• - Le monde d'avant et le monde d'après (Le crash pour bientôt...)

    - Le monde d'avant et le monde d'aprèsPar notre camarade WH

    Il paraît que Churchill a dit : "Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé." 

    Pour ceux qui suivent un peu l'actualité économique ou mon site, l'idée d'un crash financier n'a rien de surprenante.

    La plupart des gens semblent parfois vivre dans un monde parallèle où la réalité n'existe pas, ils s'imaginent que si quelque chose de grave devait se produire, BFM-TV nous tiendrait au courant immédiatement.

    Nul doute que si l'apocalypse devait arriver demain matin à 8h, le quidam de base s'attend à ce qu'à 8h15 Ruth-el-krief nous fasse un direct avec un plateau d'expert et un joli bandeau rouge "alerte" flotterait sur nos écrans, tandis que toutes les chaînes interrompraient leurs diffusion pour nous informer en direct du cataclysme. 

    Mais l'économie est bien différente du show-terroristo-médiatique auquel nous avons été habitués avec les attentats, avec leur sempiternel cycle alerte-choc-émotion-explications bidons-minute de silence-état d'urgence. L'économie se joue sur le temps long, un temps qui se comprend dans une dimension inaccessible à celui qui réduit la réalité à une série événements médiatisés. 

     

    Pourtant la plupart des gens continueront à croire que la société fonctionne normalement jusqu'au jour J. Il n'y aura ni plateau télé, ni experts, ni reportages, ni interview, ni séquence émotion-explication-minute de silence, ni journalistes, ni hélicoptère, ni camions de police.

    La plupart des gens continueront leur petite vie tranquille comme si de rien était, sans avoir la moindre idée de ce qui se déroule. Et d'ailleurs, depuis la crise de 2008, ne nous dit-on pas, le peu de temps qu'on en parle, que la "reprise" est là ? que l'économie est repartie ? que le chômage américain est à 5% et que l'économie mondiale se porte à merveille ? 

    Avec le décervellement continu de générations d'esclaves passées par le système de "l'éducation", la plupart des gens ont perdu toute capacité à raisonner sur le temps long, à penser le monde en quatre dimensions (l'espace et le temps), à comprendre l'évolution du monde. Il faut dire aussi que la psychologie humaine a tendance, chez la plupart des gens, à favoriser spontanément l'idée que si quelque chose est là aujourd'hui, alors il sera là demain, et après-demain, et pourquoi pas dans 5 ans (et pourquoi pas pour l'éternité). 

    La réalité est tout autre. Rien de ce que nous connaissons à l'heure actuelle ne survivra à la prochaine crise économique mondiale, alors même que le système s'est à peine remis de la crise précédente (et dans quel état !). 

    L'erreur de la plupart des gens est de croire que l'effondrement économique est un événement médiatique, alors que c'est un long processus, avec des phases de longs changements quantitatifs sur des années qui débouchent sur des sauts qualitatifs qui peuvent s'étaler, quant à eux, sur des semaines ou des mois.

    Le crash des indices boursiers n'est en fait qu'un minuscule événement. Il n'a de réelle importance que parce que la plupart des gens resteront convaincus que "tout va bien" tant que le prix des actions n'aura pas dévissé de 50% un lundi matin. Ce jour là, effectivement, les gens comprendront que "quelque chose ne va pas", et que les gens qui prédisaient depuis des années la catastrophe n'étaient peut-être pas si stupides et fous que ça. 

    Mais en attendant, il est difficile de faire prendre conscience aux gens de l'effondrement qui s'annonce, parce qu'il est difficile d'expliquer un phénomène inédit à des gens dont l'imagination a été cultivée par les films catastrophe hollywoodiens. Mais surtout parce que tant que BFM ne dit rien, c'est qu'il ne se passe rien (du moins c'est ainsi que la plupart des gens raisonnent). 

    Là encore, la réalité est tout autre. Depuis 2008, il n'y a pas eu la moindre "reprise" de l'économie. En dépit du baratin médiatique, il n'y a pas eu non plus d'amélioration dans quelque domaine que ce soit. Nous vivons depuis 2008 suspendus à l'impression frénétique de monnaie des banques centrales qui inondent les marchés financiers de liquidités afin de faire tenir à bout de bras ce château de carte qu'est l'économie mondiale. Même la Chine s'y est mise. Le pays, très peu endetté au moment de la crise précédente il y a 9 ans a produit depuis des dettes publiques et privées dans des ordres de grandeur de dizaines de milliers de milliards de dollars. 

