• - LE CAPITALISME NE PEUT PAS ETRE ÉCOLOGIQUE ET VICE VERSA

    - LE CAPITALISME NE PEUT PAS ETRE ÉCOLOGIQUE ET VIS VERSAEchange entre le camarade DAVID et le camarade Luniterre.

    "Le capitalisme est productiviste par nature :


    Pour réaliser sa plus-value et faire fructifier son capital, le capitaliste doit vendre ses marchandises à tout prix (tout en exploitant la force de travail, force de travail qui est capable de produire plus quelle ne coûte, car le profit vient de la différence entre la valeur de la force de travail pour un temps donné (le salaire) et celles des biens quelle permet de produire dans ce même temps).


    Pris dans la compétition inter-capitaliste, pour remporter les marchés, le capitaliste n'a d'autre choix que de gagner en compétitivité, c'est-à-dire à dire produire toujours plus de marchandises avec toujours moins de travail vivant.


    L’obligation de faire du profit conduit à inventer des besoins sans véritable
    justification (politique de l’offre). En revanche des besoins réels ne sont pas satisfait s’ils ne donnent pas lieu à des profits jugés suffisants. Ainsi peut advenir une conjugaison paradoxale de gaspillage et de manque.


    Cela conduit à des flux de matière et d'énergie toujours croissants (mais aussi à du chômage, à l'épuisement des travailleurs, entres autres choses ...)

     

    Le mode de production capitaliste est par conséquent incompatible avec l'écologie ....
    La consommation d'énergie (pétrole, gaz, charbon ...) et de matières (mines,
    écosystèmes ...), est un symptôme du mode de production capitaliste.
    Vouloir s’attaquer au gaspillage de matière et d'énergie, sans vouloir s'attaquer au
    capitalisme, c'est s'attaquer à un symptôme et non à une cause ...
    La question essentielle est celle de la finalité de la production, que ce soit celle des
    biens ou des services.


    C'est donc aussi la question de la finalité du travail.


    Et donc de qui décide de ces finalités... (on laisse faire le marché ? La main invisible ?
    Ou bien « nous » (i.e. l’ensemble de la société) décidons démocratiquement de nos
    véritables besoins sociaux ?).


    La production répond-t-elle à un besoin social réel et vital, ou même secondaire ? Ou
    bien répond-t-elle seulement à une volonté d'accumuler des bénéfices pour
    l'entreprise, indépendamment de l'utilité sociale réelle ?


    Si l'on prend l'exemple de la voiture, on voit bien qu'elle peut tout de même avoir
    une utilité sociale réelle, sans pour autant nécessiter tout le marketing fait autour,
    avec une surpuissance tout à fait inutile et des effets de mode pour pousser le
    consommateur à renouveler son achat aussi souvent que possible, etc... Alors qu'une
    voiture économique et solide rendrait le même service durant de nombreuses
    années, sans polluer davantage et notamment pas par le gaspillage de matières
    premières lié au renouvellement du parc, etc...


    Ce qui compte, c'est donc bien d'abord la définition des besoins sociaux réels. (cad de
    faire en sorte que les valeurs d'usages priment à nouveaux sur les valeurs
    d'échanges ...)


    Et cela, dans tous les domaines, tant en production de biens qu'en termes de
    services.


    Lorsque l'ensemble des besoins essentiels sont aussi bien définis que possible, la
    production doit donc être organisée, planifiée en fonction.
    Il devient donc possible de répartir, partager le travail entre tous les travailleurs qui
    redeviennent donc de véritables producteurs, et non plus de simples salariés-consommateurs.


    Ils produisent alors collectivement selon leurs besoins et ceux de leurs familles, y
    incluant ceux qui ne sont pas en situation de pouvoir travailler, retraités, enfants,
    handicapés, malades, etc...


    L'argent ne sert plus, dans ce cas, que d'unité de compte pour répartir cette
    production selon les besoins réels de chacun.


