• - Le castrisme est-il ou non une forme d’anti-impérialisme ? par TML

    Suivi de "Cuba, Castrisme, Socialisme, Anti-impérialisme, de quoi parle-t-on ?"

    - Le castrisme  est-il ou non  une forme  d’anti-impérialisme?Le mouvement de masse en faveur de la mémoire de Fidel Castro en impose tellement que les médias ne peuvent que rabaisser leur arrogance réactionnaire habituelle au service de l’impérialisme.

    Dans la foulée, tout ce que la « gauche » compte d’opportunisme petit-bourgeois semble s’enflammer d’un réveil de nostalgie « révolutionnaire » et y va de sa larmichette pseudo-humaniste « populaire »…

    Cela n’empêche pas quelques esprits chagrins de continuer à dénigrer tout héritage progressiste au castrisme en prétendant en faire une critique « de gauche »…

    Et de lui nier, par voie de conséquence, toute fonction « anti-impérialiste »…

    Alors qu’à l’évidence, l’unité largement majoritaire exprimée très librement par le peuple cubain est un pied de nez massif aussi bien à l’Oncle Sam relooké en Trump-père fouettard, qu’au reste de l’occident, voire à certains « grands alliés » qui seraient tenté de le considérer comme un peuple mineur, sinon un vassal ou une simple « utilité » diplomatique aux portes de l’Empire…

     

    En un sens, une telle manifestation est l’expression d’un front uni maintenu contre toute tentative de néo-colonisation de la nation cubaine.

    Pour autant, considérée d’un point de vue marxiste-léniniste, c’est bien la question de sa nature de classe, qui se pose, et de son avenir politique, en fonction.

    - Le castrisme  est-il ou non  une forme  d’anti-impérialisme ? par TML

    Au départ, la Révolution Cubaine est essentiellement une lutte de libération nationale, une lutte anti-impérialiste, tant la dépendance du dictateur Batista à la maffia US et à la CIA est avérée.

    ( https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_Cuba_sous_Batista )

    En même temps, il est clair que c’est aussi une révolte populaire contre ce capitalisme maffieux et colonialiste à la fois.

    Sortir le peuple cubain d’une misère noire et d’une soumission particulièrement humiliante et dégradante, c’est déjà l’œuvre majeure, à la base du castrisme.

    Non content de ce résultat, il a œuvré à soutenir la plupart des autres mouvements de libération à travers le monde, et réussi à élever le niveau de vie moyen à Cuba bien au dessus de la plupart des pays d’Amérique Latine, et même encore après avoir à relever son économie brutalement ravagée par l’effondrement de l’URSS.

    Tout cela n’a certainement pas été sans quelques errements et erreurs diverses, mais il ne s’agit pas ici d’un bilan historique approfondi, qui reste à faire…

    Non, il s’agit simplement, par contre, d’un constat brut qui souligne que tout cela n’a pu être effectué sans une large unité populaire, incluant évidemment le prolétariat et la classe ouvrière, même si faible numériquement.

    Le fait que cette unité se soit incarnée dans le parti communiste n’est pas, pour autant, la garantie que le prolétariat y a forcément et constamment joué le rôle dirigeant.

    Il est clair qu’une fraction progressiste de la bourgeoisie nationale, dont Fidel Castro est lui-même issu, y a constamment joué un rôle important, sinon essentiel.

    Avec la « nouvelle économie », développée pour survivre à l’effondrement de l’URSS, il est clair que diverses nouvelles formes de capitalisme ont retrouvé une place importante dans l’économie cubaine.

    Pour autant, peut-on parler de « NEP tropicale », comme certains peuvent être tentés? Et notamment par analogie avec les prétentions de certains pseudos-« ML » pour le régime actuel en Chine?

    Là encore, ce débat de fond n’est pas le but du présent article, mais rappelons simplement que NEP suppose direction prolétarienne à la tête de l’État et secteur capitaliste ultra-minoritaire…

    Pour le cas de la Chine, le côté abusif d’une telle prétention saute aux yeux, sauf à ceux qui sont voilés par une mauvaise foi extrême…

    Pour le cas de Cuba, la situation reste encore floue et indéterminée à ce sujet, car on voit bien que l’évolution actuelle du régime castriste a le soutient majoritaire de la population, y incluant le prolétariat et la classe ouvrière.

