• - Sur les rails du « Grand Reset » - le petit train de l'horreur…

    Par le camarade VG

    - Sur les rails du « Grand Reset » - le petit train de l'horreur…

    Comme nous l’avons déjà démontré, le Capital financier atlantiste a décidé d’utiliser la pandémie de COVID-19 comme prétexte d’un Grand Reset visant à sauver les meubles face à la contradiction majeure de notre époque : l’effondrement structurel inéluctable du marché intérieur des pays impérialistes occidentaux en déclin.

    Leurs élites, totalement impuissantes face à l’émergence multiforme de l’impérialisme chinois et à la substitution du « consommateur chinois » comme principal stimulant de la croissance économique mondiale, une perspective assumée publiquement par l’ancien premier ministre J.-P. Raffarin sur CCTV-F le 8 avril 2009, ont décidé que le temps était venu de finir ce qui a été commencé il y a plus d’une décennie :

    La destruction des chaînes dorées de l’esclavage salarié pour quelques centaines de millions de prolétaires occidentaux relativement privilégiés. En 2007, dans notre ouvrage Impérialisme et anti-impérialisme, nous insistions déjà sur les perspectives économiques et sociales structurellement défavorables :

    « Il est essentiel de comprendre que dans les pays bourgeois-révisionnistes, l’octroi « d’acquis sociaux » de la part des exploiteurs dépend des conditions économiques internationales. La bourgeoisie d’un pays impérialiste puissant et dynamique peut accorder à ses travailleurs des « adoucissements » à l’exploitation. En revanche, une bourgeoisie dont les débouchés tendent à rétrécir de manière relative (par rapport à ses concurrents) ou absolue, fera tout pour réduire à néant d’anciens « acquis sociaux ». (…)

    Le blog internet d’un patron français relatait récemment son entretien avec un homologue chinois. Il rapportait qu’au cours de la conversation, il avait lancé au patron chinois que dans quelques années la Chine aurait une législation sociale et des acquis sociaux comme en France. Le patron chinois lui répondit lucidement, non sans ironie : « certes, mais à ce moment vous les aurez perdu en France » !

    Ainsi donc la conscience de classe de la bourgeoisie impérialiste est actuellement beaucoup plus aiguisée que celle de beaucoup de camarades se réclamant du marxisme-léninisme ! (…) En outre au sein des vieilles puissances impérialistes, la concurrence croissante avec cette dynamique puissance impérialiste provoque déjà, et va inévitablement de plus en plus provoquer, l’exacerbation des contradictions sociales au sein même des métropoles impérialistes où la bourgeoisie commence déjà à être contrainte de « faire tomber les masques » et de détruire elle-même la base matérielle de l’opportunisme ». (Ouvrage cité, pp. 301-304)

    L’année suivante, la crise des subprimes éclatait, suivie d’une décennie ininterrompue d’austérité budgétaire à grande échelle visant à sabrer dans les dépenses sociales pour tenter de redonner de la compétitivité à la main d’œuvre occidentale tout en repoussant l’éclatement de la bulle de la dette souveraine…

    Mais peine perdue : la « concurrence déloyale » livrée par l’impérialisme chinois permit à ce dernier de rester incomparablement plus compétitif, grâce à la rapide montée en gamme technologique combinée à l’accroissement vertigineux de la productivité du travail, tout en assurant plus d’une décennie de hausse aussi substantielle qu’ininterrompue des salaires, notamment dans les grandes métropoles industrielles.

     

    Selon les statistiques de la Banque Mondiale, le revenu mensuel brut par habitant de la Chine est passé de 125 à 868 dollars durant la période 2004-2019. En 2019, le salaire mensuel moyen dans 38 grandes villes chinoises a atteint 8 829 yuans, soit plus de 1 269 dollars, un chiffre en hausse de 9,1 % en glissement annuel !

    Comment celui des travailleurs occidentaux a-t-il évolué dans le même temps ? Si le revenu mensuel brut par habitant de la France a augmenté de 2 535 à 3 533 dollars durant la période 2004-2019, il stagne littéralement depuis 2008, année au cours de laquelle il avait atteint 3 495 dollarsVoilà pourquoi, depuis plusieurs années déjà, la « sobriété heureuse » (des classes laborieuses), est brusquement devenue une idée à la mode !

    Notre camarade Nicolas Bourgoin, docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, enseignant-chercheur et auteur d’ouvrages analysant la « révolution sécuritaire » et le « virage autoritaire de la gauche libérale » qui ont accompagné plus de quatre décennies « d’économie de bazar », introduisait de la sorte l’article « De la signification des nouveaux "éloges de la pauvreté"… » que nous avions publié en 2014 :

    « Comment l’impérialisme parvient-il à faire accepter à l’immense majorité des conditions de vie toujours plus dégradées alors que les profits capitalistes sont en progression continue ? Il y a la manière forte : lois sécuritaires, réduction des libertés publiques et violences policières.