    Et malgré ces efforts obstinés pour faire léviter l'économie, la situation ne s'est nullement améliorée pour les petites gens, ceux d'en bas, les "sans dents", ceux qui ne peuvent pas "s'acheter un costard", car leur usine a fermé, ou ils n'ont toujours pas trouvé un emploi stable, ou alors parce que les prix de base pour survivre resserrent chaque jour l'étau de vies suspendues à un fil. C'est donc sur un terrain bien fragile que la prochaine crise économique va déferler cette année. 

    Déjà les premiers effets peuvent se sentir depuis l'année 2015, date à laquelle les premiers soubresauts ont menacé l'édifice financier mondial (on se souvient du crash des places financières du monde entier au mois d'août 2015, vite enrayé par l'action des banques centrales).

    En effet, dans ce système financiers de dettes, il est toujours possible de remettre en permanence une couche de dette, de faciliter le crédit. En Europe par exemple, la banque centrale européenne (BCE) crée chaque mois 60 milliards d'euros de dettes afin de soutenir le système financier, elle a ainsi pris la relève de la réserve fédérale américaine (FED) et de la bank of Japan (BOJ). 

    Il est également très facile pour les banques centrales de jouer sur le cours de l'or (qui est en fait manipulé) ainsi que sur le prix des actions, afin de maintenir le quidam de base dans l'illusion que "tout va bien", et donc d'empêcher de facheuses conséquences.

    En effet la peur du public est la pire des choses qui soit dans ce système financier, entièrement bâti sur la dette, donc des promesses, et donc la confiance. Entretenir dans la tête des gens la confiance est tout l'enjeu de cette mascarade, qui sera pourtant bien vite rattrapée par la réalité.

    En effet l'économie réelle, elle, ne saurait voir la couleur de ces masses de liquidités et de "quantitative easing" (pour ceux qui ne suivent pas l'actualité économique, il s'agit en fait de planche à billet...). 

    Regardons un peu l'état de l'économie réelle, et il ne nous faudra pas de très longues analyses pour voir que le scénario de "reprise" n'a rien de réel. Les baratins de "reprise" économique qui nous sont servis depuis 2008 ne résistent pas à quelques minutes d'analyse sérieuses, ce qui n'empêchent pas la presse et les plateaux télés de nous inonder de ces contre-vérités à chaque fois qu'ils en parlent (le peu de temps qu'ils en parlent). 

    Les petits commerces sont de plus en plus en difficulté. Ce n'est pas seulement à cause la pression fiscale (qui certes s'est beaucoup aggravée pour eux depuis 2008), mais tout simplement la baisse de la demande, les clients n'ont plus d'argent !

    Enfin, en tout cas, plus assez pour des dépenses jugées secondaires, et ça se voit à l'état des rues de certains quartiers : panneau de location à la place de commerces, centres commerciaux déserts (si vraiment), mais ce n'est pas tout. Car la situation ne se limite pas à la France.

    Aux Etats-Unis, pays des "5% de chômage" (en fait sans doute entre 30% et 40%), le commerce de détail a chuté considérablement ces dernières années. En fait, depuis 2008, on ne compte plus les faillites de magasins, de commerces, et surtout dans la période récente. Et depuis 2008, le prix du fret maritime (l'indice baltic dry) s'est littéralement effondré. Or le commerce mondial est basé sur le transport maritime, par exemple entre l'Asie et l'Europe, ou entre l'Asie et l'Amérique.

    S'il y avait eu la moindre "reprise" de l'activité commerciale, alors le prix du fret maritime n'aurait-il pas du remonter ? Si, bien sûr, mais ce n'est pas du tout ce qu'on observe. Bien au contraire, les sociétés de fret maritime sont en grande difficulté au point que le nombre de faillites dans ce secteur ont augmenté encore l'année dernière et cette année. Information que se gardent bien de vous fournir les journalistes de la télé, payés à vous raconter la pluie et le beau temps (alors que pour ça il suffit de sortir la tête dehors !). 

    A-t-on évoqué la chute de l'activité industrielle partout dans le monde, la croissance mondiale anémique ? On pourrait développer cet aspect, sans oublier le nombre de catastrophes bancaires qui nous pendent au nez.

