• Le Donbass : le premier soulèvement populaire post-soviétique

    Le Donbass : le premier soulèvement populaire post-soviétiqueBeaucoup d'amis qui ne vivent pas dans le Donbass ne cessent de me poser la même question: "Eh bien, comment on vit maintenant là-bas ?" Honnêtement? Comme un condamné à mort qui ne sait pas pourquoi, quand et comment il sera exécuté.

     

    « Roma locuta, causa finita »

    Un sentiment général de fatalité, voisin du désespoir et de l'apathie. Beaucoup ne résistent plus à la pression des "rapports de terrain" et préfèrent partir.

    La plupart en Russie, mais il y en a aussi qui cherchent refuge en «Ukraine unie». Je comprends les uns et les autres. Imaginez des gens qui entendent tous les jours qu'à une dizaine de kilomètres de chez eux les voies ferrées ont été soufflées par une explosion, et quelque part une petite fille de cinq ans a été tuée par un fragment de mortier. Ou que les avions chasseurs ukrainiens ont à nouveau utilisé des obus au phosphore ou à fragmentation. Ou quand des citoyens avec qui ils ont vécu 23 ans dans le même pays, organisent un cinquième Vetche (assemblée populaire) au Maidan pour exiger du président qu’il arrête la trêve, instaure la loi martiale et fasse un carnage sur leur terre. Je comprends les gens qui cherchent à sauver leur vie, mais moi je ne veux pas quitter le Donbass. Quel qu'il eût été depuis un quart de siècle, ou même maintenant. C'est ma patrie.

    Le Donbass n'a jamais été, et n’a jamais essayé d'être un endroit agréable à vivre. Je parle de ses technopoles. Hélas, je n'ai pas connu l’époque où ma ville natale occupait la troisième place de l'URSS pour ses espaces verts. Je n'ai pas vu la naissance des nouveaux quartiers d’habitation et des parcs bien entretenus. Mon enfance et mon adolescence se sont déroulés dans les années 90. C'est pourquoi je n'ai jamais connu un Donbass heureux. Un Donbass sans criminalité, sans ivrognerie ni délabrement. Les récents développements politiques en Ukraine, en cultivant la haine de ses citoyens pour les habitants des régions de l'Est, m’ont encore une fois obligé de regarder autour et de réfléchir à mon amour pour la région minière. Me regarder moi-même et mes compatriotes de l’extérieur.

    Rappelez-vous tout ce que le Donbass a vécu au fil des ans de l'Ukraine indépendante, et essayez de trouver les raisons pour lesquelles chez nous "tout n’est pas pour le mieux, tout est bancal."

    Je suis né et j'ai grandi à Gorlovka. Une ville qui comptait autrefois 350 000 habitants, avec une superficie supérieure à Kharkov ou Dniepropetrovsk. À la fin de l'ère soviétique, il y avait deux usines géantes de chimie (une pour la production d'engrais, et l'autre - militaire); une usine de coke; 15 mines de charbon; un des plus grands combinats de mercure de l'Europe; plusieurs usines de construction automobile (Mashzavod a encore un quasi-monopole dans la production d’excavatrices de petit calibre); une entreprise de pointe pour la fabrication de produits techniques en caoutchouc et des dizaines d'autres grandes industries. Une ville avec un potentiel scientifique et technique énorme, où travaillaient au coude à coude chimistes, mineurs, travailleurs de l'énergie, constructeurs de machines et agriculteurs. C’est à Gorlovka qu’est située la Direction régionale de l’exploitation du canal "Donets-Donbass", dont l'eau alimente en quasi-totalité la région de Donetsk. Et aussi les principaux "bureaux" de "Donbassenergo" (qui produit 4,6% de l'électricité en Ukraine et 11,6% de la production thermique) et "Ukrhimtransammiak" (contrôle du transport de l'ammoniac sur le territoire de l'Ukraine par le pipeline "Togliatti-Odessa"). En outre, à Gorlovka sont situées quelques-unes des principales bases de gros alimentaire dans la région.

    Alors quand on me dit que le Donbass a été construit par des criminels et des condamnés, j’ai du mal à comprendre :
    ce sont des gens stupides qui disent ça, ou c’est une distorsion délibérée. Le Donbass a été construit et restauré après-guerre par les mains et les esprits de centaines de milliers de résidents locaux. Des enfants de travailleurs qui ont suivi les cours du soir de l’école à l’université (souvent à la capitale), puis sont devenus chefs d'entreprise à travers toute l’Union soviétique. Prenez par exemple les ingénieurs de "Styrol", qui occupent maintenant les principaux postes techniques et de gestion dans l’industrie chimique d’Ukraine et de Russie. Je ne nierai pas que, par exemple, pour la production de charbon ou la métallurgie on a pris des gens qui avaient un passé criminel. Mais par leur sang et leur sueur ils ont lavé les taches sombres de leur biographie, et mérité le respect dans le monde du travail. L'idéologie communiste il y a 40 ans n’assurait pas seulement la fonction de "lavage de cerveau", selon les historiens défenseurs aujourd'hui de valeurs bourgeoises, mais également éduquait l'Homme, donnait l'occasion d'expier les erreurs de jeunesse. L’autre solution était de sombrer dans l’alcool.