    Il y a aussi la manière « douce » plus insidieuse et finalement plus efficace : formatage idéologique, désinformation et abrutissement culturel. La propagande déversée par les médias dominants a pour fonction d’amener les peuples à se satisfaire de leur sort, aussi dur soit-il. La pédagogie de la tempérance est la dernière mode médiatique destinée à faire passer un partage des richesses toujours plus inégalitaire : aux riches, le luxe, aux pauvres les vertus de la sobriété. Elle est professée par des intellectuels et des personnalités des arts et des spectacles. Vincent Gouysse en a sélectionné deux, Pierre Rabhi et ZAZ, dans son article que nous présentons ici ».

    La crise sanitaire (et économique !) actuelle constitue l’étape finale du processus de déclassement à grande échelle qui a débuté en 2008.

    Plus encore que les politiques mises en œuvre au cours de la dernière décennie, celles mises en place au cours des derniers mois sont particulièrement actives et volontaristes. Il ne s’agit pas d’assister passivement à ce déclassement inéluctable, mais de le favoriser et de l’accélérer de manière extrêmement proactive afin de le diriger dans la direction voulue.

    Par conséquent, il faut voir le cocktail de mesures pseudo-sanitaires caractérisant « l’absurdistan autoritaire » non pas comme une formidable accumulation d’erreurs et d’incompétence, mais comme une volonté de démolition économique et sociale contrôlée. Pour les observateurs intelligents familiers avec les principes de l’économie politique, il s’agit d’une « volonté froide, calculatrice et délibérée d’éradiquer toute la classe moyenne de notre société ».

    La fraction sincère des communistes utopiques que sont les conseillistes remarquent avec raison le lien étroit entre le télétravail et le statut de l’auto-entrepreneur. Ce dernier est depuis sa création un artisanat au rabais, qui fait du salarié (qui bénéficiait d’un contrat de travail relativement stable et sécurisant), un entrepreneur individuel en proie à la précarité et à l’incertitude.

    Le télétravail offre assurément les meilleures conditions pour le patronat lui permettant de généraliser à grande échelle un statut de contractant travaillant à domicile en lieu et place des traditionnels contrats de travail entrepreneur/salarié où ce dernier travaille pour son employeur de manière relativement encadrée, sécurisante et routinière. Selon une enquête récente de Malakoff Médéric Humanis, près de trois télétravailleurs sur quatre se disent « satisfait du télétravail », malgré certains dangers soulignés par le cabinet : près de la moitié des télétravailleurs « avouent avoir eu des difficultés à se déconnecter du travail » et plus d’un tiers ont constaté « une augmentation de leur niveau de stress et de leur charge mentale ».

    Le travail à domicile, s’il peut au premier abord sembler davantage « libérateur » et « flexible », ne s’en retournera pas moins inévitablement contre le « libre-contractant » qui l’aura adopté. Il sera en effet facile à l’employeur de généraliser le paiement à la tâche plutôt qu’en fonction du temps de travail : « il faut absolument me faire ça, ça et ça », quand bien même l’exécution de ces tâches viendrait à s’étaler sur 10, 12 ou même 14 heures quotidiennes…

    Pour le Capital financier occidental confronté à la crise, seule la généralisation du télétravail permettra de s’affranchir rapidement et durablement des contraintes légales de la législation du travail et donc de réduire drastiquement le coût du travail. Elle permettra au Capital de faire travailler ses esclaves plus longtemps tout en rendant impossible le contrôle de la durée du travail (reléguée à la sphère privée et qui sera de toute façon jugée comme « librement consentie »…) et cela tout en brisant les capacités de résistance des « contractants » individuels.

    Comment se révolter de manière organisée quand on travaille seul chez soi ?! C’est assurément la plus efficace des stratégies afin de prévenir la naissance et l’essor de la solidarité et de l’organisation de classe qui ont caractérisé le prolétariat lorsqu’il travaillait dans de grandes unités industrielles… C’est également le moyen imparable de réduire à néant les organisations syndicales réformistes jugées désormais non seulement inutiles mais nuisibles !

    Cette destruction préventive et systématique des moyens de résistance promet d’être d’autant plus efficace si les moyens de communication virtuels sont surveillés et verrouillés par les « élites » en cas de fronde d’individus isolés récalcitrants. Assurément, une société hybride totalitaire à mi-chemin du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley et de 1984 de Georges Orwell est sur le point d’advenir !