    Rien que ces deux dernières années, le monde financier a été hanté par le spectre (toujours plus "terrifiant") de la faillite de la célèbre Deutsche Bank, mastodonte du système financier mondial, ainsi que l'autre allemande Commerzbank. Deutsch qualität ?

    Pas tant que ça, les banques allemandes sont même passées dans le colimateur de la justice pour avoir trafiqué le cours de l'or depuis 2008, avec à la clé de lourdes amendes, au moment-même où la Deutsche Bank est à la limite d'être en faillite. Effondrement à côté duquel la faillite de la Lehman Brothers passerait pour un pic-nic le dimanche en famille.

    D'ailleurs l'action de la Deutsche Bank a suivi le même parcours que celle de la Lehman avant sa faillite, autant dire que cela ne présage rien de bon pour le système financier mondial.

    A vrai dire, ce n'est pas tout. Dans le genre "catastrophe apocalyptique", on peut citer le système bancaire italien bien sur, ainsi que les banques espagnoles avec la récente affaire "banco popular". La 6ème banque espagnole a été rachetée récemment pour 1€ symbolique et étrangement sauvée à la dernière minute sans recourir au terrible "bail-in" (renflouement par les épargnants). Reste que l'action de la dite banque est maintenant elle-même proche de 1€... et le reste du système financier mondial, que ce soit en Europe, en Asie ou en Amérique, est entièrement pourri et prêt à s'effondrer. 

    Le système a produit jusqu'à 250 000 milliards de dollars d'argent-dette, la plupart du temps cette dette sert elle-même à refinancer la dette déjà existente.

    Depuis des décennies, le système financier ne fait qu'arroser des bulles de prêts non-remboursables (les fameux "subprimes", vous avez aimé ? j'espère que oui, car vous en aurez encore) : bulles des crédits immobiliers, bulles des prêts étudiants (surtout aux Etats-Unis, mais pas seulement), bulles des crédits automobiles, bulles des systèmes de retraites, bulles partout, bulle de tout. Bref, tout ça n'attend que de péter et il est tout à fait certain que c'est un "miracle" si tout ça ne nous a pas encore pété à la figure !

    Les états et les banques centrales servent de garantie à ce système (c'est à dire qu'en gros si ça va mal, c'est vous qui payez).

    Car oui, on ne vous l'a pas dit non plus (merci TF1), mais depuis le 1er janvier 2015, une loi européenne autorise les banques à se renflouer directement dans vos comptes en cas de pépin. Ne vous inquiétez pas, ça a déjà été testé (en Autriche), et là non plus personne n'en a parlé, du coup tout va bien ! Mais ce qui est génial, voyez-vous, c'est que la banque ne pourra pas faire descendre votre compte en dessous de 100 000€, c'est garanti hein. Du moins, en théorie. Car dans les faits, le fond qui sert de garantie couvre autant votre compte en banque qu'une feuille de vigne n'habille Adam.

    Autant vous dire tout de suite, c'est vous qui allez payer, il n'y a qu'à voir la Grèce pour se faire une idée (et encore ça n'est pas grand chose par rapport à ce qui va arriver chez nous). Car on ne vous l'a pas dit non plus mais l'état français est endetté, mais vraiment très très endetté. Et chaque français a sur sa tête plus de dette publique qu'un grec, alors il va falloir payer, et puis devinez quoi, c'est vous qui allez devoir payer, même si vous n'avez rien, on trouvera bien un moyen. 

    Dans un de mes précédents articles (datant de début mai 2017), j'avais cité un rapport du sénat français lui-même, qui alertait alors sur l'imminence probable d'un nouveau cataclysme économique et financier, précisant que tous les ingrédients étaient déjà réunis et que ce n'était qu'une question de temps avant que la tempête se déchaîne. Bien sûne comptez pas sur BFM-TV ou le JT de 20h de TF1 ou France 2 pour vous dévoiler ce genre d'informations sensibles. Parlons plutôt de la canicule, d'un vieux fait divers, ou de quoi que ce soit, mais surtout pas de la crise (les français détestent ça vous savez bien). 

