• - Qu'est-ce que l'impérialisme ? (M.A.J.)

    Qu'est-ce que l'impérialisme ?

    AVEC UN APPORT IMPORTANT DU CAMARADE TML.

    Quand on parle de l'impérialisme il y a très souvent 2 contre-vérités :

    1- On associe l'impérialisme à la guerre

    2- On considère que seul les USA sont LE pays de l'impérialisme : le front de gauche parle même de "l'Empire" (surement une référence à Star War)

     

    En fait l'impérialisme est un stade du capitalisme et il concerne à ce jour une soixantaine de pays.

     

    L'impérialisme est :

    - Le stade le plus élevé du capitalisme (Lénine parle du "stade suprême", c'est à dire le dernier stade d'évolution du capitalisme)

    - La phase de regroupement et de concentration des entreprises en grands monopoles

    - L'imbrication étroite des monopoles industriels et de la finance (banques, assurances...) avec une fusion du rôle des banques et de la finance

    - L'exportation massive des capitaux

    - L'implication des monopoles dans différents secteurs et non plus un seul comme au début du capitalisme

    - La phase d'internationalisation des monopoles (les grands groupes multinationaux)

    - L'étroite interdépendance entre l'appareil d'État et les monopoles : Les chefs d'états et tout l'appareil d'état sont non seulement au service des monopoles, mais sont tenus par des représentants directs des monopoles (voir l'articles précédents "Qui sont ces capitalistes méconnus")

     

    La guerre est inhérente au capitalisme. Lénine dit "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage".

     

    Elle existait bien avant le stade impérialiste, mais sous l'impérialisme, elle devient "l'outil" principal de domination, sous différentes formes :

    - Assassinat de syndicalistes, de révolutionnaires, de chefs d'état qui osent garder leur pays indépendant,

    - Espionnage, sabotage,

    - Déstabilisation, fomentation de troubles et contre-révolution fasciste (exemple de l'Ukraine),

    - Intervention "humanitaire",

    - Intervention "préventive",

    - Intervention "chirurgicale",

    - Soumission et pillage de pays asservis,

    - Et bien sûr guerre directe "classique".

     

    Les secteurs les plus bellicistes sont les conglomérats du pétrole et des banques et bien entendu du secteur militaro-industriel.

     

    Ces guerres impérialiste, directes ou indirectes, servent à conquérir de nouveaux marchés et de nouvelles zones d'influence et de domination.

     

    Les USA ne sont pas le seul pays impérialiste :

    Les socio-démocrates étant profondément liés à la gestion capitaliste de leur pays ne veulent surtout pas que la vérité éclate au grand jour.

    En mettant les USA sous les projecteurs, ils tentent de faire oublier que la France, pour ne citer qu'elle, est un grand pays impérialiste.

    Certains pays impérialistes sont sur le déclins (mais n'en restent pas moins puissants et dangereux) :

    - USA (Un déclin pour le moment assez doux, car les USA restent encore la plus grande puissance impérialiste au monde)

    - Pays-bas

    - Grande Bretagne

    - Allemagne

    - Japon

    - France (Fancafrique, entre autre)

    - Israel

    - Italie

    - Belgique

    - Suisse

    - Corée du sud

    - Canada

    - Taïwan

    - Espagne

    - Portugal

     

    D'autres sont en pleine ascension :

    - Chine

    - Pays du golfe (Qatar, Arabie saoudite, etc.)

    - Singapour

    - Inde (Ce pays n'en est qu'au début et est très loin d'avoir déjà atteint le stade impérialiste)

    - Brésil (Ce pays après une phase de constitution impérialiste est en perte de vitesse et ne peut plus être considéré comme impérialiste)

    - Russie (La Russie est plutôt au dessous du niveau de l'Espagne et ne peut pas encore être considéré comme impérialiste)

    - Mexique

    Les pays impérialistes se sont dotés d'organisations internationales afin de tenter de réguler leurs crises systémiques et de planifier le partage du monde :

    - G20

    - FMI (Fond monétaire international)

    - Banque Mondiale

    - OMC (Organisation mondiale du commerce)

     

    Ils s'organisent en zones d'influence :

    - OTAN et Pacte atlantique

    - Union Européenne

    - ALBA

    etc.