    Je ne vais pas idéaliser mon pays et dire qu'il n'y a pas d'alcoolisme. Si. L’alcool est la meilleure façon de soulager le stress. Par conséquent, dans le Donbass on a bu, on boit, et je pense qu’on va boire longtemps. "Tu me dis que nous sommes des alcooliques" - m'a dit une fois dans une interview l'un des dirigeants syndicaux d'une entreprise de Gorlovka. – "Penses-tu qu’on ait le choix? Travailler au fond de la mine ou près des fourneaux – c’est un travail infernal, heure après heure, qui brûle toutes les pensées. On bosse comme des fous et tiens! on est des ploucs et des incultes. Alors on boit ou on casse la gueule à quelqu'un. " Oui, on n’a plus besoin ici des arguments d’Erich Fromm sur les causes de l’agressivité chez l'homme.

    À l'époque soviétique, entre les gestionnaires et les travailleurs il y avait un accord tacite: les uns travaillent, les autres créent des bonnes conditions pour le travail. Les uns construisent des parcs, délivrent des appartements, distribuent des bons de séjour en maison de vacances, et d'autres prennent le marteau-piqueur et pendant six heures d’affilée à la sueur de leur front couchent le charbon sur la bande transporteuse. C'est pourquoi l'homme du commun n’avait qu’à écrire une lettre au comité exécutif pour que l’on répare son toit, pour que sa maison soit raccordée au gaz ou qu’on lui fournisse un camion de déménagement. Et, au fond, les gens étaient heureux. C'est vrai, ils n'avaient pas libre accès aux grandes réalisations de la culture occidentale – la télévision américaine, l'eau pharmaceutique de John Stith Pemberton, les voyages fascinants d’Albert Hofmann et les blockbusters de Tinto Brass. Hélas, il n'y avait aucune possibilité de vivre luxueusement - au lieu de fauteuils en acajou tapissés de velours, des buffets de RDA et de la vaisselle polonaise. Au lieu de l’Égypte on allait en Crimée ou en Bulgarie, on étudiait à Leningrad, pas à Cambridge. Mais il y avait le respect pour vous et votre travail.

    Et puis vint le temps de l'ouverture et des libertés démocratiques. Et je me souviens, comment la promesse "nous allons vivre bien, nous sommes la deuxième plus riche république de l'URSS" s’est transformée en grève de la faim des mineurs, en collecte de bouteilles vides par les adolescents, en bons de rationnement et sacs de sucre, bases de collecte de ferraille et points de vente d'alcool illégal. Le contrat implicite entre les travailleurs et les gestionnaires était rompu. Le Donbass s’est avéré un colosse aux pieds d'argile. Rapidement, en une décennie, les quartiers ouvriers ont commencé à se vider et à mourir. Les premiers députés à la Verkhovna Rada, tous des grands démocrates, les intellectuels et écrivains qui sont la conscience nationale, se sont enfuis lâchement, n’étant pas être en mesure de faire face au vol dans l'abîme de l'économie du pays. La principale chose qu'ils ont faite c’est amorcer le processus de rééducation des esprits, d’éradication des idées socialistes Mais la nature a horreur du vide, n’est-ce pas? Dans la tête des jeunes garçons qui grandissaient dans les banlieues des villes du Donbass, à la place de l’idée du travail est venue une idée nouvelle - le commerce et l’enrichissement. Rappelez-vous les biographies de nos oligarques. Chacun d'eux a une histoire à ce sujet: "Nous vivions dans une maison pauvre, ainsi que beaucoup d'autres. Mon père recevait un salaire de misère et c'est alors que j'ai décidé que quand je serais grand, au lieu de porter des chaussettes trouées ... je pourrais conduire pieds nus ma Mercedes ". Sur le premier capital «gagné», généralement aucun n’aime donner des détails. Ou bien raconte, mais de telle façon qu'il est impossible de le croire, que "l'analyse des marchés étrangers et de l'attribution de contrats, dont les montants donnent 0,5-1,5%" est suffisante pour se faire un capital et pour acheter une usine de bonbons.

