• Le trotskisme, cet ennemi habile des travailleurs

    Staline et la Lutte Contre le Trotskisme

     

     

    C'est un texte très important sur la lutte contre le trotskisme qui éclaire bien ce qui s'est passé en URSS entre les années 1920 et 1941.
    Le texte est une traduction d'un article paru en russe et rédigé par le PC(b)tUS : il comporte pas mal d'erreur de français et de coquille, mais reste lisible.

    A partir du XXe Congrès du P.C.U.S. de triste mémoire, les révisionnistes khrouchtchéviens de droite (ou, plus exactement, les trotskistes khrouchtchéviens), et en particulier leurs épigones siono-«démocrates», ont infatigablement enfoncé dans la tête du pauvre philistin toutes sortes de fables calomnieuses au sujet des événements des années trente.

    Pour démasquer et réfuter ces fables, il nous est nécessaire de faire appel à certains fragments, très importants et très instructifs, de l'histoire de l'U.R.S.S.

    Comme cela ne semblera pas étrange, il va falloir commencer par citer certains passages du livre du docteur ès sciences historiques V. D. Ouspenski «Le conseiller secret du guide». Il y a dans ce livre d'assez nombreuses ordures déversées autour du nom de Staline, mais il s'y trouve également, pour dire vrai, quelques perles. Ce sont les passages où Ouspenski éclaire la nature profonde du trotskisme et de Trotski lui-même. Ce sont des témoignages extrêmement importants qui sont autant d'éléments de départ, d'éléments clés, pour la compréhension de toute notre histoire d'après Octobre.

    Le premier et principal élément de départ est lorsque Ouspenski dit du sionisme en employant les mots de Staline, ce qui suit: «le sionisme, les sionistes, c'est le détachement de choc de conquêtes de l'impérialisme mondial. Tandis que Trotski et ses partisans sont les agents agressifs du sionisme. Pour dominer la Russie, les trotskistes mènent contre nous (c.-à-d. contre les bolcheviks; – K. I.) un combat irréconciliable sur tous les bastions: idéologique, économique, national». Ajoutons pour notre part: en premier lieu un combat pour placer leurs cadres au plus haut niveau de direction dans le parti, pour la conquête du Comité central du parti.

    Le deuxième important élément de départ est lorsque Ouspenski révèle le lien direct de Trotski avec certains clans de sionistes en Europe et aux É.U. Ouspenski dit que lorsque Trotski se trouvait en émigration, il n'a jamais éprouvé de difficultés financières, visitant durant ce temps les cabinets de travail de personnages de premier plan de ces clans à Londres et à Paris, à Madrid et à New York. On comprend qu'il devait exécuter la tache que ces clans lui avaient fixée: la conquête de tout le pouvoir en Russie, par la voie révolutionnaire, rapidement et avec économie de moyens.

    C'est le témoignage le plus important du docteur ès sciences historiques V. D. Ouspenski. Car il ne s'agit pas des «oeuvres» de Trotski, non plus que de l'étiquette de «courant petit-bourgeois» dans le mouvement communiste collé au trotskisme, mais précisément de ce lien (et de cette tâche) qui révèlent tous les tenants et aboutissants de la nature profonde de la lutte des trotskistes contre les bolcheviks, à l'intérieur du parti et sur la scène internationale.

    C'est précisément à partir de là que l'on peut commencer à comprendre ce fait que Trotski et les trotskistes ne se sont pas rangés, en 1917, du côté de leur famille, du côté des mencheviks, mais du côté de leurs adversaires, du côté des bolcheviks. Pourquoi? Parce que ni les mencheviks, ni les socialistes révolutionnaires ne se proposaient de prendre le pouvoir (par l'intermédiaire des Soviets) en leurs mains, tandis que les bolcheviks se le proposaient clairement.