    J'avais même annoncé dans cet article que l'élection présidentielle de mai 2017 serait la dernière de l'histoire de France. Si la catastrophe que j'annonce se produit (et je suis très loin d'être le seul à l'annoncer), notre cher président Macron n'a aucune chance de tenir en place jusqu'en 2022. Nul ne sait ce que ses confrères mafieux décideront alors de faire du masque "démocratique" qui était resté jusque là bien en place, trônant au-dessus du cadavre puant de la république bourgeoise pourrie jusqu'à l'os (depuis bien longtemps déjà, sans doute depuis le début).

    Je vous le donne en mille, ce sera quelque chose comme "allez vous faire foutre", mais en mode "démocratique", donc en gros vous n'avez pas voté pour ça mais on va bien vous le mettre parce que sinon c'est la vilaine "menace fasciste des heures sombres" avec Marine Le Pen qui voulait envahir la Pologne (ou un truc comme ça). 

    Alors, à quoi ressemblera le monde d'après ?

    Eh bien, pour s'en faire une petite idée il suffit de regarder déjà un peu la situation actuelle. Pour l'instant, sauf quelques zones économiquement très bien intégrées (comme les quartiers très dynamiques en région parisienne), la réalité économique pue la mort, les commerces ferment, les chômeurs sont de plus en plus nombreux. Mais ça vous ne le saurez plus car Macron a décidé qu'on allait arrêter la diffusion mensuelle des statistiques du chômage. Vous ne pourrez plus admirer le magnifique travail d'enfumage statistique de l'INSEE qui nous fait prendre des 10 millions pour 3 millions, entre autres. Mais qu'importe puisque tout ça c'est du passé ! Désormais, ça n'existe pas, puisque BFM n'en parle pas. 

    On ne peut pas savoir exactement ce que feront les banques centrales avant l'effondrement, pour l'empêcher ou pour le provoquer d'une façon qui les arrange. Ce qui est certain est que cet effondrement est déjà en grande partie réalisé et que ce à quoi nous allons assister est simplement l'achèvement de ce processus, le saut qualitatif.

    Préparez-vous donc à voir des choses que la plupart des gens n'ont pas idée ou refusent de voir, soit par fainéantise intellectuelle, soit par refus d'accepter la réalité. Il est en effet bien plus facile de s'enterrer la tête dans le sable en s'imaginant que le monde est une espèce de mécanique où rien ne change et où rien ne semble pouvoir arrêter la routine. 

    Simplement, le saut qualitatif est bien plus profond qu'on l'imagine. Tout ce qui fait la vie d'une société moderne va probablement cesser de fonctionner à plus ou moins court terme. 

    Un beau matin, les indices boursiers seront dans le rouge, quelque chose comme une chute sévère dans l'escalier, un truc qui fait mal. -30% ou -50%, quelque chose comme ça. Ce sera peut-être étalé sur plusieurs jours. A ce moment là, peut-être que BFM se sera réveillé. La plupart des gens verront défiler sur les écrans des mots comme "CAC 40", "Nasdaq", "Dow jones", des courbes, des trucs vraiment flippants auxquels les gens ne sont pas habitués vous voyez.

    On aura quelques experts en cravate qui vont nous expliquer que tout va bien et qu'il ne faut surtout pas s'inquiéter et que vous pouvez avoir confiance. Sauf que là il sera trop tard, car tout sera déjà joué depuis longtemps, depuis très longtemps. A ce moment là, vous n'aurez que le temps de voir la fin du processus, mais tout se sera passé à votre insu des années et des mois durant sans que vous ne voyiez rien (à moins que vous ne suiviez la véritable actualité économique internationale). 

    Bien sur, peu importe le niveau de connerie débitée par les pseudos-experts sur les plateaux d'i-télé envoyés spécialement pour rassurer les moutons (avant la tonte), sachez qu'au bout d'un certain temps un déclic se fera dans la conscience des gens tout simplement parce qu'il sera devenu impossible de cacher l'éléphant assis dans le salon. 

    Dans la logique de l'effondrement, ce qui s'agitera en premier, ce seront les DAB, les distributeurs automatiques à billet. Vous me demandez comment je le sais ? Tout simplement parce que c'est ce qui s'est produit en 2008, mais aussi en Grèce un peu plus tard. Face aux nouvelles de crise financière qu'il n'était plus possible de cacher au public, les gens se sont rués sur les ditributeurs de billets histoire de retirer de quoi acheter le nécessaire, ou plus, leurs économies tout entières (naïfs que vous êtes si vous croyez que vous aurez la moindre chance de retirer plus que quelques billets, et encore, s'il en reste !). En Grèce par exemple, le gouvernement avait mis en place le contrôle des capitaux (pour les pauvres hein), pas plus de 60€ par jour et par personne. 