    Le travail étant partagé, il n'y a plus de problème de chômage.
    La valeur créée par le travail redevient directement une véritable valeur d'usage
    social, qui est en même temps la valeur d'échange entre producteurs.
    La valeur d'échange ainsi établie ne varie plus en fonction de la loi du marché, de la
    société de consommation, du marketing, etc...


    Il n'y a donc plus de place pour l'accumulation du capital, plus de place pour le
    capitaliste.


    La question fondamentale est d'établir le plan reflétant de la manière la plus
    démocratique possible l'ensemble des besoins sociaux essentiels.


    En résumé, tant que les rapports sociaux qui concernent la production, resteront
    ceux du capitalisme (cad la propriété lucrative, le marché de l’emploi, le marché des
    biens et services, l’investissement via le crédit, etc etc...), il sera « difficile » de faire
    des choix énergétiques allant dans le sens de l’écologie ….


    Les conditions sociales de la production, sont primordiales pour décider de ce qui
    doit être produit, et comment et pourquoi etc.


    C’est du pouvoir de décider du comment organiser l’organisation de la production,
    qui est la condition première de la prise de responsabilité dans la production et donc
    de pouvoir choisir nos énergies."
    Voila, voila ...


    j'ai aussi plagié dans ce texte Henri Pena-Ruiz "Karl Marx, penseur de l'écologie" au
    seuil 2018.
    Amicalement
    David

    Effectivement, tu sembles avoir compris une partie essentielle qui échappe à
    beaucoup de gens, mais tu fais, tout aussi effectivement, un gros contresens pour le
    reste... Le fonctionnement de la sécu représente bien, dans une certaine mesure, une
    re-socialisation de la valeur-travail, et donc illustre effectivement le concept de valeur
    sociale du travail.


    Par contre, je viens d'entreprendre la lecture de:
    "Caisses d’investissement et monnaie"
    http://www.reseau-salariat.info/319aa12c81782b4386716c260b4a8ea0.pdf?
    revision=1511870663&lang=fr


    S'il fallait une attestation du fait que le "système friot" reste basé sur l'économie de
    marché, en voilà donc une de plus...


    En effet, il s'agit ni plus ni moins que d'un principe de banque mutualiste, tel qu'il en
    existe déjà, CA, CM, etc... Et qui sont tout à fait intégrées à l'économie de marché, du
    reste. Ici, la nuance serait dans les conditions du financement, plus "avantageuses"
    pour les entreprises, en fait. Pourquoi pas, mais ce n'est qu'une autre forme de
    capitalisme, en fait, où ces banques mutualistes auraient un relatif contrôle sur le
    financement des entreprises, mais cela ne mettrait aucun frein réel à la dynamique
    de marché et de concurrence dans lequel évolueraient les entreprises, même si
    toutes logées à la même enseigne, question financement.


    Friot se défend de vouloir recréer une planification par ce bias: il a raison, il n'y en a
    pas, en réalité. Économie de marché (...et donc capitaliste) ou économie socialiste, et
    donc planifiée, il faut choisir.


    Une planification démocratique, qui était difficilement réalisable dans les conditions
    d'encerclement où se trouvait l'URSS (..."merci l'Occident"), est désormais beaucoup
    plus facilement réalisable, avec les moyens technologiques et informatiques
    modernes:
    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-etplanification-
    socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/


    Mais néanmoins, elle repose précisément sur la valeur sociale du travail, et non sur la
    création de monnaie, fut elle "démocratique"... Du point de vue de la loi de la valeur,
    c'est le travail, la valeur-travail, qui est le déterminant de la monnaie, et non l'inverse.
    Autrement dit, la question du "financement", évidemment sans intérêts, est
    uniquement une question de comptabilité du plan, et non un déterminant. La masse
    monétaire reflétant la réalité globale du plan et le "crédit" étant en quelque sorte le
    versant prévisionnel du compte.


    Ce qui est à gérer de manière démocratique, c'est la définition des besoins sociaux
    les plus urgents et l'affectation des ressources et des forces productives
    correspondantes, y incluant le partage du travail. La gestion comptable du plan est la
    gestion de cette répartition.