    Le troisième important élément de départ est la conquête par les trotskistes, dans les années de la révolution et de la guerre civile, de nombreux postes et fonctions de direction, aux niveaux supérieurs et intermédiaires, dans l'armée et dans les organes de répression principalement au NKVD (et en nombre insignifiant à la VTchK puis à l'OGPOU de Dzerjinski), ainsi que dans les organes judiciaires d'instruction et de jugement. Tous ces organes se sont trouvés saturés (et à un degré considérable) de trotskistes jusqu'à la fin des années trente. C'est là un élément extrêmement important pour comprendre les événements tragiques de 1937 et 1938 et la tragédie de 1941, dans la période initiale de la guerre.

    La lutte des trotskistes pour la conquête totale de la direction de l'U.R.S.S. et, en tout premier lieu, de la direction du parti (la «lutte pour le C.C.») peut être divisée avec précision en deux étapes: une première étape se rapportant à la lutte idéologique et politique légale et ouverte jusqu'en 1927, et une seconde étape se rapportant à la lutte illégale, camouflée, des trotskistes après 1927 qui se travestissaient, déjà moins lutte idéologique que lutte de diversion et de terrorisme, travail de subversion.

    Première étape: Elle se caractérise par l'aspiration des trotskistes à attirer de leur côté ne serait-ce qu'une majorité relative des membres du parti à l'aide de ce que l'on appelait les «discussions à l'échelle de l'ensemble du parti,>.

    La première de ces attaques, vers la fin de 1920 («Discussion sur les syndicats»), a été repoussée par Lénine, mais elle a quand même détaché pour un certain temps un petit nombre de camarades (en tout 19) du Comité central où Lénine se trouvait dès lors en minorité.

    1. NKVD, – sigle russe du Commissariat du peuple à l'Intérieur. Les commissariats du peuple ont été institués par arrêté du 08-11-1917 du 11e Congrès des Soviets de toute la Russie comme organismes centraux pour diriger les différentes sphères de l'économie nationale de l'État soviétique; ils ont été transformés en ministères par la loi du 1503191+6. (N.d.T.)

    2. VTchK (prononcer: 'vétchéka'), – aigle russe de la Commission d'exception pour toute la Russie (de 1917 à 1922). Cet organisme avait pour mission de lutter contre la contre-révolution, le sabotage et la spéculation en Russie dans les premières années du Pouvoir soviétique. (N.d.T.)

    3. OGPOU (prononcer: 'oguépéou'), – sigle russe de la Direction politique unifiée de l'État. Cet organisme, qui a succédé à la VTchK (de 1923 à 1931+), relevait du Conseil des commissaires du peuple de l'U.R.S.S. C'était un organe de la Sûreté de l'État ayant pour mission de lutter contre la contre-révolution, le sabotage et le banditisme. (N.d.T.)

    La deuxième discussion imposée au parti par Trotski fut la discussion à l'échelle de l'ensemble du parti à propos de la «plate-forme des 46 » à la fin de 1923, alors que Lénine, gravement malade, était complètement empêché de prendre part à cette lutte. Cette discussion fut extrêmement pénible pour le parti; en outre, le principal fardeau dans ce combat pour parer à cette pression enragée des trotskistes reposait sur les épaulas de Staline. Et Staline s'est brillamment acquitté de cette tâche: l'attaque idéologique et organisationnelle des trotskistes fut repoussée avec en plus la perte de postes pour eux dans l'armée, dans la POuR et dans le RVSR. La discussion suivante des trotskistes en automne 1924 a également été repoussée idéologiquement par Staline avec perte pour Trotski lui-même du poste très important pour lui de Président du RVSR.

    Trotski s'est calmé pour un temps, mais pas pour longtemps.

    En 1925 est apparue la «nouvelle opposition» à la tête de laquelle se trouvaient Zinoviev et Kamenev (auxquels s'est également jointe N. K. Kroupskaya, car Kamenev était pour elle un grand et proche ami depuis déjà l'émigration), tandis qu'au début de 1926 se créait le bloc Trotski-Zinoviev. Kroupskaya rompit avec l'opposition.