    Le télétravail promet donc d’être la panacée pour le Capital financier Occidental : elle lui permettra d’accélérer la dégradation des conditions de travail et d’abaisser le niveau des salaires réels et relatifs, notamment en ce qui concerne le cheptel des cadres pour lesquels il est en général assez facile à mettre en œuvre, tout en s’assurant de briser la capacité de résistance de ce néo-prolétariat travaillant pour autrui à son domicile… Un retour « moderne » à la perspective du salaire à la pièce perçu par les ouvrières à domicile de l’industrie textile anglaise au 19ème siècle…

    Comme le remarquent également les conseillistes (mais sans en tirer toutes les conclusions logiques), les milieux d’affaires occidentaux souhaitent voir l’expérience du télétravail « se poursuivre au-delà de la pandémie », comme le souhaitent 89 % des 300 entreprises sondées dans une enquête du géant du conseil immobilier Cushman&Wakefield, réalisée en avril dernier, aussi du point de vue de la réalisation de considérables économies sur la location de locaux tertiaires (loyers, énergie, communications, assurances) et leurs coûts annexes (santé au travail, restauration collective, locaux syndicaux).

    Leur idéal se ramène donc à « vider les tours », dont le taux d’occupation accuse d’ailleurs une baisse considérable de 60 à 40 % au cours des deux dernières décennies et dont l’avenir apparaît comme irrémédiablement hypothéqué, afin de réduire considérablement la voilure de leur capital fixe et d’abaisser leur charges salariales pour pouvoir regagner en compétitivité dans un environnement économique général particulièrement dégradé et défavorable.

    Contrairement à ce qu’imaginent les conseillistes, la migration vers le télétravail n'est pas tant une « quatrième révolution industrielle », qui serait synonyme d’une nouvelle base scientifique et technique, qu’un moyen de favoriser la paupérisation absolue et la prolétarisation de masses exploitées longtemps privilégiées d’Occident ainsi que l'atomisation (à un degré sans précédent) de leur résistance.

    Cela, ils l'auraient compris s'ils avaient compris la signification réelle de la rivalité inter-impérialiste majeure opposant la Chine aux pays impérialistes occidentaux aujourd’hui en bien mauvaise posture…

    De leur côté, les cadres salariés des monopoles technologiques chinois ne sont pas encore prêts à abandonner les confortables bureaux et locaux dans lesquels ils sont récemment entrés, bien que la Chine soit désormais à la pointe de la technologie la plus moderne… Les grandes concentrations industrielles constituent en effet un facteur majeur de l’efficience d’une économie et la condition de l’utilisation des processus technologiques les plus gourmands en capital fixe.

    Cette nouvelle organisation du travail promet donc d’être à tous points de vue bénéfique au Capital financier occidental pour son économie fantôme dont il devient vital de réduire urgemment les dépenses en réalisant des économies considérables sur les investissements en capital fixe, en prolongeant la durée de travail, en atomisant la résistance des travailleurs, etc.

    Quant à ses malheureux esclaves hier encore privilégiés, ils n’auront bientôt pour seuls choix que d’accepter ces pénibles conditions d’esclavage contre les moyens de leur survie ou bien à suivre les chemins de la délinquance et du banditisme ou bien celui de la dépression et du suicide qui consistent à retourner la violence des rapports de production bourgeois contre soi (ou contre ses compagnons d’infortune) plutôt que contre les exploiteurs responsables de cette souffrance…

    Bien qu’il n’ait pas été confronté aux conséquences psychologiques dévastatrices des confinements occidentaux à répétition, le Japon a enregistré pour le seul mois d’octobre 2020 pas moins de 2 153 suicides, soit davantage que le nombre de morts du COVID-19 sur l’ensemble de l’année 2020, un chiffre record en hausse de près de 40 % en glissement annuel !

    De son côté, la seule ville de New York a recensé pas moins de 1 667 homicides liés aux fusillades du 1er janvier au 15 novembre 2020, un chiffre en hausse de 101 % en glissement annuel !

    Plus que jamais résonnent ces paroles d’Enver Hoxha qui déclarait en 1978 dans La démocratie prolétarienne est la démocratie véritable que :

    « Les lois qui sont approuvées dans les parlements bourgeois et révisionnistes expriment la volonté de la classe dominante et elles défendent ses intérêts. Ces lois profitent aux partis du capital qui forment la majorité au parlement. Mais les partis prétendument à l'opposition et qui, souvent, représentent les intérêts de l'aristocratie ouvrière et des koulaks, ne manquent pas non plus d'en profiter.

    Ces partis « d'opposition », qui sont soi-disant en contradiction avec ceux qui ont obtenu la majorité des sièges et qui appuient le grand capital, mènent grand bruit, ils « critiquent », etc., mais leur bruit ne guérit ni le chômage, ni l'émigration, ni l'inflation.

    Quels que soient les cris et les critiques de l'opposition au parlement, les prix montent, la vie se corrompt et dégénère, les assassinats, les hold-ups et les enlèvements dans la rue, de jour et de nuit, deviennent toujours plus inquiétants. Ce chaos et cette confusion, cette liberté des malfaiteurs pour perpétrer leurs crimes, voilà ce que les capitalistes et les révisionnistes appellent « démocratie véritable » ! »

     

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