    Dans une situation mondiale actuelle où les forces communistes ML à travers le monde restent dérisoires en face de la crise, il nous parait d’abord urgent de mettre en avant et de soutenir toutes les manifestations d’unité populaire anti-impérialistes, ce qui n’interdit pas, au contraire, un regard critique et une étude analytique concrète, dans la mesure de nos moyens.

    Mais réduire ou nier le rôle anti-impérialiste du castrisme, ou pire, le caricaturer, à la mode « maoïste » ou même pseudo-« ML », comme « valet du social-impérialisme soviétique », c’est véritablement se couvrir de ridicule et d’ignominie collaborationniste, en réalité, surtout si l’on se rappelle que ce langage date d’une époque où la Chine « maoïste », encore en phase terminale de sa « révolution culturelle », avait entamé une collaboration directe avec les pires dictatures de la planète, contre le prétendu « social-impérialisme soviétique »!

    "Cuba, Castrisme, Socialisme, Anti-impérialisme, de quoi parle-t-on ?"

    Alors que le courant de sympathie que le castrisme entraîne avec lui est bien une occasion, pour les communistes ML, de s’exprimer sur la nature de l’impérialisme et de faire valoir, précisément, de façon dialectique, les caractéristiques qui distinguent l’anti-impérialisme prolétarien du simple nationalisme progressiste petit-bourgeois, et encore davantage, évidemment, du social-chauvinisme!!

    Construire une organisation ML indépendante, sur une base prolétarienne, est évidemment nécessaire, mais le dénigrement de ce qui reste de positif des mouvements anti-impérialistes plus anciens n’est certainement pas une telle base, tout au plus, une preuve de sectarisme, pour rester poli…

     

    Lorsque la Révolution Cubaine a réellement commencé, au début des années 50, l’URSS était encore à son apogée et le mouvement anti-impérialiste et anti-colonialiste à travers le monde se référait souvent au Marxisme-Léninisme, et l’espoir de libération allait également souvent avec la perspective du socialisme.


    Pourtant, avec l’avènement de Khrouchtchev, ce fut également le triomphe à peine masqué du révisionnisme sur le marxisme-léninisme, et sous diverses formes, certaines, comme le « maoïsme », voulant se conserver un air de radicalité, sous couvert de tiers-mondisme…


    La plus grande confusion s’installait donc, à la fois dans le mouvement ouvrier en métropoles impérialistes et dans les luttes de libération nationales…

    Dans celles ci, la composante nationaliste bourgeoise et petite-bourgeoise se complaisait évidemment à cette confusion, tant par démagogie que par opportunisme à l’égard de l’URSS, principalement…

     
    Pourtant, du point de vue idéologique, la question n’est pas aussi compliquée qu’il y parait, si l’on veut simplement faire l’effort d’y voir clair…


    Dès 1920, dans un très court texte destiné à la « commission nationale et coloniale » du IIème congrès de l’Internationale Communiste, Lénine avait pris soin de résumer la question :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/04/12/2762_anti-imperialisme_lenine_sans_poussiere/

     

    cuba-youth

     

    Que dans les mouvements révolutionnaires du tiers-monde la petite-bourgeoisie et la bourgeoisie nationale continue de jouer un rôle, ce n’est pas une tare en soi, dans la mesure où le rôle politique de chaque classe est correctement défini.

    Le fait que la paysannerie constitue numériquement la force sociale majoritaire est aussi une évidence incontournable du processus.


    Le fait que le prolétariat industriel y soit souvent encore minoritaire pouvait être précisément compensé par le fait que ces luttes de libération avaient besoin de l’aide de l’Union Soviétique et que le parti prolétarien, pouvait, en s’appuyant sur cette base, entrainer avec lui la majorité des prolétaires, tant dans les campagnes que dans les villes.
    La possibilité de transformer réellement les luttes de libération nationale en révolutions socialistes était nettement liée à la capacité du parti prolétarien à constituer une force politique indépendante et capable de prendre la direction du processus révolutionnaire.