    Au cours des années 1926 et 1927, une empoignade acharnée s'est déroulée entre le bloc et le Comité central bolcheviste léniniste-staliniste avec, de nouveau, une tentative d'imposer une discussion à l'échelle de l'ensemble du parti et d'organiser un véritable référendum trotskiste dans le parti, à issue pour le moins des plus ignominieuses et fatale pour les trotskistes eux-mêmes. Et comme conséquence de tout cela: l'écrasement idéologique et organisationnel définitif du trotskisme suivi de mutations d'affectation (très considérables!), des «déplacements en province», de certains hommes du bloc comme, par exemple, Smilga et d'autres, conformément à la ligne du parti.

    Il est extrêmement important de citer ici certaines instructions et directives des leaders du bloc à leurs partisans au cours de cette empoignade. Les voici, telles qu'elles ont été enregistrées par l'histoire sur la base des documents.

    1. Paroles de Zinoviev au Plénum du C.C. du P.C.(b.)t.U.S. en juillet 1926:

    «Ce bloc, notre bloc, est pour de bon et pour longtemps!».

    Ce qui est exact est exact. Confidentiellement, l'activité de ce bloc antistaliniste s'est, de fait, poursuivie et longtemps, et pour de bon. Et le 11e Congrès du P.C.U.S. et les événements qui l'ont suivi ne sont que la continuation de l'activité de ce bloc dans de nouvelles conditions, sous une autre forme et avec d'autres personnages.

    2. Au cours de l'écrasement idéologique et organisationnel du trotskisme et du déplacement d'affectation de certains hommes du bloc en province, les trotskistes ont, dans leur rage aveugle, perdu la tête et le sens de la mesure. Leur leader Trotski fit ouvertement référence à la «thèse Clemenceau». L'essence de cette thèse consistait en ceci que Trotski menaçait d'un coup de force militaire, déclarant qu'en cas de guerre (des impérialistes contre l'Union soviétique) et qu'au cas où l'ennemi se trouverait même à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, ils (les trotskistes) «procéderont alors à un remplacement de la direction du parti et de l'État». En substance, cette «thèse Clemenceau», Trotski l'a réitérée dans sa lettre d'accompagnement à la «plate-forme des 83» à l'adresse du Comité central et de la Commission central de vérification (mai et juin 1927).

    Pour que l'ennemi puisse se trouver tout près de la capitale, comme l'a fait remarquer avec une grande précision A. A. Rouniyantsev clans son remarquable article «Le temps de Staline», il faut pour cela créer des conditions appropriées c'est-à-dire recourir à des actes de trahison dans les hautes sphères de l'Armée rouge ouvrière et paysanne (A.R.O.P.). Si l'on tient compte d'une certaine présence de trotskistes dans les dites sphères (étant donné que Trotski et ses complices ont longtemps été à la tête de la direction de l'Armée rouge), la «thèse Clemenceau» était alors loin d'être une vaine menace!

    Et la tragédie de 1941 fut, dans une très large mesure, la réalisation de cette «thèse Clemenceau» par les trotskistes camouflés dans l'armée!

    3. Le troisième document est l'instruction des leaders du bloc qu'ils ont diffusée (déjà illégalement!) à leurs coreligionnaires politiques pendant l'écrasement idéologique et organisationnel du bloc et qui avait trait au camouflage dans laquelle il est dit en particulier: «Vote pour le Comité central pour le moment, que tes bras ne s'ankylosent pas, tout en menant le travail de recrutement de militants d'opposition». En d'autres termes, camoufle-toi! Et ils se sont camouflés!

    Les trotskistes ont commencé leur passage au travail illégale dès 1926. À partir de 1928, ce camouflage a pris la forme de grandes déclarations à l'adresse du Comité central relatives à «la rupture avec le trotskisme» en se frappant la poitrine de repentance. Et, grâce à cela, pas mal de trotskistes sont demeurés en place à leurs divers postes de direction, se cramponnant désespérément au pouvoir. Mais il faut croire que les trotskistes ont commencé bien plus tôt encore à former leurs cadres soigneusement clandestinités dans le parti, dans l'armée, au NKVD en la personne de tous ces Yagoda, Khrouchtchev, Yéjov, Mékhliss, Frinovski, Ouborévitch, etc.

