• - Lutte des classes ou lutte des genres, il va falloir choisir ! (MAJ 09/04/2021)

    Lutte des classes ou lutte des genres, des races, des religions...? (Suivi de : "Qui sont, et où sont les prolétaires en 2021 ?)

     

    Le débat public est aujourd'hui marqué par d'âpres polémiques sur les questions mêlées de race, de religion et d'immigration, de genre, des inégalités et des discriminations...

     

    Trois événements récents ont alimenté, y compris au sommet de l'État la tendance à faire de ces questions, celles centrales de la société française. Ainsi, en octobre 2020, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, déclarait sur Europe1 que dans les universités, existerait un «islamogauchisme » qui ferait des « ravages ».

     

    En février 2021, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l‘innovation, Frédérique Vidal, reprenait le flambeau de cette attaque portée contre l’université et plus largement contre la recherche académique sur CNews : « Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, [elle] fait partie de la société ».

     

    La ministre annonçait dans la foulée vouloir lancer une enquête sur « ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

     

    A rebours, la présidente de l'organisation étudiante UNEF affirmait quant à elle que certaines réunions, pour parler des discriminations subies, sont organisées racisées, soulevant un tollé allant pour certains jusqu'à la demande d'interdire cette organisation.

     

     

    Plus récemment encore Audrey Pulvar adjointe d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a déclenché une nouvelle violente polémique en défendant les réunions non mixtes en déclarant ne pas être choquée « que des personnes discriminées (…) sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter ». Ajoutant : « Je préfère les réunions “réservées à” que les réunions “interdites à”.

    Mais s’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, il n’est pas question de la ou le jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d’être spectateur ou spectatrice silencieux. » .

     

    Autour de ces déclarations, c'est à jet continu que s'expriment les forces politiques et les commentateurs dans les media pour condamner, comprendre ou soutenir les positions des uns et des autres.

     

    Pourquoi une telle intensité dans ces débats, comme pour ceux concernant les questions de genre, d'immigration et de religion... et cela a-t-il toujours été ainsi ?

    Pour faire simple, on peut estimer qu'à partir des années 1980 c'est produit un retournement dans la façon d'analyser les rapports sociaux. À une lecture de classe s'appuyant sur le caractère irréductiblement conflictuel du salariat et du capital et déterminant les pratiques sociales, c'est substituée une lecture renvoyant à des caractéristiques évacuant complètement la lutte des classes.

     

    Il en est ainsi, par exemple, de la question de genre. Si l'égalité homme/femme est proclamée comme une juste nécessité, elle est déconnectée du système d'exploitation capitaliste, comme si cela n'avait aucune influence sur la réalité de la condition féminine, et par exemple sur la question des inégalités salariales ou encore sur celles des métiers qualifiés sous-payés quasi réservés aux femmes.


    On peut alors voir, entendre et lire dans un même mouvement que l'égalité ce serait plus de femmes PDG ou ministres, mais qui se préoccupe du fait qu'aucun ouvrier et employé ne siège à l'Assemblée Nationale alors que hommes et femmes, ils représentent 60% des salariés !

    Où faut-il chercher : dans le genre, la religion, la couleur de peau le faramineux écart de richesse entre le multi milliardaire Bernard Arnaud dont la fortune était estimée en 2019 à 5 millions d'années de SMIC brut et la smicarde ou le smicard ?

    Où dans le fait que cette richesse accumulée est le fruit de l'exploitation du travail de dizaine de milliers de salariés ! Smicardes, smicards battez vous pour l'égalité mais surtout ne touchez pas à la fortune des capitalistes !

    Au fond, les discours en vogue ont tous une fonction et ceux qui s'y prêtent remplissent cette fonction : faire disparaître toute velléité de faire de la question de classe la question centrale du changement de société.

     

    En rendant invisible les salariés, en les divisant suivant des catégories qui n'ont rien à voir avec leur position d'exploités et qui ne mènent qu'à des affrontements stériles, les forces dominantes réactivent en permanence l'idée du moindre mal et celui des petits pas en avant qui ne touchent pas à la nature du pouvoir économique et politique des détenteurs de capital.

     

    C'est pourquoi, nous refusons ces débats pipés et que nous restons fermement ancrés sur l'essentiel : la lutte des classes et l'organisation de la classe laborieuse pour abattre le système capitaliste prédateur et construire le socialisme.

    Cet article à télécharger en PDF :

    Télécharger « Lutte des classes ou lutte des genres, des races, des religions.pdf »

     

    URL de cet article >> https://www.sitecommunistes.org/index.php/france/societes/1377-lutte-des-classe-ou-lutte-des-genres-des-races-des-religions

     

    Pour le socialisme, PDF à télécharger :

    Télécharger « le_socialisme_seule_alternative_au_capitalisme.pdf »

    Télécharger « LES MENSONGES SUR LHISTOIRE DE LUNION SOVIETIQUE.pdf »

    Télécharger « L'URSS de Staline - livres et témoignages historiques.pdf »

     

    VIDÉO

     

     

    https://youtu.be/yEu6YOSn7fY

     

    Qui sont, et où sont les prolétaires en 2021 ?