    Mais ça, ça n'est que la première étape.

    La suite, c'est la faillite des banques partout dans le monde. Et là ce ne sera pas de la tarte. Ce qui aurait dû se produire en 2008 va se produire, en pire, en beaucoup plus pire, tout simplement parce qu'au lieu de laisser l'effondrement se faire en 2008, les banques centrales et les états ont acheté du temps. Nous sommes en 2017, soit 9 ans plus tard, et tout a bien lévité jusque là, en tout cas on ne s'est pas encore écrasé.

    Mais le prix, c'est que la situation n'a pas été résolue, bien au contraire elle a été aggravée, et cette fois le système n'a plus aucune munition pour contenir la prochaine crise. C'est bien simple, plus rien ne peut être fait pour sauver le système financier mondial. La fin de l'ordre impérialiste actuel, du dollar, de l'euro et de tout le partage du monde qui soutient l'existence économique de "nos" pays n'en sera que plus douloureuse. 

    La plupart des institutions que nous connaissons, des entreprises (autant le petit commerce du coin que la multinationale chez qui ont fait ses courses) auront à terme soit disparu totalement ou au moins partiellement. Les universités, les hopitaux, même l'approvisionnement de denrées de bases pourraient être perturbées pour une durée difficile à prédire. Je ne pense pas que nous connaîtrons une famine comme celles qui existaient au moyen-âge, mais si on regarde la crise de 1929, c'est bien souvent la faim au ventre qui poussait les prolétaires de la côte-Est à s'aventurer dans la campagne de l'ouest dans l'espoir ne serait-ce que de survivre. 

    Les services publics les plus basiques disparaîtront (pour ce qu'il en reste), y compris et surtout le versement des aides sociales, des remboursements en tout genre. Pourquoi ? Mais parce que l'état est littéralement EN FAILLITE totale, il n'y a rien qui puisse tenir debout face au tsunami qui s'approche, et surement pas notre état surendetté.

    Il va sans dire que si les fonctionnaires ne sont plus payés, si les employés de grandes entreprises ne voient plus leurs salaires versés plusieurs mois de suite, ni l'école, ni l'hôpital, ni même l'électricité n'ont de raison de fonctionner, sauf par endroit, et encore. Je veux bien croire que la maîtresse d'école accepte de faire cours bénévolement quelques semaines dans une petite école dans un village paumé.

    Par contre dans la grande fourmilière cosmopolite individualiste parisienne, autant dire que chacun préférera rester tranquillement chez soi que de risquer un affrontement avec les hordes de pillards qui profiteront du chaos pour être de façon éphémère les rois de la rue. Sauf qu'on ne peut tenir éternellement terré chez soi si on a pas de provisions. 

    Il va de soi que cette période de pénurie ne sera pas éternelle et qu'il est sans doute exagéré de vivre en autarcie complète pour passer cette période (il est de toute façon déjà trop tard pour s'y préparer). En revanche une période de plusieurs semaines à plusieurs mois causeront de nombreuses difficultés pour se procurer ne serait-ce que les biens de base. Si vous ne croyez pas à la possibilité d'un tel scénario, allez voir ce qui se passe en ce moment au Vénézuela, et vous verrez qu'un pays relativement développé peut sombrer rapidement dans un chaos total si l'économie s'effondre. 

    Nous pourrons goûter aux joies des coupures d'eau et d'électricité, des déchets qui jonchent les rues, des spectacles de chaos urbain, des scènes les plus diverses en tout genre. La plus grande difficulté pour le quidam de base sera de se passer de sa carte de crédit. Car n'imaginez pas que qui que ce soit acceptera de se faire payer par carte. Dans un premier temps les commerçants (surtout les petits), n'accepteront que les paiements en espèce. Et très vite, même l'argent liquide ne sera plus un moyen d'échange parfaitement fiable. 