    Le quatrième document important est la directive de Trotski à ses coreligionnaires politiques, à présentes déjà bien clandestinités, camouflés, ainsi qu'à ceux en cours de camouflage. Cette directive a été exposée par lui dans deux lettres envoyées à Berlin au nom de Pyotr Péréverzyev, prétendument pour y être reproduites en plusieurs exemplaires. Il se trouve que ces lettres ont été interceptées (peut-être par l'OGPOU, et il n'est pas exclu que ce soit avec l'aide de Trotski lui-même) et immédiatement publiées dans la «Pravda» du 15 janvier 1928. Rappelons que le Rédacteur en chef de la «Pravda» était à cette époque N. I. Boukharine. Quel genre de directive était-ce donc? Dana sa première lettre, Trotski s'en prend aux «capitulards», à ceux qui ont effectivement rompu avec l'opposition. Il exige que soient exécutées non pas les instructions et directives du C.C. du P.C.(b.)t.U.S., mais celles des leaders du bloc. Tous ceux qui ne les exécuteront pas sont déclarés par Trotski adversaires conscients et il exige qu'une lutte impitoyable soit menée contre eux. De quel genre de lutte impitoyable s'agissait-il donc? Idéologique? Mais Trotski avait déjà été de nombreuses fois battu dans la lutte idéologique et il venait d'y être définitivement écrasé par Staline.

    Non, cette lutte impitoyable des trotskistes n'était rien d'autre que la terreur. Et par-dessus le marché, la terreur mise en œuvre par eux-mêmes par le moyen des organes répressifs où leurs coreligionnaires politiques clandestinités s'étaient retranchés. Et en plus, sous le drapeau de la lutte prétendument contre les trotskistes. Et à la fin, c'était ou bien la fusillade, ou bien le camp où le commandement était trotskiste et le régime tel que l'on n'en survit guère longtemps.

    Mais ce n'était pas seulement et pas tant contre ses ex-corélégionnaires politiques défaillants que Trotski pointait sa lutte impitoyable. Ce n'était là que la toile de fond sur laquelle cette lutte, cette terreur, devait être menée contre tous les staliniens à tous les niveaux dirigeants. C'est précisément contre eux que Trotski pointait sa lutte impitoyable, sa terreur, dans sa seconde lettre. Il y déclare sans détour que si vous, l'opposition, les trotskistes clandestinisés, vous vous opposez à l'U.R.S.S. comme à un «gouvernement bourgeois» et au P.C.(b.)t.U.S. comme à un «parti petit-bourgeois», vous vous transformez alors en filet (ce qui correspondait à la réalité; – K. I.). Non, ordonne Trotski, ce qu'il vous faut faire, à vous, trotskistes, c'est mener la lutte pour la conquête du P.C.(b.)t.U.S. De quelle manière? Sans ambages, Trotski donne aux esprits bouchés ce conseil cynique: pour cela il vous faut frapper la direction du P.C.(b.)t.U.S. Frapper et ils allaient frapper.

    La seconde étape de la lutte des trotskistes pour s'emparer du pouvoir en U.R.S.S. n'était-elle aussi rien d'autre que leur tentative sanglante de grande envergure de réaliser cette directive de Trotski. Nous allons examiner de quelle manière cela s'opérait.

    En 1934, il avait été procédé au regroupement de l'OGPOU avec le NKVD en un Commissariat du peuple unique, le NKVD. C'est le trotskiste clandestinisé Guenrikh Yagoda (que certains appellent Herschel Jehuda6) qui fut nommé au poste de Commissaire du peuple du NKVD, lequel était parvenu à s'infiltrer dans les milieux dirigeants grâce à ses liens de parenté avec feu Y. M. Sverdlov. Et il s'est réalisé ce que les trotskistes espéraient depuis longtemps.

