• Sur l'impérialisme Français-Séminaire Bruxelles 2014

    Sur l'impérialisme Français-Séminaire Bruxelles 2014Séminaire de Bruxelles 27/28/29 juin 2014 

     

    Contre la révision de la théorie léniniste de l’impérialisme (Union des Révolutionnaires-Communistes de France) URCF - Construction du Parti

     

    Le capitalisme demeure toujours le mode de production qui repose sur l’exploitation de la classe ouvrière par le Capital, l’impérialisme stade ultime du capitalisme de monopoles avec la domination de l’oligarchie financière qui toujours plus avide de profits, élargit et renforce l’exploitation y compris par le repartage du monde par les guerres impérialistes.

     

    La lutte de classe actuelle se développe sur fonds d’une crise de suraccumulation chronique dont les racines réelles ne proviennent pas des « excès », de « l’immoralité » ou des dérives financières d’un système que l’on pourrait assainir comme le prétendent les réformistes.

    Ces racines de crise se trouvent dans le mode de production capitaliste lui-même.

     

    Nous parlons de crise chronique en nous appuyant sur le concept léniniste de capitalisme pourrissant et parasitaire propre au stade impérialiste. 

    En effet, les périodes de « rémission », de « relance » (qui n’infirment pas les lois générales du capitalisme) s’avèrent de plus en plus courtes et de moins en moins vigoureuses. On peut parler de sénilité du capitalisme puisque les politiques d’austérité mises en œuvre partout pour accroître la compétitivité de « leurs » monopoles, affaiblir les concurrents, détruire le Capital excédentaire en paupérisant la majorité des travailleurs, engendrera une résistance populaire de plus en plus forte et en dernière instance aggravera la crise du capitalisme.

     

    Pour l’URCF, l’analyse léniniste de l’impérialisme reste fondamentale pour comprendre et transformer le monde. Nous vivons toujours à l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes. Pourtant, pour prendre l’exemple de la France, depuis des décennies, l’opportunisme a d’abord révisé et puis liquidé les enseignements de Lénine rendant incompréhensible et confuse pour les masses populaires l’analyse du capitalisme contemporain.

     

    Comment comprendre sans le léninisme, les phénomènes d’internationalisation croissante des forces productives, d’inégalité de développement entre pays capitalistes et des luttes concurrentielles et guerres pour le repartage du monde sur fonds d’interdépendance entre tous les États capitalistes. Il nous semble important de défendre les enseignements de Lénine en développant la lutte idéologique et politique contre l’opportunisme, continuateur de la trahison de 1914.

    Pourtant en France, depuis des décennies, l’opportunisme dominant dans le PCF a révisé puis abandonné les enseignements de Lénine. 

     

    Il nous semble important d’accorder une grande attention à la lutte contre l’opportunisme qui porte en germe la trahison permanente dans le droit fil de 1914. Opportunisme qui se présente comme une résurgence des thèses de Kautsky.

     

    L’opportunisme présente ainsi les Ententes internationales de pays capitalistes comme positives, améliorant les chances de paix. 

     

    Le Front de Gauche et le PCF, membres du Parti de la Gauche européenne considèrent que l’Union Européenne est le cadre approprié pour des transformations sociales et démocratiques. C’est ainsi que lorsque des conflits éclatent, les opportunistes en appellent à l’intervention de l’UE comme si cette dernière était porteuse de positions plus « pacifiques » que l’impérialisme américain.  

     

    Ce n’est pas un hasard si Mélenchon, Président du Front de Gauche, a voté pour l’intervention européenne en Libye au Parlement européen (et soutien la guerre impérialiste française en République Centre-Africaine - note du webmaster). Fait défaut ici, l’analyse de classe de l’UE, des objectifs de rapine des monopoles européens.

     

    L’impérialisme dans cette conception n’est pas analysé comme capitalisme des monopoles mais comme une politique étrangère agressive, de plus comme les opportunistes se rallient aux ententes impérialistes dont leur pays est membre, c’est finalement l’impérialisme américain qui est seul identifié à la notion d’impérialisme.

     

    Les thèses de Negri et Hardt ont une certaine influence substituant à la théorie léniniste de l’impérialisme un nouveau stade : appelé «  L’Empire » qui désigne les seuls Etats-Unis. L’analogie avec 1914 est évidente pour s’opposer à l’Empire, les partis opportunistes ouvrent la voie au soutien à telle ou telle bourgeoisie jugée moins « agressive », soutiennent tel ou tel impérialisme comme contrepoids à cette politique.

     

    Nous trouvons ainsi une analogie avec la politique prônée par  Browder, ce dirigeant du PC des Etats-Unis qui en 1943 qualifiait les Etats-Unis d’impérialisme démocratique et antifasciste et appelait à la collaboration de classes nationale et internationale. 