    Si vous vivez dans un logement qui vous appartient, sachez que, comme disait Salluste "ça c'est pour le roi, ça c'est pour moi". Voilà ce que se diront les banquiers qui ont à gérer l'immense cartel du crédit immobilier. Or on sait que beaucoup de français propriétaires de leur logement sont en fait en train de rembourser leur crédit. Bref, vous êtes chez vous, pour l'instant. Il ne sera pas rare à l'avenir de voir quelqu'un chassé de chez lui et jeté à la rue sans autre motif que les petites astérisques en bas de son contrat de prêt permettent à la banque de saisir le bien immobilier pour sauver son bilan (avant de faire finalement faillite rassurez-vous). 

    Enfin, la période qui va suivre sera celle plus ou moins longue de redémarrage. Redémarrage de l'état, de l'économie, sur des bases difficiles à prévoir. Mais ce qui est certain c'est qu'en fait rien ne redeviendra comme avant. Passées les premières scènes d'évènements urbains apocalyptiques, tout ça se sera banalisé. La vie après ne sera plus comme la vie avant. 

    Dans les années 1930, on a connu la grande dépression, puis les pays se sont relevés. Mais comment ? Grâce à la guerre, pas au new deal keyenesien (qui a échoué autant en Amérique qu'en Allemagne nazie). En 1937, aucun pays n'était sorti d'affaire, et il aura fallu plusieurs années de guerres pour que l'économie reprenne des couleurs sur le sang de millions de morts dans une guerre dont la violence fut sans précédent dans toute l'histoire de l'humanité.

    Et même, à l'époque, l'Amérique émergeait encore (ce n'était pas la grande puissance de l'après-guerre). Il y avait encore des morceaux de papier autour du rouleau de PQ. Avec le taux de profit moyen actuel dans le monde, et surtout la place que vont prendre les impérialismes occidentaux dans la pyramide mondiale (c'est à dire qu'ils vont maintenant être à la botte de l'impérialisme chinois si celui-ci s'y prend correctement), bref avec une telle situation, s'en sera bien sur fini complètement du "mode de vie occidental", des "acquis sociaux" en tout genre, DÉFINITIVEMENT, il n'y aura aucun retour en arrière possible, quand bien même une grande partie de la population y serait favorable. C'est un aller simple pour une destination que vous n'avez pas choisi. 

    Cependant cette destination nous réserve quelques bonnes surprises.

    D'abord, si vous survivez à la période de chaos que j'ai décrite (bon à priori ça ne devrait pas être trop difficile et puis avec un peu de chance vous perdrez vos kilos en trop), bref si vous êtes encore en vie après ce koh lanta à l'échelle mondiale, vous aurez face vous un monde à la physionomie radicalement différente de celui que vous avez connu.

    Dans ce monde il n'y aura évidemment ni "démocratie" (en fait, de masque démocratique je veux dire, les choses seront plus claires), ni "modèle social", ni "code du travail", ni sécurité sociale, ni état clairement défini, ni pleins de trucs auxquels vous étiez habituez comme : l'essence à prix abordable (même si c'est déjà cher), la nourriture à prix abordable (faire la queue pendant 2h devant Auchan pour avoir trois paquets de pépito sera le lot de millions de gens certains jours), il n'y aura plus non plus de services publics ou privés réguliers, donc oubliez les sorties au restaurant, oubliez vos soirées sur internet (vous croyez vraiment que ça peut fonctionner sans électricité ?), oubliez vos longues douches et oubliez aussi le dernier iPhone (et évitez aussi d'aller en voler un dans la pagaille, ça ne sert à rien d'ajouter la merde à la merde, je dis ça on sait jamais, ça va sans dire mais c'est mieux en le disant). 

    Bref, dans ce monde nouveau, il est tout à fait possible que notre oligarchie déménage de la défense (le quartier d'affaire à Paris) pour des ghettos financiers plus sûrs à l'abri de la vindicte populaire. Mais peut-être que la Suisse ne voudra pas d'eux alors on ne sait pas.

    Paris deviendra ce qu'elle est déjà depuis un moment, un gros sac à merde puant. La ville va changer, mais surtout le travail va changer. Sans code du travail et sans protections sociales, le prolétaire français redeviendra rentable et attendez-vous dans quelques années à avoir des offres d'emplois dans l'usine Apple du coin pour fabriquer les smartphones que les petits chinois pourront consommer dans leurs super centres commerciaux à 5 étages (pendant que chez nous ils seront reconvertis en villes fantômes occupées par les pauvres qui n'auront d'autre endroit au chaud pour habiter). Il ne serait pas surprenant qu'à l'avenir on voit pousser des usines un peu partout. 