    UN COMMENTAIRE IMPORTANT DU CAMARADE TML :

    Dans le contexte actuel, et notamment avec les manifs à Hong Kong, la question de savoir qui est impérialiste ou pas devient particulièrement importante, et d’autant plus que le confusionnisme à ce sujet semble encore gagner du terrain dans la « gauche » française…

    Concernant la définition de l’impérialisme j’attire donc ton attention sur le fait que cette définition que tu republies aujourd’hui souffre d’une lacune essentielle d’un point de vue ML.

    En effet, dans les critères définis par Lénine, l’exportation de capitaux est évidemment un facteur essentiel, et même celui qui correspond déjà, à son époque, à l’expression la plus évoluées de la puissance impérialiste, en passe de se développer avec la « semi-colonisation ».

    Depuis, sous la forme « néo-colonisation », le mode de domination financière d’un pays par un autre est carrément devenu la règle de base, et mise en œuvre par les USA en premier, ce qui leur a permis de supplanter leurs rivaux anglais et français, notamment, qui sont encore restés longtemps sur le mode de domination territoriale, avant d’évoluer vers le néocolonialisme à leur tour, notamment avec le système « françafrique » comme exemple remarquable et encore actuel.

    Bien entendu, ce critère ne suffit pas à lui seul et doit être inclus dans le mouvement dialectique d’ensemble qui caractérise un pays et ses relations extérieures.

    Quelques exemples d’intérêt actuel :

    Les USA… ont y reviendra donc pas, tant le cas est flagrant ! « Sur le déclin », selon certains >>> tout est relatif, et la domination US possède une telle marge d’avance sur ses concurrents qu’elle n’est pas sur le point de disparaître du tout…

    La Chine… cas complexe, et qui comprend encore des secteurs économiques comprador, dominés par le capital US. Mais la masse du capital financier accumulé en fait bien la seconde puissance au monde, et notamment, exportatrice de capitaux. La tendance nette est à la séparation d’avec le capital US, et même à la confrontation inter-impérialiste avec : une évidence niée par une grande partie de la « gauche » française… !

    La Russie… non seulement la masse de son capital financier a été ramenée en dessous de celle de l’Espagne, depuis la confrontation en Ukraine, mais les flux de capitaux sont pratiquement anéantis par les sanctions, au point que la Russie est pratiquement devenue une sorte d’ « ile économique géante » telle qu’à l’époque de l’URSS. Les flux entrants sont très faibles et les flux sortants encore plus faibles, et de l’ordre de l’évasion fiscale plutôt que de l’investissement.

    Dans cette dynamique autarcique obligée, il est donc impossible de ranger la Russie dans les puissances impérialistes, montantes ou non.

    L’Inde… un pays comparable à la Chine, par bien des côtés, et notamment par sa densité de population. Mais avec un type de capitalisme encore plus archaïque et contrasté. Des secteurs de pointe sont en capacité d’exporter des capitaux, comme la métallurgie, l’automobile, mais d’autres restent extrêmement arriérés. Globalement, la masse et les flux de capitaux indiens sont donc bien supérieurs à ceux de la Russie, par exemple, mais la balance reste également largement déficitaire et l’Inde reste globalement nettement importatrice de capitaux. On ne peut donc pas encore la considérer comme impérialiste, mais comme un pays du tiers monde où se forme une nouvelle bourgeoisie monopoliste liée au capital financier international, comme c’était le cas de la Chine dans les années 80.

    Le croisement des courbes, entre import et export de capitaux, donnera une indication de sa mutation vers le stade impérialiste. Compte tenu de son poids et de son importance géostratégique, l’Inde pourrait devenir une puissance impérialiste majeure, à l’avenir.

    La Turquie… longtemps confinée au rôle de puissance supplétive des USA, la Turquie connait un essor économique très rapide, ces dernières années, et ses ambitions régionales se sont affirmées de manière spectaculaire ces derniers mois.

