XXe siècle. Dès lors, il n’y a aucune raison de supposer qu’ils soient devenus des andouilles complètes depuis, et, hélas, la suite de l’histoire le confirme…

    Ce principe de circulation du capital exige donc une relative entente tacite, sinon explicite, entre monopoles des diverses branches d’activité et un frein relativement « naturel » à la concurrence, qui se trouve du fait de l’endogénéité, également relative, des bassins de développement économique, dans les premières phases de la mondialisation, entre deux guerres et encore, dans les premières décennies suivant la seconde.

    Mais ce consensus a commencé à réellement voler en éclats avec le premier « choc pétrolier » et la nouvelle « compradorisation » de la Chine maoïste, au début des années 70. C’est également à cette époque que l’industrie occidentale, et même japonaise, atteint son pic de productivité maximum. Dès lors, la tertiairisation de l’économie devient la roue de secours de la circulation du capital par le biais de la masse salariale, tout en rencontrant assez vite ses limites.

    La « financiarisation » exacerbée de l’économie impérialiste permet néanmoins à ce système d’atteindre son apogée à la fin du XXe siècle, avec le passage progressif de la Chine par tous les stades « classiques » plus ou moins entremêlés, d’une économie néo-comprador à une économie financière en soi et pour soi, de type potentiellement impérialiste.

    Mais dans sa lancée le développement chinois avance aussi l’ère de l’automatisation et de la robotisation à grande échelle des forces productives, celle qui voit s’amorcer une décorrélation entre temps de travail et valeur d’usage produite, qui n’est de plus en plus que la seule et simple reproduction de la valeur d’usage du capital fixe. Syndrome que Marx avait déjà parfaitement analysé et décrit, dans ses Grundrisse, dès 1857, en observant simplement le développement de l’industrie primitive, entièrement et encore exclusivement mue par la machine à vapeur.

    Sur les dernières décennies, depuis la fin du XXe siècle, les analystes au service du système ont largement eu le temps d’étudier toutes ces questions et il est donc parfaitement présomptueux, et même, carrément idiot, de supposer qu’ils soient donc aujourd’hui moins « réactifs » que leurs prédécesseurs aux mutations inexorables de leur propre système et qu’ils n’aient pas déjà agit en conséquence, non pour un pseudo-« modèle » de conservatisme psycho-rigide, voué à la ruine à brève échéance, mais bien pour faire évoluer formes et processus fondamentaux de leur système de domination de classe, en fonction de toutes les données observables et de la dynamique intrinsèque qui s’en dégage.

    C’est à l’évidence ce qui peut se comprendre avec l’analyse des politiques monétaires menées depuis 2008 et de leurs incidences sur la survie du capital financier et l’évolution de sa corrélation avec le développement du cycle du capital fixe.

    Cycle qui ne peut continuer à se développer que par un endettement systémique entièrement sous le contrôle des Banques Centrales, impliquant, à terme, leur mainmise directe sur l’ensemble de la production de valeurs d’usage, monopolisant ainsi tout usage matériel de la vie, ce qui ne peut aller sans le monopole correspondant de ce qui reste de conscience humaine.

    Luniterre

     

    URL de cet article : http://mai68.org/spip2/spip.php?article8455

     

     

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    LIRE AUSSI :

    - “Le Crime du Garagiste” – Le Casse Banco-centraliste !

    >> http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/le-crime-du-garagiste-le-casse-banco-centraliste-maj-27-02-2021-a207028454

     

    Et aussi :

    Marx a-t-il réellement prévu la fin du capitalisme et/ou l’émergence du banco-centralisme ??? >> http://mai68.org/spip2/spip.php?article8375

     

    Et aussi :

    - Marx, observateur et analyste des forces productives de l’industrie primitive et de ses conséquences encore actuelles ! (...Ultime tentative pour ne pas désespérer les fantômes de Billancourt...?) >> http://mai68.org/spip2/spip.php?article8464

    - Les « Grundisse » de Karl Marx - Sur l’automatisation et la robotisation, par Recocom >> http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/les-grundisse-de-karl-marx-sur-l-automatisation-et-la-robotisation-par-a194262154

     

    NDLR : Ne pas comprendre cette évolution, comme le prouvent les textes du PRCF, du PCOF ou encore du PCRF, et malheureusement ceux du camarade Vincent, c'est se condamner à de graves erreurs et surtout à condamner les exploités à la vraie "FIN de L'HISTOIRE"...

     

     

    « - Lutte des classes ou lutte des genres, il va falloir choisir ! (MAJ 09/04/2021)- Message de la camarade Berthe Poggiale Avidor à la camarade Danielle Bleitrach (MAJ 13-04-2021) »
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