    Ces positions vivement combattues par la majorité des communistes américains et du MCI ont conduit leurs tenants à la liquidation des partis d’avant-garde et à l’apologie du capitalisme. La nature agressive et belliciste de l’impérialisme (un des aspects du capitalisme de monopoles mais pas unique et isolé) découle de sa racine sociale capitaliste et n’est pas le propre d’un seul impérialisme.

     

    Prenons le cas de la France. L’impérialisme français est sans doute le plus belliciste en Europe (ce qu’ignorent tous les opportunistes). Les dirigeants sociaux-démocrates Hollande et Fabius comme Sarkozy pour la Libye ont été les promoteurs les plus acharnés d’une intervention en Syrie.

     

    Les impérialistes français sont servis par des intellectuels à la botte comme Kouchner et Bernard Henri-Lévy qui ont forgé le concept « d’intervention humanitaire » pour justifier les guerres impérialistes, attisant partout la haine xénophobe. De quel droit Lévy peut-il s’écrier sur la place Maïdan en Ukraine : « la civilisation ukrainienne est plus ancienne  que la russe » sinon pour attiser les groupes fascistes qui préparaient le coup d’État.

     

    En Afrique récemment, l’impérialisme français a organisé un coup d’État en Côte d’Ivoire, est intervenu militairement au Mali et en République Centrafricaine.

     

    Le prétexte est la lutte contre le « terrorisme intégriste », alibi nul et non avenu puisque l’impérialisme français soutient ces mêmes fondamentalistes en Libye et en Syrie. Les opportunistes commencent par se rallier aux interventions et ingérences de la France mais appellent dès le début à une « intervention européenne » puis quand l’impérialisme français se heurte à la résistance des peuples, les opportunistes se muent en « pacifistes » et appellent au « dialogue et  à la paix ».

     

    Pour sa part, l’URCF avec ses sections d’entreprises dénonce la guerre impérialiste et avance les véritables motifs des interventions impérialistes : renforcer les positions des monopoles français comme TOTAL ou AREVA.  Nous montrons aussi combien la politique de guerre doit être combattue au quotidien, en portant haut et fort les revendications sociales : emplois, salaires, lutte contre l’austérité et la précarité, sous le mot d’ordre « Pas d’argent pour la guerre mais pour les revendications ».

     

    L’URCF approuve l’analyse avancée par le KKE (Parti communiste de Grèce) de pyramide pour décrire le système mondial impérialiste ou plus exactement le système mondial des États impérialistes. 

    L’incompréhension ou le rejet du concept de pyramide, c'est-à-dire concevoir que seuls les Etats-Unis ou l’Allemagne méritent le qualificatif « d’impérialistes » conduit à se ranger derrière les tendances opportunistes qui consistent à se ranger derrière tel ou tel impérialisme que ce soit l’UE soi-disant « démocratique » ou les États-Unis dans le conflit du Kosovo, à soutenir la pénétration des monopoles chinois en Afrique ou en Europe, ou à se ranger derrière Poutine et sa rhétorique nationaliste. 

     

    Ces positions éludent le nécessaire combat contre le capitalisme à l’échelle nationale et internationale, vouent les partis communistes à être simplement une force d’appoint de telle ou telle bourgeoisie.

     

    La conception kautskiste a sévi avec force en France quand le PCF a été dominé par le courant révisionniste, réduisant l’impérialisme aux Etats-Unis pour le monde et à l’Allemagne pour l’UE. 

     

    De manière autocritique, nous devons reconnaître qu’au début du combat interne contre l’opportunisme dans le PCF, nous restions prisonniers de ces théories qui sont défendues aujourd’hui par un Parti comme Syriza en Grèce. C’est s’inscrire dans l’ignorance des caractéristiques du capitalisme impérialiste contemporain sur la nécessité pour le Capital de tous les pays de conquérir des marchés à l’échelle de leur continent ou du monde.

     

    L’UE dans le cadre de la nouvelle division internationale capitaliste du travail permet à la bourgeoisie de chaque pays d’obtenir le profit maximum de ses monopoles dans leurs créneaux, la bourgeoisie nationale et internationale est donc notre ennemie.

     

    En France, dans les rangs de certaines organisations communistes, subsiste l’idée que l’Europe serait allemande, que l’impérialisme français serait faible, dominé et soumis aux Etats-Unis et à l’Allemagne, que toutes les bourgeoisies de l’UE (sauf allemande) seraient compradores.

     

    Citons un chiffre de 2012, dans les 500 plus grands monopoles mondiaux, 36 sont français, 34 sont allemands.

     

    Examinons cette thèse néo-kautskiste, pour ses tenants la bourgeoisie française, par exemple, est donc devenue compradore se ralliant aux impérialismes plus puissants, faisant ainsi de la France un pays « dominé ».