    Les emplois industriels vont revenir ici, tout simplement parce que la division internationale du travail va changer.

    L'impérialisme de demain, c'est la Chine, et l'Inde. Ils vont connaître leur âge d'or, tout comme nous à une autre époque, lorsque nous étions les plus forts dans l'exploitation du monde. Certes nous exploiterons encore le monde, l'impérialisme français et américain par exemple, seront toujours dans la partie. Mais pas à une place de choix. C'est un peu comme un étang où l'on pêche. Le grand marais sera réservé aux tous puissants financiers sino-indiens tandis que les petits américains, anglais et français, jadis seigneurs du lacs, seront désormais cantonnés à une petite flaque. 

    Clairement, il n'y aura plus ici de surprofit impérialiste, plus de quoi financer la moindre augmentation de salaire, le moindre "acquis social", cette époque-là est définitivement révolue. Comme la carotte sera trop chère à payer, la bourgeoisie aura de plus en plus recours à l'état (le bâton) pour faire tenir ce système bancale. Et pourquoi pas sous-traiter la violence à des mafias déjà plus implantées sur notre territoire, grâce à complicité d'ailleurs de ce même état, qui y voit une source inépuisable de forces pour la réaction. 

    Bref la société de "l'après" sera très différente de celle de l'avant.

    Demain sera très dur pour beaucoup de gens, il y aura de la souffrance, c'est certain. Je suppose qu'il est difficile d'imaginer un tel scénario, que certains trouveront cela nébuleux, incertain, et je suis presque sûr que beaucoup de gens préfèrent ne même pas imaginer une telle situation, se réfugiant derrière des arguments bidons pour justifier leur peur du lendemain et se persuader que rien de ce que je dis n'est vrai.

    Et beaucoup de gens doivent se dire, "tout cela est vraiment horrible, demain sera moche". Mais c'est en fait une bonne chose, car la prolétarisation de la société va accélérer durant cette période. Or c'est ce dont nous avons besoin pour renverser le système... S'en sera fini des verrous sociaux (la classe moyenne, l'embourgeoisement) qui bloquaient depuis des décennies ne serait-ce que l'émergence d'un véritable mouvement révolutionnaire communiste. 

    Ce qui va naître, sera un prolétariat industriel également (certes moins nombreux qu'avant à cause des machines) mais tout tournera autour de la production. S'en sera fini de notre situation de peuple consommateur parasite et complice de l'impérialisme (eh oui trop pauvre pour corrompre le peuple), donc terminé aussi la sphère parasitaire des métiers improductifs et liés justement à ce mode de vie de consommateurs parasitaires propres à l'impérialisme. Bref, toutes les conditions pour détruire cet ordre capitaliste moribond, c'est cet ordre capitaliste moribond qui va nous les offrir sur un plateau d'argent. 

    Reste bien sur à s'organiser dès maintenant pour déjà, ne serait-ce qu''éclairer les consciences déjà un peu éveillées (bien trop de gens sont encore à mille lieues d'en arriver à comprendre tout ça). Et puis surtout être capables de construire à l'avenir l'organisation de combat pour démolir de fond en comble ce système qui montre chaque jour à quel point il est dépassé, à quel point sa crise générale appelle qu'on le remplace par un autre système.

    Ce que nous souhaitons, c'est un système réellement démocratique, car c'est finalement ce que ce système ne peut empêcher, comme il crée partout les forces qui demain lui porteront le coup fatal. A nous de réunir et d'éduquer les gens qui seront demain les forces conscientes, en commençant par travailler d'abord à nous instruire nous-mêmes.

    Il y aura clairement un avant et un après. Si nous nous montrons à la hauteur des enjeux, alors peu importe la violence de la tempête, nous saurons où aller. Ceux qui voyaient le communisme comme dépassé, comprendront que notre ère ne fait que commencer. 

    Source : http://www.proletaire.altervista.org/recherche%20marxisme/actualite.php 

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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Juillet à 22:14

    Un excellent article qui pose bien la problématique principale de "nos" gouvernants actuels : comment repousser encore un peu l'échéance fatidique....

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