    À présent, on pouvait enfin commencer à frapper la direction staliniste à tous les niveaux, frapper en grand, à l'échelle de toute l'Union. Et le 1er septembre, un coup de feu claqua à Smolnî: S. M. Kirov était assassiné; le plus sûr soutien de Staline dans son combat contre le trotskisme. Ce n'était pas simplement son partisan, mais l'homme qui lui était le plus proche et le plus cher, son ami.

    L'enquête bâclée du NKVD fut une sorte de brouillard enveloppant toute cette affaire. Staline, bouleversé par cet assassinat, insista pour que soit créée une commission du Comité central afin de faire la lumière sur l'état des choses et sur l'activité du NKVD en général

    Pour commencer, la commission apposa les scellés sur le cabinet de travail et le coffre-fort de Yagoda. Et c'est alors que furent découverts des documents qui apportèrent la preuve de l'orientation des activités de Yagoda (et d'autres dirigeants du NKVD) et de ses liens avec l'opposition clandestine qui avait déjà été constituée et à la tête de laquelle se trouvaient Zinoviev, Esménev, Yénoukidzé, lesquels occupaient des postes importants. Notons qu'au début du travail de la commission du Comité central, Yagoda n'avait pas été arrêté, mais seulement dirigé sur un autre travail et nommé Commissaire du peuple aux Télécommunications. Peu à peu, le degré de saturation de trotskistes dans les milieux dirigeants de haut niveau du NKVD fut mis en évidence. Après avoir pris connaissance des pièces du dossier de la commission, Kroupskaya fut saisie d'épouvante et exigea, dans les pages de la «Pravda», «que le châtiment le plus sévère soit réservé à ces vipères». Boukharine, Préobrajenski, Radek et d'autres, qui s'étaient préalablement repentis, exigeaient eux aussi la même chose dans les pages des journaux.

    Mais l'enquête révéla également que certaines pistes, partant de Zinoviev-Yénoukidzé, conduisaient de même à l'armée. Et l'on arrêta le trotskiste Poutna, chef de la mission militaire soviétique à Berlin. Il s'est tu durant neuf mois et ce n'est qu'après qu'on lui eut présenté des documents reçus de Tchécoslovaquie qu'il commença à parler.

    C'est ainsi que fut découvert le complot militaire trotskiste à l'intérieur des milieux dirigeants supérieurs de l'Armée rouge à la tête duquel se trouvait M. M. Toukhatchevski, maréchal de l'Union soviétique, d'une nature extrêmement vaniteuse, qui était l'adjoint du chef d'état-major général (c.-à-d. de A. I. Yégorov). Le 1er juillet 1937, il mettait la point final à sa déposition, véritable confession de plusieurs pages. De nombreux noms vont y figurer, parmi lesquels Trotski, Yénoukidzé, Poutna..., que nous connaissons déjà. Le nom de Boukharine y sera également cité à la fin. Mais l'enquête et le travail de la commission du Comité central avaient déjà mis en évidence longtemps avant cela que certains fils conduisaient également et à Boukharine, et à Préobrajenski, et à ce même Radek, ainsi qu'à d'autres personnages.

    Peu à peu, la véritable organisation clandestine, avec ses gens en province (Paîzoula Khodjayev en Ouzbékistan), avec ses liens dans l'armée (Toukhatchevski et d'autres), au NKVD, a été mise en évidence. Pour résoudre la question de savoir que faire de cette organisation, de Boukharine, de ses dirigeants, une commission spéciale du Comité central a été créée qui était composée de I. V. Staline, N. K. Kroupskaya, M. I. Oulyyariova, N. S. Khrouchtchev et N. I. Yéjov. La présence dans cette commission de la veuve de Lénine et de 1a soeur de celui-ci offrait une garantie suffisante de l'objectivité de son travail, car elles ne transigeaient pas avec la conscience. Et tout le monde comprenait que, si l'on ne savait pas pour les autres, on savait que pour elles, pas un seul cheveu ne leur tomberait de la tête quelles que puissent être leurs conclusions.