     

    La contradiction principale de fait, selon  ce point de vue n’est plus entre le Capital et le Travail, entre le caractère de plus en plus social de la production et l’appropriation privée capitaliste des fruits du travail, qui appelle au renversement du capitalisme pour instaurer la propriété sociale des moyens de production mais la contradiction entre la nation capitaliste dominée et  l’impérialisme (ou les impérialismes) dominants.

     

    Les alliances découlant de cette analyse conduiraient à de graves déviations : alliance avec des secteurs bourgeois « nationaux », étape intermédiaire d’un capitalisme « national » qui serait préalable pour poser la question  du socialisme à l’avenir. Nous sommes là confrontés à une vision faussée du capitalisme et notamment de son caractère international. 

     

    En France, le secteur industriel représente 12 % des activités mais l’impérialisme français exporte ses activités là où le prix de la force de travail est le plus bas, le plus compétitif. Ce qui assure des positions solides aux monopoles français pour piller les ressources des pays capitalistes retardataires. 

     

    Prétendre qu’il y aurait une étape « nationale » préalable à la Révolution socialiste, c’est s’inscrire dans la continuité de la stratégie opportuniste des années 60 sur un « État intermédiaire » à la dictature du prolétariat, une étape de réformes défendue par les partis de gauche au gouvernement dans le cadre du capitalisme, ce qui a conduit à la social-démocratisation de beaucoup de partis communistes, en raison notamment de leur participation à des gouvernements bourgeois.

     

    Autre exemple : l’opportunisme contemporain type Parti de la Gauche européenne nie la thèse léniniste de « l’impérialisme comme réaction sur toute la ligne ».

     

    Ainsi le PGE préconise l’aménagement de l’UE, avec pour toile de fond, la transformation de la Banque Centrale européenne en « Banque pour la relance et l’emploi ». Le rejet de la théorie marxiste de l’État comme expression de la dictature de la classe dominante sur les autres conduit à de telles aberrations. La théorie du PGE sur l’aménagement puis le dépassement du capitalisme sans s’attaquer à la nature de classe de l’État ni à la propriété capitaliste vise à conforter le rôle de soutien social du capitalisme joué par le social-réformisme.

     

    Les opportunistes du PGE, dans le droit fil de l’eurocommunisme, présentent les États bourgeois comme « démocratiques » sans contenu de classe. Ainsi en Ukraine, ces mêmes États (Etats-Unis, Union européenne) pour affaiblir la Russie capitaliste n’ont pas hésité à s’ingérer ouvertement dans les affaires intérieures de ce pays, en organisant un  coup d’État, en s’appuyant sur les bandes armées fascistes que l’OTAN  avait formées et équipées.

     

    Voilà qui éclaire mieux que de longs discours sur ce qu’entendent les libéraux et la social-démocratie quand ils invoquent le combat pour la démocratie, c’est celle des capitalistes et des oligarques.

     

    Les événements d’Ukraine illustrent également la force et la nécessité de l’internationalisme prolétarien. Nous apportons notre soutien et notre solidarité envers les communistes d’Ukraine dans leur juste combat contre la réaction et le fascisme. 

     

    Quant aux opportunistes et trotskistes, après avoir soutenu ce qu’ils appelaient la « révolution démocratique de Maïdan », après avoir opéré leur travail de sape, ils se lamentent maintenant sur la montée du danger populiste et fasciste !

     

    L’opportunisme du Front de gauche et PCF propose des « réformes radicales » dans le cadre du capitalisme, pour une « société plus humaine », en promouvant une politique anti- néolibérale, il remplit ainsi les fonctions de relais des intérêts capitalistes dans le mouvement ouvrier et populaire.

     

    Les théories d’aménagement social du système d’exploitation constituent une tromperie et une utopie (pour ceux qui y adhèrent) dangereuses car elles affaiblissent la vigilance populaire par rapport à la classe capitaliste, elles sèment des illusions sur le degré de démocratie des États capitalistes dans les masses, en dernière instance,  elles s’inscrivent dans la défense du système capitaliste.

     

    L’approfondissement de la crise générale du capitalisme monopoliste, son incapacité chronique à satisfaire pleinement les besoins même élémentaires, obligent les communistes à rompre résolument avec les survivances de l’opportunisme.

     

    Le combat contre l’impérialisme ne se réduit pas à la lutte contre les grandes puissances dominantes, c’est un combat pour renverser le capitalisme nationalement et internationalement. Pour rompre avec les instances impérialistes comme l’UE, l’OTAN, les autres blocs, il faut initier dès maintenant le combat pour la révolution  socialiste et le pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés car, seul le socialisme permettra d’en finir avec l’impérialisme !

     

    URCF - 27/28/29 juin 2014

     

     

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