    En ce qui concerne la Révolution Cubaine, rappelons simplement que la confusion s’est installée à plusieurs niveaux, et à plusieurs titres…
    En 1959, en URSS, la mutation du régime en une bourgeoisie nationale-bureaucratique est déjà achevée, pour l’essentiel, même si cela l’amène néanmoins à continuer le soutien, sur cette base, des luttes de libération nationale.


    A Cuba, à la veille de la bataille de Santa Clara, l’unité des révolutionnaires, même sur une base strictement nationaliste, est loin d’être achevée, en dépit du prestige déjà très dominant de Fidel Castro.
    C’est le Che qui recollera avec autorité les morceaux du maquis local nécessaires à cette victoire décisive.


    De sorte que la prise du pouvoir elle même n’allait pas, en réalité, sans une grande confusion sur l’avenir politique du processus.
    Il ne s’agit pas ici d’en refaire l’historique complet, mais rappelons simplement que l’unité politique n’a réellement été achevée qu’en 1965 avec la fondation du Parti Communiste de Cuba.


    A cette époque, les chances, pour Cuba, de développer une économie socialiste autonome, étaient déjà anéanties du fait du blocus US. La dépendance à l’URSS révisionniste devenait incontournable et constituait autant un frein qu’une roue de secours, même si elle a permis une survie socialement progressiste.
    Dans la mesure où l’URSS a continué de soutenir les mouvements de libération du tiers-monde, non seulement Cuba est resté intégré dans ce mouvement, mais il en est même pratiquement devenu l’avant-garde, ce qui explique l’importance de l’impact de tout ce qui s’y passe encore, en dépit de la disparition de l’URSS.


    La survie même de Cuba comme nation indépendante, après cette disparition, est une grande et aujourd’hui manifestement incontestable victoire de ce mouvement international de résistance anti-impérialiste.


    De sorte que la nature anti-impérialiste du castrisme ne peut guère faire de doute, sauf pour les réactionnaires qui rêvent de recoloniser, sous une forme ou sous une autre, et pour quelques imbéciles sectaires qui oseront se dire  « de gauche », et même d' »extrême-gauche »… ( * )

    Pour autant, la nature sociale d’un tel régime, sa nature de classe réelle, a forcément hérité aussi de la confusion de ses débuts et de toute cette période.


    Il semble établi que des éléments de socialisme suffisamment importants y ont survécu, assurant la solidité et la popularité du régime castriste, et lui permettant également de garantir son indépendance, de par le fait.
    Mais il est également clair que la très dure « période spéciale » qui a permis de survivre à l’effondrement de l’URSS n’a pu se faire sans l’introduction de nouvelles formes de capitalisme, et qu’elles ont tendance à se développer.
    Dans la situation actuelle, avec la disparition de Fidel et l’apparition du sinistre clown Trump à la Maison Blanche, c’est presque un retour à la confusion originelle qui risque de prévaloir à Cuba.


    Malgré les aléas de l’histoire, il est clair que Raoul Castro et son parti sont dépositaires d’un héritage dont les racines sont marxistes-léninistes.


    Cela veut dire aussi que le rôle du prolétariat reste la clef de l’avenir social et politique de Cuba, et ce que nous montre la ferveur populaire autour de la mémoire de Fidel, c’est que l’histoire n’est toujours pas écrite à l’avance, et surtout, pas forcément dans le sens espéré par les impérialistes, ni imaginé par les imbéciles sectaires qui se la jouent « extrême-gauche »…

    Sources :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/30/le-castrisme-est-il-ou-non-une-forme-danti-imperialisme/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/12/02/cuba-castrisme-socialisme-anti-imperialisme-de-quoi-parle-t-on/

    LIRE AUSSI :

    CUBA, QUI A CHANGE ? 

    >> http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/cuba-qui-a-change-a118503120

     

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