    Là aussi la tendance va vers un croisement des courbes à moyen terme, entre import et export de capitaux. La dynamique de ce pays en fait donc un impérialisme secondaire en voie de formation.

    Le Brésil… longtemps considéré comme un nouveau pôle économique et financier en voie de constitution, le Brésil connait surtout à nouveau un ensemble de difficultés qui tendent à le ramener en arrière, et dans le giron des USA… C’est le cas d’un pays « en balance » dont le statut reste incertain et tributaire de facteurs aléatoires. Son retour au premier plan de la scène internationale ne semble pas imminent, pour le moins !

    L’Iran… tout comme la Russie, c’est une puissance régionale quasiment encerclée par l’impérialisme US et ses alliés, et qui dépend encore plus de ses exportations d’hydrocarbures. Capitalisation faible, mouvements de capitaux devenus dérisoires, dynamique plus que ralentie, ne peut évidemment pas être considéré comme impérialiste !

    Et d’une manière générale il faut bien comprendre que l’interventionnisme extérieur de pays comme l’Iran et la Russie, s’il est important, ne peut se faire qu’avec l’appui des bourgeoisies nationales locales et ne peut donc rentrer dans la catégorie des interventions impérialistes. Ce sont même carrément des alliance mutuelles de désencerclement, et de nature anti-impérialiste.

    Ce qui n’est pas le cas de l’interventionnisme indien au Cachemire, qui ressort bien de la domination territoriale au sens primitif du terme, semble-t-il.

    En conclusion, dans le monde actuel il n’y a pas de situation simple et il faut absolument considérer les choses dans leur mouvement dialectique d’ensemble et se garder des jugements à l’emporte-pièce, généralement fondés sur des préjugés et/ou des intérêts plus ou moins grossièrement dissimulés… !

    En résumé :

    Nous sommes dirigés et exploités par des cartels internationaux, qui ont placé leurs hommes dans tous les appareils d'état et dont le but est la domination économique et politique, à caractère de plus en plus autoritaire, de zones sous contrôle (comme l'Union Européenne).

    « - Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat !- L'URSS de Khrouchtchev était-elle toujours socialiste ? »
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Août à 15:44

     

    Bonjour, camarade !

     

    Dans le contexte actuel, et notamment avec les manifs à Hong Kong, la question de savoir qui est impérialiste ou pas devient particulièrement importante, et d’autant plus que le confusionnisme à ce sujet semble encore gagner du terrain dans la « gauche » française…

     

    Concernant la définition de l’impérialisme j’attire donc ton attention sur le fait que cette définition que tu republies aujourd’hui souffre d’une lacune essentielle d’un point de vue ML.

     

    En effet, dans les critères définis par Lénine, l’exportation de capitaux est évidemment un facteur essentiel, et même celui qui correspond déjà, à son époque, à l’expression la plus évoluées de la puissance impérialiste, en passe de se développer avec la « semi-colonisation ».

     

    Depuis, sous la forme « néo-colonisation », le mode de domination financière d’un pays par un autre est carrément devenu la règle de base, et mise en œuvre par les USA en premier, ce qui leur a permis de supplanter leurs rivaux anglais et français, notamment, qui sont encore restés longtemps sur le mode de domination territoriale, avant d’évoluer vers le néocolonialisme à leur tour, notamment avec le système « françafrique » comme exemple remarquable et encore actuel.

     

    Bien entendu, ce critère ne suffit pas à lui seul et doit être inclus dans le mouvement dialectique d’ensemble qui caractérise un pays et ses relations extérieures.

     

    Quelques exemples d’intérêt actuel :

     

    Les USA… ont y reviendra donc pas, tant le cas est flagrant ! « Sur le déclin », selon certains >>> tout est relatif, et la domination US possède une telle marge d’avance sur ses concurrents qu’elle n’est pas sur le point de disparaître du tout…

     

    La Chine… cas complexe, et qui comprend encore des secteurs économiques comprador, dominés par le capital US. Mais la masse du capital financier accumulé en fait bien la seconde puissance au monde, et notamment, exportatrice de capitaux. La tendance nette est à la séparation d’avec le capital US, et même à la confrontation inter-impérialiste avec : une évidence niée par une grande partie de la « gauche » française… !

