• Mélenchon et le Front de gauche : vrai échec pour le mouvement social !

    Mélenchon, absent depuis les européennes, a fait sa rentrée politique en annonçant son retrait provisoire. Il veut prendre le temps de se reposer, on le comprend.

    De leur côté, les militants ouvriers s’activent à préparer un rude affrontement social et politique pour la rentrée. Mais pour Mélenchon, aucune élection nationale ne pointe d’ici 2017.

    Pour mieux se reposer, il pourrait aussi démissionner du Parlement européen et laisser sa place à un élu PCF. Avec ses retraites de ministre et de sénateur, il a assez pour prendre des vacances loin des problèmes des travailleurs.

    Dans son interview-bilan à un média marginal « Hexagones », mais largement reprise, Mélenchon constate l’échec du Front de gauche, expérience politique amorcée depuis bientôt six ans et le recrutement de Mélenchon par la direction du PCF en marge du 34ème congrès de notre Parti.

    Echec du Front de gauche ? Nous arrivons au même constat, prévisible, mais pas avec le même raisonnement que Mélenchon qui se montre injuste et ingrat avec les fondateurs du Front de gauche.

     Il est indiscutable que l’effet Mélenchon n’a tiré le Front de gauche, électoralement et superficiellement que pendant la campagne des présidentielles de 2012. Depuis, Mélenchon a de plus en plus agacé l’opinion publique, surtout les communistes, même les plus accueillants. Les effets de bateleur gauchiste ont vite lassé. Le caractère politicien du jeu de Mélenchon, de son double-jeu est vite ressorti.

     

    Le sénateur, vétéran du PS, qui brusquement se met à attaquer son ancien parti avec virulence, a montré qu’il savait rentrer dans le rang comme lorsqu’il a appelé sans conditions à voter Hollande « comme pour lui-même ». Ses critiques du PS ne sont jamais conséquentes, ni sur le fond, ni dans les actes militants.

     

    Lui qui veut tout révolutionner n’entrevoit d’autre perspective que dans les combines institutionnelles et électoralistes. Il propose tour à tour des alliances à Cohn-Bendit et à Joly, se voit premier ministre de Hollande ou ministre de Montebourg…

     

    Difficile aussi pour Mélenchon d’incarner l’opposition à l’Union européenne du capital, lui qui fut et reste un Maastrichien convaincu et qui ne trouve de modèle dans l’UE que chez le défenseur acharné de l’euro qu’est le dirigeant opportuniste grec Tsipras.

     

    La tactique « front contre front » a aussi logiquement été gravement contre-productive. Mélenchon s’est évertué, jusqu’à la comédie de la législative d’Hénin-Beaumont, à gagner du profit politique dans le « peuple de gauche » en jouant sur l’opposition à la montée du FN. Dans la surenchère des phrases, le politicien, ex-apparatchik du PS, limité dans sa demi-démagogie, s’est vu largement battu par les Lepénistes, dont on peut penser qu’il a même favorisé l’essor électoral. Dans les milieux « politisés » de gauche, il n’a pas gagné grand’chose.

     

    Mélenchon est un acteur principal dans l’échec politique du Front de gauche. Mais l’opération reste pour lui globalement très positive. Elle peut lui permettre d’envisager un maintien et un retour au premier plan rapide, du moins avant 2017.

     

    D’animateur obscur d’un courant du PS englué dans les combines politiciennes de la social-démocratie, Mélenchon s’est hissé, grâce au Front de gauche, au niveau d’un politicien de niveau national. Depuis au moins les présidentielles, il est le détenteur, grâce au PCF de la marque nationale « Front de gauche ».

     

    Accessoirement, le Front de gauche et le PCF lui ont permis de passer personnellement d’une sinécure PS au Sénat à une encore plus confortable sinécure FdG au Parlement européen.

     

    Grâce au Front de gauche encore, il a pu donner un semblant d’existence à un rassemblement hétéroclite et réduit, le « Parti de gauche », qui bénéficie maintenant de quelques élus, de quelques moyens et d’une capacité de faire du bruit disproportionnée par rapport à sa réalité.