    Mais personne encore ne se doutait du véritable visage de grands personnages tel que N. S. Khrouchtchev, promu par Kaganovitch gravissant avec impétuosité tous les échelons de la hiérarchie jusqu'au sommet, Premier secrétaire du Comité de ville de Moscou du P.C. (b.)t.U.S. en 1937, ou tel que L. Z. Mékhliss, autrefois introduit par les trotskistes au poste de secrétaire de Staline, chef de la Direction politique centrale de l'Armée rouge ouvrière et paysanne en 1937, ou encore tel que N. I. Yéjov devenu Commissaire du peuple du NKVD en 1936. Quel pouvoir en leurs mains! Quelles possibilités d'action!

    On peut sans hésiter affirmer que ce sont précisément Mékhliss et Yéjov qui furent les organisateurs des mesures massives de répression dans l'Armée rouge parmi les chefs d'armée fidèles à leur Patrie soviétique, au parti et à Staline, exécutant ainsi la directive de Trotski.

    Et parmi celles qui furent quelques unes de leurs premières victimes se trouvent d'éminents chefs d'armée soviétiques tel que A. I. Yégorov, maréchal de l'Union soviétique, chef de l'état-major général de l'A.R.O.P., qui fut accusé de complot, bien que l'on n'ait disposé d'aucune donnée pour cela et qu'il ne pouvait y en avoir; arrêté par les Mékhliss-Yéjov, Yégorov fut fusillé expéditivement. Un autre éminent chef d'armée, V. K. Blücher, également maréchal de l'Union soviétique, commandant en chef de 1'OKDVA7, fut lui aussi arrêté et mourut en prison. Une «affaire» a été fabriquée autour de Kossior, Premier secrétaire du P.C. (b.) d'Ukraine, qui fut également rapidement fusillé. Son poste fut aussitôt occupé par, devinez qui, N. S. Khrouchtchev Devenu alors le maître d'une république comparable à la France par ses dimensions, sa population et son industrie, et en plus de cela ayant pris place au Bureau politique du Comité central, il se mit sans plus tarder au travail. À quel travail? On peut en juger par la lettre qu'il a adressée à Staline: «Cher Iosif Vissarionovitch! L'Ukraine (en substance, Khrouchtchev lui-même; – K. I.) envoie chaque mois de 17 000 à 18 000 dossiers de gens faisant l'objet de mesures pénales mais Moscou n'en valide pas plus de 2000 à 3000. Je vous prie de prendre des mesures d'urgence Votre affectionné N Khrouchtchev» Cette lettre a été publiée pour la première fois en avril 1992 dans le journal «Délo» dont le Rédacteur en chef est A. A. Roumyantsev.

    Comme nous pouvons le voir, le triumvirat Khrouchtchev Yéjov-Mékhliss exécutait largement et dans toute sa pleine mesure la directive noire de Trotski. Si paradoxale et regrettable que cela puisse paraître, les trotskistes y ont été aidés par le rapport même de Staline au Plenum du Comité central de mars 1937 publié dans les journaux et dirigé sur la dénonciation, par le parti et le peuple, des trotskistes à double face qui se camouflent derrière leur carte du parti. Bon rapport, mais la tragédie réside en ce que les hautes sphères de la direction étaient aux mains de ce triumvirat et de ses complices. Les trotskistes y ont également été aidés par les disputes et querelles de toutes aortes au sein des équipes de travail, par les délations, diffamations, calomnies, de toutes sortes.

    En 1937 déjà, des lettres commençaient à parvenir au Comité central à propos d'exclusions du parti et d'arrestations non fondées. Et en janvier 1938, une Ordonnance du Plénum du Comité central a été rendue publique, dans laquelle tous ces faits sont cités. Et aussitôt, des lettres et des plaintes ont afflué à propos de faits terrifiants perpétrée par le NKVD. De nouveau, le Comité central s'est occupé de vérifier l'activité de NKVD d'après ces lettres. Yéjov fut relevé de ses fonctions de Commissaire du peuple du NKVD et nommé, en attendant, Commissaire du peuple au Transport fluvial. La commission du Comité central, le Tribunal suprême de l'U.R.S.S., la procurature et différentes commissions vérifièrent toutes les «affaires» des personnes ayant fait l'objet de mesures de répression... Des affaires terribles. Yéjov fut arrêté. Une instruction s'ensuivit. Puis Yéjov, on ne sait comment, disparut du champ de vision sans que les Soviétiques s'en aperçoivent. Plus de nouvelles de lui, plus rien...