    Pendant que chacun montait sa petite entreprise, en coupant les systèmes d'arrosage dans les champs, les communications dans les mines et en démontant les machines-outils, les gens ordinaires croyaient encore que l’on pouvait gagner sa vie par un travail honnête. Les gens du Donbass ne voulaient pas commettre de meurtres, ils croyaient juste qu’en travaillant dur, ils recevraient un salaire équitable. En fait, nous voulions travailler et gagner de l'argent pour notre travail. Honnêtement et équitablement. Et ce désir de justice chez les habitants du Donbass est resté. Pour les hommes d'affaires c’est très difficile à imaginer – simplement être disposé à travailler, sans tromper tout le monde, ne pas montrer son leadership et son sens de l'organisation, recevoir honnêtement l'argent gagné par son travail. Sans inventer des systèmes et des trucs, et garder du temps pour la pêche, le football et éduquer ses enfants. Eh bien ce n'est pas « européen ». Il faut faire comme en Europe - espionner, dénoncer, battre ses concurrents et ainsi de suite.


    Les usines fermaient, dans les villages il y avait de moins en moins de travail. De désespoir et à cause de l'incapacité à faire quelque chose de leur vie certains ont commencé à avaler du tramadol et à se shooter, d’autres ont organisé des gangs (parce que leurs parents les avaient inscrits à la boxe et ils ne savaient rien faire d’autre que se battre), et d'autres encore à gagner de l'argent en spéculant sur les marchandises, ce qui est devenu plus tard connu comme "activité de négoce." En dix ans le Donbass s’est transformé en une société de demandeurs d'emploi. Et chacun gagnait sa vie comme il pouvait. Ceux qui ont appris à concocter un capital (par les poings, la revente, les pots de vin) ont continué dans cette voie et ont voulu se prouver à eux-mêmes qu'ils pouvaient faire mieux. Par n’importe quel moyen. Mais la plupart ont continué à attendre quelque chose d’en haut, en comptant sur cet «accord» depuis longtemps oublié. C'est cette partie de la population qui en désespoir de cause a commencé à se laisser tomber, glissant de plus en plus vers le bas-fond social à chaque génération. Qui a commencé à développer des nouveaux principes de vie, tels que « je travaille comme on me paie ». L’état de la société à la fin des années 90 est fidèlement décrit dans la chanson de Sergei Chigrakov "Je manque de liberté»: «Je voudrais boire de la vodka rouler un joint et fumer / ou même piquer l'aiguille froide dans la veine, pourvu seulement que je ne voie pas les p… au coin de la rue / que je n’entende pas ces connards en bas de chez moi ... ". Et nos intellectuels ont fait pareil. Partis ou assommés par l’alcool. Pouvez-vous imaginer la tragédie d'une personne qui est un musicien de talent, mais cela ne gagne pas, et il doit aller travailler à la mine comme mineur. Et après avoir travaillé dans la mine pendant plusieurs années, il se rend compte que ses mains à cause du travail physique pénible tremblent tellement qu’il est devenu incapable de tenir une guitare.

    Il se trouve que toutes les aspirations démocratiques des Ukrainiens à "vivre comme en Occident" ont conduit une vaste zone industrielle au chômage, ce qui a engendré les «garçons en survêtement", les salaires de misère, l'ivrognerie et les revendeurs rusés qui ont grimpé sur la tête des autres au sommet de leur Fuji oligarchique. 23 ans d’obscurité continue, que nous ne voulons pas remarquer, espérant un avenir meilleur. Et puis les hommes d'affaires ont décidé que cette obscurité n'apportait pas ce genre d'argent qu'ils aimeraient avoir pour paraître respectables au même niveau que les gros bonnets de Wall Street. Et qu’il fallait changer quelque chose. Et aussi ils ont compris que de cette obscurité, comme il y a de nombreuses années, pouvait sortir quelque chose d'encore plus éhonté et désespéré qu’eux-mêmes. Alors ils ont commencé à construire et à créer un nouveau Donbass. Avec Donbass Arena, des centres culturels et d'affaires, des mini-projets d'intérêt local, des parcs forestiers et des programmes de lutte contre la tuberculose. Un incubateur-prison en couleurs pour travailleurs sans perspectives. On a tenté de ressusciter le mythe du «self-made man » comme en Amérique il y a un siècle. Vous avez déjà vu les gens qui tendent les bras vers Rinat Akhmetov avec admiration et lui demandent de tenir leur bébé? Non? Et bien moi je les ai vus. On a inculqué aux gens deux modèles de "success story" - homme d'affaires et président, assaisonnant cela avec un sentiment éternel de «l'unité de tous les gens de Donetsk." Mais on a oublié de préciser que sur des millions seuls quelques uns peuvent réussir. Et qu’en fin de compte pour réussir il faut se vendre.