     

    Au sein du Front de gauche, Mélenchon a aussi réussi, grâce à la direction du PCF, à paraître beaucoup moins affilié au PS que son partenaire, sur lequel il n’a cessé de prendre l’ascendant politique.

     

    Donc vraiment, Mélenchon a tort de se plaindre et s’il pleure aujourd’hui, c’est conscient des cartes qui lui restent pour demain.

     

    Du côté de la direction du PCF, le bilan du Front de gauche est beaucoup moins positif, c’est le moins que l’on puisse dire.

     

    Le seul projet des dirigeants qui semble réussi, c’est l’aggravation de l’effacement du PCF dans la suite des stratégies de « mutation », « de collectifs antilibéraux » ou de « transformations » imposées aux précédents congrès du Parti. Le discrédit et l’effacement du PCF et de ses positionnements fondamentaux historiques sont encore plus grands aujourd’hui qu’en 2008.

     

    Cette stratégie de la direction du PCF a amené un effondrement du nombre de ses élus. La Parti n’a plus que 7 députés, 1 seul député européen. Il a perdu la moitié de ses conseillers régionaux, un gros quart de ses municipalités etc. C’est un élément structurant qui est scié.

     

    Le Front de gauche a fait payer au PCF le prix le plus fort de la ligne de reniement de sa propre direction. Son incapacité à sortir de la dépendance institutionnelle du PS est ressortie terriblement (et en partie injustement) des attaques de Mélenchon sur les alliances électorales aux municipales notamment à Paris (là, ce n’était pas injuste !).

     

    Le PCF a porté tout le poids de sa conversion de sa direction à l’acceptation de l’UE du capital au nom de son illusoire réorientation, au moment même où le peuple en subit si cruellement la politique relayée en France.

     

    Le Front de gauche a poussé jusqu’à la caricature – ces débats incessants pour des places – l’institutionnalisation du Parti, la prééminence donnée à la recherche de combinaisons dans les institutions sur le rassemblement à partir des luttes. Il a paralysé l’action des militants.

     

    Les dégâts du Front de gauche pour le PCF sont à la hauteur de ses responsabilités dans la création de cet objet politique : primordiaux !

     

    Le bilan du Front de gauche est donc unilatéralement négatif pour les militants communistes, les militants des syndicats révolutionnaires, l’intérêt des travailleurs. Le Front de gauche, signifiant l’étouffement des véritables positions communistes, est en particulier pour beaucoup dans les graves illusions semées avant 2012 et leurs conséquences démobilisatrices aujourd’hui.

     

    Toujours coincé dans les conséquences de sa stratégie, Pierre Laurent propose de combiner un « Front de gauche élargi » avec un « Front du peuple », expression signifiant en fait une demande d’affiliation à certains courant du PS et à EELV pour recréer une illusion à « gauche » d’ici 2017.

     

    Mélenchon s’en régale déjà. Plus le PCF se déconsidère, plus sa démagogie peut prospérer. Il prend des vacances pour mieux préparer ses « coups », aiguiser ses « formules » et ses insultes, pour mieux jouer un rôle dans le nouveau brouillage politicien qui précédera les élections de 2017.

     

    Au schéma politicien perclus et mortifère tel qu’il est apparu aux élections européennes, s’oppose la perspective d’une nouvelle donne politique que les luttes, notamment celle des cheminots en juin ont dégagée.

     

    Entre les stratégies politiciennes d’ici 2017 et l’action dans les luttes sur des positions de rupture, il faudra faire des choix. Nous avons déjà fait le nôtre.

     

     

    Source : http://vivelepcf.fr/3179/melenchon-fausse-sortie-front-de-gauche-vrai-echec-pour-le-pcf-et-le-mouvement-social/

     

    Télécharger « Critique+communiste+du+programme+du+FdG-URCF.pdf »

    Télécharger « SocialDemocratiepour+le+Capital.pdf »

    Télécharger « UE+et+combat+anticapitaliste.pdf »

     

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