    Dans la phase de transition, il peut évidemment subsister un secteur marchand de
    micro-entreprises, pour les secteurs économiques non essentiels, et une banque
    mutualiste peut évidemment leur être utile, mais il n'y a là rien de vraiment
    révolutionnaire. Une amélioration du principe reste évidemment possible, et même,
    souhaitable.


    Dans le système friot il y a surabondance de fonctions nécessitant une bureaucratie,
    et pas de planification réelle. Cela ressemble terriblement à l'URSS des dernières
    décennies, celles qui l'ont mené à l'échec. Le système friot, tout comme l'URSS de ces
    époques, est en fait une économie de marché isolationniste. Un "marché dans le
    marché", c'est à dire un "sous-marché" dans tous les sens du terme, et donc
    gravement handicapé dans son environnement.


    Alors qu'une économie socialiste a sa propre dynamique, tout à fait inverse de celle
    du marché, ce qui fait sa force et sa résistance, même si cela implique une interface
    "commerce extérieur" qui doit être prise en compte dans le plan, avec, précisément,
    des limites impératives qui n'altèrent pas son équilibre, et peuvent même le
    renforcer, à mon avis.


    En espérant que tu arrives à creuser davantage toutes ces notions et que tu arrives à
    te sortir de ce piège "friotiste"... Il y a, dans l'article "Caisses d’investissement et
    monnaie" diverses autre erreurs assez grossières, mais je n'ai pas le temps, en ce
    moment, pour ce genre de polémique, qui ne perd rien pour attendre...!
    Amicalement,


    Luniterre

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  • Commentaires

    1
    Mario Labbé
    Mardi 1er Janvier à 21:44
    Mario Labbé
    La nécessaire transition écologique pour la sauvegarde de l’espèce humaine sur la planète peut-elle être liée à la transformation révolutionnaire de la société capitaliste ?

    Pour ma part, je dirais que la transformation de notre mode de production et de consommation passe forcément par l’abolition de la propriété privée des moyens de production. Comment cela peut-il se faire ? Pour transformer la propriété privée en une propriété collective du mode de production, nous devons forcément passer par l’état dans un premier temps. La propriété des moyens de production appartenant à l’état, donc à la collectivité, la gestion des entreprises se fait, elle, par les travailleurs et travailleuses eux-mêmes qui s’élisent leur gestionnaire dans un conseil ouvrier. C’est ainsi que la collectivité s’approprie la propriété de l’ensemble de la production et que nous n’aurons plus besoin de la surconsommation ni de la surexploitation puisque nous ne produirons plus que ce que nous avons besoin pour vivre, non pas dans l’intérêt du capitaliste ni pour son profit personnel. Nous pourrons ainsi réduire la surproduction et la surconsommation, qui sont la cause première des GES, et nous pourrons également procéder à la transition écologique puisque nous ne produirons plus au-delà de ce que nous avons socialement besoin puisqu’il n’y aura plus d’intérêt à le faire étant donné que plus personne, voire aucun individu, ne pourra accumuler de profit ni de capital qui appartiendra à l’état.

    - M.L.

    « Une résolution viable et efficace de la crise écologique et climatique passera nécessairement par une transformation radicale de nos sociétés et de nos modes de production et de consommation. Si l’économie de marché pourra continuer à fonctionner dans plusieurs secteurs, à côté de l’économie coopérative qui devrait également jouer un rôle prédominant, tous les biens communs de l’humanité et les secteurs stratégiques (eau, énergie, crédit, éducation, santé, transports, etc.) doivent être mis sous contrôle citoyen et gérés prioritairement en fonction de la sauvegarde des écosystèmes et la justice sociale. Cela s’appelle le socialisme.

    Dans tous les cas, le profit, la croissance économique, la concurrence, la compétition, l’égoïsme et la propriété privée des grands moyens de production ne peuvent plus constituer les piliers de nos sociétés humaines. Cela s’appelle une révolution. »
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