    - Lutte des classes ou lutte des genres, il va falloir choisir !En relisant les textes originaux publié sur Réveil Communiste, on constate que leur cohérence repose presque intégralement sur le fait qu’ils entendent exprimer l’intérêt et les revendications fondamentales du prolétariat.

    Or le prolétariat est rendu invisible dans notre société par plusieurs facteurs, concordants, qui le dissimulent presque au point de le faire disparaître de la conscience commune. Ainsi un lecteur sous l’influence de la pensée dominante aura l’impression que les analyses de RC sont sans objet. Sauf s’il fait lui-même partie du prolétariat, mais il ne faut pas se faire trop d’illusion à ce sujet : les ouvriers d’aujourd’hui ne sont pas, ou plus, des lecteurs de textes militants marxistes.

    Le but de ces réflexions est d’ailleurs de proposer des idées pour y remédier, sachant que l’organisation prolétarienne type de notre pays, le PCF, n’accomplit plus son rôle historique d’éducation populaire, et qu'il a même tourné le dos aux ouvriers (au congrès de 2006, le premier auquel j’ai participé, dans la très longue « base commune » laborieusement rédigée soumise aux délégués, le mot « ouvrier » n’apparaissait qu’une fois, dans l’expression « vote FN ouvrier » !).

    D’une manière générale, le prolétariat (et les prolétaires) disparaît du langage des forces progressistes, « anticapitalistes » ou supposées telles.

    C’est le cas des théories gauchistes de l’unité de tout le peuple contre le 1 % des plus riches. Que le 1 % prend beaucoup ses aises, ça ne fait pas de doute, mais il n'en reste pas moins qu'il est défendu et rembourré par une couche nombreuse d’une nouvelle moyenne bourgeoisie adhérant à l’idéologie dominante pour laquelle nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, qui selon le critère choisi pour la définir va regrouper entre 20 et 40 % de la population dans notre pays , qui occupe des vastes espaces géographiques et qui surtout représente une part nettement plus importante du corps électoral actif (moins dans les pays émergents mais quantité non négligeable non plus), et ce n'est pas rien. Un couche sociale à l’abri du besoin qui s’imagine comme un modèle de civilisation, qu’il faudra mettre à contribution dans tout programme de changement social, et qui ne va pas être d’accord.

    Le critère géographique qui place 60 % des Français dans la périphérie et le restant dans les « centres » (où se trouvent aussi les « cités » c’est à dire les ghettos, dont il faut alors décompter les habitants, environ 10 % de la population française), donne une idée où il faut chercher les prolétaires si on veut vraiment les rencontrer. Les habitants ne sont pas tous prolétaires dans la périphérie mais leur proportion est nettement plus importante dans cette zone, où il n’y a pratiquement plus de municipalité PCF.

    De même le salaire net médian qui est de 1750 euros, ce qui signifie que 40 % des Français (sur 80 % de salariés) gagnent moins que cela, peut nous éclairer la lanterne quant à savoir qui chercher. Ceux qui perçoivent un faible salaire n’étant pas tous des prolétaires, car ils peuvent relever du budget global d’une famille de la bourgeoisie, et ils servent alors d’appoint. Et ceux qui perçoivent jusqu’au double ou triple de ce montant peuvent par contre faire partie des salariés les plus exploités, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. Il y a aussi un nombre important d’indépendants artificiellement créés, par exemple par l’ubérisation, qui forment un nouveau prolétariat informel, extrêmement précaire et mal rémunéré, sur le modèle prévalant dans le Tiers Monde.

    Ceux qui appartiennent à la CSP « ouvrier », totalisant autour de 20 % des actifs, sont délibérément minimisés par les statistiques : une bonne partie des employés, des professions intermédiaires et même de plus plus en plus de cadres sont en fait des travailleurs exploités. La forte proportion de cadres parmi les militants syndicaux signifie simplement que les cadres et techniciens actuels sont équivalents à l’ouvrier qualifié de la période fordiste qui représentait déjà la majorité des syndiqués ; les salariés qui se sont suicidés à France Télécom après la privatisation étaient, pour la plupart, des cadres.

    Les travailleurs hors de France et hors de l’Occident en général sont particulièrement exploités et les nombreux emplois improductifs qu’il y a chez nous recyclent la plus value produite et extorquée dans le Sud. Mais cela ne change pas grand-chose à la base de l’analyse. Pour un prolétaire, ça ne change pas grand-chose d’être exploité pour une activité productive ou pour une activité de service qui ne l’est pas. Une politique socialiste appliquée en France devrait de toute manière réorganiser et rapatrier la production, et les travailleurs de services seraient alors réaffectés à l’industrie ou à l’agriculture, où ils seraient sans doute mieux payés.