    De la même façon, les Soviétiques n'ont pas eu connaissance de l'Ordonnance du Conseil des commissaires du peuple de l'U.R.S.S. et du C.C. du P.C. (b.)t.U.S de novembre 1938 relative aux arrestations, à la surveillance exercée par le ministère public et de la conduite de l'instruction, dans laquelle sont généralisés tous les faite d'arbitraire grossier ayant présidé aux arrestations, aux «instructions», aux mesures massives de répression. Le C.C. du parti avait toutes les raisons de déclarer dans cette «Ordonnance> que: «Les ennemis du peuple (c.-à-d. les trotskistes et leurs complices) qui se sont infiltrés dans les organes du NKVD, tant au centre qu'en province, poursuivant leur travail de sape, se sont efforcés d'embrouiller par tous les moyens les dossiers d'instruction et de renseignements confidentiels; ils ont sciemment perverti les lois soviétiques, commis des faux, falsifié les documenta d'instruction,, procédant à des arrestations pour des motifs futiles et même en l'absence de tout motif; ils ont, dans un but de provocation, fabriqué des «affaires» contre des gens innocents, tandis qu'ils prenaient en même temps toutes les mesures utiles pour couvrir et sauver de l'écrasement leurs complices en activités antisoviétiques criminelles)>. C'est au livre de R. I. Kossolapov «La parole est au camarade Staline» que nous devons de connaître ce document hors du commun par son importance.

    La question se pose alors: pourquoi des millions de Soviétiques n'ont pas eu connaissance, et ne connaissent toujours pas à présent, tous les documents cités ici, dont également ceux des trotskistes eux-mêmes et ceux de l'affaire Yéjov? La réponse semble évidente: parce que cela a aidé les autres organisateurs (d'alors), à part Yéjov, de cette ignominieuse vague antisoviétique de mesures trotskistes de répression des années 1937 1938 à se soustraire à leur responsabilité. Et non sans succès. Notons que la question de l'activité à cette époque, de 1a Direction politique principale de l'A.R.O.P., autrement dit de Mékhliss, ainsi que de «tigres» infiltrés dans le parti tel que Khrouchtchev, est totalement éludée dans cette «Ordonnance» de novembre 1938. Car derrière eux on distingue également la figure de L. M. Kaganovitch, derrière les larges épaules duquel se sont abrités toutes sortes de crapules à carte du parti en poche (et pas seulement derrière Kaganovitch, mais également derrière Molotov et Vorochilov qui ont fait preuve d'une grande myopie politique en ne discernant pas Yéjov et Mékhliss). Mais pas seulement cela!

    La dissimulation de tous ces documents a permis aux trotskistes demeurés indemnes dans le parti de se réorganiser par la suite et, les circonstances favorables venus, de se ruer sur Staline en le calomniant, suivant la méthode habituelle des trotsko-sionistes qui consiste à rejeter leurs propres turpitudes sur leurs adversaires. Cette même calomnie est également l'arme «idéologique» de la contre-révolution antisoviétique de Gorbatchev-Yeltsine. Ce sont les bastions, redoutes et blockhaus sur lesquels se poste la contre-révolution aujourd'hui également, profitant de son monopole sur les moyens d'information de masse.

    C'est pourquoi il est d'une importance primordiale, cause sacrée pour les partis communistes (s'ils sont réellement communistes, bolcheviks, dans les faits), d'organiser et d'exécuter, pour parler métaphoriquement, une puissante «préparation d'artillerie» pour détruire ces blockhaus de la contre-révolution. Cette «préparation d'artillerie» peut se concevoir sous la forme d'éditions à des tirages massifs de petites brochures publiant tous les documents relatifs à ce thème, tant ceux existant déjà sous forme éditée que ceux encore non publiés.