     

    La Russie… non seulement la masse de son capital financier a été ramenée en dessous de celle de l’Espagne, depuis la confrontation en Ukraine, mais les flux de capitaux sont pratiquement anéantis par les sanctions, au point que la Russie est pratiquement devenue une sorte d’ « ile économique géante » telle qu’à l’époque de l’URSS. Les flux entrants sont très faibles et les flux sortants encore plus faibles, et de l’ordre de l’évasion fiscale plutôt que de l’investissement.

     

    Dans cette dynamique autarcique obligée, il est donc impossible de ranger la Russie dans les puissances impérialistes, montantes ou non.

     

    L’Inde… un pays comparable à la Chine, par bien des côtés, et notamment par sa densité de population. Mais avec un type de capitalisme encore plus archaïque et contrasté. Des secteurs de pointe sont en capacité d’exporter des capitaux, comme la métallurgie, l’automobile, mais d’autres restent extrêmement arriérés. Globalement, la masse et les flux de capitaux indiens sont donc bien supérieurs à ceux de la Russie, par exemple, mais la balance reste également largement déficitaire et l’Inde reste globalement nettement importatrice de capitaux. On ne peut donc pas encore la considérer comme impérialiste, mais comme un pays du tiers monde où se forme une nouvelle bourgeoisie monopoliste liée au capital financier international, comme c’était le cas de la Chine dans les années 80.

     

    Le croisement des courbes, entre import et export de capitaux, donnera une indication de sa mutation vers le stade impérialiste. Compte tenu de son poids et de son importance géostratégique, l’Inde pourrait devenir une puissance impérialiste majeure, à l’avenir.

     

    La Turquie… longtemps confinée au rôle de puissance supplétive des USA, la Turquie connait un essor économique très rapide, ces dernières années, et ses ambitions régionales se sont affirmées de manière spectaculaire ces derniers mois.

     

    Là aussi la tendance va vers un croisement des courbes à moyen terme, entre import et export de capitaux. La dynamique de ce pays en fait donc un impérialisme secondaire en voie de formation.

     

    Le Brésil… longtemps considéré comme un nouveau pôle économique et financier en voie de constitution, le Brésil connait surtout à nouveau un ensemble de difficultés qui tendent à le ramener en arrière, et dans le giron des USA… C’est le cas d’un pays « en balance » dont le statut reste incertain et tributaire de facteurs aléatoires. Son retour au premier plan de la scène internationale ne semble pas imminent, pour le moins !

     

    L’Iran… tout comme la Russie, c’est une puissance régionale quasiment encerclée par l’impérialisme US et ses alliés, et qui dépend encore plus de ses exportations d’hydrocarbures. Capitalisation faible, mouvements de capitaux devenus dérisoires, dynamique plus que ralentie, ne peut évidemment pas être considéré comme impérialiste !

     

    Et d’une manière générale il faut bien comprendre que l’interventionnisme extérieur de pays comme l’Iran et la Russie, s’il est important, ne peut se faire qu’avec l’appui des bourgeoisies nationales locales et ne peut donc rentrer dans la catégorie des interventions impérialistes. Ce sont même carrément des alliance mutuelles de désencerclement, et de nature anti-impérialiste.

     

    Ce qui n’est pas le cas de l’interventionnisme indien au Cachemire, qui ressort bien de la domination territoriale au sens primitif du terme, semble-t-il.

     

    En conclusion, dans le monde actuel il n’y a pas de situation simple et il faut absolument considérer les choses dans leur mouvement dialectique d’ensemble et se garder des jugements à l’emporte-pièce, généralement fondés sur des préjugés et/ou des intérêts plus ou moins grossièrement dissimulés… !

     

    Luniterre

     

     

     

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