    Aujourd’hui, il est assez rare qu’un prolétaire revendique explicitement son identité à partir de sa position dans la lutte des classes, du coté des exploités, ou à partir de son mode de vie de « travailleur », ce qui ne signifie pas que la conscience de l’être ait disparu, mais que cet être n’est pas valorisant dans un monde où l’image narcissique est une valeur fondamentale, et que les prolétaires actuels sont plus isolés que leurs prédécesseurs et probablement moins solidaires entre-eux. Ou bien qu’ils recherchent cette solidarité dans la communauté particulière, réelle ou imaginaire, dont ils relèvent et non plus dans la classe à laquelle ils appartiennent.

    Il est probable qu’il faut une transition psychologique profondément vécue, et du coup assez longue entre les études secondaires et supérieures sans substance qui sont maintenant généralisées à quasi toute la classe d’âge, et l’installation définitive dans la vie sociale pour la prise de conscience à l’appartenance à la classe exploitée, et plus encore pour l'apparition de la réaction d'orgueil qui faisait dire aux communards "c'est la canaille ? et bien, j'en suis" !

    Le prolétaires veulent et peinent à obtenir, leur logement, leur emploi, et un conjoint stable, c’est à dire tout ce qui est considéré dans le discours culturel dominant de classe moyenne comme acquis et parfaitement méprisable.

    Cette conscience prolétarienne embarrassante reste donc en sommeil tant qu'il n'y a pas d'usage concret pour elle, tant que ne réapparaissent pas les conditions de la lutte qui soudent la fraternité du collectif ; or la lutte prolétarienne consciente et déterminée ne se produit souvent que trop tard au moment du plan social ou de la fermeture de l’usine qui réunissait concrètement les travailleurs.

    On peut en dire autant du prolétariat immigré : il lui faut une transition pour accéder à la conscience de classe, il doit faire le deuil de l’illusion d’être parvenu à une forme de réussite sociale en intégrant le premier monde. En ce sens, si l’immigration de main d’œuvre est évidemment une arme contre la classe ouvrière et contre le développement du Tiers Monde, le regroupement familial au contraire favorise l’intégration de classe des ouvriers immigrés en banalisant leur condition sociale.

    D’après certains calculs (Voir John Smith, L’Impérialisme au XXIème siècle, New York, 2016) les prolétaires immigrés représenteraient environ 10 ou 12 % du total de la classe dans le pays d’Occident, ce qui signifie à peu près et le double si on y compte leurs enfants. C’est beaucoup trop pour les négliger et c’est trop peu pour en faire le sujet politique central.

    Les plus jeunes, immigrés ou autochtones, ne vont pas se reconnaître spontanément comme prolétaires, car cette prise de conscience est une remise en cause de l’image de soi dans l’univers moral formaté par les valeurs capitalistes, qui sont fort bien relayées par le rap commercial qu’ils écoutent presque tous.

    La condition prolétarienne n’apparaît vraiment clairement à ceux qui ont la malchance de la partager qu’au moment où ils perdent le travail qui la fonde.

     

    S’il n’y a pas d’organisation pour la défendre et l’illustrer.

    Une organisation prolétarienne, ça va sans dire mais mieux en le disant, doit être accueillante pour les prolétaires et communiquer avec ceux qui ne sont pas organisés.

    Sur le lieu de travail et dans les quartiers, dans les cages d’escalier et sur les marchés, à l’occasion des manifestations culturelles et sportives, elle doit diffuser ses documents, rédigés et illustrés en style concis, clair, et attrayant, mais sans vulgarité ni démagogie, elle doit aussi écouter les doléances (comme en 1789) et s’en servir pour nourrir sa propre propagande ; cette littérature politique aura deux inspirateurs : les concepts de la théorie marxiste originale, et les ouvriers eux-mêmes.

    Ce sont les attentes concrètes des classes populaires qui avant tout doivent conditionner la propagande diffusée dans leur direction, non de manière superficielle et verbale, mais intégrées dès leur conception.

    Elle doit aussi toujours avoir un but : conduire à une initiative, à une action, populariser un exemple, et cette action ne doit pas se limiter à un discours aux fins électorales.

    Autrefois, dans des conditions historiques différentes et non reproductibles, le Parti communiste français dans ce qu’il avait de meilleur se rapprochait de cette organisation.

    GQ, 8 avril 2021

     

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    URL de cet article : http://www.reveilcommuniste.fr/2021/04/qui-sont-et-ou-sont-les-proletaires-en-2021.html

     

     

    On ne soigne pas les malades, on les tue !

    Un PDF de "Libre consentement éclairé", à télécharger.

    NDLR : Même si je ne partage pas tout ce qui est dit, il n'en reste pas moins que les infos que donne ce groupe sont pertinentes concernant la santé et les crimes organisés par ce gouvernement mondialiste et fasciste soutenu par Macron et sa clique !

    PDF à télécharger :

    Télécharger « On ne soigne pas les malades-On les tue.pdf »

     

     

    Une lettre à donner à son médecin s'il vous  invite à vous faire vacciner !

    PDF à télécharger :

    Télécharger « lettre_au_medecin_invitant_a_se_faire_vacciner.pdf »

     

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