    Pour en revenir à ces lointaines années vingt et trente, il convient de souligner que les personnes de nationalité juive faisant partie des organes de direction aux niveaux supérieur et moyen n'étaient pas toutes, et très loin s'en faut, trotskistes (agents de subversion du sionisme). Nombre d'entre elles étaient des Soviétiques solides partisans de la politique léniniste-staliniste. Des gens tels que, par exemple, Yéaélyyann Yaroslavski, Serguéî Ivanovitch Goussev (Yakov Davidovitch Drabkine), tels que Aronn Alexandrovitch Soltz, Isamak Izrailévitch Schwartz. Travaillant à la Commission centrale de vérification et dans les services du Comité central, ces vieux bolcheviks ont fait se faire pas mal de mauvais sang aux trotskistes et autres opposants dans le combat de Staline contre le trotskisme. Et il n'était pas rare d'entendre dire: «Je me fous pas mal qu'il soit juif. Pour moi, il est même bien meilleur que d'autres qui ne sont pas juifs!». Pourquoi cela? Pour cette simple raison qu'il s'agissait là d’hommes attentifs aux «gens ordinaires», qui ne trompaient pas leur monde, qui étaient honnêtes; bref, qu'ils étaient de vrais bolcheviks.

    Et le docteur ès sciences historiques V. D. Ouspenski ne passe pas cette question sous silence dans son «Conseiller secret». Il souligne tout spécialement: «Partant de sa formule précise»:

    Il n'y a pas de mauvaises ou bonnes nationalités, il n'y a que de mauvaises ou bonnes gens, (du point de vue politique bien entendu), Iosif Vissarionovitch traçait une limite précise entre les Juifs comme représentant de l'une des nationalités d'une part, et les vecteurs du sionisme d'autre part. Il disait ceci: La masse essentielle de la population juive est comme tout le monde. Les sionistes sont une autre affaire. Le sionisme est le détachement de choc de conquêtes de l'impérialisme mondial. Tandis que Trotski et ses partisans sont des agents agressifs du sionisme pour dominer la Russie, les trotskistes mènent contre nous (c.-à-d. contre les bolcheviks; – K. I.) un combat irréconciliable sur tous les bastions: idéologique, économique et national».

    La mort de Trotski n'a pas entraîné avec elle la disparition du trotskisme puisque l'impérialisme demeure et avec lui le sionisme (personnifié par les clans financiers et les oligarchies du «Groupe des Sept» européen, de l'OTAN, sionistes dans leur majorité). Le trotskisme ne fait que changer constamment d'aspect, se présentant «sous d'autres étiquettes», comme le dit Ouspenski, comme aujourd'hui en Russie sous l'étiquette de «démocrates». Après la victoire de leur contre-révolution, les sionistes agissent à présent ouvertement et avec une arrogance cynique dans notre pays. Ils terrorisent moralement les Soviétiques de nationalité juive, de concert avec les soi-disant «nationalistes russes». C'est pourquoi il convient, en dénonçant le sionisme, de ne pas se laisser entraîner dans leur antisémitisme effréné. Ne pas oublier que le réseau d'agents de subversion de l'impérialisme sioniste s'est toujours rencontré et se rencontrera toujours dans n'importe quelle nationalité, cela va des nationalistes bourgeois aux antisoviétiques de toutes sortes. Et ne pas oublier non plus que le réseau d'agents de subversion du sionisme a toujours su se camoufler par sa démagogie insolente, se couvrant chaque fois du masque le mieux approprié à l'instant donné pour, au moment voulu, porter à ses adversaires le coup qui les terrassera. Pour parler métaphoriquement, le réseau d'agents de subversion du sionisme, ce sont des caméléons politiques armés de l'aiguillon du scorpion. Voilà pourquoi la lutte contre le sionisme est très difficile.

    K. P. ISLAMOV,
    P.C.(b.)t.U.S.
    Moscou.

    Source : http://www.northstarcompass.org/french/nscfr32/stalin.htm

     

     

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