    Cela fait 23 ans que le Donbass est à la fois écœuré et fier de ses fonctionnaires et ses oligarques. Les Ukrainiens ne comprennent pas. La TV nous a nourris de la fierté d'un pays "stable" et de l'hostilité aux «oligarques étrangers." Il me semble que les jeunes patriotes ukrainiens, qui maintenant se désignent comme tels dans le Donbass, ne sont pas tant pour une Ukraine unie, mais une "Ukraine sous l'ancien régime." Ils sont attirés par l'Ukraine pas par l'amour du pays, mais de ces images dont les oligarques les régalaient ces dernières années. Des Hyundai rapides, des Art Point à l’européenne, les gens en costumes d'entreprise, les voyages à la Donbass Arena et les matches de HC "Donbass". Ils pensent que c'est l'Ukraine. Mais en fait, ils sont des patriotes de pacotille. Beaucoup de ces patriotes n’ont pas servi dans l'armée, ni travaillé dans les ateliers afin de produire des produits qui seront exportés et renforceront la grivna, ne sont pas allés aux manifestations contre la corruption dans leur université et n’ont pas cherché à créer des cellules civiquement actives pour résoudre les problèmes sociaux. Ce sont des patriotes de la consommation. Ils ne veulent même pas vivre dans le Donbass, qu’ils considèrent comme une partie intégrante de l'Ukraine, et se sauvent, regardant parfois en arrière et criant qu'ils sont résidents du Donbass.

    Etre un patriote – ce n’est pas être patriote d’un mode de vie. J'ai toujours été attendri par les intellectuels ukrainiens qui avec tant de zèle haïssaient le Donbass et ses travailleurs. Et puis j'ai réalisé - être nationaliste est plus avantageux qu’être socialiste. Eh bien, jugez par vous-même. Pour faire du peuple soviétique un troupeau à partir duquel ils peuvent s’alimenter en continu, les oligarques ont utilisé la classe créative qui à la place des idées d'égalité sociale a rempli les gens ordinaires de l'idée du beau et grand pays. C’est le rôle des championnats des sports de masse. Les gens sont heureux de gagner de l'argent pour les oligarques. L’intelligentsia à chemises brodées a alimenté l'idée d'un grand pays, vendant aux oligarques leur "Maestria". Et elle peut être accommodée à la sauce «unité», et rapporter de l'argent. Et que tirer d’un prolétaire? A part qu’il va traiter de m… votre coupe jaune-bleu – rien. La "classe créative", les artistes et les gestionnaires ne veulent pas changer quoi que ce soit dans cette société. Ils se nourrissent de l'argent volé par les oligarques aux travailleurs, et même chient sur eux. Pourquoi? Pour se donner de l’importance aux dépends des autres.

    Mais nous nous restons. Nous ne sommes pas des héros, ni des miliciens, mais des gens ordinaires. Par ailleurs, quelle est la milice? Qu’est-ce qui motive les personnes qui composent 90% des soi-disant «séparatistes»? Le désespoir. Le désespoir de pouvoir changer quoi que ce soit au Donbass. Les promesses sans fin et les frustrations, les élections, les exhortations des oligarques, soi-disant qu'ils sont avec le peuple, ont conduit au fait que les gens ont perdu la foi que quelque chose va changer dans leur vie uniquement par des conversations. De même que le Maidan est passé de la promotion de l'intégration européenne au renversement de M. Ianoukovitch, la milice du Donbass a cessé de se battre pour "qu’on soit entendus" et déjà se bat pour son pays. Sans oligarques. Sans pauvreté. Sans promesses. Cette guerre est le résultat presque naturel des processus qui ont eu lieu dans le dernier quart de siècle au Donbass. Ses causes et le soutien de la population sont beaucoup plus profonds que le désir de rejoindre la Russie. Les miliciens ne tirent pas sur l'armée ukrainienne, mais sur les promesses que pendant 23 ans personne n’a respecté. Sur cette obscurité dans laquelle ils ont vécu et qu’ils ne pouvaient pas vaincre toutes ces années - la corruption, la tromperie, leur impuissance à résoudre quoi que ce soit, la pauvreté contrainte et le mépris infini pour eux-mêmes et leur travail. Les simples Miliciens ne savent pas ce que sera le résultat de leur lutte, mais ils voient déjà à quoi mènera le combat des "jumeaux" du Maidan. Et quelque chose me fait dire que le Donbass ne veut pas de retour en arrière. Même au prix de sa propre existence.

    « Roma locuta, causa finita » signifie en gros « la cause est entendue, l’affaire est tranchée »

    http://liva.com.ua/donbass-locuta.html

     

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